Evolution de la population de l'agglomération lyonnaise entre 1990 et 1999.
(Novembre 2001, Jean-Paul Collicard)

LA CARTE DU MOIS (15)

La carte
L'analyse
et les graphiques  
Les modèles

Ce travail peut être mené par comparaison avec la carte du mois consacrée à Grenoble

Projection : Gall

Définition :

Réaliser une carte hiérarchisant les communes de l’agglomération en fonction de leur taux de variation entre 1990 et 1999.

Etablir une carte qui distingue ces communes :

Analyser l’évolution des différents ensembles géographiques de l’agglomération lyonnaise ; affiner l’analyse avec les taux de variation de chaque commune. Quelles grandes tendances peut-on dégager pour la variation de la population entre Lyon et ses banlieues d’une part, entre les différentes banlieues d’autre part?

Les critères :

Le protocole d’étude et ses limites :

Le travail mené est basé sur les résultats du recensement de 1999 (données INSEE). www.insee.fr

Les données :

Doc.1 : Répartition des communes de l’agglomération lyonnaise en fonction de leur distance au centre

Nb. communes

Superficie

(km²)

 Population en 1999

(milliers)

Population en 1990

(milliers)

Taux variation

(%)

Densité 99

hab/km²

PoP.

moyenne/commune

CENTRE : Lyon

1

49

 445 000

415 000

7,2

9081

1è périphérie (1)

16

122

 402 000

405 000

-0,74

3295

25 000

2è périphérie (2)

25

229

250 000

250 000

0

1096

10 000

3è périphérie (3)

48

458

221 000

209 000

8,6

482

4 600

TOTAL

90

858 

 1 318 000

1 279 000

 3,8

1 537

14 600

Source : INSEE

 

périphéries

communes

(1) communes adjacentes au centre (couronne< 10km)

BRON 6, CALUIRE-ET-CUIRE 8, CHAMPAGNE-AU-MONT-D'OR 9, COLLONGES-AU-MONT-D'OR 15, ECULLY 24, FRANCHEVILLE 29, LA MULATIERE 40, OULLINS 57, PIERRE-BENITE 59, SAINT-CYR-AU-MONT-D'OR 64, SAINT-DIDIER-AU-MONT-D'OR 65, SAINT-FONS 67, SAINTE-FOY-LES-LYON77, TASSIN-LA-DEMI-LUNE 82, VENISSIEUX 87, VILLEURBANNE 89

(2) communes incluses dans une (couronne 15km de rayon)

BRINDAS 5, CHAPONOST 10, CHARBONNIERES-LES-BAINS 11, CHASSIEU 14, CORBAS 17, COUZON-AU-MONT-D'OR 18, CRAPONNE 19, DARDILLY 22, DECINES-CHARPIEU 23, FEYZIN 25, FONTAINES-SAINT-MARTIN 27, FONTAINES-SUR-SAONE 28, IRIGNY 36, LIMONEST 42, MARCY-L'ETOILE 45, POLEYMIEUX-AU-MONT-D'OR 60, RILLIEUX-LA-PAPE 62, ROCHETAILLEE-SUR-SAONE 63, SAINT-GENIS-LAVAL 68, SAINT-GENIS-LES-OLLIERES 69, SAINT-PRIEST 72, SAINT-ROMAIN-AU-MONT-D'OR 73, SATHONAY-CAMP 78, SATHONAY-VILLAGE 79, VAULX-EN-VELIN 86

(3) communes au delà de 15 kms

ALBIGNY-SUR-SAONE 1, BEAUREGARD 2, BEYNOST 3, BRIGNAIS 4, CAILLOUX-SUR-FONTAINES 7, CHARLY 12, CHASSE-SUR-RHONE 13, COMMUNAY 16 , CURIS-AU-MONT-D'OR 20, DAGNEUX 21, FLEURIEU-SUR-SAONE 26, FRANS 30, GENAS 31, GENAY 32 , GIVORS 33, GREZIEU-LA-VARENNE 34, GRIGNY 35, JASSANS-RIOTTIER 37, JONAG 38, LA BOISSE 39, LA TOUR-DE-SALVAGNY 41, LOIRE-SUR-RHONE 43, MASSIEUX46, MEYZIEU 47, MILLERY 48, MIONS 49, MIRIBEL 50, MISERIEUX 51, MONTAGNY 52, MONTANAY 53, MONTLUEL 54, NEUVILLE-SUR-SAONE 55, NEYRON 56, PARCIEUX 58, REYRIEUX 61, SAINT-DIDIER-DE-FORMANS 66, SAINT-GERMAIN-AU-MONT-D'OR 70, SAINT-MAURICE-DE-BEYNOST 71, SAINT-SYMPHORIEN-D'OZON 74, SAINTE-CONSORCE 75, SAINTE-EUPHEMIE 76, SEREZIN-DU-RHONE 80, SOLAIZE 81, TERNAY 83, TREVOUX 84, VAUGNERAY 85, VERNAISON 88, VOURLES 90

 

Doc.2 : évolution de la population de l’agglomération lyo par zones géographiques

 

Population 1999

Population 1990

superficie

Nb comm

Taille moyenne

Croissanc (%)

LYON

445.000

415.000

49

1

   

NORD :Val de Saône, plaine de l’Ain

173.000

166.000

261

35

4.940

4,2

EST : Bas Dauphiné

388.000

396.000

202

12

32.300

-2,0

SUD :Vallée du Rhône

195.000

190.000

185

23

8.500

2,6

OUEST :Monts du Lyonnais

118.000

111.000

161

19

6.200

6,3

TOTAL

1.319.000

1.278.000

858

90

 

3,8

Source : INSEE

Doc.3 : évolution de la population de l’agglomération lyonnaise en fonction des périphéries et des zones géographiques

   

NORD

 

EST

 

SUD

 

OUEST

 

nb

pop

nb

pop

nb

pop

nb

pop

1é Périphérie 1999

2

45.500

3

215.500

5

79.000

6

62.000

1990

 

45.000

 

217.000

 

81.000

 

62.000

2é Périphérie 1999

8

48.000

5

122.000

3

37.000

9

43.000

1990

 

50.000

 

127.000

 

35.000

 

38.000

3é Périphérie 1999

25

79.500

4

49.500

15

79.000

4

13.000

1990

 

71.000

 

53.000

 

74.000

 

11.000

 

Doc.4 : Le cas de Lyon et de Vaulx en Velin

 

LYON

VAULX EN VELIN

 

1990-1999

1982-1990

1982-1990

1990-1999

1982-1990

1982-1990

Variation absolue de population

30 000

2 500

-43 500

-5 000

14

6 300

Solde naturel

24 200

15 300

9 200

4 700

5 800

5 800

Solde migratoire

5 800

-12 800

-52 700

-9 700

-5 786

500

Source : www.recensement.insee.fr/

UN PREMIER COMMENTAIRE ET UNE PREMIERE ANALYSE:

L’évolution de la population lyonnaise met en évidence :

  1. En 1999 la population de la ville de Lyon ne représente que le tiers de la population de l’agglomération ; par comparaison avec des agglomérations de même taille, c’est plus que Lille mais moins que Marseille.
  2. Entre 1999 et 1990 la croissance de la ville est deux fois plus forte que celle de l’agglomération (7,2% contre 3,8%) et sept fois plus forte que celle de ses banlieues (7,2% contre 1,04%) .
  3. La distinction par couronnes (périphéries ) montre une dynamique de croissance allant du plus proche au plus éloigné : la 1ère périphérie incluse dans l’espace urbain de la ville (Villeurbanne, Bron,Venissieux…) est en difficulté (- 0,7%), la seconde stable, la troisième – au delà de 15km – en forte croissance (+ 8,6%). Nous avons remarqué la même dynamique concernant l’agglomération grenobloise.
  4. La distinction par zones géographiques montre un tropisme important sur l’ouest de l’agglomération (6,3%) alors que l’Est perd des habitants.
  5. Ce tropisme se confirme et s’affine lorsque nous croisons ces deux classements (doc.3, graphique 1). Les taux de variation de l’Est sont négatifs, quelle que soit la périphérie, alors que ceux de l’Ouest sont eux positifs.
  6. Cette opposition entre l’Est et le reste de l’agglomération est une donnée majeure de l’évolution démographique lyonnaise.

Une première analyse :

La ville de Lyon est l’espace qui participe le plus à la croissance de l’agglomération. Cela est une donnée nouvelle par rapport aux résultats des recensements précédents qui notaient une érosion des centres par forte émigration (doc.4). Ce renversement de tendance est-il du à un " retour au centre "? Le bilan migratoire de la ville (doc.4) ne confirme pas cette hypothèse; il s’agit davantage dans ce cas d’une reprise démographique alimentée par le solde naturel très positif qui intervient pour 80% dans la croissance de la ville.

Pour le reste de l’agglomération, on note une érosion démographique concernant la périphérie la plus proche, celle du continuum du bâti, particulièrement sur le " versant " Bas Dauphiné. Une analyse plus fine (graphique 2) montre que les communes concernées sont d’une taille plus grande que les autres (Villeurbanne, Vénissieux, Vaulx en Velin à l’Est, Caluire au Nord, Oullins, Pierre Bénite au Sud …), communes de la " ceinture industrielle ", avec des taux de variation de population négatifs pour la plupart (-12% pour Vaulx en Velin).

Le doc.4 précise cette argumentation avec l’exemple de Vaulx en Velin où le solde migratoire est particulièrement négatif, faisant de cette commune un espace répulsif.

La seconde périphérie dont la variation est nulle présente des contrastes entre d’une part sa partie septentrionale et orientale qui perd des habitants et d’autre part sa partie occidentale et méridionale qui compense en gagnant de la population.

C’est la périphérie la plus éloignée, quelle que soit sa situation géographique, qui bénéficie de la migration des habitants des périphéries les plus proches ainsi que de l’apport des nouveaux urbains venant de régions plus éloignées de l’ensemble du territoire. Métropolisation (attrait de la ville-capitale) et péri-urbanisation (recomposition démographique des banlieues avec développement des plus éloignées) se complètent pour expliquer la croissance de l’ensemble de l’agglomération.

Ainsi l’analyse nous amène à proposer :

Pour la ville de Lyon, un dynamisme démographique et un léger retour au centre qui ont stoppé l’érosion continue depuis 1975

Et la forte croissance de la banlieue lointaine, quelle que soit sa situation géographique.

Qui touche la proche banlieue la plus industrielle (Nord, Est et Sud)

Et dans une moindre mesure les espaces intermédiaires (seconde couronne)

 

 

LES GRAPHIQUES

 

LES MODELES :

 

LE MODELE THEORIQUE FINAL