Académie de Grenoble

Conférences du 16/9 sur le Génocide des Arméniens de 1915

Mercredi 16 septembre 2015

1915-2015 : les cent ans du « génocide » arménien

Conférences au lycée Berthollet de 14h à 16h en salle théâtre

*Introduction par Valéry Pratt : Contexte historique et qualification juridique. Le massacre des Arméniens par le gouvernement Jeune Turc en 1915 a d’emblée donné naissance à la catégorie de « crimes contre l’humanité ». Pourtant, on parle aujourd’hui du « génocide arménien » et on le peut car ce crime qualifie des actes antérieurs à la notion juridique de génocide (dont il s’agira de rappeler la genèse et la portée) mais il est imprescriptible et il faut d’autant plus le reconnaître comme tel cent ans après alors que le négationnisme bat son plein sous couvert de liberté d’expression. On rappellera que 2015 est aussi l’année où la Cour européenne des droits de l’homme doit rendre son avis dans l’Affaire Perinçek où se confrontent précisément liberté d’expression et négationnisme.

*Evelyne de Mevius (philosophe, doctorante à l’Université de Genève, auteure de L’éthique reconstructive à l’épreuve du conflit sur la reconnaissance du génocide des Arméniens) : « En 1915, la Grande Catastrophe. Et cent ans plus tard ? »

Depuis qu’il fut renommé le « vieil homme malade de l’Europe », l’Empire ottoman s’est efforcé de trouver le ferment qui préserverait la cohésion de sa population et l’intégrité de son territoire. Le turquisme, qui succéda aux échecs des politiques de l’ottomanisme et du panislamisme, fut érigé par les Jeunes-Turcs en principe fédérateur du peuple anatolien. C’est ce contexte nationaliste qui présida à la disparition de la quasi-totalité des Arméniens de l’Empire ottoman. Le génocide des Arméniens a accompli l’obsession jeune turque de créer en Anatolie un État-nation sur la base d’une population homogène. Et c’est précisément parce que cette page noire de l’histoire se trouve à l’origine de la République de Turquie qu’elle est si difficilement acceptable par les descendants des fautifs d’hier. Face au négationnisme d’État institutionnalisé en Turquie, qu’en est-il de l’identité Arménienne ? Quelles sont ses ressources positives, ses travers inadmissibles ?

*Stéphane Wacker : Das Märchen vom letzten Gedanken de Edgar Hilsenrath (1989), "Le conte de la dernière pensée". Ce récit - d’un rescapé de la Shoah - substitue au roman historique la forme d’un conte qui s’appuie surtout sur le grotesque. Il s’agit d’interroger cette substitution.

Invités d’honneur :

Jean-François Forges, historien de la Shoah qui avait participé à nos deux précédentes journées autour du film Shoah et de la littérature face à la Shoah.

Jean-Paul Ruta, rescapé du génocide des Tutsis au Rwanda, responsable de l’association Ibuka à Lyon. Nous espérons organiser avec lui et son association un après-midi de conférences sur le génocide rwandais durant l’année scolaire 2016-2017.