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Pédagogie générale - Contes et Mythes

Cyril GIRARD

CPC EPS circonscription de St Marcellin

Avril 2012

 

La culture : un vecteur au service des élèves en grande difficulté

Ces propositions de travail font suite à la conférence de Serge BOIMARE qui s’est tenue à St Marcellin en novembre 2011.

 

1.    Présentation des grands principes soutenus par S. Boimare

2.    Propositions de mise en œuvre pour la classe

 

2.1 De l'intérêt pédagogique des récits mythologiques

2.2 Fais ton chemin… à pas contés

Bibliographie

Sitographie

 

 

1.  Présentation des grands principes soutenus par S. Boimare

 

Selon Serge BOIMARE, 15% des élèves ne peuvent pas entrer dans une démarche réflexive. Ces élèves sont curieux, mais ils ne peuvent pas se confronter aux contraintes de l’apprentissage. Chez eux, le fait de ne pas savoir et d’avoir à chercher réactive des inquiétudes, des craintes archaïques. D’où des troubles divers tels que l’agitation, la somnolence, l’opposition… qui traduisent une frustration et d’où aussi des troubles secondaires induits comme l’instabilité, la lenteur, les problèmes d’attention ou de mémorisation.

 

Ces enfants empêchés de penser sont confrontés à deux difficultés principales :

 

-          la difficulté à produire des images, notamment chez des enfants peu sollicités dans le premier âge, pour mettre des mots sur leur ressenti ou évoquer des évènements imaginaires. Il s’agit donc d’une impossibilité de passer du perceptif au représentatif qui se traduira notamment par des difficultés à passer de la maîtrise du code à la conquête du sens.

-          la résistance devant la contrainte, si les familles ne les ont jamais initiés à l’épreuve de la frustration : ils ne savent pas différer leurs envies.

 

Ces difficultés vont avoir des incidences dans les domaines suivants :

-          La curiosité : bien que présente, elle se restreint à des préoccupations primaires

-          Les stratégies pour apprendre : elles sont appauvries par la phobie du doute, car la réflexion entraine une déstabilisation. Le temps de la recherche, des hypothèses, de la réflexion est donc fui. On observe alors deux stratégies possibles :

o   Le conformisme de la pensée où les enfants n’acceptent que des exercices déjà maîtrisés et/ou soignent la présentation

o   L’association immédiate : les enfants veulent accéder au sens avant même de chercher, c’est le cas de la lecture devinette par exemple.

-          Le comportement : le relais est trop vite passé au corps (faim, soif, pipi…) ; le déclenchement de sensations corporelles au moment d’entrer dans la démarche intellectuelle signale un mode interne pas suffisamment sécurisé et des idées d’auto dévalorisation ou de persécution.

-          Le langage : les enfants ont des difficultés à raconter, expliquer, argumenter ; ils ne communiquent que dans la connivence et la proximité. Langage et pensée se structurent et s’enrichissent mutuellement, l’échec scolaire va de pair avec une pauvreté et une insécurité linguistique.

 

Que doit-on alors faire selon S. BOIMARE ?

1.      Il faut partir des besoins de ces enfants qui sont empêchés de penser.

2.      Il faut les intéresser.

3.      Il faut les nourrir : leur donner les moyens de résister lorsqu’ils sont face au doute. Ceci grâce à un apport culturel pour sécuriser leurs représentations.

4.      Il faut les entrainer à parler et à argumenter. Entrainer au débat.

5.      Il faut les confronter à des savoirs qui ont du sens et des racines (pas de photocopies parachutées)

6.      Il faut créer de la cohésion groupale pour ne pas laisser d’enfants dans la marge. Donner quelque chose de commun dans le message pédagogique. Pas de différentiation tout de suite.

Chaque journée de classe devrait débuter par une heure d’apport culturel à l’oral et à l’écrit. Il faut commencer par la lecture à haute voix de textes fondamentaux par l’enseignant (romans initiatiques, textes mythologiques, poèmes, contes …). Ensuite, entrainer à l’expression orale et écrite.

 

Le « Quoi de neuf ? », que l’on observe souvent dans les classes s’appuie trop sur le vécu de l’enfant. Il est trop en prise avec son quotidien pour qu’il puisse s’en distancier. Alors qu’avec un apport extérieur comme la culture, on propose un fil pour universaliser le propos. Par ailleurs, c’est un apport commun donné à toute la classe. Il est donc préférable d’utiliser un médiateur culturel plutôt que les faits divers ou l’histoire vécue à la maison.

 

Il faut un à deux ans de travail pour voir changer les performances de l’élève. Il faut environ 6 mois pour accéder au langage argumentaire en le travaillant tous les jours. Il faut également compter 6 mois pour améliorer les représentations et 1an pour commencer à se dégager de l’empêchement de penser.

 

Comment aider les élèves à mieux parler/échanger ?

-          Il faut qu’ils se regardent : tables disposées en carré ou en U.

-          Il faut une activité préparatoire en petits groupes de 4 ou 5.

-          Pour ceux qui ne parlent pas, il faut un apport préalable. Il faut calmer l’ardeur de ceux qui parlent toujours. Faire jouer des scénettes, commencer par les faire répéter ce que disent les autres, les faire parler sur une de leurs productions écrites ou dessinées.

-          Il faut utiliser des textes (ou images, films…) qui enrichissent et sécurisent leurs représentations.

Attention à ne pas perdre la force dramatique des textes dans des exercices de grammaire. On peut bien sûr construire la grammaire et la langue autour des textes pour mieux les comprendre, mais pas l’inverse…

 

2.  Propositions de mise en œuvre pour la classe

 

Vous trouverez dans cette partie deux exploitations possibles des propositions de Serge BOIMARE. La première prend appui sur des récits mythologiques ; il s’agit d’une exploitation proposée par Bruce DEMAUGE-BOST, professeur des écoles en cycle 3. La seconde utilise quant à elle le support des contes ; elle est issue du mémoire CAPSAIS de Béatrice BOSSENNEC (CPC ASH Nord Isère).

Ces deux propositions peuvent tout à fait se croiser, tant pour le choix des textes, que pour les activités proposées ensuite aux enfants.

 

2.1 De l'intérêt pédagogique des récits mythologiques

 

Lien vers le site très outillé de Bruce DEBAUGE-BOST, professeur des écoles.

 

L’auteur y explique comment il procède pour travailler à partir des mythes fondateurs avec ses élèves de cycle 3. Il met en ligne les fiches qu’il utilise pour l’exploitation de deux ouvrages, Le feuilleton d’Hermès et le feuilleton de Thésée.

 

Ces ouvrages, préfacés par Serge BOIMARE, sont disponibles dans les librairies ainsi que sur le net (Amazon, Fnac, …), pour environ 20€. Ils sont également présents à l’Inspection, ainsi que les deux ouvrages de Serge BOIMARE : L’enfant et la peur d’apprendre, éd DUNOD, 2004 ; Ces enfants empêchés de penser, éd DUNOD, 2008.

Vous pouvez récupérer la bande audio des feuilletons d’Hermès sur clé USB à l'inspection.

 

2.2 Fais ton chemin… à pas contés

Propositions issues du mémoire CAPSAIS (2004) de Béatrice BOSSENNEC (CPC ASH)

Ce travail a été mené dans une classe de CLIS accueillant douze enfants en grande difficulté.

 

Dans la même ligne de travail que celle présentée ci-dessus, nous pourrions proposer une médiation culturelle par les contes.

Voici une première liste de contes qui pourraient être lus aux enfants :

 

Conte

Début d’analyse

Les trois petits cochons (Conte européen)

Principe de plaisir et principe de réalité. Seul le plus âgé des trois cochons est capable de remettre à plus tard son désir de jouer et agit conformément à son aptitude à prévoir ce qui peut arriver…

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Le petit chaperon rouge (perrault)

le Petit Chaperon rouge symboliserait le personnage de la petite fille aux portes de la puberté…

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Le petit poucet (perrault)

Tout comme dans Hansel et Gretel, le conte du Petit Poucet aide les enfants à surmonter ce que Freud appellera le « stade oral ».

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La petite fille aux allumettes (Andersen)

Le conte évoque la misère du 19ème siècle de façon assez dure.

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Blanche neige (Grimm)

Le conte commence par une situation œdipienne mettant en conflit la mère et la fille. La marâtre est restée à un stade narcissique qui la rend vulnérable et que le conte invite donc le jeune lecteur ou auditeur à dépasser…

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Le chat botté (perrault)

Le Chat botté aurait été réécrit par Perrault dans un but d'éducation, mais aussi par le biais du message codé. Chaque action du chat ou du meunier semble être une étape vers la réalisation de soi, vers la perfection et la vérité universelle, et vers la connaissance.

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Les Musiciens de Brême (GRIMM)

 

Les animaux représentent les quatre constituants http://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:R%C3%A9f%C3%A9rence_n%C3%A9cessaire de la nature humaine : corps physique (l'âne), corps énergétique dit aussi corps des forces formatrices (le chien fidèle), corps animique ou corps des désirs, peines et joies (le chat), et moi (le coq). Les brigands, c'est la société refermée sur ses acquis et qui voit toujours d'un mauvais œil qu'une individualité prétende chanter sa partie nouvelle: quand la société (ou famille, entreprise etc...) est ainsi déstabilisée, elle imagine de fausses causes, une influence étrangère etc...

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Epaminondas (Conte des Etats Unis) ; Le Tigre, le Brahmine et le Chacal (Conte hindou) ; Le petit chacal et le chameau

 

Suite à ce temps d’écoute on peut distinguer quatre temps de travail :

-          Une phase verbale

-          Une phase dessinée, écrite

-          La mise en scène

-          L’évaluation

 

Le tableau ci-dessous présente des activités à mener avec les élèves et les compétences travaillées. Cliquez sur les liens pour obtenir des exemples.

 

 

Activités

Objectifs

Compétences travaillées

Ecoute

Contage ou lecture d’un conte plusieurs fois.

Geste d’attention

Ecouter

Se taire

Tenir tranquille

Phase verbale

Verbalisation sur ce qui vient d’être entendu

Compréhension et mémorisation, phase verbale

Restituer les éléments du conte :

-          Titre

-          Personnages

-          Lieux et déplacements

-          Ressemblances et différences avec d’autres contes

-          Moments du conte, les différentes actions

-          Les formules et phrases-repères du conte

Phase dessinée, écrite

Représentation des mots par des dessins-symboles.

Représentation imagée, collective ou individuelle.

Reconstitution personnalisée d’un conte.

Aide à la compréhension et à la mémorisation

Se rappeler les mots du conte :

-          Représenter une phrase par des dessins-symboles.

S’approprier le schéma narratif :

-          Dessiner un moment du conte et écrire une phrase explicative.

-          Dessiner les éléments du conte de manière caractérisée (personnages, lieux, objets,…).

-          Dessiner l’itinéraire du héros.

-          Elaborer une frise narrative grâce aux dessins.

Verbaliser l’itinéraire ou la frise avec des mots personnels.

Utiliser des connecteurs logiques et temporels

Mise en scène

Jeu théâtral.

Evaluation formative

Aide à la mémorisation et à la représentation mentale

Evaluation formative

Mettre en scène :

-          Rechercher des manières d’interpréter (voix, gestes, postures).

-          Elaborer des outils d’aide (souffleurs, pancartes)

-          Interpréter

-          Elaborer des critères de réussite, par le retour des spectateurs (points forts, points faibles, aide proposée).

Evaluation

Contage.

Evaluation formative

Evaluation formative

Conter individuellement ou en petit groupe.

-          Plaisir de conter

-          Se confronter à sa capacité à savoir restituer un savoir appris

-          Elaborer des critères de réussite (points forts, points faibles, aide proposée).

Dicter à l’adulte ou réécrire soi-même l’histoire.

(Tableau et travaux d’enfants issus du mémoire de B. BOSSENNEC).

 

Bibliographie

Ces ouvrages sont disponibles à l’inspection :

 

BETTELHEIM Bruno, Psychanalyse des contes de fées, HACHETTE, 1998

BOIMARE Serge, L’enfant et la peur d’apprendre, DUNOD, 2004

BOIMARE Serge, Ces enfants empêchés de penser, DUNOD, 2008

GILLIG Jean-Marie, Le conte en pédagogie et en rééducation, DUNOD, 2005

SZAC Murielle, La mythologie grecque en cent épisodes. Le feuilleton d’Hermès, BAYARD 2011

SZAC Murielle, La mythologie grecque en cent épisodes. Le feuilleton de Thésée, BAYARD 2011

 

Sitographie

Sites de contes pour enfants

http://www.contemania.com/comprendre/index.htm

http://www.iletaitunehistoire.com

Contes et mythologie : analyse

http://www.crdp.ac-creteil.fr/telemaque/document/mytho-anim.htm

 

 


Date de création : 02/04/2012 · 11:46
Dernière modification : 02/04/2012 · 12:21
Catégorie : Pédagogie générale
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