Académie de Grenoble

COP 21 Par Maxime Perriot (TECO1)

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> Messages novembre 2015
> COP 21, L’Afrique ne peut plus attendre 30 novembre 2015
COP 21, L’Afrique ne peut plus attendre

L’Afrique ne peut plus attendre

Le coup d’envoi de la COP 21 a été donné hier à Paris. Les négociations qui se tiendront jusqu’au onze décembre auront pour objectif d’aboutir à un accord qui permettrait de limiter le réchauffement climatique a 2°C. Ce phénomène provoqué par les Hommes est devenu une véritable menace pour l’avenir de la planète. En moins de deux siècles, soit un très court instant à l’échelle de l’existence de la Terre, celle-ci a été meurtrie par l’Homme comme en témoignent les désastres environnementaux visibles de la Chine au Brésil en passant par l’Arctique et l’Afrique. L’avenir de ce continent, qui subit de plein fouet le réchauffement climatique dont il est sans doute le moins responsable, est totalement dépendant des négociations parisiennes.

La vingt-et-unième conférence des parties s’est ouverte ce dimanche dans un contexte d’Etat d’urgence peu propice aux manifestations réclamants un accord contraignant et efficace. Un accord de ce type s’impose pour éviter une catastrophe mondiale qui est moins éloignée qu’il n’y paraît.

Les prévisions des médias et de la population divergent au sujet de l’issue de cette COP 21. Cependant l’heure n’est pas aux spéculations mais plutôt aux actes. Aux actes pour tenter d’influencer, de convaincre les acteurs de la conférence de trouver un accord, contraignant, ambitieux… Toute autre option n’est en aucun cas envisageable, des milliards de vies et la survie d’un continent entier sont en jeu. La COP 21 est l’une des dernières occasions de sauver la planète et plus particulièrement l’Afrique.

Ce continent est l’un des plus touchés par le dérèglement du climat. Selon Afrique renouveau, si le réchauffement climatique n’est pas endigué, le continent africain ne pourra combler que 13% de ses besoins alimentaires dans les trente prochaines années. En effet, selon la Banque Mondiale, un réchauffement de deux degrés (prévu pour 2040) associé aux sécheresses toujours plus destructrices en Afrique de l’ouest pourrait aboutir à une véritable tragédie pour l’agriculture. Ses prévisions sont éloquentes, l’institution prévoit une baisse de 40% à 80% des capacités de l’Afrique Subsaharienne à accueillir des cultures de maïs, de millet ou encore de sorgho. Or, la population africaine pourrait atteindre deux milliards d’individu à l’horizon 2050… Ainsi, vers 2050 en Afrique de l’ouest, la population sous-alimentée sera multipliée par deux selon Afrique Renouveau.

L’épuisement des ressources en eau constitue également une conséquence majeure de réchauffement climatique en Afrique.

L’Afrique est donc pleinement touchée par un dérèglement climatique dont elle n’est que très peu responsable. Sa participation est négligeable par rapport à de gros pollueurs comme la Chine, l’Inde ou les Etats-Unis qui émettent chacun plus dioxyde de carbone que l’ensemble du continent africain. Cette différence entre l’Afrique et le reste du monde est encore davantage visible au regard de l’étude de l’UNESCO sur les émissions de gaz à effets de serre par habitants en 2014. Celles-ci ne représentent que 6,6% des émissions d’Amérique du Nord. Les émissions africaines ont cependant considérablement augmenté ces dernières années.

L’Afrique qui est frappée par un réchauffement climatique qu’elle n’a quasiment pas provoqué paie le prix fort d’une mondialisation subie. Ce territoire qui n’a pas été intégré dans ce processus est laissé à l’abandon pas les économies développées. Avant même d’envisager la mise en place d’un fond pour mener les économies africaines vers une transition énergétique, les dirigeants des principales puissances doivent parvenir à un accord qui concerne l’ensemble des pays les plus polluants. Seul un tel accord, véritablement contraignant juridiquement peut mener à un sauvetage de l’Afrique et de la planète, s’il n’est pas déjà trop tard.

Dans le cas où aucun véritable accord ne serait signé, certains dirigeants européens, qui ne veulent pas entendre parler d’immigration et d’humanité, verront alors affluer des vagues ininterrompus de migrants. Les responsables de ces migrations ne seront alors plus les actes inhumains d’un dictateur ou d’organisations terroristes mais la propre passivité de ces pays dans les négociations climatiques.

Maxime Perriot

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