Documentation sur le carnaval

(actualisé le )

L’organisation d’un carnaval dans une école offre un moment festif qui est aussi l’occasion de mettre en œuvre de nombreuses activités pédagogiques : chants, danses, arts plastiques…
En découvrant la culture régionale autour du carnaval on s’aperçoit de sa richesse et de l’originalité de ses personnages, comme de la mise en scène originale qui entoure « l’accusation de Carnaval. »

Les quelques documents qui suivent en fichiers joints fourniront l’occasion de mieux comprendre cette fête et son symbole dans le rythme des saisons et de l’activité humaine, pour découvrir de nouvelles activités intéressantes pour la classe : création de masques, grosses têtes, recettes de Carnaval, instruments et chansons provençales…

(Extrait du livret Langue d’oc et culture provençale à l’école, Festas d’ivern, Edition Aeloc. Nous remercions Rémy Salamon qui nous a autorisés à reproduire son texte et ses dessins.)

CARNAVAL c’est la période qui s’étend du jour des Rois au début du Carême (jusqu’au Mercredi des Cendres). La fête du Carnaval s’insère dans le cycle des saisons ; elle a été pendant longtemps la fête de fin d’année, la marque du changement d’année.

C’est une période de défoulement,de licence collective, où l’on se libère des lois, des tabous, des rapports hiérarchiques, où les rôles s’inversent (héritage des Saturnales romaines.)
C’est la fête du déguisement, des masques(qui voilent et transforment la réalité.

Elle s’accompagne de danses symboliques :lei bofets (soufflets), lei fieloas (fileuses), la Moresca (Mauresque), la dança deis espasas (la danse des épées), de farandoles et de charivaris dont les jeunes (et essentiellement les hommes, c’est la fête de la virilité) sont les principaux acteurs. C’est la fête du rythme, de la libération des corps.

Grossièreté, mauvais goût, sont à la première place. L’occitan interdit dans les actes officiels (par l’Edit de Villers-Cotterêts ) y est roi, il est expression de la fête.
CARNAVAL c’est aussi l’occasion d’un règlement de comptes collectif, reflet des conflits sociaux, des luttes politiques, des tiraillements entre :

  • l’été et l’hiver
  • le gras et le maigre (Opposition entre l’abstinence du carême (on dit que l’on mange « maigre » c’est à dire sans viande) et la liberté du carnaval)
  • le riche et le pauvre
  • le marié et le célibataire, etc.
    C’est une invocation à la fécondité de la terre et de la femme ; un exorcisme contre les intempéries, les maladies et les catastrophes.
    A cause de ses excès, tout au long des siècles, Carnaval a subi de nombreuses interdictions ...

CARAMENTRANT (Carema entrant):ce sont les trois jours gras (dimanche, lundi, mardi) qui précèdent le mercredi des Cendres. Ils sont là pour exorciser la pauvreté alimentaire (c’est le moment où les provisions d’ hiver s’épuisent) et se préparer aux difficultés de cette mauvaise saison.

D’autre part, les poules recommencent à pondre, il y a beaucoup d’oeufs. Dans la tradition, les enfants vont de maison en maison, ils font la quête des oeufs pour confectionner les omelettes traditionnelles:lei crespèus (lei crespèu). Dans les écoles, on reconstitue souvent cet usage en faisant un défilé dans les rues, accompagné de musique. Car la quête des œufs pour Carnaval s’accompagne de chants et de farandoles masquées.

Les repas collectifs du Mardi Gras (qui se font avec la nourriture que l’on a rassemblée) se composent essentiellement de crespèus et de beignets. A Marseille, on mange traditionnellement les "pieds-paquets".
Par extension, le nom de CARAMENTRANT a été donné au pantin qui symbolise et personnifie le Carnaval. Ce pantin mené en procession dans toutes les rues était porté sur un brancard, balloté sur un drap, hissé sur un char ... au gré des manifestants ...

Il servait de bouc-émissaire : accusé de tous les méfaits de la communauté, de tous les malheurs de l’année, il était ensuite jugé par un tribunal populaire, au cours d’un procès : Le procès de CARAMENTRANT.
Le tribunal composé des habitants et des représentants de tous les corps de métiers le condamnait à mort : il était alors le plus souvent brûlé sur la place publique au milieu de cris, de chants et de danses. (Selon les endroits, il était plutôt jeté à la mer ou à la rivière !)

  • Fiches pédagogiques à télécharger :

Les deux fichiers sont imprimables après téléchargement si besoin (le problème technique sur le 2e fichier a été corrigé)