Académie de Grenoble

Cinéprépa : Le monde des passions Lundi 09 novembre 2015 à 19h30 en salle théâtre La femme d’à côté

Cinéprépa : Le monde des passions
Lundi 09 novembre 2015 à 19h30 en salle théâtre
La femme d’à côté
(1981, 106 mn)
De François Truffaut
avec
Gérard Depardieu
Fanny Ardant
Henri Garcin

Bernard et Arlette Coudray mènent une vie tranquille dans la commune de Bernin, proche de Grenoble, jusqu’à l’installation de nouveaux voisins, Philippe et Mathilde Bauchard. Il s’avère que Bernard et Mathilde se connaissent déjà : sept ans auparavant, ils ont vécu une passion amoureuse et tumultueuse. Inévitablement, les anciens amants vont renouer leur relation, dans le secret, alors que la vie sociale se poursuit normalement.

« Truffaut présentait La femme d’à côté comme l’histoire limpide d’une passion amoureuse moderne. Il y déploie pourtant une extraordinaire maîtrise et un style d’une perfection inégalée pour rester à distance de cette œuvre sombre où rien ne semble pouvoir contrôler ou apaiser la force des passions. Mathilde et Bernard, en reprenant leur liaison, basculent dans un passé tragique qu’ils croyaient avoir exorcisé. Madame Jouve qui fuit le retour de son ancien amant pour lequel, vingt ans avant, elle avait voulu mourir en se jetant dans le vide et qui garde dans son corps les stigmates de cette passion, présente la seule alternative civilisée à la force archaïque des passions. Dès la fin du générique, c’est à elle que Truffaut délègue la mise en forme du récit : elle sera narratrice et témoin de l’irruption du désordre passionnel dans l’ordre social. »
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/truffaut/femmedacote.htm

« Dans son avant dernier film avant le très parodique Vivement Dimanche, Truffaut reprend l’un des thèmes majeurs de sa filmographie : l’être passionné, qui se met en mouvement pour obtenir ce qui lui échappe fatalement. C’est ainsi que l’on peut lire, par exemple, le parcours d’Antoine Doisnel, courant sans cesse après son inaccessible mère ou l’un de ses substituts, lutte vaine et impossible. Truffaut introduit donc dès Les 400 coups, son premier long-métrage, la femme-aimant, qui met en mouvement les autres personnages. Femme qui fait donc naître les passions mais qui se consume également à travers elles (que l’on songe à Jules et Jim…).
La femme d’à côté n’y fait pas défaut et son vernis de banalité, revendiqué par le titre, cache bien mal la mécanique tragique à l’œuvre dans le métrage où Truffaut, dans l’un de ses films les plus poignants, mêle la pulsion d’amour et la pulsion de mort. » (W. George, professeur de Cinéma et de Lettres, Lycée Berthollet)