Les programmes de T L / ES applicables à la rentrée 2004.

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Le B.O.N°7
3 OCT.2002
HORS-SÉRIE


SÉRIES
ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
ET LITTÉRAIRE


Le programme d’histoire et de géographie du cycle terminal des séries ES et L a pour ambition de donner des clés d’ex-plication
du monde contemporain. En histoire, il se développe sur une période allant du milieu du XIXe siècle à nos jours.
En géographie, il prend en compte trois grands espaces : la France, l’Europe, le monde.
Les choix effectués répondent à trois objectifs principaux.
Contribuer à la cohérence de la formation dispensée en histoire, géographie et éducation civique au collège et au lycée
Le programme fait appel à des connaissances et à des modes d’analyse et d’expression acquis au collège. Aider les élèves
à se les remémorer, à les mobiliser à bon escient et à les enrichir est une tâche fondamentale du lycée.
Il s’articule directement sur l’année de seconde durant laquelle tous les élèves ont reçu la même formation en histoire et en géo-graphie : ils ont poursuivi leur initiation à l’analyse géographique et historique, ils ont étudié des moments et des situations qui
éclairent la période et l’espace couverts par les programmes de première et de terminale.
En géographie, le programme de première reprend la démarche des études des cas, selon une méthode initiée en seconde.
En terminale, ces études de cas et les exemples au choix disparaissent afin de répondre aux exigences du baccalauréat.
Favoriser les choix pédagogiques du professeur et la diversité des démarches
Chaque professeur est libre de sa programmation dans chacune des parties et dans l’articulation entre histoire et géographie.
Le programme est conçu pour être traité en une centaine d’heures de cours par an. Il faut ajouter à ces dernières les devoirs
et corrigés. Le total équivaut à ce dont dispose un professeur de première et de terminale en séries ES et L, soit 125 à 130 heures effectives.
Les indications horaires pour chaque partie sont là pour nourrir la réflexion et pour signaler que les contenus sont nette-ment
délimités. Elles manifestent aussi qu’il convient de respecter la parité horaire entre histoire et géographie. Le respect de ces divers ordres de grandeur assure la cohérence de l’année et contribue à celle de la formation dispensée sur les trois années du lycée.
Les TICE seront utilisées avec profit pour la mise en œuvre des programmes. Les études de cas peuvent être l’occasion d’exploiter les ressources locales, d’établir des liens avec les enseignements linguistiques, l’éducation civique, juridique et sociale et les thèmes des travaux personnels encadrés.
Accorder à la France une place privilégiée, tant en histoire qu’en géographie
La France occupe environ le quart de l’horaire du cycle terminal. Cela répond à un souci de proximité, à une exigence de connaissance de l’histoire et du territoire national et à l’enrichissement de la représentation que les élèves peuvent en avoir.
Son étude ne s’inscrit pas dans un bloc horaire unique et fermé, mais dans un programme ouvert sur l’Europe et sur le monde.


HISTOIRE - CYCLE TERMINAL DES SÉRIES ES ET L : le monde contemporain
Comme le programme de seconde, celui du cycle terminal se garde de toute exhaustivité. S’appuyant sur les acquis du collège, il se fixe pour ambition de dégager les grands axes de la période étudiée. Dans cette perspective, il vise à l’intelligence d’une période de quelque cent cinquante ans et non à l’accumulation de connaissances factuelles. L’étude de quelques événements et situations soigneusement choisis, l’analyse rigoureuse d’un nombre restreint de documents étayent les problématiques et nourrissent la culture.
Le thème “Guerres, démocraties et totalitarismes (1914-1945)” rend compte de la forte cohérence de la première partie du XXe siècle. L’horaire - 25 heures, soit un quart du temps disponible sur les deux années du cycle terminal - manifeste son importance. Les professeurs et leurs élèves disposent ainsi d’un horaire important - 50 heures - pour traiter la seconde partie du XXe siècle, notamment l’histoire de l’Europe. La préparation au baccalauréat, l’établissement de liens avec l’enseignement de la géographie et l’éclairage du temps présent en sont facilités.
Les développements historiographiques des vingt dernières années et les enjeux contemporains invitent à choisir quelques thèmes clés pour étudier les rôles et le statut des femmes, tant en France (exclusion durable du vote, impact complexe de la Première Guerre mondiale, émancipation multiforme des années 1960 et 1970...) que dans le reste du monde.

 

HISTOIRE - CLASSE TERMINALE DES SÉRIES ES ET L


Le monde, l’Europe, la France de 1945 à nos jours

I - Le monde de 1945 à nos jours (22h)
Introduction : le monde en 1945
1 - De la société industrielle à la société de communication Ce thème invite à une présentation synthétique des grandes transformations du second XXe siècle (cadre économique, mutations sociales, civilisation matérielle, évolution des sciences et des techniques, révolution informatique). Il inclut le fonctionnement du marché mondial des biens culturels et la question de la “mondialisation de la culture”.
2 - Les grands modèles idéologiques et la confrontation Est-Ouest jusqu’aux années 1970 On étudie les traits majeurs des modèles soviétique et américain, en se centrant sur les années 1950-1960, et les lignes de force de la politique internationale de 1945 aux années 1970, moment où la détente crée un certain équilibre international.
3 - Le Tiers-Monde : indépendances, contestation de l’ordre mondial, diversification On analyse l’émancipation des peuples dominés, les difficultés économiques et sociales auxquelles les États nouvellement indépendants sont confrontés et leurs tentatives d’organisation pour obtenir un poids accru dans les relations internationales. La diversification des États du Tiers-Monde s’accentue dans les années 1970.
4 - À la recherche d’un nouvel ordre mondial depuis les années 1970 Les années 1970 constituent un tournant car l’équilibre international est remis en cause : dérèglement économique, moindre maîtrise du monde par les deux Grands, nouvelles formes d’opposition intérieure dans les sociétés communistes, multiplication des conflits dans le Tiers Monde.
Après un regain de la tension Est-Ouest, la disparition de l’Union soviétique met un terme à la guerre froide. Les États-Unis s’imposent, non sans contestations, comme l’unique superpuissance. À partir de la fin des années 1970, l’affirmation de
l’islamisme, sous différentes formes, constitue un autre fait majeur. Ces profonds bouleversements façonnent le monde actuel, au sein duquel les organismes internationaux sont à la recherche d’un rôle nouveau, notamment face à la gestion des conflits locaux.
 
II - L’Europe de 1945 à nos jours (10h)
1 - L’Europe de l’Ouest en construction jusqu’à la fin des années 1980 La construction européenne procède de plusieurs facteurs : un idéal qui associe rejet des “guerres civiles” européennes et recherche d’un modèle, une réaction à la menace soviétique, une volonté d’utilisation de la puissance de la Communauté au service des politiques nationales. Elle se traduit par la mise en place d’une politique d’intégration et de convergence.
2 - Le temps des démocraties populaires (1948-1989) L’étude de la mise en place de l’ordre stalinien permet de montrer la dépendance de ces pays envers l’URSS. Les révoltes des années 1950 et les stratégies réformistes font apparaître une différenciation marquée entre les pays. L’entrée en jeu rogressive
des sociétés civiles est mise en valeur pour rendre compte de la disparition des démocraties populaires.
3 - Les enjeux européens depuis 1989 L’implosion de la zone d’influence soviétique ouvre la voie à l’élargissement de l’Union européenne à l’est, posant avec acuité la question de l’approfondissement. Les transferts progressifs de souveraineté invitent les Européens à s’interroger sur le rapport entre les États-nations et l’Union. Les conflits dans les Balkans montrent que le continent européen n’est pas à l’abri du retour de la guerre ; ils soulignent la difficulté de l’Union à mettre en œuvre une politique extérieure commune.
 
III - La France de 1945 à nos jours (18h)
1 - Bilan et mémoires de la Seconde Guerre mondiale Après avoir étudié les conséquences du conflit dans l’immédiat après-guerre - sans se limiter aux pertes humaines et aux destructions matérielles -, on présente l’émergence de différentes mémoires de la période de la guerre au sein de la société française.
2 - L’évolution politique On étudie les grandes phases de la vie politique depuis 1945. On analyse les institutions de la Ve République et leur fonctionnement.
3 - Économie, société, culture On met l’accent sur les bouleversements des structures économiques et sociales.
On analyse l’évolution de la population, des modes de vie, des pratiques culturelles et des croyances.
4 - La France dans le monde On présente l’enjeu de la décolonisation et les constantes de la politique étrangère, le rôle de la France dans les institutions internationales et sa place dans les échanges mondiaux, les formes de la présence française dans le monde.




GÉOGRAPHIE - CLASSE TERMINALE DES SÉRIES ES ET L

L'espace mondial


L’étude de l’espace mondial ne peut être exhaustive. Elle propose de privilégier des approches à plusieurs échelles.
Dans une première partie, l’étude de l’espace mondialisé cherche à faire comprendre le monde d’aujourd’hui, marqué par le processus de mondialisation qui crée de nouvelles interdépendances mais qui ne recouvre pas tous les aspects de l’organisation géographique du monde. En série ES, on veille à l’articulation de cette approche géographique avec l’étude de l’ouverture internationale de l’économie en sciences économiques et sociales. Une deuxième partie vise à décrire les trois grandes aires de puissance dans le monde. Une aire de puissance peut être définie comme un espace géographique constitué d’un ensemble d’États ou de régions qui, par son poids économique, par son rôle de centre d’impulsion de l’économie mondiale, éventuellement par son poids démographique, son influence politique, militaire ou culturelle occupe une place prépondérante dans l’organisation géographique du monde. Les trois grandes aires de puissance dans le monde sont analysées non seulement pour elles-mêmes, mais sous l’angle de leur place dans le monde. Les problématiques d’étude sont fonction des caractères spécifiques de chaque aire de puissance. Elles font place à des échelles d’analyse complémentaire : échelle globale de l’aire de puissance, échelle
de l’État, échelle régionale. La troisième partie est l’occasion de montrer qu’une vaste part de l’espace mondial est située en marge des aires de puissance. Elle est constituée de pays à la recherche d’un meilleur développement mais qui obtiennent des résultats inégaux. Certains pays du Sud sont dans une position particulière à l’interface avec les pays du Nord développés. La question du développement ne concerne pas que les Sud mais aussi, selon une problématique propre, des pays issus de l’ancien bloc soviétique comme la Russie.

I - Un espace mondialisé (10 h)
1 - Mondialisation et interdépendances L’espace mondial se présente aujourd’hui comme un système marqué par la multiplication de flux de toute nature (hommes, marchandises, capitaux, informations) qui ont des effets sur les sociétés. Ces flux sont organisés par des acteurs spatiaux
comme les États, les entreprises multinationales, les organisations internationales, les organisations non gouvernementales, les organisations illicites. L’intensité de ces échanges favorise l’émergence de lieux de la mondialisation à différentes échelles,
notamment les métropoles mondiales disposant d’un pouvoir de commandement.
2 - Autres logiques d’organisation de l’espace mondial La mondialisation est l’objet de débats concernant ses modalités de mise en œuvre, sa relation avec la question du développement et avec les enjeux environnementaux.
Par ailleurs, le processus de mondialisation ne constitue pas la seule clé de lecture du monde. D’autres logiques d’organisation du monde se juxtaposent et interfèrent : les aires de civilisation (cultures, langues, religions), les États, les organisations
économiques régionales.
   
II - Les trois grandes aires de puissance dans le monde (22 h)
1 - L’Amérique du Nord  
- Les États-Unis : la superpuissance La superpuissance des États-Unis est décrite dans ses différents aspects (économique, financier, culturel, diplomatique et militaire). On prend en compte l’inscription de cette puissance dans l’espace mondial. On étudie l’organisation du territoire des
États-Unis.
- La façade atlantique de l’Amérique du Nord L’étude de l’exemple de la façade atlantique de l’Amérique du Nord, du Saint-Laurent au golfe du Mexique, permet de présenter l’originalité de l’organisation de son espace et quelques aspects de l’ouverture au monde des trois États de l’ALENA.
2 - L’Union européenne  
- La puissance économique de l’Union européenne L’Union européenne est d’abord étudiée globalement sous l’angle de sa puissance économique et commerciale. On présente ensuite la diversité spatiale de cette puissance : pôles dynamiques et zones de faiblesse.
- L’Europe rhénane L’Europe rhénane, qui inclut différents États (Suisse, Allemagne, France, Benelux) constitue le cœur économique de l’Union européenne. Densément peuplé, et marqué par l’importance des villes et de l’industrie, il s’organise autour d’axes majeurs.
Il dispose d’une puissante fenêtre maritime qui le met en relation avec le monde.
3 - L’Asie orientale  
- Une aire de puissance en expansion La puissance de l’Asie orientale vient d’abord de son poids démographique. Bien que marquée par une grande diversité des systèmes politiques, des niveaux de vie, des activités économiques, cette aire de puissance trouve un élément d’unité dans
son dynamisme. Elle comprend le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, la Chine littorale et Singapour. Il s’agit donc d’une aire multipolaire animée par des échanges commerciaux, des réseaux d’entreprises et des investissements croisés.
On l’étudie ici globalement.
- La mégalopole japonaise La mégalopole japonaise fait l’objet d’une étude spécifique. Dominée par Tokyo, ville mondiale, elle concentre l’essentiel de la population et des activités économiques du Japon. Elle est en relation avec l’Asie orientale et le monde. Les fortes densités et
les contraintes naturelles confèrent une importance particulière aux questions d’environnement.
   
III - Des mondes en quête de développement (18 h)
1 - Unité et diversité des Sud L’inégal développement à l’échelle du monde est tout d’abord rappelé. Les États du Sud présentent des traits communs, liés au sous-développement. Ils se différencient toutefois de manière croissante, en fonction de politiques de développement inégalement efficaces. On étudie ensuite l’exemple du Brésil pour montrer les contrastes spatiaux du développement à l’échelle du pays et à celle des villes.
2 - Une interface Nord/Sud : l’espace méditerranéen La Méditerranée constitue un espace de clivage en même temps que de contacts entre les pays du Nord et ceux du Sud. Dans ce cadre géographique, on étudie les écarts de développement, la mobilité des hommes (migrations, déplacements touristiques), les échanges économiques, financiers et culturels. En s’appuyant sur quelques exemples, on montre les effets de ces phénomènes sur les sociétés et les territoires.
3 - Un État et un espace en recomposition : la Russie Le plus vaste pays du monde est confronté au problème du post-soviétisme marqué par la crise des structures politiques et économiques et par des problèmes démographiques et sociaux. Pour assurer les bases d’un nouveau développement, la Russie peut toutefois compter sur des atouts, notamment ses ressources naturelles.
De nouvelles logiques d’organisation de l’espace apparaissent, contribuant à des changements importants dans la répartition géographique des hommes et des activités économiques.