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LA CHINE ET L'OUVERTURE : espaces et lieux de l'ouverture
(Mai 2000, Jean-Paul Collicard)

LA CARTE DU MOIS (5)

Au menu La carte L'analyse La fiche technique Le croquis modélisant

Projection : Robinson

 Définition :

q       Spatiale : le cadre de la carte

Le territoire chinois organisé dans ses 31 provinces (22 provinces, 5 régions autonomes, 4 municipalités)  

q       Thématique : l’ouverture

La Chine depuis les années 80 n’a cessé d’augmenter sa participation active aux échanges mondiaux. Si aujourd’hui, selon les critères de la mondialisation (ou globalisation), le sous-développement est  une forme d’isolement, l’émergence est au contraire une forme d’ouverture. La Chine est exemplaire de ce processus : changement des structures économiques, adaptation aux règles monétaires, développement d’infrastructures et d’équipements, taux de croissance du PIB très élevés, développement des échanges, demande d’entrée à l’O.M.C… Au-delà de ce scénario, la Chine permet de définir les « espaces de l’émergence », à savoir certaines provinces, et des lieux d’ouverture comme les ports, les ZES, avec un rôle particulier pour Hong-Kong , Shanghaï et Macao.


Les critères :

La problématique de la carte propose l’analyse du thème de l’ouverture ; nous avons différencié ce qui est des espaces (dans le cadre administratif des « provinces ») et ce qui est des lieux  (villes, ports, zones commerciales…) . Ainsi nous avons retenu comme critères :

q       Pour les espaces : les provinces

Le poids des investissements étrangers (flux en dollars)

Poids du commerce extérieur (en $/hab.)

q       Pour les lieux :

Les villes (discrimination : 1.500.000 hab)

Les échanges commerciaux : ports (discrétisation: le trafic portuaire en 1998)

Les échanges financiers : places boursières (discrétisation : capitalisation boursière )


Le protocole d’étude et ses limites :

Ce travail doit être relativisé en fonction de l’accès aux données, d’une part et de la véracité de ces données d’autre part. Les statistiques utilisées pour les investissements étrangers, le poids du commerce extérieur ont pour origine les autorités chinoises (Annuaire statistique chinois) ; elles datent de 1995.

Aussi, les rétrocessions de Hong-Kong et Macao ne sont pas prises en compte, ce qui modifie considérablement la situation d’une province comme celle du Guandong.

Les autres statistiques (populations urbaines, trafics portuaires, places boursières),  proviennent d’Images Economiques du Monde ou de l’Expansion


Les données :

Les ports :

Ensemble portuaire

Total estimé en 1996

Principaux ports (trafic en M.t)

Golfe de Bohaï

200 M.t

Tianjin (60) , Qinhuangdao (80), Dalian (60)

Delta Yangtse

250 M.t

Shanghai (180), Nanjin

Delta Rivières des Perles

250 M.t

Hong Kong (120) , Guanzhou, Macao

Ces trois ensembles portuaires, en très fort développement, représentent déjà un commerce maritime supérieur à celui de la façade Atlantique américaine !

 

Les places financières :

A défaut de chiffres précis concernant la capitalisation boursière, l’on se basera sur les remarques de l’Expansion qui classe deux places boursières chinoises : Hong-Kong (2è place asiatique derrière Tokyo), dont l’indice Hang Seng est en hausse sur un an (+ 25% au 20/04/2000), et Shanghaï en très forte hausse sur la même période (+50%). On ajoutera à ce palmarès Beijing autre place boursière, beaucoup plus modeste.


Les données provinciales (*) :

Régions, provinces

Sup

population

PIB/hab

inv.étrangers

Stés.à capital

comm.ext

(a)

(km²)

1995

($ en P.P.A)

flux (MM.$)

étrangers

($/hab)

Anhui

130 000

60 000 000

2 075

0.48

2 949

36

Beijing

17 000

13 000 000

6 740

1.08

9 691

1 300

Fujian

120 000

32 000 000

4 131

4.04

16 527

471

Gansu

390 000

24 000 000

1 376

0.06

1 037

32

Guangdong

180 000

70 000 000

4 817

10.26

59 582

1 573

Guangxi

230 000

45 000 000

2 233

0.67

4 876

75

Guizhou

170 000

35 000 000

1 108

0.06

997

21

Hainan

34 000

7 000 000

3 219

1.06

8 606

270

Hebei

190 000

65 000 000

2 688

0.55

5 368

69

Heilongjiang

460 000

37 000 000

3 321

0.52

4 388

124

Henan

160 000

91 000 000

2 006

0.48

4 382

31

Hubei

180 000

91 000 000

2 517

0.63

5 758

65

Hunan

210 000

64 000 000

2 091

0.51

3 263

37

Jiangsu

100 000

71 000 000

4 431

5.19

22 950

254

Jiangxi

160 000

41 000 000

2 023

0.29

3 016

36

Jilin

180 000

26 000 000

2 820

0.41

2 290

111

Liaoning

150 000

41 000 000

4 516

0.14

11 284

320

Mongolie intérieure

1 100 000

35 000 000

2 241

0.06

1 074

37

Ningxia

66 000

5 000 000

2 028

0.01

361

48

Qinhai

720 000

5 000 000

2 091

0.01

97

32

Shaanxi

190 000

31 000 000

2 034

0.32

1 894

64

Shandong

150 000

87 000 000

3 497

2.69

17 988

191

Shanghaï

5 800

14 200 000

10 552

2.89

14 487

1 823

Shanxi

150 000

35 000 000

1 785

0.08

1 364

64

Sichuan

663 000

142 000 000

1 918

0.54

5 897

35

Tianjin

11 000

9 500 000

5 954

1.52

8 959

956

Tibet

1 200 000

2 400 000

1 166

0.01

51

79

Xinjiang

1 600 000

17 000 000

3 225

0.05

656

86

Yunnan

380 000

40 000 000

1 830

0.98

1 286

57

Zhejiang

100 000

44 000 000

4 731

1.26

11 237

289

TOTAL

9 396 800

1 280 100 000

2 907

36,85

232 315

223

Les chiffres en italique sont des moyennes

(*) Source : le courrier des pays de l’Est, n°418, avril 1997, la Documentation Française .

(a)     le découpage administratif différencie 31 unités ; pour des raisons de commodités statistiques, la municipalité de Chongqing n’est pas différenciée de son ancien cadre, le Sichuan (cette unité n’existe que depuis 1997).

 

Le poids des pôles et de la côte par rapport à l’ensemble de la Chine en 1995 (*)
 

Espace

Nb provinces

Superficie totale

Population totale

Somme des investissements étrangers

Somme des établissements à capitaux étrangers

Ensemble côte

11

1 057 800

453 700 000

30, 65

186679

- Dont Pôles de l’ouverture (**)

6

413 800

221700 000

22, 2

126 906

Reste Chine

19

8 339 000

826 400 000

6, 20

45 636

TOTAL CHINE

30

9 396 800

1 280 100 000

36, 85

232 315

En chiffres bruts 

Espace

Nb provinces

Superficie totale

Population totale

Somme des investissements étrangers

Somme des établissements à capitaux étrangers

Ensemble côte

36%

11,2

35,4

83,1

80,3

- Dont Pôles de l’ouverture (**)

20%

4,5

17, 3

60,2

54,6

Reste Chine

64%

88,8

64,6

16,9

19,7

TOTAL CHINE

100

100

100

100

100

En pourcentage du total de la Chine

(*) statistiques antérieures à la rétrocession de Hong-Kong et Macao

(**) provinces du Guandong, Zhejiang, Jiangsu, et municipalités de Shanghaï, Tianjin, Beijing.



Les choix cartographiques :

 

La synthèse

Les critères d’ouverture : investissements étrangers, commerce extérieur/hab.

Taille des villes

Poids des lieux : ports et places financières

couche

surface

ponctuelle

ponctuelle

Nombre de classes

4

Cercles proportionnels

Symboles proportionnels

Méthode de discrétisation

Médiane, moyenne

proportionnalité

proportionnalité

Les sources

Le courrier des pays de l’Est

Géographie de la Chine

Images Ecos Monde, L’Expansion

 

Un petit commentaire et une interprétation :

La carte de synthèse met en évidence le poids des provinces côtières orientales et plus particulièrement celle du Guandong, de Shanghaï et de Beijing-Tianjin. Elle met aussi en évidence le basculement marqué du territoire chinois vers la façade Pacifique; le seul interface maritime pacifique  ne représente que le quart des interfaces du territoire chinois ( 4.400 kms sur 22.000), mais plus de 80% de l’activité économique  avec l’extérieur (voir tableaux) et 35% de la population pour 11% de la superficie.

Si l’ensemble des espaces littoraux bénéficient de cette dynamique (une maritimisation due à « l’extraversion économique »), elle se concentre de plus en plus sur des lieux, assimilables à des « lieux de pouvoir », selon une dynamique de polarisation / métropolisation.

Il faut noter que les autorités qui contrôlaient les migrations internes en fixant des quotas d’entrée dans certaines villes ont de plus en plus de difficultés à les appliquer.

Ainsi la carte montre « l’hyper-centralité » de trois lieux avec leurs métropoles Hong-Kong-Guanzhou-Macao, Shanghaï- Nanjin-Hangzhou, et Beijing-Tianjin (les « conurbations-duales ») – voir tableaux – renforcée avec la rétrocession de Hong-Kong et Macao.

Ces métropoles atteignent la taille critique et développent des fonctions qui les rapprochent du concept de « villes globales », jusqu’alors réservées aux seules mégalopolis européenne, atlantique et japonaise avec leurs pôles, Paris, Londres, New York, Chicago, Los Angelès et Tokyo.

Les dernières remarques peuvent porter sur l’évolution de l’organisation de l’espace chinois : la Chine de l’intérieur ne correspond plus aux choix politico-économiques actuels (ce que montre la quasi disparition des fronts pionniers chargés de développer l’intérieur et les marges) ; en ce sens elle est en voie de marginalisation par rapport à la Chine du littoral. Une exception toutefois : la frontière avec le Vietnam qui connaît une nouvelle dynamique grâce à son ouverture.

Les choix politiques (ouverture, intégration à l’OMC…) mènent donc à des stratifications spatiales Ouest-Est, selon un gradient de développement qui correspond en grande partie au degré d’ouverture des espaces.

Avec une telle « course au littoral » et aux espaces métropolitains, le risque de rupture spatiale entre deux Chine est une réalité ; nous sommes loin des ambitions territoriales des années soixante !


  LE CROQUIS MODELISANT