Les dynamiques démographiques du territoire entre 1990 et 1999 :
quelles composantes ?
(Septembre 2002, Jean-Paul Collicard)

LA CARTE DU MOIS (17)

La carte
Les graphiques  
Les modèles

 

Projection : LambertII, Méridien de Greenwich

Définition :

Les critères :La problématique de la carte propose de mettre en avant une évolution (dynamique) des données sur les soldes naturel et migratoire des différents départements. Le croisement de ces deux données permet une première interprétation de la dynamique démographique, de définir des degrés d’attractivité et de dynamisme naturel.Une typologie en résulte selon que les indicateurs sont positifs ou négatifs .

Le protocole d’étude et ses limites :Le travail mené est tributaire des données du dernier recensement, et donc de l’INSEE qui en a la charge. Dans ses dernières livraisons d’INSEE Première, ainsi que sur le site de l’INSEE les chiffres donnés sont désormais définitifs et dignes de confiance.

Problématique : Quelle sont les parts respectives du solde naturel et du solde migratoire dans l’évolution démographique des départements ? Peut on en déduire des notions d’attractivité / répulsion, dynamique naturelle ou non ? Quels types d’espaces peut-on dégager ? Population par âges et espace montagneux introduisent-ils des variantes, apportent-ils des éléments explicatifs ?Enfin quels écarts constate-t-on avec les évolutions passées (depuis 1975 par exemple), pour quelle recomposition du territoire ?

Les données :

groupes

Solde naturel

Solde migratoire

Solde naturel / solde migratoire

Variation totale

Population concernée (x 1000)

Superficie (kmē)

Nb. départements

1

NEGATIF

NEGATIF

 

<0

2 150

48 000

7

2

POSITIF

NEGATIF

supérieur

>0

22 000

119 000

26

3

POSITIF

NEGATIF

inférieur

<0

5 000

48 000

9

4

NEGATIF

POSITIF

inférieur

>0

5 200

85 000

14

5

NEGATIF

POSITIF

supérieur

<0

2 100

51 000

9

6

POSITIF

POSITIF

supérieur

>0

11 000

75 000

13

7

POSITIF

POSITIF

inférieur

>0

11 000

115 000

18

               

TOTAL

       

58 450

541 000

96

  1. INSEE Recensement de la population - site Internet www.insee.fr

Tableau 1 : Composition de la dynamique démographique (1990-1999)

groupes

population

superficie

départements

 

1

2 150

48 000

7

Déprise importante

3

5 000

48 000

9

Forte répulsivité

5

2 100

51 000

9

Faible accroissement naturel

total

9 250

147 000

25

 

% France

15,8

27,0

   

 

Tableau 2 : Les départements dont la variation de population est négative

groupes

population

superficie

départements

 

2

22 000

119 000

26

Répulsivité mais accroissement naturel fort

4

5 200

85 000

14

Attractivité, faible croit naturel

6

11 000

75 000

13

Attractivité et croit naturel fort

7

11 000

115 000

18

Attractivité forte et croit naturel

total

49 200

394 000

71

 

% France

84,2

73,0

   

 

Tableau 3 : Les départements dont la variation de population est positive

   

Solde naturel

Solde migratoire

Variation totale

Variation/

Population

(%)

Plus 60 ans

Moyenne

(%)

 

A

1

-34 000

-26 000

-60 000

-2,7

28,1

Rebord septentrional M.Central

B

2

1 163 000

-714 000

449 000

2,0

19,7

Nord de la France

 

3

52 000

-102 000

-50 000

-1,0

23,3

Lorraine, Ardennes

C

4

-51 000

217 000

154 000

2,9

27,6

M.Central, Aquitaine

 

5

-63 000

34 000

-29 000

-1,3

29,1

Cœur du M.Central

D

6

432 000

324 000

756 000

6,8

19,8

Couronne parisienne et marges bretonnes

 

7

195 000

505 000

700 000

6,3

22,8

Ouest Atlantique, Rhône-Alpes, Sud Méditerranéen

Tableau 4 : départements et population de plus de 60 ans

Un premier commentaire :Nous avons utilisé quatre critères dans notre démarche :

Le croisement de ces différents critères fait apparaître quatre groupe de départements : C’est dans ce groupe que nous trouvons des changements dans les dynamiques des différents recensements : le Massif Central réputé pour sa répulsivité l’est beaucoup moins (soldes migratoires positifs…) ainsi que certains départements aquitains autrefois répulsifs ; sans doute pouvons nous évoquer un début de désenclavement , une nouvelle dynamique urbaine grâce aux néoruraux. Cette évolution reste tout de même modeste, mais ce qui compte ici c’est le renversement de tendance. Le sud Méditerranéen, la région Rhône-Alpes sont les plus attractives du territoire avec une population en moyenne plus âgée (drainage des retraités…) qui est une confirmation de l’effet Sun Belt prégnant depuis vingt ans. L’Ouest Atlantique représente le changement le plus marquant de notre étude ; son attractivité est proche de celle du Sud avec une population jeune ; le rôle des métropoles (Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Rennes…), de la décentralisation nous incite à évoquer une nouvelle périphérie dynamique une " West Belt " centrée sur l’axe des technopoles.

Enfin nous avons ajouté un dernier critère : les zones montagneuses définies par l’institution comme les espaces dont l’altitude est supérieure à 600m.Nous remarquons (à part le Cantal) que cette zone n’est pas celle de la déprise maximum malgré des populations âgées ( voir Puy de Dôme, Haute Loire, Lozère), qu’elle renferme même dans le cas des Alpes des espaces très dynamiques attractifs et rajeunis.Sortons donc du discours convenu affirmant que la montagne est l’obstacle, la contrainte qui explique la déprise. Les nouvelles dynamiques trouvent leur source ailleurs : dans la proximité d’une métropole active qui rayonne, dans l’avantage de situation par rapport aux axes d’échanges, dans les résultats d’une politique (décentralisation, désenclavement…) nationale ou européenne.Il existe donc toujours une France de la périphérie dynamique (mais une périphérie élargie), une France fortement déprimée (mais moins liée à la montagne) avec des comportements démographiques de moins en moins établis. La DATAR pour sa part évoque une France polycentriste où les dynamiques sont urbaines et périurbaines et où le risque " d’archipelisation " du territoire est envisagé.

Graphique

Les types d’espaces sont numérotés de 1 à 7 faisant références aux tableaux de données.

Les modèles

Nous avons décomposé la démarche en quatre modèles élémentaires sur les espaces, deux modèles sur les dynamiques et le modèle final de synthèse.