Les Projets des Elèves + Comenius

Exemples de projets  mis en place au LP Bouvet :

Projet Comenius

Projet développement durable

 

 

 

 

Projet Rénovation d’un bâtiment de la communauté Emmaüs.


Nature des travaux à réaliser : travaux de peinture

Classe de 2nde Bac Pro Aménagement Finitions du Bâtiment

Témoignages des élèves


Exemple d’un décollage littéraire réussi :

Placée sous le signe de « l’imprévu », la 4ème édition du concours de nouvelles organisé par les médiathèques du Pays de Romans a récompensé un élève de seconde Bac Pro TISEC au Lycée Bouvet, Mathieu Saint Lary  qui a remporté le 3ème prix !

Félicité par le jury pour son adresse à planter un décor, Mathieu Saint Lary, élève de seconde Bac Pro TISEC au Lycée Bouvet a remporté le 3ème prix pour la nouvelle intitulée Le chevalier de l’apocalypse. Son récit met en scène Umüt, le petit dernier de la famille Koglü qui après six mois de répétitions s’apprête à  participer à la représentation finale d’un spectacle devant tout le village. Son costume de chevalier est déjà prêt…

Voici la nouvelle dans son intégralité :

Le chevalier de l’apocalypse

 

Le soleil effleure la pointe des montagnes où les premières neiges tentent de s’accrocher. Il est midi dans ce petit village de campagne, près de la ville d’Ercis, à l’est de la Turquie.

La famille Koglü est en train de partager le repas, composé de viande de mouton et de légumes du jardin, avant de partir pour l’école voir une pièce de théâtre.

Umüt, le petit dernier de la famille, fait du théâtre dans son école depuis deux ans. Ses deux frères ainés, Hakan et Memet, l’aident souvent à répéter ses scènes le soir… et aujourd’hui, c’est le grand jour : six mois de travail pour la récompense finale, une représentation devant tout le village dans la grande salle des fêtes.

Sitôt le repas terminé, Mouna, la maman, repasse une dernière fois le costume de chevalier de son fils. Il est très fier de faire partie de ceux qui vont attaquer le château pour libérer la ville… enfin «même si c’est pour de faux !» comme il aime à le répéter.

Treize heures, le soleil les accompagne toujours sur le chemin qui les amène à la salle de spectacle. Pendant le trajet, qui dure environ une dizaine de minutes, Umüt demande encore une fois à sa famille de répéter son texte. Il veut vraiment que tout soit parfait et qu’eux et ses amis soient fiers de lui.

Dès l’arrivée, Umüt saute de la voiture pour rejoindre ses partenaires et surtout Saba, que beaucoup appellent sa «chérie», même s’il dit que ce n’est pas vrai.

La voiture garée sous un olivier, Hasim, le père, dans sa plus belle tenue – celle prévue uniquement pour les grandes occasions – va récupérer les places à l’entrée. C’est l’effervescence car tout le monde s’agite à quelques minutes du lever de rideau.

Pendant ce temps-là, Mouna accompagne son fils vers l’entrée des artistes en prenant bien soin de ne pas abîmer son costume de scène, bien protégé dans sa housse plastique. Elle se souvient du bonheur qu’elle a eu à le coudre et ce bonheur se retranscrivait dans les yeux d’Umüt au fur et à mesure que celui-ci prenait forme.

Le chevalier ayant rejoint ses troupes, Mouna, elle, rejoint le reste de sa famille dans l’entrée principale de la salle des fêtes. C’est un vaste hall de briques rouges avec deux escaliers de part et d’autre permettant la montée aux gradins. Accrochées aux murs les photos et affiches de tous les artistes qui se sont produits dans cette salle et, au milieu, celle du jour avec le nom de leur fils marqué en rouge : rien que cela les remplit d’une immense fierté.

Dix minutes plus tard, toute la famille est installée au second rang bien au milieu, pour ne rien rater du spectacle.

C’est une pièce en trois actes racontant la libération de la ville au XVIIème siècle, écrite et mise en scène par Enes, le professeur d’histoire du collège. C’est un passionné de sa ville : il y est né, il s’y est marié, il y a fait toute sa carrière professionnelle. Il a obtenu ce qu’il considère comme sa récompense suprême, il y a deux ans : la médaille de la ville, le jour où Monsieur le Maire l’a officiellement désigné comme historien en chef d’Ercis. Depuis, il n’a eu de cesse de travailler sur ce projet de pièce de théâtre et aujourd’hui, enfin, c’est l’aboutissement final de deux ans d’efforts et de plaisir.

Il a choisi volontairement de la faire jouer par des enfants parce que, comme il aime à le dire « l’Histoire, c’est le passé qui a permis de créer l’avenir », et qui représente le mieux l’avenir si ce ne sont les enfants ?

Le premier acte se termine. Après une présentation rapide de ce qu’était la vie à Ercis à cette époque, les spectateurs ont pu voir monter le front de la révolution et les partisans s’organiser contre l’occupant arabe. Umüt et ses chevaliers n’attaquent le château qu’au milieu du deuxième, Hasim et Mouna sont impatients de le voir à la tête de ses troupes.

Deuxième acte : les rebelles sont en place et prêts à l’attaque. Ils n’attendent que le signal de leur chef Umüt pour passer à l’assaut. Cela fait maintenant dix minutes que la bataille fait rage au pied de la muraille qui enceint la ville quand les lumières, soudain, se mettent à clignoter. Tous les spectateurs pensent à un effet spécial prévu par le metteur en scène et applaudissent à tout rompre.

Mais ces applaudissements s’arrêtent très vite lorsque le décor commence à s’effriter et à tomber sous les vibrations du sol qui bouge de plus en plus fort. Les lumières s’éteignent alors subitement, l’obscurité s’ajoute à la panique. Les spectateurs se rendent très vite compte qu’un tremblement de terre est en train de se produire et ne pensent qu’à se sauver et à sortir du théâtre le plus rapidement possible. Fort heureusement, le bâtiment, construit il y a moins de dix ans, semble résister aux

secousses telluriques.

Mouna, Hasim et leurs deux ainés, se ruent eux aussi vers la sortie mais, au milieu de la panique, ils essaient de savoir où se trouve Umüt qui était sur scène, au moment du séisme. Mouna crie son prénom en espérant une réponse qui malheureusement ne vient pas.

La terre tremble toujours lorsqu’ils arrivent à l’air libre. Ils sont essoufflés, couverts de poussière mais sans aucune blessure. Leur regards se croisent et tous ont la même interrogation : Qu’est-il arrivé à Umüt ? Personne ne le voit ! Personne ne l’entend ! La peur commence à les gagner.

Hasim veut retourner à l’intérieur pour retrouver son fils mais les pompiers, présents pour le spectacle, et son épouse l’en empêchent : ce serait beaucoup trop dangereux ! Hakan et Memet sont en pleurs, tant par la peur qu’ils ont eu que l’angoisse de ne pas savoir ce qu’il est arrivé a Umüt.

Soudain apparaît, sur l’arrière du bâtiment, un preux chevalier avec un casque de travers et une épée aux trois quarts cassée, en train de pleurer au pied d’un arbre. Il ressemble à un soldat antique au milieu d’un champ de bataille, épuisé par le combat et ne sachant même pas si celui-ci est gagné ou perdu.

Est-ce l’instinct maternel ou un signe du destin mais Mouna l’aperçoit et reconnaît son fils tout de suite. Aussitôt elle court vers lui en criant son prénom !

Arrivé près de lui Mouna l’entend répéter, au milieu de ses sanglots : «- Ce n’est pas de ma faute ! Ce n’est pas de ma faute !

- Bien sûr que non ! Pourquoi dis-tu ça, mon chéri ?, le rassure sa maman.

- Enes m’avait dit de frapper très fort, avec mes copains, pour faire tomber les murailles du château, et regarde ce qu’on a fait ! lui dit-il avant, à nouveau, de s’écrouler en larmes.

– Qu’est-ce-que vous avez fait ? lui demande sa maman qui semble ne pas comprendre.

– On a tapé tellement fort que nous avons tout cassé », hoquette-t-il.

Mouna part alors d’un fou rire nerveux et serre son fils, le plus fort possible, entre ses bras, l’embrassant à tout rompre pour sécher ses larmes. Elle a beau lui expliquer qu’il n’y est pour rien, Umüt reste inconsolable et continue de pleurer jusqu’à ce que la terre s’arrête de trembler. A ce moment là seulement, rassuré par le calme revenu, Umüt cesse ses pleurs et se blottit comme un bébé contre le ventre de Mouna.

Reprenant, elle aussi, petit à petit, ses esprits, Mouna cherche du regard Hasim et ses deux autres enfants, qui ne se sont absolument pas aperçu qu’elle s’était écarté d’eux et avait retrouvé le benjamin de la famille. L’angoisse l’envahit de nouveau lorsqu’elle se rend compte que, malgré ses efforts, elle ne les voit pas. Le parking n’est plus, à ce moment, qu’un champ de secours où pompiers et ambulances s’activent sans relâche au milieu des cris des personnes affolées, paniquées ou perdues.

La solidarité générale s’organise pour aider les plus démunis devant la catastrophe, quand passe devant elle Hasim aidant un brancardier à transporter un blessé couvert de sang vers l’ambulance la plus proche. Elle n’ose l’interpeller, elle qui a la chance d’avoir traversé cette épreuve sans dommage.

Dès que le blessé est évacué, Hasim qui, malgré l’urgence, l’avait vue court se jeter dans ses bras et ceux du chevalier Umüt. Les yeux embués de larmes, il appelle ses deux ainés qui, eux aussi, en bonne santé, attendaient avec un groupe d’enfants sous la surveillance de la Protection Civile.

Quelques instants plus tard, toute la famille est à nouveau réunie, pleurant ou riant de joie et de bonheur, remerciant Dieu que rien ne lui soit arrivé…

Personne ne s’est encore aperçu que l’olivier était tombé et avait écrasé la voiture !

 

Mathieu Saint-Lary

 

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