Lecture et écriture : une ouverture vers langue d’oc

(actualisé le )

La lecture et l’écriture peuvent s’aborder à partir d’activités de langue provençale et culture régionale. Ci-dessous quelques exemples de démarches et de réalisations.

Nous avons pratiqué dans les classes de nombreuses créations de contes qui ont abouti soit à des pièces de théâtre, ou encore des albums illustrés, diaporamas, films vidéo...
C’est une activité qui dans un premier temps nous amène à connaître du vocabulaire provençal, à créer des phrases, des situations de conversation, puis à réinvestir les connaissances dans une création.
Cette activité est pratiquée dans tous les niveaux de classes, nous avons des exemples de contes créés en maternelle. Bien sûr en maternelle et début CP l’écriture de textes n’est pas encore individuelle et passe par le canal de l’enseignant. Néanmoins les fonctions de l’écrit sont toujours présentes.
De la représentation à son écriture
Ce type d’écriture dans le domaine régional ouvre des perspectives dans d’autres matières pour pratiquer un enseignement plus proche de ce qui nous entoure. On constate souvent que chez les enfants, c’est non seulement le rapport aux thèmes de l’écrit qui souffre de stéréotypes, mais encore ce qui est du domaine de la représentation, comme le dessin, l’expression orale...
Je suis souvent étonné de voir que pour une majorité d’enfants lorsqu’il faut dessiner un arbre, c’est toujours le même arbre qu’ils dessinent, de même pour une fleur... et lorsque les élèves dessinent une île, elle possède presque toujours un palmier, qui est loin d’être l’arbre typique de notre contrée ! Pourtant la diversité de nos paysages est bien réelle ; ainsi pour l’étude botanique, on peut développer sa pratique et observer des résultats !
Ecriture de contes et imaginaire
Cette simplification se retrouve souvent dans l’imaginaire, or la création se nourrit de l’imaginaire. Nous avons souvent constaté, lorsque nous avons lancé des activités d’écriture de contes, combien l’imaginaire des enfants était réduit. Le héros omniprésent était souvent « superman » ; sans entrer dans les détails ici on peut expliquer que les héros « qui réussissent toujours » sont assimilables à des héros mythologiques et non à des héros de contes ; or la construction de l’imaginaire personnel et du rapport à nous même nécessite de se fonder sur des modèles de « héros » ou de personnages qui partent de niveaux plus élémentaires et se construisent eux-mêmes à travers la confrontation à leurs peurs, leurs limitations...
L’écriture de contes offre par ailleurs des perspectives de prolongement au niveau du patrimoine, de la géographie : écrire une histoire dont on va observer, puis dessiner le parcours : dans des rues, sur les chemins ou les routes comme l’avaient fait deux classes avec les contes « Saint-Restitut aux mains du sorcier » et « la mésaventure de Guilhem. »
Une langue qui s’insère dans le vécu
La pratique de l’occitan permet une ouverture dans le domaine de la connaissance et de la représentation linguistique en se basant sur une langue très concrète et dont les enfants peuvent facilement retrouver des justifications, en découvrant comment elle participait à la vie quotidienne, et de quelle manière c’est un outil que les générations s’étaient appropriées, avaient façonné au fil des siècles...

Ci-dessous : des contes qui décrivent aussi des itinéraires... lieux de mémoire propices pour transmettre la langue, resserrer les liens entre générations.