Vous êtes ici : Accueil > Formation > Formations hybrides > La 1ère guerre mondiale
Publié : 19 décembre 2014
Format PDF Enregistrer au format PDF

La 1ère guerre mondiale

2 votes

Quelques notions clés

C’est une guerre totale
La notion de guerre totale qualifie un conflit armé qui mobilise toutes les ressources disponibles de l’État, sa population autant que l’économie, la politique et la justice. Elle ne concerne plus uniquement des objectifs militaires mais, souvent source d’union sacrée entre tous les partis politiques, elle cherche à atteindre des buts de guerre en impliquant l’ensemble de la société ciblée et de ses moyens. On peut parler de guerre totale pour la Première Guerre mondiale par la mobilisation humaine, regroupant front (militaires) et arrière (civils), l’aspect économique, et la propagande.

C’est une guerre mondiale
C’est toute l’Europe qui est mobilisée. Il y a mondialisation du conflit par les biais des colonies et l’entrée en guerre des États-Unis (1917) et du Japon (1914). Au-delà de l’aspect mondial de la mobilisation, on assiste à une levée en masse des hommes (ainsi la Bulgarie leva un quart des hommes soit 600 000 hommes). Le bilan de la guerre est dramatique en Europe. Près de 10 à 11 millions d’hommes sont morts au combat et 6,5 millions reviennent invalides.

C’est une guerre d’usure
La guerre d’usure est une conception des états-majors de la Première Guerre mondiale. Elle correspond à l’ultime blocage de la « guerre de position » résultant de l’échec du « culte de l’offensive ». Son paroxysme est atteint sur le front de la Somme de juillet à novembre 1916 où une hypothétique victoire était recherchée dans l’anéantissement de l’adversaire. Cette « lutte à mort » eut pour conséquences environ un million de soldats morts ou blessés ainsi que le limogeage des généraux Joffre, Foch et Falkenhayn.

C’est une guerre de position
Incapables de prendre le dessus les uns sur les autres, les belligérants veulent à tout prix conserver les positions acquises. Les armées s’enfoncent dans des tranchées, creusées dans le sol. C’est le début de la guerre de position.

C’est une guerre mécanique et technologique
La technologie durant la Première Guerre mondiale reflète l’application de l’industrialisation et de la production de masse au domaine de l’armement et à la technologie militaire en général. Cette tendance commença cinquante années plus tôt lors de la Guerre de Sécession et se confirma au cours des conflits mineurs où les nouvelles armes furent testées. Les premières années de la Première Guerre mondiale furent caractérisées par une confrontation entre la technologie du XXe siècle et les tactiques du XIXe siècle sous la forme de batailles indécises provoquant un nombre considérable de pertes de chaque côté. Il faudra attendre la fin de la guerre pour que les armées adaptent les tactiques militaires aux nouvelles technologies dans le cadre de la guerre moderne. L’artillerie connut des progrès considérables au cours de la Première Guerre mondiale. Au commencement de la guerre, l’artillerie était principalement composée d’artillerie légère pouvant tirer en tir tendu. Au début de la guerre, l’Allemagne possédait l’industrie chimique la plus avancée et produisait plus de 80 % des teintures et des produits chimiques du monde. Bien que les conventions de la Haye de 1899 et 1907 interdisent l’utilisation des gaz de combat, l’Allemagne fut la première à utiliser ce qui semblait le meilleur espoir de sortir de l’impasse de la guerre de position. Le chlore fut le premier gaz utilisé en avril 1915. Par la suite, le phosgène et le gaz moutarde vinrent grossir la liste des composés mortels utilisés par les deux camps. Des contre-mesures comme l’utilisation de masques à gaz permirent de réduire la dangerosité des attaques chimiques. Les gaz de combats ne causèrent que 4 % des morts de la guerre et ne semblent pas avoir eu d’effet sur le cours de la guerre, en revanche, ils rendirent encore plus insupportable les conditions de vie déjà difficiles des combattants. Les chemins de fer jouèrent un rôle sans précédent dans l’histoire militaire. Ceux-ci permirent le transport de troupes et de matériel à un rythme sans précédent mais ils étaient très vulnérables sur le front. Ainsi, les armées ne pouvaient avancer qu’au rythme de construction ou de reconstruction du chemin de fer comme lors de la Campagne de Palestine. Le transport motorisé fut utilisé lors de la guerre mais seulement pour des cas particuliers. Comme de nombreuses autres technologies, l’aviation fit des progrès considérables au cours de la Première Guerre mondiale. Les premiers appareils de la guerre n’étaient cependant pas fondamentalement différents du Wright Flyer, qui réalisa le premier vol de l’histoire dix ans plus tôt.
Bien que les premiers avions étaient non armés, ils reçurent rapidement des armes défensives puis offensives. Le système de synchronisation des mitrailleuses permettant de tirer à travers l’hélice, inventé par les allemands, associé à des appareils plus maniables permirent de créer des appareils spécifiquement conçus pour le combat aérien. Bien que l’idée du char de combat avait été suggérée dès le début des années 1890, peu d’officiers s’y étaient vraiment intéressés jusqu’à ce que l’impasse de la guerre de tranchée et la perspective d’une guerre sans fin les fasse changer d’avis. L’utilisation des chars de combat ont fait de la Première Guerre mondiale, le premier conflit mécanisé. Les chars ont permis de sortir de l’impasse de la guerre de tranchée en offrant une combinaison de puissance de feu et de protection qui manquait aux armées. La Première Guerre mondiale fut le premier conflit dans lequel les sous-marins furent une réelle arme de guerre. Dans les années précédant la guerre, le système relativement efficace de propulsion composé d’un moteur diesel pour la navigation en surface et d’un moteur électrique en plongée fut introduit. Les années qui ont précédé la guerre ont vu les progrès de la métallurgie et de la construction navale et leur capacité à produire des navires toujours plus grands, mieux armés et blindés. Le lancement du HMS Dreadnought a révolutionné la construction des cuirassés en rendant obsolète tous les navires antérieurs. Par conséquent, au commencement de la guerre, de nombreuses flottes comprenait des navires modernes et des navires obsolètes. La progression de l’artillerie navale à longue portée permit d’augmenter la distance entre les flottes s’affrontant. La Bataille du Jutland en 1916 fut la seule bataille à grande échelle de la guerre.

Triple-Alliance
La triple alliance est le nom donné à la veille de 1914 à l’alliance conclue entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. De 1890 à 1914, la triple alliance tenta d’isoler diplomatiquement la France et d’entraver son expansion coloniale (incident de Fachoda en 1898 et « coup d’Agadir » en 1911).

Triple entente
La France s’allia donc avec la Russie (Alliance franco-russe). Afin de se protéger et de s’allier en cas de conflit, la France, le Royaume-Uni et la Russie créèrent en 1907 la Triple-Entente. La tension entre les deux blocs ne cessa alors de croître, aboutissant à la Première Guerre mondiale. Dans un premier temps, l’Italie préféra rester neutre, car selon le gouvernement d’Antonio Salandra la triple alliance étant essentiellement un pacte défensif rien n’obligeait l’Italie à participer à une guerre offensive.

Poilu
Poilu, est le surnom donné aux soldats français de la Première Guerre mondiale. Le mot « poilu » désignait aussi à l’époque dans le langage familier ou argotique quelqu’un de courageux, de viril (cf. par exemple l’expression plus ancienne « un brave à trois poils », que l’on trouve chez Molière, de même les expressions « avoir du poil » et « avoir du poil aux yeux »1 ) ou l’admiration portée à quelqu’un « qui a du poil au ventre ». Dans son ouvrage L’Argot de la guerre, d’après une enquête auprès des officiers et soldats, Albert Dauzat donne la même explication : « Avant d’être le soldat de la Marne, le « poilu » est le grognard d’Austerlitz, ce n’est pas l’homme à la barbe inculte, qui n’a pas le temps de se raser, ce serait trop pittoresque, c’est beaucoup mieux : c’est l’homme qui a du poil au bon endroit, pas dans la main ! » C’est le symbole de la virilité2. Ce terme militaire datant de plus d’un siècle avant la Grande Guerre, « désignait dans les casernes où il prédominait, l’élément parisien et faubourien, soit l’homme d’attaque qui n’a pas froid aux yeux, soit l’homme tout court ».

La violence de masse
La violence de masse est une des caractéristiques de cette première guerre mondiale. Ce sont les violences exercées à grande échelle sur les soldats et les populations civiles. Bien sûr, toutes les guerres sont violentes. Mais pendant la première guerre mondiale, le niveau de violence atteint ne s’était jamais vu. Comme le front est bloqué à partir de 1915, les armées ennemies essaient de perfectionner leurs armes pour prendre l’avantage sur l’autre, et les armes sont de plus en plus nombreuses et provoquent de plus en plus de morts. Si on fait une moyenne pendant les quatre ans de guerre, il y a près de 900 hommes qui meurent chaque jour du côté français, et 1300 du côté allemand ! Pendant toute cette guerre, l’arme la plus redoutable et crainte par les soldats fut l’obus, qui peut anéantir toute une tranchée et donc causer de glissements de terrain qui engloutissent les soldats.

Les dates clés

La frise chronologique avec les dates clés

Lors de cette animation, nous avons choisi d’aborder le thème de la 1ère guerre mondiale au travers du rôle des femmes et de leur action. Par cette entrée, nous aborderons la problématique du premier conflit de manière transversale (français, mathématiques, histoire des arts, ...). En préambule, nous vous proposons ce quiz de positionnement. Les réponses ne sont pas données mais sont à trouver soit dans les divers documents de cette page soit seront fournies lors du présentiel.

Quiz

1. Quel fut le rôle des femmes durant la guerre ?
A. Elles prennent les armes sur le front à l’égal des hommes
B. Elles s’occupent de la maison et des enfants
C. Elles occupent les emplois réservés jusque là aux hommes et sont présentes sur le front comme infirmières

2. Les femmes et le droit de vote
A. Elles l’avaient acquis depuis 1910
B. Elles l’obtiendront à la sortie de la guerre, en 1919
C. Elles devront attendre 1944

3. Lorsqu’elles sont sur le front, les femmes occupent des postes :
A. D’infirmières
B. De combattantes
C. D’agents de liaison

4. Une femme mariée peut disposer elle-même de son salaire à partir de
A. 1900
B. 1907
C. 1950

5. Au cours de la Grande Guerre, Rosa Luxemburg fut :
A. La reine de Belgique
B. Une révolutionnaire
C. Une espionne

6. Par quel nom étaient désigné les femmes ou les jeunes filles qui entretenaient des correspondances avec des soldats au front durant la Première Guerre ?
A. Les munitionnettes
B. Les aviatrices
C. Les marraines de guerre

7. Comment appelle-t-on les femmes anglaises qui manifestent pour le droit de vote ?
A. Les suffragettes
B. Les pétitionnaires
C. Les folles de mai

8. Combien de femmes ont été déclarées mortes pour la France durant la 1ère guerre mondiale ?
A. 10
B. 100
C. 1000

9. Une munitionnette c’est
 :
A. Une femme qui travaille dans une usine d’armement
B. Une petite munition très meurtrière
C.Une camionnette qui apporte les munitions au front

10. Quelle femme, par son engagement dans la médecine, a permis de sauver de nombreuses vies durant cette guerre ?
A. Mata Hari
B. Nadia Boulanger
C. Marie Curie

La place des femmes

Dans la société du 19ème siècle
Du XIXe siècle à la guerre de 1914, la femme est entièrement définie par son rôle familial : elle est épouse et mère ! Quelle que soit sa condition, elle doit s’efforcer de plaire car " la beauté, c’est l’arme de la femme ", et le législateur veille également à ce qu’elle reste soumise à son mari. A la maison, dans les milieux bourgeois, l’épouse supervise le travail des domestiques et s’occupe de l’éducation morale et religieused es enfants. Les œuvres de charité, les réceptions chez les unes et les autres permettent aux femmes de se retrouver à l’extérieur de la maison.
Le monde ouvrier n’est pas insensible à ce modèle bourgeois. La place des femmes est à la maison... La ménagère représente un idéal de respectabilité. En 1898, la CGT, tout en souhaitant l’égalité des salaires, précise résolument que seules sont "autorisées" à travailler les célibataires et les veuves.
L’urbanisation et le mode de vie bourgeoise offrent de nouveaux métiers dans la couture passementières, chapelières), la blanchisserie, le commerce. La révolution industrielle utilise la main d’œuvre féminine et enfantine, surtout dans le textile, où se trouvent les ¾ des femmes travaillant dans l’industrie vers 1900. Après les lois limitant le travail des enfants (1841, 1874), les femmes sont encore plus recherchées dans les usines, dans des travaux répétitifs, longs, épuisants, très mal rémunérés.L’enseignement technique s’adresse uniquement auxgarçons, surtout après 1880, tandis que dans les programmes des écoles primaires et des écoles normales de filles, l’État encourage les travaux de coupe (1880), d’aiguille et l’apprentissage de la dentelle à la main (1903).
Les emplois de service, en "col blanc", se multiplient. Ces vendeuses, dactylos, demoiselles des postes, sage-femmes, institutrices contribuent à légitimer le travail féminin.
Durant la Guerre
Le 7 août 1914, le Président du Conseil René Viviani, qui songe à une guerre courte, lance un appel aux femmes françaises, en fait aux paysannes, les seules dont il pense avoir un besoin urgent dans les campagnes désertées par les hommes. Il leur parle le langage viril de la mobilisation et de la gloire :
« Debout, femmes françaises, jeunes enfants, filles et fils de la patrie. Remplacez sur le champ de travail ceux qui sont sur le champ de bataille. Préparez-vous à leur montrer, demain, la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés ! Il n’y a pas, dans ces heures graves, de labeur infime. Tout est grand qui sert le pays. Debout ! A l’action ! A l’oeuvre ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde ».
La mobilisation des ouvrières est bien plus tardive, pas avant la fin de l’année 1915, dans un contexte bien différent. Elles seront 400 000 fin 1917, début 1918, à l’apogée de la mobilisation féminine, alors que l’ensemble du personnel féminin du commerce et de l’industrie dépasse de 20 % son niveau d’avant-guerre. Au fur et à mesure que s’envola l’espoir d’une guerre courte et qu’on s’engageait dans une guerre longue et totale exigeant une mobilisation de l’économie, il fallut ramener dans les usines les ouvriers les plus qualifiés, et aussi faire appel à la main d’oeuvre féminine. Un certain nombre de femmes travaillaient déjà avant la guerre, mais elles étaient le plus souvent cantonnées dans des tâches considérées comme secondaires.
Ce qui était nouveau et frappa les esprits, ce fut leur embauche dans les usines d’armement, dont les ouvrières furent bientôt désignées sous le nom de « munitionnettes ».
Les « munitionnettes » donnèrent lieu dans la presse à des dessins jetant un regard nouveau non dépourvu d’humour, sur le travail féminin et le statut de la femme au sein de la famille et de la société.
La journaliste Marcelle CAPY, féministe et libertaire, travaille quelques semaines incognito dans une usine de guerre. Son témoignage paraît dans La Voix des femmes entre novembre 1917 et janvier 1918 :
« L’ouvrière, toujours debout, saisit l’obus, le porte sur l’appareil dont elle soulève la partie supérieure. L’engin en place, elle abaisse cette partie, vérifie les dimensions ( c’est le but de l’opération), relève la cloche, prend l’obus et le dépose à gauche.
Chaque obus pèse sept kilos. En temps de production normale, 2 500 obus passent en 11 heures entre ses mains. Comme elle doit soulever deux fois chaque engin, elle soupèse en un jour 35 000 kg.
Au bout de 3/4 d’heure, je me suis avouée vaincue. J’ai vu ma compagne toute frêle, toute jeune, toute gentille dans son grand tablier noir, poursuivre sa besogne. Elle est à la cloche depuis un an. 900 000 obus sont passés entre ses doigts. Elle a donc soulevé un fardeau de 7 millions de kilos.
Arrivée fraîche et forte à l’usine, elle a perdu ses belles couleurs et n’est plus qu’une mince fillette épuisée. Je la regarde avec stupeur et ces mots résonnent dans ma tête : 35 000 kg ».
Après la guerre
La Garçonne, et le développement de la mode garçonne ( abandon du corset et de la robe longue, cheveux courts, bras nus, ceinture basse, silhouette d’adolescente ) ont pu laisser croire que la 1ère guerre mondiale avait entraîné une révolution dans les moeurs débouchant sur une émancipation de la femme. En réalité ces velléités d’émancipation ont été contenues dans le cercle étroit des intellectuels et de la bourgeoisie éclairée. Pour la majorité des femmes, l’après-1ère guerre mondiale s’est traduit par un retour à la normale et aux valeurs traditionnelles. Dans une France traumatisée par la saignée démographique qu’avait provoquée la 1ère guerre mondiale, les femmes ont été rappelées à leur rôle d’épouses, de maîtresses de maison et de mères de famille . Au recensement de 1921, les femmes au travail n’étaient pas plus nombreuses qu’avant 1914, mais la guerre les avaient fait accéder à des fonctions de responsabilités. C’est ainsi que 630 000 veuves étaient devenues chefs de famille.

Comment "comprendre" un monument aux morts

Un document qui fournit des codes pour comprendre un monument aux morts et des pistes de travail

Le site "Enseigner les racines de l’humanisme"
Lien vers le site

Travail mené par la circonscription de Saint-Gervais autour des monuments aux morts
Tice les mémoires