Bibliographie sur la Méditerranée au XII ème siècle

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(Dominique MATTEI, lycée Marie Curie, Echirolles)

 Il s’agit du contact entre les trois grandes civilisations qui se partagent le monde méditerranéen, des affrontements mais aussi des influences réciproques et du regard qu’elles portent l’une sur l’autre. C’est aussi un moment de recomposition des trois forces politiques principales avec l’essor de l’Occident, le recul des Byzantins face aux Turcs et l’unification des Musulmans sous de nouveaux maîtres.

 POUR UNE APPROCHE
L’Encyclopaedia universalis (édition 1990)
Articles " histoire de la Méditerranée ", " Byzance ", " Islam " , " Italie ", " Espagne ",  " croisades ", " Orient "....
L’histoire, n°spécial 47 (juillet-août 1982), 157 ( 1992),191 (sept.1995) + nbeux autres dispersés
Notre Histoire, n° spécial de février 1986
Géo, n°184 (juin 94:Istambul), 189 (nov 1994:Jerusalem), 193 (mars 95 :Venise), 202 (déc.95 : les routes des croisades).
Coll. Gallimard Découvertes avec illustrations et textes
n°104 (1991) : M. Kaplan " tout l’or de Byzance "
N° 129 (1991) : G. Tate " L’Orient des Croisades "
N° 260 (1995) : R. Pernoud " Les templiers, chevaliers du Christ ".

POUR APPROFONDIR
CL. CAHEN " Introduction à l’histoire du monde musulman médiéval, VIIème - Xvème s., Méthodologie et éléments de bibliographie, Paris, 1983, reste l’ouvrage de référence.
Hachette superieur " Histoire de l’Humanité " (1990) avec nombreux plans et cartes, bibliographie
M. BALARD, J.PH. GENET, M.ROUCHE : " Le moyen age en occident ", (surtout le Livre 2ème, pp.108-206 sur les Xième et XIIIème siècles)
A.DUCELLIER, M.KAPLAN, B.MARTIN : " Le Moyen âge en Orient, Byzance et l’Islam " intéressant pcq il entremêle les différents aspects, (surtout le livre 3ème, pp.202-240).
A.Colin Université : avec illustrations et glossaire
A. DUCELLIER , M. KAPLAN et d’autres : " Byzance et le monde orthodoxe ",Paris 1986, 500p.
On peut le remplacer par " les Byzantins " points seuil histoire, 1988.
Nouvelle Clio " l’histoire et ses problèmes " : pp. de bibliographie, tableaux généalogiques et cartes
J.C.GARCIN, P. GUICHARD, M. BALIVET, J.L.TRIAUD, Th.BIANQUIS : "  Etats, sociétés et cultures du monde musulman médiéval ( Xème- Xvème siècles) , tome I l’évolution politique et sociale ", PUF, juin 1995.
Arthaud " les grandes civilisations " richement illustrées, avec cartes, glossaire et plans
Dominique et Janine SOURDEL " La civilisation musulmane " 1968.,
A. GUILLOU , " La civilisation byzantine "
J. LE GOFF, " L’Occident médiéval " 1967.
" Structures féodales et féodalisme dans l’Occident méditerranéen ( X-XIIIémes siècles ). Bilan et perspectives  de recherches. " Coll. de l’Ecole Française de Rome 44, Rome, 1980.

SUR LES RAPPORTS ENTRE LES DIFFERENTES CIVILISATIONS,

Jacques HEERS, " Libérer Jérusalem, la première croisade (1095-1107) ", Perrin, 1995, 372 p. prend à contrepied toutes les interprétations communément admises des causes de la première croisade : " acte de foi " qui s’inscrit dans l’essor des pèlerinages au Xième siècle, et non problèmes économiques ou démographiques prioritairement.

 Claude CAHEN " Orient et Occident au temps des croisades ", Aubier, 1983, est utile pour faire le point des relations avant et après par un fin connaisseur des sources, musulmanes en particulier.

 Maxime RODINSON " La fascination de l’Islam ", Maspero 1980, réédité en presses pocket la découverte en 1993, donne la vision de l’Orient musulman en Occident et une importante bibliographie complémentaire.

 Alain DUCELLIER " Byzance, miroir de l’Islam ", Archives Julliard, 1971.
Amin MAALOUF " Les croisades vues par les Arabes ", J’ai lu n° 1916, 1995, (1ère édition 1983)
D. JACQART et F. MICHEAU " La médecine arabe et l’Occident médiéval ", Paris, Maisonneuve et Larose, 1990.
Coll " Mémoires Autrement "
n°5 " Tolède aux XII-XIIIème siècles, musulmans, chrétiens et Juifs : le savoir et la connaissance ", 1993
n° 21 " Palerme (1070-1452), 1993.
n° 40 " Constantinople (1054-1261) tête de la chrétienté, proie des Latins, capitale grecque, 1996 ex.p.154 " la ville sous le regard des Musulmans "

 POUR APPROFONDIR, sur l’Espagne et l’Italie en particulier :
Adeline RUCQUOI " Histoire médiévale de la péninsule ibérique ", Seuil points histoire,1993 .
P.GUICHARD " L’Espagne et la Sicile musulmane aux Xième et XIIème siècles ", 240 p., Presses universitaires de Lyon, 1990.
JUAN VERNET " Ce que la culture doit aux Arabes d’Espagne ", Paris, Sindbad, 1985.
Y. RENOUART, " Les hommes d’affaires italiens du Moyen Age ", 1968 " Les villes d’Italie de la fin du Xème au début du XIVème siècle ", 1969.
Ph. BRAUNSTEIN, R.DELORT " Venise, portrait historique d’une cité ", points histoire, 1971; 94
F. LANE " Venise, une république maritime. ",Paris, Champ Flammarion, 1988.
" L ’art dans l’Italie méridionale " sous la direction de A. Prandi, Ecole Française de Rome, 1978.
F. GABRIELI et U. SCERRATO " Gli Arabi in Italia ", Milan, 2ème édition, 1985.
Jean-Marie MARTIN " Italies normandes aux Xième et XIIème siècles ", Hachette " la vie quotidienne, civilisation et société ", 1994.

On consultera avec profit les atlas historiques et en particulier  " l‘atlas des croisades " de Riley SMITH qui doit paraître en mars 1996 dans la collection " Mémoires "
Gérard CHALIAND, J.P. RAGEAU, Atlas historique du monde méditerranéen, chrétiens, Juifs et Musulmans de l’Antiquité à nos jours, Payot, 1995.

 Et on n’oubliera pas que d’utiles synthèses accompagnées de documents " symbôles " ont été réalisées dans la " Documentation photographique ", n° 7015 de février 1993 sur Byzance, réalisé par M.Kaplan,
n° 7019 d’octobre 1993 sur les croisés d’Orient, réalisé par G. Tate.

 II. L’EMPIRE BYZANTIN AU XII ème SIECLE : APOGEE OU DECADENCE ?

A) L’HERITIER DE L’EMPIRE ROMAIN

1° Il en conserve les traditions politiques
Les Byzantins se nomment eux-même " Romaioi " traduit par les Turcs en " Roums ", et les Gênois appellent leur territoire " Romanie ". Comme à Rome, l’élection de l’empereur se fait par l’armée, ratifiée ensuite par le Sénat puis par le peuple à l’Hippodrome*. L’Empereur est tout puissant (" autocrator "), mais dans le cadre des lois existantes.

2° Il en garde les traditions administratives
Souvent d’extraction modeste, les fonctionnaires sont choisis et révoqués par l’Empereur et mis à la tête de bureaux spécialisés ( sekrêton), comme le logothète chargé des finances. L’efficacité du service tient aussi au système de l’impôt qui repose essentiellement sur la terre et est payable par tous, même l’empereur. Les recenseurs révisent le cadastre régulièrement. Mais le système se dégrade au XIIème siècle, une partie des impôts étant détournée pour récompenser des services : les solidarités familiales l’emportent sur le service de l’Etat.

3° Le droit et la culture antique
Le Code Justinien est repris au IXème siècle dans les " Basiliques* ", les " Novelles *" venant compléter les lois antérieures. La plupart des intellectuels sont des juristes accordant beaucoup d’attention en particulier à la législation canonique. La langue grecque est apprise dans les écoles des bourgades à partir d’Homère; Platon et Aristote sont étudiés à l’Université de Constantinople, restaurée au Xème siècle. La querelle des images* qui oblige à aller rechercher des arguments dans la philosophie grecque, aboutit à une renaissance du livre.

B) UNE CIVILISATION CHRETIENNE

1° Centre de l’orthodoxie
La conversion est achevée dès la fin du Vème siècle et l’empereur est le lieutenant de Dieu, couronné à Sainte Sophie des mains du Patiarche. L’oikoumène* religieux et politique coincident : la cité terrestre est l’image du royaume de Dieu et il n’y a pas de séparation entre les domaines civil et religieux. L’empereur n’a pas de pouvoir en matière de dogme*, celui-ci relève du concile* ; le synode* permanent des évêques avec à sa tête le patriarche* exerce une autorité croissante.

2° L’Eglise occupe une place centrale dans la société
C’est l’empereur qui nomme le patriarche, et l’aministration de l’Eglise est calquée sur celle de l’Empire. Fonctionnaires et évêques sont issus des mêmes écoles. Dans les villages, les prêtres sont des paysans mariés mais leur niveau intellectuel est souvent médiocre. Les monastères, qui se sont enrichis depuis leur victoire sur les iconoclastes, sont des centres de la vie économique. Ils attirent la foule des pèlerins par leurs reliques et leur réputation de sainteté, souvent sollicités pour donner leur avis et chasser les démons.

C) VILLES ET COMMERCE

1° Constantinople " ville phare "
Entourée depuis Théodose de murailles qui pouvaient contenir jusqu’à 400 000 habitants, la ville avec son centre monumental, composé du palais impérial, de la cathédrale et de l’hippodrome, s’ordonne autour des forums et d’une grande avenue bordée de portiques : la Mésè. Les métiers sont répartis par quartiers. La ville est ponctuée de centaines d’églises et de nombreux jardins entourent les monastères ou les résidences des aristocrates. Les rues nord/sud escaladent par des escaliers les pentes qui dominent la Corne d’or, port naturellement abrité sur le Bosphore, passage entre la Mer Noire et la Médierranée et centre d’un actif commerce.

2° Plaque tournante du commerce de la Méditerranée orientale
La mer Noire reste un lac byzantin jusqu’en 1204 et la prépondérance dans les échanges du sou d’or de 4,54g. le nomisma, appelé par les Occidentaux le besant, montre la puissance commerciale de Byzance, de la Scandinavie au monde musulman. Mais dès le Xème siècle, les marchands byzantins rencontrent sur les routes maritimes la concurrence des Italiens, en particulier des Vénitiens qui sont exemptés dès 1082 de la taxe qui pesait sur les marchands de Constantinople. Après la défaite de Manzikert, la monnaie doit être dévaluée des 2/3.

3° Un empire devenu rural, une société bloquée
Le réseau urbain de l’Antiquité a été profondément modifié par les invasions et à part Thessalonique, la plupart des villes sont des bourgades de 2 à 3000 habitants. La petite exploitation familiale est d’ailleurs le fondement du régime du VIIème au Xième siècles, mais face à des besoins militaires de plus en plus importants, le manque d’hommes se fait cruellement ressentir et la propriété se concentre aux mains des puissants entrainant une désertification du territoire et l’immobilisme de la paysannerie qui n’a plus de lien direct avec l’empereur : la société est bloquée.

IV LE RENOUVEAU DE L’OCCIDENT

A) LE RENOUVEAU DE l’ETAT : L’EVOLUTION DE LA FEODALITE

1° La fin des seigneuries chatelaines
seigneurs et vassaux : des liens d’homme à homme
primauté économique du fief à partir du Xième siècle
pluralité des hommages et priorité du lignage sur le fief

2° L’expansion de la chevalerie
noblesse et chevalerie : milites et bellatores
éducation et méthodes de combat
l’évolution du château fort

3° L’essor des monarchies féodales
le roi devient suzerain en France et en Angleterre
souveraineté défendue par l’Eglise
les moyens financiers et administratifs

B) LE RENOUVEAU DE L’EGLISE :

1° La réforme grégorienne
mainmise des laïcs et simonie
réforme monastique dès le Xème siècle sous l’influence de Cluny
Nicolas II (1059-1061) puis Grégoire VII (1073-1081) affranchissent l’élection pontificale de la tutelle impériale et réforment le clergé, n’hésitant pas à excommunier de puissants laïcs .

2° La lutte du sacerdoce et de l’empire
refus de l’empereur Henri IV: excommunié par le Pape et humilié à Canossa en 1077, il fait élire un antipape.
La querelle des investitures devait durer encore 40 ans jusqu’à la  victoire de la papauté et triomphe du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel jusqu’à ce que Frédéric Barberousse reprenne la querelle en 1152.

 3° L’essor d’une nouvelle religiosité
la recherche du salut individuel
l’essor des pèlerinages 

C) LE RENOUVEAU ECONOMIQUE :

1° L’essor du monde rural / du XIème siècle
essor démographique
progrès techniques
grands défrichements

2° Le renouveau du commerce
importance de la Méditerranée et des transports maritimes
essor des villes italiennes
renouveau de la monnaie et des techniques de crédit

3° L’expansion de l’Occident
la conquête normande
la Reconquista
les Croisades

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