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LA REGION RHONE-ALPES : QUELLES DYNAMIQUES DEMOGRAPHIQUES
(Septembre 2000, Jean-Paul Collicard)

LA CARTE DU MOIS (7)

PDF (537 Ko) La carte L'analyse et les graphiques La fiche technique Le croquis modélisant

Projection

Lambert II, Méridien de Greenwich

Définition

q       Spatiale : le cadre de la carte est celui des limites administratives de la région Rhône-Alpes

q       Thématique : au regard de la parution des premiers résultats du recensement de 1999, cartographier l’évolution démographique des différentes composantes de la région entre 1990 et 1999 tant spatiales qu’urbaines.

Les critères

La problématique de la carte propose de mettre en avant une évolution (dynamique) des indicateurs naturels (solde naturel) et migratoires (solde migratoire) des différents départements. L’utilisation des chiffres bruts des communes de plus de 10.000 habitants complète l’ensemble. Ainsi nous avons retenu comme critères :

q       Pour les espaces : les 9 départements composant la région Rhône-Alpes

q       Pour les lieux : les villes de plus de 10.000 hab (dans les limites communales ) de la région Rhône-Alpes

Le protocole d’étude et ses limites

Le travail mené est tributaire de la parution des données du dernier recensement, et donc de l’INSEE qui en a la charge. En Juillet 1999 l’INSEE produisait un premier CD.Rom « les résultats provisoires du recensement » qui fournissait les chiffres bruts de 90% des communes, de la totalité des départements et des régions ; ces données très proches (écart à la marge) des résultats définitifs actuels, gardent toute leur valeur. Pour sa part en Janvier 2000, l’Express donnait sur 60 pages une série de données par départements, avec notamment la balance migratoire entre les recensements de 1990 et 1999[1]. Depuis le mois de Mai, l’INSEE sur son site Internet livre des résultats plus complets, téléchargeables, que nous avons utilisés ici [2].

[1] Voir les 3 cartes du mois : France de la périphérie, de l’intérieur et région parisienne
[2] INSEE première

Les données

 

Superficie (km²)

Population

1999 (1)

Population 1990 (1)

Variation absolue

variation annuelle

(%)

Solde migratoire

(2)

Solde naturel

 

Ain

5 762

515 270

471 019

44 251

1.00

24 181

20 070

Ardèche

5 529

286 023

277 581

8 442

0.32

8 208

234

Drôme

6 530

438 778

414 072

23 706

0.62

10 397

13 309

Isère

7 431

1 094 006

1 016 228

77 778

0.82

24 069

53 709

Loire

4 781

728 524

746 288

-17 764

-0.27

-31 083

13 319

Rhône

3 249

1 578 869

1 508 966

69 903

0.50

-23 923

93 826

Savoie

6 028

373258

348 261

24 997

0.77

12 229

12 768

Savoie haute

4 388

631 679

568 286

63 393

1.18

26 960

36 433

Rhône-Alpes

43 698

5 646 407

5 350 701

294 706

0.52

51 038

243 668

France (2)

 

58 518 748

56 615 155

1 903 593

0.37

590 000

2 058 000

(1)   INSEE Recensement de la population - site Internet www.insee.fr

(2)   INSEE Première n° 691 Janvier 2000

Tableau 1 : Evolution de la population départementale (1990-1999)

 

 

variation absolue

solde migratoire

solde naturel

part solde migratoire

part solde naturel

s.migratoire

/s.naturel

s.naturel/ pop 99

AIN

44 251

24 181

20 070

55%

45%

1,20

3,9

ARDECHE

8 442

8 208

234

97%

3%

35,08

0

DROME

23 706

10 397

13 309

44%

56%

0,78

3,0

ISERE

77 778

24 069

53 709

31%

69%

0,45

4,9

LOIRE

-17 764

-31 083

13 319

-175%

75%

-2,33

1,8

RHONE

69 903

-23 923

93 826

-34%

134%

-0,25

5,9

SAVOIE

24 997

12 229

12 768

49%

51%

0,96

3,4

HAUTE SAVOIE

63 393

26 960

36 433

43%

57%

0,74

5,8

REGION

294 706

51 038

243 668

17%

83%

0,21

 

Tableau 2 : Structure de la variation absolue régionale (1990-1999)

 

 

Nombre total de communes

population

> 10 000

(1)

 

10 000

à 5 000

(2)

< 5 000

(3)

%

(1)

%

(2)

%

(3)

Ain

419

515 270

86 858

85 698

342 714

16,9%

16,6%

66,5%

Ardèche

339

286 023

39 207

46 524

200 292

13,7%

16,3%

70,0%

Drôme

370

438 778

157 387

64 338

217 053

35,9%

14,7%

49,5%

Isère

533

1 094 006

404 710

195 783

493 513

37,0%

17,9%

45,1%

Loire

327

728 524

352 660

101 579

274 285

48,4%

13,9%

37,6%

Rhône

293

1 578 869

1 080 752

143 877

354 240

68,5%

9,1%

22,4%

Savoie

305

373 258

110 072

39 639

223 547

29,5%

10,6%

59,9%

Savoie haute

293

631 679

221 659

119 431

290 589

35,1%

18,9%

46,0%

Région

2 879

5 646 407

2 453 305

796 869

2 396 233

43,4%

14,1%

42,4%

Tableau 3 : Répartition de la population en fonction de la taille des communes (1999)


 

 

Nombre total de communes

population

> 10 000

(1)

 

10 000

à 5 000

(2)

< 5 000

(3)

%

(1)

%

(2)

%

(3)

Ain

419

471 019

86 449

78 413

306 157

18,4%

16,6%

65,0%

Ardèche

339

277 581

50 202

36 122

191 257

18,1%

13,0%

68,9%

Drôme

370

414 072

156 153

60 487

197 432

37,7%

14,6%

47,7%

Isère

533

1 016 228

387 951

188 902

439 375

38,2%

18,6%

43,2%

Loire

327

746 288

381 561

101 245

263 482

51,1%

13,6%

35,3%

Rhône

293

1 508 966

1 040 133

155 665

313 168

68,9%

10,3%

20,8%

Savoie

305

348 261

96 214

48 418

203 629

27,6%

13,9%

58,5%

Savoie haute

293

568 286

182 689

137 407

248 190

32,1%

24,2%

43,7%

Région

2 879

5 350 701

2 381 352

806 659

2 162 690

44,5%

15,1%

40,4%

Tableau 4 : répartition de la population en fonction de la taille des communes en 1990


Un petit commentaire et une première analyse 

Au niveau des chiffres globaux, la région Rhône Alpes est la deuxième région métropolitaine par sa population (Ile-de-France = 10.952.011). Son taux de variation annuelle entre les deux derniers recensements de 0.52%  est largement supérieur à celui de l’ensemble du territoire (0.37). Ainsi définie la région Rhône-Alpes apparaît comme une des plus dynamiques de l’hexagone.

En examinant la composition de cette croissance, l’on peut noter que le solde migratoire contribue pour 17% à la variation absolue de population (contre 31% pour la France), contre respectivement 83 et 69% pour le solde naturel. Ainsi le dynamisme de Rhône Alpes, en première analyse, est dû à sa vitalité démographique ; dans le détail, cette remarque souligne en fait le grand déséquilibre entre les départements « répulsifs » (Loire et Rhône) qui plombent le solde migratoire, alors que les autres  départements ont des taux proches ou supérieurs à la moyenne nationale.

Cette examen met en valeur une première originalité de la région, avec deux dynamiques contraires :

q       Une dynamique d’attraction pour 7 départements sur 10 : très forte pour l’Ardèche, moyenne pour l’Isère. L’Ain et la Haute Savoie se distinguent dans ce tableau, vue l’importance du solde migratoire par rapport à la population ; nous devons y voir les développements de l’agglomération lyonnaise et genevoise qui débordent largement sur ces deux départements.

q       Une dynamique de répulsion pour le Rhône et la Loire. Si pour le Rhône le solde naturel compense largement le solde migratoire (comme pour l’agglomération parisienne), il n’en est pas de même pour la Loire qui perd des habitants.

De même pour l’examen du solde naturel une dynamique se dégage:

q       Le solde naturel isole un département : l’Ardèche. Très faible, voire nul, il démontre le vieillissement accéléré de sa population avec une chute conséquente de la fécondité. De même le département de la Loire a un solde naturel faible (équivalent à celui de la Savoie pour trois fois plus de population) et insuffisant pour compenser les départs ; il souligne sans doute la part importante de la population jeune dans les départs, favorisant un vieillissement de la population.

Ces deux départements connaissent donc une dynamique de vieillissement pour des raisons différentes.

Le deuxième point à développer concerne la part de l’urbain, et celle du rural dans ces populations [1]. Les choix effectués distinguent trois rangs de taille en 1999: plus de 10.000 hab., de 5000 à 10000 et moins de 5000 hab. La répartition de la population dans ces trois classes permet d’évaluer le poids des villes dans l’espace départemental. Ainsi entre l’Ardèche (plus de 60% de la population vit dans des communes inférieures à 5000 hab) et le Rhône (plus de 75% vit dans des communes de plus de 5000 hab) l’écart est considérable. L’histogramme distingue trois types de départements :

q       L’Ardèche, et l’Ain, sont ceux où la part des communes inférieures à 5000 hab est la plus forte (de 50 à 70%) ; le tissu urbain y est donc encore lâche. Cela correspond à des taux d’urbanisation inférieurs à 50%.

q       la Drôme, la Haute Savoie, l’Isère et dans une moindre mesure la  Savoie, voient dominer les communes > 5000 habitants (de 55 à 65%) ; ils présentent un tissu urbain qui s’organise et se densifie avec en particulier une bonne part de communes moyennes (> 10.000 hab). Leur taux d’urbanisation est compris entre 65 et 80 %.

q       Enfin le Rhône et la Loire avec plus de 60% de leur population dans des communes          > 5.000 habitants ont des tissus urbains au maillage serré ; cela correspond à des taux d’urbanisation supérieurs à 80%.


[1] la carte du mois prochain sera consacrée au tissu urbain de Rhône-Alpes


Les graphiques