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Publié : 1er juin 2006
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Utilisation de l’outil phono

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« développer les compétences phonologiques » pour les GS et les CP par Goigoux, Cèbe, Paour chez Hatier

1 Rappel I.O
- Le langage est au coeur des apprentissages de l’école maternelle
- Les élèves doivent comprendre comment fonctionne le code alphabétique ( objectif de la GS )
- Ils doivent prendre conscience des réalités sonores de la langue à travers des comptines, jeux chantés, chansons et poésies. L’unité syllabique doit être la cible principale de ces jeux.
- Fin GS, les enfants doivent être capables de « rythmer un texte, reconnaître une même syllabe dans plusieurs énoncés, produire des assonances ou des rimes »

2 Constat des chercheurs
- Les recherches en psychologie cognitive ont établi des corrélations fortes entre les habiletés phonologiques et l’apprentissage de la lecture.
- La syllabe est une unité phonologique qui est disponible très tôt. Dès l’émergence de cette conscience, la rime apparaît dans la gradation des compétences phonologiques.
- La conscience phonémique, capacité à manipuler et à réfléchir sur les unités phonémiques de laparole, se développe plus tardivement, après la découverte d’une structure interne de la syllabe.
- La syllabe, l’attaque et la rime peuvent donc être considérés comme des unités phonologiques au même titre que le phonème.

La réussite scolaire est en grande partie liée à la disposition générale des enfants à l’égard du langage. Pour réussir les exercices scolaires proposés début CP, il faut pouvoir s’intéresser à la langue pour elle-même. L’école doit donc aider les enfants à prendre conscience que l’écrit dérive de l’oral et à découvrir que le principe alphabétique permet de noter de manière homogène la face
sonore de tous les mots. Il faut donc « casser du sens pour le réduire en syllabe, puis casser l’unité sonore de la syllabe pour parvenir aux sons transcrits par les lettres de l’alphabet ».

3 Phono, un nouvel instrument didactique

Constat : les tâches choisies dans les pratiques observées sont très souvent réalisées en collectif mais de manière aléatoire ( au gré des thèmes, projets ) et d’une fréquence irrégulière. Si elles sont bien ludiques et variées, elles présentent une limite importante car elles sollicitent la
mobilisation simultanée d’un grand nombre de compétences qui n’ont pas été préalablement enseignées.

Projet :
- proposer un matériel clair, simple, utilisable comme référent commun à toute une classe
- permettre un entraînement régulier pour acquérir et automatiser des procédures spécifiques qui sous tendent l’analyse phonologique
- développer des prises de conscience sur la nature des apprentissages

Ses caractéristiques :

- il permet un enseignement adapté à tous les élèves
- il est utilisable en collectif
- il propose une planification des tâches
- il vise la maîtrise des procédures et une réflexion métacognitive
- il introduit de nouvelles tâches, mais utilise celles déjà pratiquées en leur assignant de nouveaux objectifs

Son matériel

- un livre « phono », avec l’objectif et le déroulement de chaque semaine
- un livre « catego » avec des listes et des règles de jeux permettant d’apprendre à catégoriser
- 39 planches de 6 images chacune, à découper : ce sont des prénoms des enfants ( à écrire ), des images et/ou des photos d’objets familiers.-les étiquettes sont formatées, épurées, pour mieux centrer l’attention de l’enfant. Elles sont ciblées de façon à proposer des activités cognitives
complexes ( de la répétition sans répétition

Ses principes didactiques :
- apprendre aux élèves à considérer la langue comme un objet d’étude
- prendre conscience des dimensions phonologiques de la langue ( comment elle marche )

Pour aider l’enseignant dans sa tâche, une planification lui est proposée à partir de 3 types de critères :
- ceux relatifs à la nature des unités linguistiques ( syllabes, rimes, attaques phonèmes ) et à leur position ( initiale, interne, finale )
- ceux relatifs à la nature du lexique ( noms communs, noms propres, mots outils )
- ceux relatifs à la nature des opérations intellectuelles mobilisées ( comparaison, catégorisation, transformation d’éléments phonologiques...)

Sachant qu’il est très difficile pour les jeunes enfants de rechercher dans leur lexique mental, dans chacune de nos tâches proposées les mots à analyser seront toujours, d’abord, proposés par l’enseignant. Toutefois, il est recommandé d’utiliser les termes de « mot, syllabe, son et rime »

Sa planification :

- elle est proposée pour 21 semaines ( ou leçons ) comportant chacune 3 à 4 séances de 10 à15 mns. Les 11 premières semaines sont centrées sur « l’unité syllabique », sans présenter l’écriture des mots. L’écrit commence à jouer un rôle dans la 2° partie de l’entraînement. Une
représentation graphique est alors recommandée pour aider à observer la position des phonèmes au sein des syllabes.
- le rythme de progression est à l’initiative de chaque enseignant ; la seule consigne à suivre est de ne pas aller trop vite pour laisser le temps à chacun de « devenir expert ».
- la dernière partie de chaque leçon est très ouverte afin que chaque enseignant puisse réaménager et enrichir les tâches de transfert en puisant dans leur répertoire habituel.
- enfin, cet instrument n’est qu’une trame de proposition qui reste à adapter à chaque groupe classe

4 Le déroulement et l’organisation de chaque leçon

- Le déroulement : elles sont toutes menées en collectif, dans le coin regroupement, face au tableau. La participation de tous est assurée par le matériel puisque chaque enfant pourra disposer d’un support ( objet, photo, image ).
- L’organisation : chaque leçon est constituée d’une succession de 3 types de tâches :
— 1 tâche principale correspondant à l’objectif de la leçon ; l’enseignant explique la consigne de la tâche à réaliser, traite lui-même plusieurs exemples pour accroître les possibilités de compréhension, puis demande à chaque élève à tour de rôle de traiter un exemple ; au terme de cette 1° activité, il fait expliciter aux élèves ce qu’ils viennent d’apprendre.
— 1 tâche de transposition : elle vise à développer la même compétence mais en changeant un ou plusieurs paramètres ( consigne, matériel, contenu...)
— 1 tâche de réinvestissement ou de transfert proche : trier des cartes par catégories, découper, des images représentant des mots contenant 1, 2 ou 3 syllabes...

5 Regard d’enseignants ayant expérimenté cette méthode
- Le dispositif s’intègre sans problème dans l’organisation habituelle de la classe.
- Il s’utilise facilement tel quel mais autorise des variations et des changements.
- Il permet de travailler des procédures essentielles selon une progression déjà pensée.
- Il permet de gagner du temps de préparation.
- La palette des tâches proposées au sein d’une même leçon permet de solliciter tous les élèves
- La stabilité et la régularité du dispositif permettent d’installer des habitudes de traitement efficace
chez les élèves et d’observer des progrès auxquels les élèves eux-mêmes sont sensibles.
- Le travail collectif permet de travailler à un rythme soutenu.
- La mise en activité de chaque élève permet de repérer facilement ceux qui ont besoin d’une aide supplémentaire.

La mise en oeuvre a varié selon les enseignants : certains ont pris Phono comme rituel du matin (environ 10mns par jour), d’autres ont préféré 2 séances par semaine (environ 20 mns) 2 évaluations sur le niveau de développement de la conscience phonologique ont été faites auprès de ces classes : une avant l’utilisation de Phono et l’autre après. Sur 55 élèves, 2 seulement n’ont pas amélioré leur score de 10 points. Malgré des scores de réussite parfois encore faibles, ce sont les enfants, initialement les moins performants qui se sont le plus améliorés.