Les notions du programme ˆ travers la PhŽnomŽnolgie de lĠEsprit de Hegel.

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INTRODUCTION I.

 

De lĠimportance des prŽsocratiques.

 

Les deux sicles qui sŽparent Thals de Socrate constituent lĠaurore de la pensŽe occidentale qui sĠouvre par cette question : quĠest-ce que Ç tout ce qui est È ?

Les premires rŽponses,  connues gr‰ce ˆ lĠŽcriture, forment ˆ la fois le contrat passŽ entre les prŽsocratiques et nous [ˆ notre tour responsables de ce legs] et le premier systme universel de pensŽe, dont voici les principes tous dŽcouverts  alors par induction.

 

Eclaircissement. A c™tŽ de la plupart des hommes Ç endormis È ou Ç courbŽs È qui se contentent de croire, il en est de rares qui se dressent et qui, en outre, veulent savoir. Ceux-lˆ sont appelŽs sages par les premiers quand ils trouvent et sont en mesure de prouver leur savoir. Par exemple en dŽcouvrant la raison de lĠŽclipse, raison qui met fin ˆ la croyance na•ve en un pouvoir des dieux et assure dĠun coup aux Grecs la supŽrioritŽ sur leurs ennemis.

Mais le premier dĠentre eux, Thals, plus modeste quĠon croit, a ds le dŽbut prŽfŽrŽ quĠon lĠappelle ami de la sagesse. De lˆ vient le terme philosophe pour dŽsigner ces penseurs. Le penseur sĠoppose au croyant qui se borne ˆ opiner : lĠun commence par dire non, quand lĠautre ne cesse de dire oui. De lˆ vient une autre distinction fondamentale : entre Ç la science nŽcessairement vraie È et Ç lĠopinion qui, elle, peut tre aussi bien vraie que fausse È. Savoir, science et philosophie seront donc employŽs ici dans un mme sens renvoyant ˆ une mme disposition dĠesprit : celle de ces hommes qui ont laissŽ leur nom dans lĠhistoire et dont la volontŽ est toujours synonyme de courage et de libertŽ. Tout le contraire de ceux qui de leur vivant se sont attachŽs ˆ croire ce quĠon leur disait depuis lĠenfance sans jamais rien soumettre ˆ la question, et que le vent a chassŽ dans les oubliettes de lĠhistoire. Cependant, ds lors que lĠhomme marqua son souci des siens et de son monde par-delˆ la vie prŽsente dans lĠart [de la sŽpulture, de la sculpture et de la peinture Ñ ses premires formes connues], il est parmis dĠaffirmer de celui-ci quĠil est bien nŽ philosophe. Car ce souci originel des soucis Ñ quĠon nommera plus tard Ç IdŽes È Ñ est devenu souci de soi. Et mme sĠil en est de plus fainŽants que dĠautres, cĠest de la communautŽ des hommes et non dĠun seul individu que les IdŽes ont jailli pour tre polies dans le torrent de lĠhistoire.

Nota bene. A propos des hommes Ç courbŽs È faisant ˆ la philosophie reproche dĠÇ inutilitŽ È ou de Ç distraction È : courbŽs par la manipulation ou par lĠoutil, aussi absorbŽs par leur t‰che que par leur commerce, ils ne se posent pas la question de savoir si un moyen plus simple ne les priverait pas un jour de leur travail. Dans la sociŽtŽ de la connaissance, nous sommes dĠune certaine manire arrivŽs ˆ ce point : combien faute dĠattention sont jetŽs au ch™mage pour nĠavoir pas su mesurer la caducitŽ de leur entreprise ou de leur compŽtence ! Mais du temps de Thals dŽjˆ on pouvait dŽjˆ prŽvoir cela : lĠexemple de son calcul de la pyramide suffit ˆ le dŽmontrer. LĠidŽe dĠun rapport vrai universellement parce que dŽmontrŽ lĠemportera toujours sur lĠapproche ou le prŽjugŽ empiriques de lĠarpenteur qui en a fait son fond de commerce.

 

Les premires rŽponses [ou rŽponses premires par lĠimportance] ˆ la question : Ç QuĠest-ce que tout ce qui est È ?

 

Pythagore. Ç Le nombre est la nature de toute chose È. Pythagore libre ainsi lĠEtre ou la phusis de sa matŽrialitŽ et ouvre la voie ˆ des implications infinies. De la thŽorie des IdŽes de Platon jusquĠaux dŽveloppements de la logique informatique permettant ˆ prŽsent de numŽriser nĠimporte quel objet de connaissance technique, on peut dire avec eux que Ç les nombres gouvernent le monde È, quĠils en sont la raison technique Ñ dans cette mesure prŽcise du moins. Par induction, on peut y voir aussi la premire thŽorie miroir du dŽveloppement de la technique [tekhn] et du commerce. En effet, depuis que Ç tout est basŽ sur le calcul È, Žcrivent en choeur Philolaos et Archytas, Ç le nombre Žcarte la tromperie et le mensonge dans les affaires humaines È, tout comme il rŽduit lĠerreur dans les techniques et lĠastronomie.

 

Thals. Ç LĠeau est la nature des choses È.

Ainsi na”t avec Thals la pensŽe de lĠorigine de toutes choses. PensŽe qui Žbranle le monde de la mytholologie et des dieux. En effet, tout comme Anaxagore affirmant peu aprs que le Soleil nĠest que Ç feu È Ñ et non dieu, Thals, en rŽpondant Ç eau È, remet en question lĠimage religieuse du monde  pour la premire fois. Sans eau, nulle vie, et sans vie, nulle pensŽe. CĠest pourquoi Thals dit que si la nature est vivante, cĠest quĠelle est Ç tout, plein dĠ‰mes È. Sur la base de quoi Aristote livrera son magnifique Ç TraitŽ de lĠ‰me È sensible, motrice et intellective.

Historiquement, Thals est le premier de ces philosophes Ioniens ˆ qui lĠon doit dĠavoir orientŽ la rŽflexion en direction de lĠEtre au-delˆ des apparences immŽdiates Ñ ce quĠon appelle lĠontologie (de ontos, lĠEtre) : Anaximandre et Anaximne

 

ParmŽnide. Ç LĠEtre est la nature des choses È.

Ç LĠEtre est, le non-tre nĠest pas È. LĠŽlŽment dialectique de lĠidentitŽ et de la diffŽrence, du principe de non-contradiction est ainsi posŽ : le mouvement, le devenir contredisent lĠtre. Ils ne sont quĠapparences. ParmŽnide dŽfend donc la seule permanence ou ŽternitŽ de tout ce qui est. Les phŽnomnes, lĠespace et le temps humains ne sont que des relatifs. Tout ce que sĠattachera ˆ dŽmontrer, au moyen de ses paradoxes, sont fidle le plus zŽlŽ, ZŽnon dĠElŽe. Exemple : Achille ne rattrapera jamais la tortue partie avant lui car il lui faudra toujours parcourir la moitiŽ de la distance qui lĠen sŽpareÉ et ainsi de suite, ˆ lĠinfini. De mme, une flche non seulement nĠatteindra jamais sa cible, mais ne volera purement et simplement jamais : ZŽnon nous obligeant ˆ dŽduire ce rŽsultat du fait quĠil pose comme impossible ˆ la flche de parcourir une infinitŽ dĠintervalles en un temps fini ! O voulait-il donc en venir ? A disqualifier le mouvement du point de vue de la raison Ç pure È : car sĠil existe bien Ñ ce quĠon ne saurait contester Ñ la raison ne peut lĠintŽgrer. On touche lˆ ˆ une limite bien connue de la pensŽe grecque qui considŽrait comme parfait le seul fini et craignait lĠinfini comme la peste. Tandis que nous apprenons cela ds la petite Žcole, aucune suite infinie ne pouvait alors donner lieu ˆ une somme finie (c. p. ex. suivant lĠidŽe de sŽrie convergente : Pi/4 = 1/2 + 1/4 + 1/8 + 1/16 + 1/32 É).

 

HŽraclite. Ç Le Devenir est la nature des choses È.

Le cŽlbre fragment Ç Tu ne te baigneras jamais deux fois dans le mme fleuve È pose le problme de lĠidentitŽ : toute chose doit elle demeurer la mme ou est-il de son essence de changer cont”nument ? Le mouvement, le devenir nĠest-il quĠun attribut accidentel de lĠessence de chaque chose ? Ou le problme est-il [tout autre] celui de lĠinteraction continue des tres, dĠun jeu perpŽtuel des contraires au sein du mme tout ? Car derrire le conflit, il y a lĠUn-Tout qui reprŽsente la profonde unitŽ de toutes ces choses qui combattent. Dans les fragments dĠHŽraclite 5 termes cardinaux le dŽsignent : le logos, la phusis, Zeus, Dik et Ç le feu È. Contrairement aux phŽnomnes sensibles dŽsignŽs en termes ordinaux, ceux-lˆ nĠont pas de contraire !

HŽraclite introduit dans la pensŽe la logique dialectique [des contraires] dont Hegel fera Ç lĠaffirmation de la nŽgation È, le moteur de toute pensŽe vŽritable.

 

DŽmocrite (460-370 av. JC.).

Ç La nature des choses est composŽe dĠatomes et de vide È

Sensualisme, matŽrialisme et Žthique. Avec lui, on peut dire que la Nature ou lĠUn sont atomisŽs dans le vide.

1. Pour lui, la sensation est la raison obscurcie, et la raison la sensation ŽclairŽe.

2. La sensation : raison obscurcie qui nous a, plus que nous ne la possŽdons. En effet, la sensation est avant toute histoire : elle correspond au moment qui prŽcde toute forme dĠŽducation.

3. La raison : sensation claire que nous avons en partage. Elle rŽsulte de lĠŽducation dont elle constitue lĠacm, ce moment sommital que les Sto•ciens nomment katalepsis.

 

Anaxagore (-VĦ), Athnes, ami de PŽricls. Principe : lĠIntelligence, le Nous. Il vit le premier dans le soleil du feu, quand les Grecs assemblŽs disaient encore Ñ ˆ la manire des Egyptiens et des anciens Ñ cĠest un Dieu.

 

Anaximne. Ç LĠair est la nature des choses È.

 

EmpŽdocle. Ç La nature des choses : 4 ŽlŽments et 2 moteurs, lĠAmour et la Haine È.

Premire physique, fondŽe sur la reconnaissance intuitive de 4 principes matŽriels Ñ Feu / Terre, Eau, Air Ñ et deux principes efficients ou moteurs, lĠun unissant et lĠautre au contraire divisant. Ni la chimie, ni la physique nĠont reniŽ la quadripartition des 4 ŽlŽments [ou 4 forces en physique] dont lĠorigine remonte sans doute au TŽtraktis pythagoricien. Reprises les plus cŽlbres : Aristote (Physique), Freud (Eros et Thanatos).

 

 

İPR. Statut : en cours.  Suite : Ä. Hegel, PropŽdeutique  [ou initiation] philosophique.