L'espace industriel métropolitain : analyse des effectifs et des secteurs
à l'échelle de la région.
(Novembre 2002, Jean-Paul Collicard)

LA CARTE DU MOIS (18)

La carte
Les graphiques  
Les modèles

Projection :

Lambert II, Méridien de Greenwich

Définition :

le cadre de la carte est défini par le territoire métropolitain

En fonction des données du SESSI, analyse de la répartition des effectifs employés ou salariés de l’industrie, par région et par secteurs.

 

Les critères :

La problématique de la carte propose de mettre en avant l’importance des effectifs de l’industrie tels qu’ils ont été recensés par l’enquête SESSI croisés avec la structure par secteur d’activité. Le croisement de ces deux données permet une première interprétation de la situation actuelle de l’industrie (notion de densité industrielle) ainsi que la " coloration industrielle " des régions de l’hexagone. Une nouvelle ligne de différenciation peut-elle être mise en valeur ?

.

Le protocole d’étude et ses limites :

Le travail mené est tributaire des données de la dernière enquête du SESSI ( Service des Etudes et des Statistiques Industrielles) en Janvier 2001 ; elle fixe les analyses pour l’année 1999.

La méthodologie de cette enquête limite les données aux industries manufacturières et à celles liées à l’énergie (hors industries agro-alimentaires, bâtiment, génie civil et agricole) ; les effectifs pris en compte, concernent les entreprises de plus de 20 salariés.

Ainsi en 1999, 22.116 entreprises industrielles (y compris énergie) de 20 personnes ou plus, employaient au total 3.188 382 personnes, dont 2.816 482 participaient effectivement à une activité industrielle.

Problématique :

Qu’en est-il de la situation de l’industrie sur le territoire ? Où se situent les plus importants effectifs de main d’œuvre ? La ligne de partage Le Havre –Marseille est-elle toujours aussi pertinente ?

Les données :

Taille des entreprises

20 à 49

50à 99

100à 249

250 à 500

500 ou plus

Hors tranche (*)

total

 

Nb. entreprises

11 756

4 459

3 119

1 093

957

732

22 116

 

Effectifs employés

387 050

307 083

482 240

376 691

1 591 096

44 222

3 188 382

 

Effectifs salariés

375 381

285 020

444 214

346 352

1 478 604

40 555

2 970 126

 

CA Hors taxe (**)

45 506

38 479

68 469

62 909

428 673

20 126

670 461

 

(*) entreprises donneuses d’ordre

(**) millions d’euros

Tableau 1 : Les grandeurs caractéristiques du secteur d’entreprises de l’ensemble de l’industrie en 1999 (y compris énergie)

 

nb.entreprises

Effectifs employés

Effectifs salariés

INDUSTRIES BIENS CONSOMMATION

5 455

608 900

572 700

Dont : habillement, cuir

1697

128700

125 600

édition, imprimerie

1824

147600

142 000

pharmacie, parfumerie

555

153100

144 800

industries équipement foyers

1379

179600

160 300

INDUSTRIE AUTOMOBILE

554

297 000

268 600

INDUSTRIES BIENS EQUIPEMENT

5 158

711 900

660 200

Dont : Construction navale, aéronautique, ferroviaire

305

121500

114 700

ind.équipements mécaniques

3643

355300

327 300

ind.équipements électroniques

1210

235000

218 200

INDUSTRIE BIENS INTERMEDIAIRES

10 683

1 331 900

1 231 900

Dont :ind.produits minéraux

1218

149800

140 400

industrie textile

1380

113400

107 300

ind.bois, papier

1254

134300

124 400

chimie, plastiques

2119

357200

329 000

métallurgie et transformation métaux

3836

374500

344 300

industrie composants électroniques

876

202700

186 400

TOTAL INDUSTRIE MANUFACTURIERE

21 850

2 949 700

2 733 400

ENERGIE

266

238 700

236 700

ENSEMBLE DE L’INDUSTRIE

22116

3 188 400

2 970 100

source: SESSI enquête annuelle d'entreprise 2000

Tableau 2 : Principaux secteurs d’activités en 1999 (entreprises > 20 personnes)

 

Région

biens consommation

automobile

bien équipement

biens intermédiaires

Energie

total

ILE-DE-FRANCE

152 000

48 000

152 000

127 000

64 900

543 900

CHAMPAGNE-ARDENNE

13 700

4 000

12 500

49 000

3 700

82 900

PICARDIE

20 300

6 600

19 500

65 500

3 300

115 200

HAUTE-NORMANDIE

17 500

14 700

24 000

54 000

8 100

118 300

CENTRE

38 300

11 000

29 400

64 000

11 100

153 800

BASSE-NORMANDIE

16 400

9 300

12 000

26 500

6 300

70 500

BOURGOGNE

15 000

4 200

16 600

52 500

3 800

92 100

NORD-PAS-DE-CALAIS

28 000

25 000

36 000

109 000

10 600

208 600

LORRAINE

19 800

16 800

19 300

68 300

15 300

139 500

ALSACE

18 000

17 500

32 400

54 300

5 600

127 800

FRANCHE-COMTE

15 000

27 000

16 500

33 400

1 500

93 400

PAYS DE LA LOIRE

49 600

11 000

51 800

64 700

7 700

184 800

BRETAGNE

17 000

9 500

27 000

34 600

5 600

93 700

POITOU-CHARENTES

12 000

6 500

16 300

30 600

4 000

69 400

AQUITAINE

17 000

4 200

26 700

36 800

10 400

95 100

MIDI-PYRENEES

14 800

2 200

30 000

40 200

7 700

94 900

LIMOUSIN

6 000

1 500

3 000

18 800

1 800

31 100

RHONE-ALPES

54 000

20 500

80 800

188 000

28 300

371 600

AUVERGNE

9 800

1 000

8 000

49 300

2 800

70 900

LANGUEDOC-ROUSSILLON

6 500

100

8 500

15 400

8 600

39 100

PROVENCE-ALPES-COTE D'AZUR

12 200

800

25 000

41 000

16 900

95 900

CORSE

70

0

200

100

1 000

1 370

TOTAL

552 970

241 400

647 500

1 223 000

229 000

2 893 870

Tableau 3 :Effectifs salariés par région et par secteurs d’activités

ind_

textile

ind_

chimique

ind_

metallurgique

automobile

C.navales aéronautique

composants electroniques

total

Région (*)

22 000

19 700

32 400

25 000

4 600

5 600

109 300

NORD-PAS-DE-CALAIS

5 400

22 000

20 500

6 600

3 000

5 400

62 900

PICARDIE

6 800

8 600

21 600

4 000

1 100

2 500

44 600

CHAMPAGNE-ARDENNE

6 500

13 300

29 000

16 800

600

4 100

70 300

LORRAINE

8 300

14 600

10 200

17 600

3 000

8 200

61 900

ALSACE

2 800

14 800

17 200

4 300

1 500

8 800

49 400

BOURGOGNE

600

8 900

16 600

27 100

2 600

3 500

59 300

FRANCHE-COMTE

24 400

49 500

54 100

20 500

2 000

35 300

185 800

RHONE-ALPES

2 300

24 500

14 800

1 100

1 000

3 000

46 700

AUVERGNE

900

15 200

9 000

800

7 300

7 000

40 200

PROVENCE-ALPES-COTE D'AZUR

0

10

10

0

200

0

220

CORSE

1 100

3 000

2 100

100

1 100

2 200

9 600

LANGUEDOC-ROUSSILLON

5 300

5 800

10 300

2 200

15 200

9 400

48 200

MIDI-PYRENEES

1 000

10 600

7 700

4 200

12 800

3 800

40 100

AQUITAINE

1 300

5 200

5 100

6 500

4 600

6 000

28 700

POITOU-CHARENTES

500

1 500

4 300

1 500

50

4 700

12 550

LIMOUSIN

4 000

20 100

18 200

11 000

12 000

8 800

74 100

PAYS DE LA LOIRE

1 300

11 100

7 600

9 600

2 700

5 000

37 300

BRETAGNE

2 200

20 000

18 200

11 100

2 200

11 000

64 700

CENTRE

1 100

3 600

8 600

9 300

900

6 600

30 100

BASSE-NORMANDIE

1 700

19 600

12 000

14 600

4 600

8 900

61 400

HAUTE-NORMANDIE

5 500

32 300

30 200

48 000

27 900

32 300

176 200

ILE-DE-FRANCE

99 500

291 610

319 510

193 900

110 950

149 800

1 165 270

TOTAL

Tableau 4 : effectifs salariés des secteurs des grandes industries de main d’oeuvre

(*) Classement des régions par situation géographique.

Un premier commentaire :

Le croisement des trois premiers tableaux permet de mettre en évidence l’importance des effectifs employés dans l’industrie notamment par secteurs et par taille d’entreprises.

Globalement, selon la méthodologie du SESSI, l’industrie manufacturière et le secteur de l’énergie emploient près de 3,2 millions de personnes (dont 2,9 sont salariées). Les PME-PMI (entreprises < 500 personnes) représentent 90% des entreprises pour –seulement - 50% des effectifs. 10% des entreprises –les groupes essentiellement – emploient l’autre moitié des effectifs. Grosse concentration des effectifs dans un petit nombre d’entreprises .

Nous remarquons deux régions qui se dégagent nettement et organisent de par leur importance l’espace industriel métropolitain: Ile de France (18% des effectifs salariés globaux avec une forte concentration dans l’automobile 25%) et Rhône Alpes (12% et une forte présence dans le domaine de l’énergie).

Le Nord Pas de Calais (7%) , les Pays de Loire (6%) ont des situations intermédiaires entre région industrielles et faiblement industrielles, avec des parcours différents : un héritage de crise et restructuration pour le Nord, des dynamiques récentes pour les Pays de Loire.

Ces quatre régions rassemblent la moitié des effectifs de l’industrie pour une superficie de 100.000km² (20% du territoire) et une population de 24 millions d’habitants (45% ) ce qui révèle une forte concentration spatiale.

Le tableau 4 en changeant l’échelle d’analyse propose un regard sur six secteurs fondamentaux de l’industrie manufacturière (textile, chimie, automobile, construction navale et aéronautique, métallurgie, composants électroniques).

Les diagrammes polaires correspondants permettent une lecture rapide de l’image.

Les images proches :

Cinq images sur 6 sont orientées Nord / Est (textile, chimie, métallurgie, composants électroniques, automobile)

Les images de l’industrie chimique et métallurgique sont les plus proches . Elles révèlent la nette domination du Nord et de l’Est du territoire (espace Ile de France è Rhône Alpes) toutes ces régions ayant des effectifs conséquents. D’autre part elles dégagent la très nette suprématie de la région Rhône Alpes (Lyon, Grenoble, Maurienne).

Textile et composants électroniques montrent une très forte polarisation (Nord è Rhône Alpes et Ile de France è Rhône Alpes

L’automobile propose un relatif équilibre entre les régions du Nord è Rhône Alpes, Ile de France et Pays de Loire è Haute Normandie.

L’image atypique :

Celle de la construction navale et aéronautique avec trois régions " orientées Ouest " : poids des villes de Toulouse, Nantes St-Nazaire et Paris.

Ces six graphiques montrent le poids de la région Rhône Alpes (première région pour la chimie, la métallurgie, les composants électroniques, seconde pour le textile. Elle rassemble sur les six secteurs considérés les plus gros effectifs devant l’Ile de France.

Cette puissance industrielle s’explique d’une part par un héritage des années cinquante sur lequel l’ensemble de la région a "rebondi " soit en modernisant soit en reconstruisant notamment sur les pôles lyonnais et grenoblois (chimie, textile, métallurgie) et d’autre part par le dynamisme des activités de haute technologie (composants électroniques).

L’Ile de France (électronique, métallurgie, automobile) est la seconde région grâce au rôle joué par Paris.

Le Nord Pas de calais conserve quelques solides bastions (textile et métallurgie notamment), auxquels s’ajoute l’automobile résultat de la politique de reconversion

A contrario on remarque la faiblesse des régions de l’Ouest et du Sud Ouest (exceptés les " Pays de Loire " - région nantaise- ) : Midi Pyrénées, Aquitaine, Bretagne, Poitou Charentes ainsi que celles du Sud (Languedoc, PACA).

Dans ce domaine la dichotomie entre France du Nord et de l’Est avec celle de l’Ouest et du Sud est confirmée. Nous pouvons d’ailleurs évoquer davantage une ligne de partage Nantes / Valence que Le Havre / Marseille afin de tenir compte du " réveil " de la région des pays de Loire et notamment de la métropole nantaise.

 

Les graphiques :

 

 

Graphiques 3 : Images des effectifs des grandes industries de main d’œuvre (textile, chimie, métallurgie, automobile, construction navale et aéronautique) et d’avenir (composants électroniques) en 1999 (ref. tableau 4)

 

 

La situation des régions sur le graphique est fonction de leur situation géographique sur le territoire.

ESSAI DE MODELISATION :

LES INDUSTRIES MANUFACTURIERES MAJEURES

Cet essai de modélisation se fonde sur l’analyse des six secteurs majeurs de l’industrie manufacturière étudiés précédemment : textile, chimie, métallurgie, composants électroniques, automobile, construction navale et aéronautique.

Nous avons choisi une représentation théorique selon le modèle centre/périphérie