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LA FRANCE DE L'INTERIEUR
POPULATION ET ATTRACTIVITE DEMOGRAPHIQUE
(Avril 2000, Jean-Paul Collicard)

LA CARTE DU MOIS (3)

Au menu La carte L'analyse La fiche technique Le croquis modélisant

1.      Définition

Le concept « France de l’intérieur » fait référence à ce qui est exclu de la périphérie. D’autre part en est exclue « la région parisienne » [1] ; nous menons donc une analyse spatiale des départements qui ne sont ni limitrophes [2], ni dans la région parisienne.

2.      Les critères

La problématique de la carte propose l’analyse du thème de l’attractivité de l’intérieur du territoire. Pour déterminer ces degrés d’attractivité, nous avons choisi trois critères :

Le croisement entre les départements qui gagnent ou perdent des habitants par les seuls phénomènes migratoires, et les aires urbaines qui gagnent ou perdent des habitants permet d’évaluer un degré d’attractivité (légende des premier et troisième critères) . En outre il permet d’évaluer le poids de l’aire urbaine dans l’évolution départementale.

3.      Une typologie de la France de l’intérieur

 

 

Nb.

Dép.

Superficie

(km²)

Population

En 1999

Population

en 1990

Evolution

99-90 (%)

Solde migratoire

1990 - 1999

Intérieur montagneux :

12

72 976

3 611 000

3 664 000

- 1,43%

-19 548

Intérieur plaines, vallées, plateaux

33

208 211

14 867 000

14 464 000

2,78%

  61 942

TOTAL intérieur

45

281 187

18 478 000

18 128 000

1,94%

+ 42 394

France

96

541 300

58 419 000

56 615 000

3,18

 

Part Intérieur / France

47%

52%

31,6%

32%

19.4%

 

Tableau récapitulatif : la France de l’intérieur et  le territoire métropolitain

 

 

Accroissement total 1990/1999

Solde migratoire

(1990-1990)

è solde naturel

(199-1990)

Intérieur montagneux

-53 000

-19 500

- 33 500

Intérieur plaines, vallées, plateaux

403 000

  62 000

341 000

France de l’intérieur

350 000

+ 42 500

 + 307 500

Part accroissement

 

12 %

88 %


4.      Les choix cartographiques

 

La synthèse

Attraction démographique

Population des aires urbaines

Taux annuel d’évolution

Couche,

surface

ponctuelle

ponctuelle

Nombre de classes

5

4

4

Méthode de discrétisation

manuelle

quantiles

Ecart-type

Les sources

L’Express n° 2535, 3 Février 2000

INSEE Première n°692, janvier 2000

Populations 1999, Premières estimations, C.D.Rom INSEE, juillet 1999

 

5.      Un petit commentaire et une interprétation

La carte de synthèse met en évidence des dynamiques complexes qui confirment les tendances « lourdes » de l’espace français, à savoir une France de l’intérieur faiblement attractive, voire répulsive. Les espaces montagneux montrent deux visages : l’un très répulsif  (Loire, Corrèze), l’autre faiblement attractif. Globalement, la part du solde migratoire reste modeste (12%).

Au centre « le cœur » (Massif Central). Au Sud d’une ligne grossière Tours-Grenoble, les départements ont attiré des populations dans des proportions modestes, certes, mais suffisantes pour moduler les affirmations sur un Massif Central  simple « repoussoir » ou « vide » . Au nord de cette ligne, les départements ont majoritairement des soldes migratoires négatifs, notamment ceux de la Loire et du Rhône.

De part et d’autre de ce centre deux auréoles : une à l’Ouest (de Limoges à Amiens), l’autre à l’Est (de Reims à Saint Etienne) se composent de départements au solde migratoire négatif ; c’est ici que nous avons placé deux « diagonales de déprise ».

A noter deux situations particulières :

q       La situation rhodanienne (solde migratoire négatif, mais forte croissance de l’aire urbaine) indique une péri-urbanisation puissante qui « déborde » sur les départements limitrophes (Ain et Isère), doublée d’une polarisation qui concerne la seule commune de Lyon [5].

q       La situation du département de la Vienne qui doit son fort solde migratoire à la très forte croissance de l’aire urbaine de Poitiers (effet technopolitain).

Cette carte, en fonction du thème choisi, modifie et confirme les remarques sur la France de l’intérieur :

  1. Modifie la perception du Massif central en tant que repoussoir mais le confirme en tant qu’exemple de région sans dynamique démographique .

  2. Différencie deux diagonales de « déprise »

  3.  Confirme un tissu urbain très lâche dont la plupart des aires urbaines « vivotent ».

  Essai d’interprétation modélisante : la France de l’intérieur, un ensemble à la dynamique migratoire faible où se distinguent un cœur peu attractif, le Massif Central (avec sa périphérie), et ses périphéries occidentale et orientale  majoritairement répulsives.



[1] Sera l’objet de la prochaine carte du mois

[2] Voir carte du mois n°2

[3] L’Express : Où vit-on le mieux en France, n° 2535, 3 février 2000

[4] INSEE Première n° 692, Janvier 2000

[5] Voir la carte de l’agglomération lyonnaise sur le site de l’Académie de Lyon : www2.ac-lyon.fr/enseigne/histoire/lyon99.html