FRESNES - JUIN 1943  
  MES CAMARADES  
 

 

Ils les ont emmenés ce matin
Ils les ont fusillés tout à l'heure…

Ils ne verront plus les pommiers en fleurs
Ne boiront plus le cidre de chez nous.
Ils étaient ouvriers, paysans, pêcheurs,
Il y avait aussi un instituteur.
Dans la journée des gens très ordinaires
Le soir ils s'en allaient faire la guerre.

On dit qu'on les fusille au creux d'une colline
Ont-ils pu voir traversant les banlieues
Quelques fleurs, un petit coin de ciel bleu ?
J'aurais dû moi aussi m'en aller avec eux
A la même lourde peine nous étions condamnés.
Qui sait combien de temps me sera réservé.
Pourrais-je désormais sans cauchemar dormir ?
Devrai-je à chaque aurore les entendre partir
Et bientôt regretter que l'on m'ait épargnée ?

Les mois d'août à venir dans le pays Normand
Jamais ne retrouveront la douceur d'antan.

Ils les ont emmenés ce matin
Ils les ont fusillés tout à l'heure

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Et je pleure ...
     
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