Les enseignants sont des professionnels de la voix. Ils sont sujets, tout
particulièrement aux troubles de la voix.
- On ne m’entend plus
- Le soir, je n’ai plus envie de parler
- Il ne faudrait pas crier mais…
- La salle est trop grande
- Je ne me fais plus entendre dans la cour, le gymnase,
la piscine…
- Je ne peux plus chanter,
- J’ai mal à la voix
- J’ai la voix cassée….
- Je manque d’air
- …
Il n’y a pourtant pas de fatalité à avoir une voix qui
s’enroue quand on est enseignant, bien au contraire. Un enseignant peut et
doit avoir une bonne voix.
Ce qu’il faut avant tout savoir :
La voix est un instrument de musique. Elle est générée
par l’air qui passe sur les cordes vocales. Cet air est expulsé de
façon consciente grâce aux mouvements abdominaux.
Dans le cadre d’une communication entre plusieurs personnes, il existe un
principe que l’on appelle le calage vocal. C’est une sorte de mise au diapason
instinctive. Dans un environnement bruyant, on parle plus fort. Si on entend
mal son interlocuteur au téléphone, on parle plus fort, si
on s’adresse à un enfant, on prend une voix plus aigue. Or, plus la
voix est haute, plus les cordes sont tendues, plus il y a fatigue.
Les troubles de la voix peuvent avoir de nombreuses causes :
- virus
- état de fatigue générale
- problèmes de reflux gastriques
- problèmes hormonaux…
La plupart des cas, chez l’enseignant, ils sont dus à une mauvaise
utilisation de la voix.
Ce qu’il vaut mieux éviter :
- crier plus fort que les élèves, autrement
dit, crier quand on n’a aucune chance de se faire entendre (dans la cour,
dans le gymnase, à la piscine…) c’est inefficace et terrible pour
la voix.
- face à un public difficile, parler plus haut,
plus vite, plus fort
- prendre une voix aigue quand on s’adresse à un
public d’enfants
- parler à longueur de journée
- crier dans les aigus
- les raclements de gorge.( Il vaut mieux tousser une bonne
fois.)
Alors, comment faire ?
- Ne jamais donner les consignes dans
le bruit. Les donner en classe, avant d’aller à la piscine, avant
la séance d’EPS, avant la récréation, quand la qualité
d’écoute est bonne. Si nécessaire, faire
un rappel succinct sur place.
- Dans un environnement sonore, utiliser un instrument
pour couvrir le bruit des élèves (sifflet, cloche, tambourin…)
et capter leur attention, avant de parler.
- Adapter sa voix à la taille de la pièce
et au public à qui on parle (on ne parle pas de la même façon
à la classe entière, qu’à un petit groupe d’élève
ou qu’à un élève)
- Parler juste assez fort pour être entendu de la
ou des personnes à qui on parle.
- Utiliser les abdominaux quand il faut donner de la puissance
à la voix
- Face à un public difficile, au lieu de parler
plus haut, plus vite, plus fort que le groupe, choisir de faire l’inverse
: baisser l’intensité, le débit, la hauteur.
- Ne parler que si c’est nécessaire
- Parler aux élèves d’une voix normale, sans
la forcer vers les aigus
- Ne pas hésiter à chuchoter. Selon le principe
du calage vocal, les élèves, après un moment d’étonnement,
se mettent aussi à chuchoter.
- Eviter de chanter avec les élèves s’il
y a une trop grande différence de tessiture.
- Se détendre, adopter une bonne posture et bien
respirer.
Et puis surtout ménager sa voix et la reposer :
- en adoptant une bonne posture (il
faut que l’air puisse bien circuler, sans tension)
- en parlant peu
- en chuchotant (le vrai chuchotement ne fait pas vibrer
les cordes vocales et fait travailler le souffle)
- en travaillant et en utilisant la respiration abdominale
Ne pas hésiter, en cas de troubles, à consulter un médecin
qui peut prescrire des séances de rééducation vocale
chez un orthophoniste.