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LA FRANCE DE LA PERIPHERIE, |
LA CARTE DU MOIS (2) |
Le concept de périphérie a un double
sens. Le sens premier, spatial, topologique, " qui porte
autour ", exprime un relation dans létendue. Le second fait référence
à léconomie et exprime un rapport " dominant - dominé ".
La carte construite spatialise le sens premier, en discriminant les seuls départements
limitrophes du territoire métropolitain.
2. Les critères
La problématique de la carte propose lanalyse du thème de lattractivité de la périphérie du territoire. Pour déterminer ces degrés dattractivité, nous avons choisi trois critères :
- Le critère de lattraction démographique départementale : différence entre les entrées et les sorties du département, hors décès et naissances, entre les recensements de 1990 et 1999
- Le critère de la taille des 52 aires urbaines de plus de 150.000 habitants en 1999
- Le critère de lévolution annuelle moyenne de ces mêmes aires urbaines entre 1990 et 1999
Le croisement entre les départements qui gagnent ou perdent des habitants par les seuls phénomènes migratoires, et les aires urbaines qui gagnent ou perdent des habitants permet dévaluer un degré dattractivité (légende des premier et troisième critères) . En outre il permet dévaluer le poids de laire urbaine dans lévolution départementale.
3. Une typologie de la périphérie
Critère de discrimination : topographique
Trois types de périphéries : montagneuse, littorale, plaines et vallées. Trois départements posent problème : Les Pyrénées Atlantiques, les Pyrénées Orientales et les Alpes Maritimes, périphéries à la fois littorale et montagneuse. La toponymie nous conduit à les considérer comme " montagneuses " ; nous avons cependant choisi de placer les Alpes maritimes dans la périphérie littorale.
Il est possible de pousser plus loin la typologie par changement déchelle et de distinguer :
- périphérie montagneuse : pyrénéenne, alpine, jurassienne
- périphérie littorale : Manche, Normandie, Bretagne, Vendée, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Provence-Côte dAzur
- périphérie plaines et vallées : Nord, Ardennes, Lorraine, Alsace
Nb. Dép. |
Superficie (km²) |
Population En 1999 |
Population en 1990 |
Evolution 99-90 (%) |
Solde migratoire 1990 - 1999 |
|
Périphérie montagneuse |
13 |
66 962 |
5 059 000 |
4 728 000 |
7,00 |
207 212 |
Périphérie littorale |
22 |
139 594 |
16 923 000 |
16 187 000 |
4,54 |
422 778 |
Périphérie plaines et vallées |
8 |
44 264 |
7 032 000 |
6 909 000 |
1,78 |
- 149 514 |
TOTAL périphéries |
43 |
250 820 |
29 014 000 |
27 824 000 |
4,27 |
|
France |
96 |
541 300 |
58 419 000 |
56 615 000 |
3,18 |
|
Part périphéries / France |
46,3 % |
49,6 % |
49,1% |
66,0% |
Tableau récapitulatif : la France de la périphérie et le territoire métropolitain
4. Les choix cartographiques
La synthèse |
Attraction démographique |
Population des aires urbaines |
Taux annuel dévolution |
Couche, |
surface |
ponctuelle |
ponctuelle |
Nombre de classes |
5 |
4 |
4 |
Méthode de discrétisation |
manuelle |
quantiles |
Ecart-type |
Les sources |
LExpress n° 2535, 3 Février 2000 |
INSEE Première n°692, janvier 2000 | Populations 1999, Premières estimations, C.D.Rom INSEE, juillet 1999 |
5. Un petit commentaire et une interprétation
La carte de synthèse met en évidence les dynamiques des périphéries, de part et dautre dune ligne Mont-St.Michel / Genève .
Au Nord de cette ligne, une périphérie à faible attractivité départementale - excepté le Bas Rhin - marquée par des aires urbaines dont lévolution reste modeste, inférieure à 0.53% (à lexception de Strasbourg). La majorité des départements a même un solde migratoire négatif.
Au sud de cette ligne, des périphéries attractives, voire très attractives lorsque laire urbaine majeure est très dynamique (la Gironde et Bordeaux, la Haute Garonne et Toulouse, le Languedoc Roussillon et Montpellier). Tous les départements connaissent un solde migratoire positif avec des aires urbaines qui gagnent des habitants.
A noter le cas particulier de la Haute Savoie très dynamique où se constitue une aire urbaine trans-frontalière (comparable à la situation du Bas-Rhin).
Cette carte confirme :
- Que leffet sud reste prégnant dans les dynamiques territoriales.
- Que la péri-urbanisation, voire la métropolisation (Nantes, Bordeaux, Toulouse) se poursuivent et samplifient.
- Que les dynamiques liées à la périphérie (effet " Sun Belt ", maritimisation, périphérisation) restent une composante majeure de la recomposition du territoire métropolitain.
Essai dinterprétation modélisante : la France de la périphérie, une attractivité démographique opposant Nord et sud du territoire
