Académie de Grenoble

Kéliane (2009)

Ne sachant pas vers quel horizon professionnel me tourner au lycée, j’ai choisi de faire un baccalauréat scientifique afin de me laisser le maximum de portes ouvertes car mes résultats étaient aussi bons dans les matières scientifiques que littéraires. Lors des inscriptions de fin de terminale, j’avais même demandé les 3 classes préparatoires - scientifique, HEC et littéraire - me laissant jusqu’au dernier moment pour trancher. Je me suis finalement dirigée vers l’hypokhâgne avec pour ambition de devenir professeur de français, influencée à la fois par mon professeur de français de Première S qui m’y encourageait et par mon milieu familial, puisque ma mère, ma tante sont dans l’enseignement donc j’ai toujours « baigné » dans ce milieu.
Avec le recul, je sais que la prépa correspondait exactement à ce dont j’avais besoin. En premier lieu parce que j’ai eu mon baccalauréat à 16 ans, donc j’ai été « lancée » dans les études supérieures un peu précocement. J’avais donc besoin d’être suffisamment encadrée, alors que l’université nécessite d’être autonome vu le faible nombre d’heures de cours et surtout le nombre d’étudiants. En hypokhâgne et surtout en khâgne, le nombre d’élèves permet de garder un lien direct avec les professeurs et j’ai trouvé cela très important d’être aussi suivis, conseillés, soutenus. Cela facilite la transition avec le lycée.

La prépa est au final assez loin des clichés que l’on en a habituellement, et surtout je pense qu’il faut préciser que faire une HK à Berthollet n’est pas la même chose que ce qu’on peut voir dans les reportages sur celle de Louis-le-Grand par exemple. On garde en province une ambiance qui est plus « familiale » en quelque sorte, même si l’exigence reste élevée. 
Après ma khâgne, j’ai fait une L3 de Lettres Modernes à Lyon 3. Je n’ai pas aimé cette transition avec l’université, du fait de la perte d’encadrement et du manque d’affinité pour certains enseignements. J’ai profité de cette année pour préparer le concours de Sciences Po et je l’ai raté. A l’époque, il y avait une épreuve d’option. J’avais choisi l’histoire, et il s’agissait du programme de khâgne … que j’ai dû préparer seule. Plutôt compliqué donc de gérer le concours et la L3. Depuis, le concours a changé et il n’y a plus qu’une épreuve de note de synthèse et d’anglais. 
J’ai enchaîné sur une L3 d’Administration publique gérée par l’IEP de Lyon. Les enseignements correspondaient davantage à mes centres d’intérêt. Je la recommanderais aux khâgneux qui souhaitent préparer Sciences Po.
A la fin de cette seconde L3, j’ai obtenu le concours de Sciences Po Paris. J’y suis entrée en 4ème année, Master Affaires publiques. Fortement intéressée par la politique, j’ai débuté en parallèle un stage dans un groupe parlementaire du Sénat. J’ai fait ma 5ème année en apprentissage dans ce même groupe parlementaire. J’ai été diplômée de Sciences Po en mai dernier, et je travaille depuis auprès de Bruno Le Maire, en charge de la communication numérique. Les lettres peuvent donc aussi mener à la politique !