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  Préserver sa voix


D’après la conférence de madame LEVAL, orthophoniste au centre MGEN de Lyon, le 18 mai 2005 au collège de Tullins

Frédérique Mirgalet
Conseillère pédagogique
Circonsription de St Marcellin



Les enseignants sont des professionnels de la voix. Ils sont sujets, tout particulièrement aux troubles de la voix.

-    On ne m’entend plus
-    Le soir, je n’ai plus envie de parler
-    Il ne faudrait pas crier mais…
-    La salle est trop grande
-    Je ne me fais plus entendre dans la cour, le gymnase, la piscine…
-    Je ne peux plus chanter,
-    J’ai mal à la voix
-    J’ai la voix cassée….
-    Je manque d’air
-    …

Il n’y a pourtant pas de fatalité à avoir une voix qui s’enroue quand on est enseignant, bien au contraire. Un enseignant peut et doit avoir une bonne voix.



Ce qu’il faut avant tout savoir :

La voix est un instrument de musique. Elle est générée par l’air qui passe sur les cordes vocales. Cet air est expulsé de façon consciente grâce aux mouvements abdominaux.

Dans le cadre d’une communication entre plusieurs personnes, il existe un principe que l’on appelle le calage vocal. C’est une sorte de mise au diapason instinctive. Dans un environnement bruyant, on parle plus fort. Si on entend mal son interlocuteur au téléphone, on parle plus fort, si on s’adresse à un enfant, on prend une voix plus aigue. Or, plus la voix est haute, plus les cordes sont tendues, plus il y a fatigue.

Les troubles de la voix peuvent avoir de nombreuses causes :
-    virus
-    état de fatigue générale
-    problèmes de reflux gastriques
-    problèmes hormonaux…
La plupart des cas, chez l’enseignant, ils sont dus à une mauvaise utilisation de la voix.



Ce qu’il vaut mieux éviter :

-    crier plus fort que les élèves, autrement dit, crier quand on n’a aucune chance de se faire entendre (dans la cour, dans le gymnase, à la piscine…) c’est inefficace et terrible pour la voix.
-    face à un public difficile, parler plus haut, plus vite, plus fort
-    prendre une voix aigue quand on s’adresse à un public d’enfants
-    parler à longueur de journée
-    crier dans les aigus
-    les raclements de gorge.( Il vaut mieux tousser une bonne fois.)


Alors, comment faire ?

-    Ne jamais donner les consignes dans le bruit. Les donner en classe, avant d’aller à la piscine, avant la séance d’EPS, avant la récréation, quand la qualité d’écoute est bonne. Si nécessaire,      faire un rappel succinct sur place.
-    Dans un environnement sonore, utiliser un instrument pour couvrir le bruit des élèves (sifflet, cloche, tambourin…) et capter leur attention, avant de parler.
-    Adapter sa voix à la taille de la pièce et au public à qui on parle (on ne parle pas de la même façon à la classe entière, qu’à un petit groupe d’élève ou qu’à un élève)
-    Parler juste assez fort pour être entendu de la ou des personnes à qui on parle.
-    Utiliser les abdominaux quand il faut donner de la puissance à la voix
-    Face à un public difficile, au lieu de parler plus haut, plus vite, plus fort que le groupe, choisir de faire l’inverse : baisser l’intensité, le débit, la hauteur.
-    Ne parler que si c’est nécessaire
-    Parler aux élèves d’une voix normale, sans la forcer vers les aigus
-    Ne pas hésiter à chuchoter. Selon le principe du calage vocal, les élèves, après un moment d’étonnement, se mettent aussi à chuchoter.
-    Eviter de chanter avec les élèves s’il y a une trop grande différence de tessiture.
-    Se détendre, adopter une bonne posture et bien respirer.

Et puis surtout ménager sa voix et la reposer :
-    en adoptant une bonne posture (il faut que l’air puisse bien circuler, sans tension)
-    en parlant peu
-    en chuchotant (le vrai chuchotement ne fait pas vibrer les cordes vocales et fait travailler le souffle)
-    en travaillant et en utilisant la respiration abdominale

Ne pas hésiter, en cas de troubles, à consulter un médecin qui peut prescrire des séances de rééducation vocale chez un orthophoniste.


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