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Les notions du programme de Géographie :
une comparaison du programme de 2nde avec les programmes de collège.
Patrick
Lucas
Lycée H Berlioz
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Cette année (2001-2002) nous devons mettre en uvre
un nouveau programme. Celui-ci diffère du précédent dans
la mesure où il est explicitement plus conceptuel. Il définit
une notion centrale (organisation de lespace), deux notions transversales
(environnement et aménagement), onze notions de base (acteurs spatiaux,
contraintes, développement, discontinuités, flux, paysages, pôles,
ressources, réseaux, risques, territoires) et un certain nombre de mots
clefs comme interface, centralité
En préambule le programme précise que la classe de seconde doit
" prolonger les acquis du collège ", " au
collège, les élèves ont acquis des connaissances, des notions
"
Enseignant en lycée depuis quelques années je me suis donc replongé
dans les programmes de collège afin de voir comment les quatorze notions
centrales de la classe de seconde était abordées. Mon objectif
a été simplement de faire une " étude de texte "
des programmes.
Organisation de lespace :
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6ème |
II 2. Des paysages ruraux : Cette étude a une triple finalité : donner des mots qui permettent de décrire, expliquer la présence - plus ou moins forte - des hommes, analyser le rôle des sociétés dans l'organisation des territoires.
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5ème |
Présentation générale :
Le programme conseille daborder cette étude à partir
de cartes, le croisement des données historiques, naturelles,
culturelles, démographiques et économiques observées
évite de sen tenir à la démarche analytique
qui ne peut rendre compte de la complexité de lorganisation
des territoires. |
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4ème |
I 2. Quelques Etats : .lanalyse porte, en se gardant de toute étude exhaustive, sur ce qui fait la spécificité géographique (notamment le peuplement et lorganisation du territoire) de chacun des trois Etats choisis. |
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3ème |
Partie II : élaboration et organisation du monde d'aujourd'hui |
Territoires :
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6ème |
I Les grands repère géographiques du monde. On compare des territoires à forte augmentation de population à des territoires à faible augmentation de population Les paysages ruraux : Cette étude a une triple finalité : donner des mots qui permettent de décrire, expliquer la présence - plus ou moins forte - des hommes, analyser le rôle des sociétés dans l'organisation des territoires. |
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3ème |
III 1. Les Etats-Unis : Une présentation de l'immensité, du poids démographique et de la métropolisation du territoire introduit l'étude Compléments : Les repères géographiques sont des lignes ou des localisations fondamentales par rapport auxquelles peuvent être situés des territoires et des étendues |
La notion dorganisation de lespace est présente
dans les 4 niveaux. On peut noter que de la 6ème à
la 4ème on parle dorganisation des territoires. Je considère
que la différence entre territoire et espace nest pas évidente
à saisir et je ne peux pas mempêcher dextraire une
citation des Mots de la Géographie, Reclus-La Documentation française
p 480 : " Le territoire est à lespace ce que
la conscience de classe est à la classe : quelque chose que lon
intègre comme partie de soi, et que lon est donc prêt à
défendre ".
La différence entre les 2 notions est donc la limite : soit elle
est floue et lon parle despace soit elle est bien précise
et dans ce cas il sagit dun territoire, alors la notion de limite
peut sassocier à la notion de frontière.
Environnement :
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6ème |
Présentation :
..Les convergences de l'enseignement de la géographie avec
l'enseignement des sciences de la vie et de la terre sont nombreuses.
Les deux disciplines ont besoin de situer les phénomènes
qu'elles observent sur l'espace terrestre, l'acquisition des repères
fondamentaux est donc essentielle. Les deux disciplines se rencontrent
aussi, chacune avec leurs approches spécifiques, autour des problèmes
de l'environnement. |
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5ème |
Présentation : Lapproche géographique de lenvironnement et du paysage sera utilement confrontée aux approches des enseignants des sciences de la vie et de la terre. |
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4ème |
Présentation : Lapproche géographique de lenvironnement et du paysage sera utilement confrontée aux approches des enseignants des sciences de la vie et de la terre. II La France : 1 Unité et diversités : Ces paysages constituent un environnement et un patrimoine à gérer et préserver. |
Si ce mot nest pas présent dans le programme de 3ème on peut noter quen 6ème il est utilisé dans les programmes de géographie et déducation civique. Au collège les programmes insistent sur le caractère transdisciplinaire du terme en lassociant aux SVT.
Aménagement :
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6ème |
Complément : montrer quune ville est le résultat de décisions politiques successives daménagement . Education civique : III - Responsabilité vis-à-vis du cadre de vie et de l'environnement : L'aménagement de l'espace communal |
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5ème |
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4ème |
II.2. Laménagement du territoire Compléments : la diversité et les contrastes des formes daménagement de lespace . |
Acteurs spatiaux :
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6ème |
Education civique :
1. La vie au collège |
Deux notions peu présentent dans les libellés des programmes mais peut-on enseigner la géographie sans faire référence à laménagement ainsi quaux acteurs de laménagement lorsque que lon parle dorganisation des territoires, de paysages ?
Développement :
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5ème |
La diversité des cultures et des rythmes de développement peut être un des fils conducteurs de létude au long de lannée. |
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3ème |
Education civique : V La défense et la paix : La responsabilité des États, le rôle des Nations Unies et de ses agences (pour les réfugiés, pour l'enfance, pour le développement), Compléments : Selon les finalités choisies par les enseignants, des planisphères simples, présentant le "pavage" politique du monde, les contrastes de développement, Une carte des contrastes de l'indice de développement humain dans le monde met en évidence les phénomènes d'inégalités de développement et de pauvreté |
Le mot développement est peu présent dans les programmes. Néanmoins il sagit dune notion fondamentale du programme de 5ème qui est revu en 3ème.
Paysages :
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6ème |
Titre du programme : cartes et paysages du monde. Les élèves apprennent les repères fondamentaux indispensables pour situer les hommes si la terre, puis à partir d'un choix d'images, ils comprennent la diversité des paysages. Paysages : urbains, ruraux, de faible occupation humaine, |
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5ème |
Il sappuie sur les acquis des élèves qui, en sixième,
ont appris à identifier, en liaison avec ces repères,
des documents patrimoniaux et des paysages. |
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4ème |
II.3. Les grands ensembles régionaux : Laccent est mis sur les paysages, les activités principales et les métropoles. |
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3ème |
I 1. Les échanges, la mobilité des hommes, l'inégale répartition de la richesse et l'urbanisation : l'accélération de l'urbanisation est étudiée à l'échelle de la planète et, à d'autres échelles, à partir de quelques exemples de paysages urbains |
Paysage est la notion fondamentale des programmes de collège. Les élèves " entrent en géographie " par les paysages en 6ème (le mot est dans le titre du programme).
. Dans les années 1920, il est considéré
comme l'objet central de la géographie, géographie elle-même
centrée sur les relations entre les sociétés et leur environnement
naturel. Max Sorre dans Les Pyrénées méditerranéennes,
étude de géographie biologique publié à Paris
par A. Colin en 1913, décrivait, faisait imaginer aux lecteurs les paysages
qu'ils ne voyaient pas. Pour lui, cela donnait la personnalité de la
région. Le paysage répondait à l'orientation de la géographie
vers le concret, le visible, vers l'observation du terrain (forme de relief,
associations végétales,...) Vidal de la Blache utilisait pour
sa part le terme de "scénerie". De plus des historiens, comme L. Febvre,
comparaient les géographes à des "analystes du paysage" (1925).
D'où, la volonté d'enfermer les géographes dans les paysages.
Tout cela va entraîner une réaction des géographes qui ne
pouvaient accepter la réduction de l'analyse qu'à du morphologique
visible.
En 1951 André Cholley dans Le guide l'étudiant. La géographie.
(PUF) précisait : "le paysage n'est pas un but, il n'est qu'un moyen".
En 1968, Jean Tricart commentant un article de G. Bertrand affirmait "on ne
peut fonder une science seulement sur des descriptions et des apparences". Même
P. Gourou dans Terre de bonne espérance publié en 1982
affirmait "les paysages doivent être mis en accusation, leurs apparences
ayant de grandes chances d'être plus ou moins trompeuses ",
s'impose alors l'idée des paysages trompeurs, d'une disparité
entre le visuel et le fonctionnel.
Avec la géographie de la perception, cette science du paysage est également
critiquée. R. Brunet "il n'y a pas de regard "objectif" sur un objet
aussi complexe que le paysage le plus simple." Donc, le regard est à
la fois subjectif et pluriel.
Au travers de cette évolution, on peut voir qu'il existe une certaine
unanimité sur les ambiguïtés, les insuffisances du paysage.
Par ailleurs, le sens commun se modifie : on parle de paysage social, de paysage
politique, du paysage audiovisuel.
La révolution des sources de données en généralisant
les photographies aériennes, les images satellitales a contribué
au renouveau des paysages.
Les valeurs actuelles du paysage peuvent être individuelles ou collectives.
Elles tiennent aux cultures et aux appartenances de groupes.
La production de l'espace (objet de la géographie comme science de l'espace)
est animée par l'ensemble des représentations dans leur différence
et dans leur communauté. On peut différencier :
. Le paysage-valeur d'identité: il guide les pratiques, donne des repères.
Il peut être comparé à un environnement et peut se faire
patrimoine soit comme un élément de la mémoire collective
(avec un fond historique), soit simplement naturel.
. Le paysage-ressource: il a une valeur marchande, on peut aussi le fabriquer
pour le vendre. C'est le "beau paysage", ici nous sommes dans une géographie
des représentations.
. Le paysage-valeur d'intégration : grâce à des stéréotypes
unificateurs, on s'y reconnaît, on s'y retrouve, on s'identifie à
une culture, à une société, à un. Ici se serait
dans la géographie comportementale.
Le paysage: image de la réalité est conçu comme une perception
extérieure et individuelle, il n'est qu'une vision subjective de la réalité
d'un espace géographique. La lecture du paysage s'apprend. En effet,
tout élément du paysage est un signe ou un code.
D'après Les mots de la géographie, il existe:
- des codes sociaux qui guident la reproduction. Le paysage est composé
d'indicateurs qui permettent : d'identifier des lieux, d'affecter des places,
d'orienter et des canaliser les circulations.
- d'autres signes indiquent le paraître, l'être: cela peut avoir
du sens et fonde la distinction.
Mais cela pose le problème de l'ambiguïté liée à
la sémiologie : est-on sûr de la signification des signes, des
codes ? De plus des parties sont cachées, échappent aux regards
comme la structure sociale, les pouvoirs et les facteurs d'organisation.
Par tous ces biais, le paysage n'est pas un reflet, s'il renseigne c'est mal
! Donc, le regard seul ne permet pas de comprendre la cohérence des objets,
il faut une problématique qui guide la réflexion. (M. Roumégous)
Selon G. Bertrand, le paysage naît de la rencontre entre: un être
pensant, avec une mémoire, une sensibilité, une culture, des interrogations
et un objet.
C'est donc un produit d'interface. Son étude pose le problème
du passage des sciences de la société aux sciences de la nature,
dans une lecture pluridisciplinaire. C'est son intérêt pour l'enseignement.
(M. Roumégous)
Le renouvellement épistémologique
entraîne un renouvellement méthodologique.
La multiplicité des signes nécessite une approche systémique
pour l'analyse paysagère. Un paysage est unique, l'analyse systémique
permet de construire quelque chose qui pourra servir de modèle.Donc,
le paysage est redécouvert comme méthode d'intelligibilité
du réel. En effet le paysage est d'abord le produit de la pratique, de
l'action quotidienne. C'est un produit social, les sociétés aménagent
sans cesse les mêmes espaces. Le paysage est un palimpseste.
Il permet à l'élève d'exercer son regard, de le modifier,
et de le projeter dans l'avenir pour une éventuelle action. (J-L. Nembrini).
Je me suis un peu étendu mais ça fait du bien J !
Bibliographie sur la notion de paysage :
. Je renvoie à celle publier par G. Vennereau (p.107)
in Actes de l'Université d'Eté, Annonay 1995, AFDG, 1996.
. Les mots de la géographie: dictionnaire critique, R. BRUNET,
R.FERRAS, H.THERY, Reclus-La Documentation Française, 1993.
. NEMBRINI J.-L., "Les concepts fondamentaux de la géographie" in La
géographie en collège et en lycée, coordonné
par P. DESPLANQUES, Hachette Education, 1994.
Pôles :
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4ème |
Compléments : La deuxième approche met en relation . les grands ensembles naturels, la répartition de la population, les grands pôles dactivités et les axes qui structurent léconomie européenne |
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3ème |
III 3. LUnion européenne : Après l'étude, au chapitre précédent, de l'origine et des grandes étapes de la construction européenne, on insiste ici sur l'originalité de ce pôle constitué d'une association d'Etats indépendants. |
Réseaux :
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4ème |
I.1. Diversité de lEurope : On localise les grands ensembles du relief, les grands fleuves, les principaux domaines bioclimatiques et on les met en rapport avec lurbanisation et les réseaux de communication pour expliquer les paysages et la structuration de lespace européen |
Flux :
Les pôles sont reliés entre eux par des axes créant ainsi des réseaux supportant des flux. Si ces mots sont peu présent dans les programmes (voir absent pour flux) comment peut-on faire 4 ans de géographie sans les utiliser ?
Discontinuités :
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5ème |
I.1 La diversité de lAfrique : Les discontinuités du peuplement |
Le terme nest présent quen 5ème dans les programmes mais il est fort probable que les collègues aient fait remarquer aux élèves des ruptures lors de lanalyse de paysages et lors de létude en 3ème de lorganisation du monde. Le mot est peut-être peu utilisé en collège mais je pense que les élèves ont appris à reconnaître des discontinuités dans lespace.
Ressources :
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5ème |
I.2. Le Maghreb : peuplement et ressources des pays du Maghreb. III.2. Le Brésil : Létude porte sur limportance des ressources du pays |
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3ème |
III 1. Les Etats-Unis : L'analyse porte sur quelques éléments qui rendent compte de la puissance mondiale des Etats-Unis (ressources, technologies, poids économique, puissance militaire, rayonnement culturel) III 2. Le japon : La présentation des caractères géographiques dominants du pays (insularité, exiguïté, concentration des hommes et des activités, faiblesse des ressources naturelles) introduit l'étude. |
En 3ème à propos de létude du Japon, le programme parle de " ressources naturelles " mais les ressources ne sont pas que naturelles. " Lespace est à la fois ressource et organisation. Il sagit dexploiter ce dont on dispose avec les moyens que lon a : linstitution sociale et ses représentation, des instruments et des techniques, un espace organisé avec ses parties appropriées. Et avec ses ressources, qui ne sont pas que physiques, mais résident aussi dans ses populations, dans ses voisinages et même dans sa propre organisation. " G.U. t1 p.40. Il faudra veiller à cette distinction en 2nde.
Risques :
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5ème |
Education civique :
La connaissance des risques majeurs et lexamen des problèmes
de santé publique peuvent être mis en uvre à
la lumière conjointe des programmes de géographie et des
sciences de la vie et de la terre.
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4ème |
Education civique : La connaissance des risques majeurs et lexamen des problèmes de santé publique peuvent être mis en uvre à la lumière conjointe des programmes de géographie et des sciences de la vie et de la terre. |
Il est intéressant de remarquer que cette notion napparaît que dans le programme déducation civique. Cela montre le coté citoyen de la géographie, faire de la géographie avec les élèves cest aussi faire de léducation à la citoyenneté.
Contraintes :
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6ème |
Compléments : quelques études de cas pourraient permettre daborder avec les élèves la notion de contraintes climatique et de montrer comment les hommes sadaptent et surmontent cette contrainte (sécheresse, froid ) |
Ma remarque est la même que pour risque, les contraintes ne sont pas seulement physiques, elles peuvent être aussi sociétales.
De toute cette analyse jen tire 3 conclusions :