Académie de Grenoble

Cinéclub La mémoire Mardi 02 octobre 2018 à 19h15 en salle poly 4 : Valse avec Bachir (2008, 90 mn)

Cinéclub
La mémoire
Mardi 02 octobre 2018 à 19h15 en salle poly 4

Valse avec Bachir
(2008, 90 mn)
Scénario : Ari Folman
Musique originale : Max Richter

En 1982, durant l’opération « paix en Galilée », le jeune Ari Folman, dix-neuf ans, fait son service militaire. Vingt-quatre ans plus tard, en 2006, il rencontre un ami de cette époque, Boaz, qui lui parle d’un rêve étrange qu’il fait toutes les nuits depuis plus de deux ans, mettant en scène des chiens qu’il a tués durant la guerre.
Ari tente alors de se rappeler cette période de sa vie, sans y parvenir. Il parvient cependant à se remémorer une scène qu’il ne peut interpréter : lui et deux jeunes soldats sortant nus de la mer sous la lumière de fusées éclairantes dans la baie de Beyrouth.
Valse avec Bachir est le premier long-métrage documentaire d’animation et l’une des principales œuvres du genre. Ce film, proche du questionnement documentaire, aborde la question de la mémoire et de l’oubli. Il s’intéresse en particulier aux soldats israéliens confrontés aux souvenirs du massacre de Sabra et Chatila en septembre 1982 lors de l’intervention militaire israélienne au Liban de 1982 : étaient-ils partie prenante ou simplement spectateurs ? Un tel thème historique est atypique pour un film d’animation.

Valse avec Bachir explore la mémoire du réalisateur, Ari Folman. Il est fondé sur des interviews réelles d’amis de l’époque qu’il est allé retrouver. La plupart témoignent sous leur vrai nom.

Ari Folman précise que les dessins de son film ne sont pas réalisés en rotoscopie. « Chaque dessin du film a été créé de toutes pièces », explique-t-il.

« Le long-métrage d’animation Valse avec Bachir (2008), du réalisateur israélien Ari Folman est un récit semi-biographique qui revient sur une expérience individuelle de la guerre du Liban et du massacre de Sabra et Chatila. Dans son inscription entre documentaire et fiction, Valse avec Bachir donne à voir un processus qui relie, à travers l’animation, une mémoire effacée, ne se résolvant pas par l’archive, à une histoire reconstruite et figurée. Les axes de réflexion mis en valeur pour mener cette étude sont la fusion des codes du documentaire et de la fiction, les modalités du récit d’un traumatisme et l’imbrication des contextes mémoriels et historiques liés à la guerre.
La démarche d’Ari, qui se fait l’écho du cheminement « du souvenir à la mémoire réfléchie en passant par la réminiscence » défini par le philosophe Paul Ricœur, lui permet d’organiser ses souvenirs et de reconstruire le récit de son expérience. Au-delà de cette quête personnelle, cette réflexion menée à plusieurs voix est peut-être avant tout un prétexte à la formulation d’un récit pluriel, qui vient s’inscrire dans une balance permanente entre mémoire individuelle et mémoire collective. »
Fanny Lautissier, « Valse avec Bachir, récit d’une mémoire effacée », Conserveries mémorielles, revue de jeunes chercheurs.