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| Que permet de spécifique
la littérature à l’école maternelle ? |
| Grâce au travail à partir
de la littérature, l’élève va pouvoir : Entrer dans la langue écrite Découvrir un nouveau registre de langue Enrichir son vocabulaire Commencer à structurer son langage Découvrir l’aspect permanent de l’écrit Entrer dans la structure d’une histoire Entrer dans la compréhension de l’implicite Eprouver et partager des émotions Verbaliser ses émotions Enrichir son imaginaire Percevoir la notion de réel et d’imaginaire S’investir au niveau psychologique S’identifier aux personnages Vivre d’autres vies, d’autres expériences Se construire une culture |
Grâce au travail à partir de la littérature,
l’enseignant va pouvoir : Travailler la compréhension (on parle le livre avant de le lire) Travailler les différents aspects du langage Donner le goût et l’envie de lire Construire une culture commune à la classe, à l’école. |
| Les questions que le groupe
se pose : |
| Comment choisir les livres ? Quel livre ? Pour quels objectifs ? Avec quelles activités ? Quels outils peut-on utiliser pour aider à la compréhension ? |
| Les obstacles à la compréhension |
Les aides à la compréhension |
| Après analyse de quelques albums, voici une
liste, non exhaustive, des obstacles que peuvent rencontrer les élèves
pour comprendre une histoire. Les obstacles repérés Le vocabulaire : mots inconnus, mots utilisés au sens figuré Les changements de style : passage du style direct au style indirect Le titre qui n’apporte pas d’indice Les différentes façons de nommer un personnage (« Marcel et Hugo ») Comprendre qui parle La présence de personnages stéréotypés, savoir ce qu’est un ogre, un loup… L’écart entre les représentations (entre ce qui est décrit, ce que l’élève va imaginer, ce que le maître va imaginer, ce qui est dessiné. ex : la description de la vache dans « un poisson est un poisson » de Léo Lionni.) L’illustration qui peut égarer l’élève par sa profusion de détails (« Mademoiselle tout-à-l’envers ») Le rapport entre le texte et l’illustration : ils se complètent ( « le masque »), se contrarient (« la tempête » : texte glaçant, images rassurantes), s’opposent (« l’Afrique de Zigomar ») La connaissance des contes traditionnels « Je suis revenu » Le manque de savoirs (« L’Afrique de Zigomar ») L’imbrication des histoires L’implicite |
Que va-t-on travailler pour aider
les élèves à comprendre les histoires ? Le vocabulaire La notion de personnage : Combien sont-ils ? Qui sont-ils ? Que disent-il ? Les personnages stéréotypés : le loup, l’ogre, la sorcière, la fée, le crapaud… Les rapports entre les personnages : le couple, le fort-le faible, le malin-le bêta, le gentil-le méchant… La chronologie (en général : le temps qui s’écoule pendant l’histoire, en particulier : dans les histoires imbriquées : les retours en arrière) Les lieux Le rapport texte/images La succession des évènements, la structure narrative La notion de narrateur L’implicite La construction d’une culture de base (contes traditionnels) La construction des savoirs nécessaires à la compréhension |
| Comment, concrètement,
mettre en place ces aides ? Comment différencier ? |
| Le groupe a cherché à compiler un certain
nombre de situations d’aide. Selon l’âge des élèves, leur niveau de compréhension, la difficulté de l’histoire, on pourra varier les aides apportées aux différents élèves. Plus les enfants ont des difficultés à comprendre, plus on leur apportera d’aides avant la lecture. |
| Le vocabulaire : Avant la lecture de l’histoire, après avoir repéré les mots qui paraissent essentiels à la compréhension : Présenter les mots nouveaux, par exemple « dans cette histoire, les cailloux s’appellent des galets » Construire un imagier de l’histoire et l’afficher pour y avoir recours à chaque lecture. Chercher les synonymes et les rajouter à l’imagier en soulignant le mot utilisé dans l’histoire. Chercher ensemble dans nos souvenirs si ce mot n’a pas déjà été entendu. Construire un répertoire de classe. Pendant la lecture : Questionner les élèves. Recourir au texte et à l’illustration pour trouver des indices qui permettront de trouver le sens du mot. Utiliser ponctuellement des images, des gestes. En activité décrochée : Chercher des éléments d’explications dans des documents divers, par exemple pour illustrer le désert : les albums, les documentaires, les récits… |
Les personnages : Avant la lecture : Présenter les personnages qui apparaîtront dans l’histoire. Les présenter dans l’ordre d’apparition. Faire des photocopies des personnages pour les afficher avec leur nom. Montrer les personnages, faire décrire leurs caractéristiques physiques (C’est un petit garçon qui porte des baskets et un pull rayé, c’est une petite fille habillée en robe, elle a un manteau rouge). Annoncer leur rôle dans l’histoire ou leur caractère (ce sont des enfants qui se disputent beaucoup, c’est un loup très gentil, c’est un bébé très courageux…) Repérer les personnages principaux et les personnages secondaires en prenant des indices sur la couverture du livre et dans les illustrations. Pendant la lecture : Montrer les personnages dont il est question (photocopie du personnage, collée sur un bâton, montrée par le maître ou par des élèves) Varier l’intonation et le timbre de voix selon qui parle. Se référer à l’affichage. Après la lecture : Faire dessiner les personnages En activité parallèle, avec recours régulier à l’histoire : Repérer et noter sous le personnage, tous les mots utilisés dans l’histoire pour le nommer. Redire l’histoire, la jouer (marionnettes, déguisements) Chercher dans les illustrations si le personnage évolue au cours de l’histoire, s’il y a changement dans sa représentation. Pour des tout petits, utiliser un cache si le personnage se trouve à la fois sur la page de gauche et la page de droite du livre. |
| Les rapports entre les personnages et les personnages
stéréotypés. Lire ou raconter les contes traditionnels, dans lesquels on retrouve les originaux des stéréotypes. Lire de nombreuses histoires autour du même personnage. A partir des textes ou des illustrations, retrouver les caractéristiques physiques, comportementales, communes à un type de personnage (l’ogre, la sorcière, le renard…) Représenter ces personnages : dessins, peinture, jeux de rôle, mimes, déguisements, bruits, tons de voix… Jouer avec ces personnages Inventer des histoires Rapprocher les histoires dans lesquelles les rapports entre les personnages sont identiques. |
La chronologie : Avant la lecture Annoncer le temps que dure l’histoire (et non le temps que prend la lecture) (ex : cette histoire commence le matin et finit le soir, ou cette histoire commence avant la naissance de la princesse et elle finit quant elle devient une dame.) En activité parallèle, avec recours régulier à l’histoire : Travailler sur des images séquentielles en utilisant les illustrations des principales étapes de l’histoire. Remettre en ordre les différentes représentation du personnage au cours de l’histoire (dans « le plus féroce des loups » le personnage a un accessoire de plus à chaque étape.) Travailler sur les connecteurs de temps avec le support des images séquentielles. Rechercher dans le texte et les illustrations des indices du temps qui passe. Construire la frise chronologique de l’histoire et l’afficher. Jouer avec les images séquentielles. Représenter en dessinant, l’évolution des personnages dans le temps. Mimer les personnages et leur évolution dans l’histoire. (Le personnage qui est insouciant, qui a soudain peur puis qui est rassuré) Travail décroché sur la structuration du temps . Photos prises en classe pour reconstituer le temps qui passe dans une activité, dans la matinée, dans la journée, dans la semaine. Photographier un coin de nature toutes les semaines pour visualiser le temps qui passe et les saisons. |
| Le rapport texte/illustration Avant la lecture : A partir des illustrations du livre, inventer l’histoire. A partir de la couverture, inventer l’histoire Pendant la lecture : Si le texte et l’illustration se complètent, chercher dans les illustrations ce qui peut préciser le texte. Chacun a alors ses propres informations, en coopérant, on comprend mieux le texte. Si le texte et les illustrations s’opposent, jouer sur « ce qui se voit, ce qui se ressent » (Dans « la tempête » je sais par le texte que la tempête est terrible, mais Comme les personnages ont l’air rassurés ! dans « Un chat est un chat » j’ai l’impression que le chat est fort derrière son masque mais je sais bien, avec le texte, qu’en réalité, il pleure) Si le texte et les illustrations se contredisent, jouer sur le débat, Proposer à un groupe le texte sans illustration et à l’autre, les illustrations sans le texte. Mettre en commun. Confronter, laisser débattre et s’étonner. Relire l’histoire en montrant les illustrations et chercher ce qui a provoqué la rupture entre le texte et l’image. En activité parallèle, avec recours régulier à l’histoire : Photocopier, montrer, décrire un personnage (principal ou secondaire) et le retrouver dans l’album Chercher si le personnage évolue dans les illustrations Chercher les renseignements que nous donnent les images En activités décrochées : Parmi plusieurs illustrations, chercher celle qui correspond au texte lu. Débattre, argumenter. Parmi plusieurs histoires, chercher celle qui correspond à l’illustration montrée. Débattre, argumenter. A partir d’une image, inventer l’histoire. Illustrer un texte. Décrire les images. |
La structure de l’histoire Repérer au préalable, comment est construite l’histoire : Histoire répétitive, histoire construite sur le modèle du conte (avec par exemple des épreuves) Avant la lecture : Annoncer : cette histoire ressemble à « … » que nous avons lue la semaine dernière Après la lecture Chercher les étapes principales de l’histoire, les dessiner, les coller sur des affiches de couleurs différentes et garder le même code couleur pour toutes les histoires. En activité parallèle, avec recours régulier à l’histoire : Lire d’autres histoires avec la même structure et rechercher ensemble, ce qui est pareil. Réécrire l’histoire en changeant un paramètre. Compléter une histoire répétitive Inventer une histoire sur le même modèle. Jouer l’histoire. |
| Les savoirs nécessaires à la compréhension Avant la séquence, repérer les savoirs nécessaires et évaluer les connaissances des élèves. Nous prendrons pour exemple l’Afrique de Zigomar. Pour comprendre la subtilité de l’histoire il est nécessaire que l’enfant ait une bonne représentation de l’Afrique et du pôle Nord, de leur climat et des animaux qui y vivent. Avant la lecture : Raconter des histoires simples: « Biboundé », Regarder des films documentaires Se faire déjà une petite représentation de l’Afrique et du pôle Nord Pendant la lecture : Relever tous les indices qui nous permettent de savoir vers où ils se dirigent. En activité parallèle, avec recours régulier à l’histoire : Consulter un Atlas illustré Consulter des documentaires (animaux, climat, paysage, migrations, alimentation…) |
| En réponses aux questions
initiales et à celles qui se sont posées au cours de la matinée |
| Quel livre choisir ? Pour un travail spécifique, choisir un album complexe, dans lequel certains éléments sont de réels obstacles. Réserver les albums très simples où déjà connus, aux moments de regroupements, pour se calmer, se retrouver, rire ensemble… On peut travailler successivement plusieurs livres qui ont un point commun (structure identique, références croisées, personnage commun, etc… et en dégager l’élément commun. On peut travailler un album et le mettre en réseau, en lien avec des éléments de la culture commune de la classe en y faisant référence, en recherchant dans nos mémoires, en compulsant le stock de livres… On peut choisir un livre en fonction des obstacles qu’il présente, en réponse à une compétence en compréhension que l’on veut travailler avec ses élèves. On peut travailler des livres différents avec des groupes différents et choisir en fonction de la difficulté. Quelle organisation pédagogique : groupe ou classe entière ? Pour démarrer le travail, se retrouver de temps en temps autour d’un même objectif, construire un vécu commun, se faire plaisir, partager des émotions : classe entière Pour écouter, comprendre, anticiper, débattre, vérifier, parler, dire, redire, mémoriser, pour tout le travail spécifique autour de la compréhension : groupe homogène de 8 élèves maximum. Besoin de programmations ? Repérer les obstacles nous a permis de constater : Qu’il y avait des préalables nécessaires à la compréhension des histoires : se familiariser avec l’objet, acquérir la notion de personnage, construire une culture de base avec les contes traditionnels, construire les représentations des personnages et des rapports stéréotypés… Qu’il était nécessaire d’aborder une grande diversité d’albums, d’auteurs… Cela a fait nettement émerger cette nécessité de programmer au sein de l’école maternelle. |
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