Source: B.O. n° 12, 29 juin 1995.

Présentation des programmes d'histoire et de géographie au lycée


HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE AU LYCÉE

1 - LES FINALITÉS DE L'HISTOIRE ET DE LA GÉOGRAPHIE AU LYCÉE
1.1 Transmettre et assurer la maîtrise de savoirs historiques et géographiques
1.2 Comprendre le monde contemporain
1.3 Permettre l'insertion des élèves dans la cité
1.4 Acquérir des méthodes d'analyse pour une formation intellectuelle

2 - APPROCHES ET METHODES
2.1 La pratique des langages
2.2 Le libre choix des approches pédagogiques
2.3 Une démarche problématique fondée sur des repères chronologiques et spatiaux mémorisés
2.4 Le document au service du raisonnement
2.5 Le nécessité des technologies actuelles

3 - LES PROGRAMMES
3.1 La classe de seconde
3.2 Le classe de première
3.2.1 Séries L, ES, S
3.2.2 Série STT
3.2.3 Séries SMS, STI, STL
3.3 La classe terminale
3.3.1 Séries L, ES, S
3.3.2 Série STT



HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE AU LYCÉE

L'enseignement secondaire français associe l'histoire et la géographie, sciences sociales historiquement liées, et que leur finalité civique et éducative rapproche.
Les programmes d'histoire et de géographie du lycée tiennent compte des acquis de l'école et du collège ; ils s'inscrivent dans des structures précises et des séries différentes ; ils doivent enfin, et c'est l'essentiel, répondre à des finalités (connaissances, apprentissage de la réflexion, exercice de la raison critique). En histoire et en géographie, les transmissions de connaissances et les apprentissages sont progressifs et prennent en compte l'âge, la maturité et la culture des élèves. De l'école primaire au lycée les savoirs des élèves s'enrichissent progressivement.
Au collège les programmes d'histoire proposent un descriptif chronologique des grandes lignes de l'évolution de l'humanité et une approche de la diversité des civilisations. En géographie l'approche est moins systématique.
Elle permet cependant de présenter la diversité des sociétés humaines contemporaines et l'aménagement de leurs territoires.
Pourtant, si l'horaire alloué à l'histoire et à la géographie (une heure quinze hebdomadaire pour chacune des deux disciplines) ne permet guère d'approfondir l'étude, les acquis ne sont pas négligeables : les élèves qui entrent en seconde ont des repères chronologiques ou spatiaux, ils maîtrisent des notions, ils ont acquis les éléments essentiels d'un patrimoine culturel, ils maîtrisent
des savoir-faire. Ils possèdent des clés pour la lecture du monde contemporain. 
Au lycée, il ne peut être question de reprendre à l'identique le parcours chronologique et spatial du collège.
Fondée sur des acquis, l'approche doit être différente : en intégrant les renouvellements scientifiques elle est délibérément problématique. L'histoire ne présente pas un passé enfermé dans des certitudes, la géographie n'enseigne pas l'immuable : les deux disciplines posent les problèmes du temps présent.
Les programmes tiennent compte de la parité horaire de l'histoire et de la géographie et de l'organisation des lycées d'enseignement général et technologique. Si la classe de seconde est commune, les séries technologiques ne disposent ensuite que d'un horaire réduit. Pour les séries d'enseignement général, bien que la lettre des programmes soit identique, les progressions et les méthodes de travail doivent être différenciées : en contribuant à la spécificité des séries L et ES, l'enseignement de l'histoire et de la géographie prend en compte les objectifs de la rénovation des lycées, notamment par les approfondissements proposés en cohérence avec les autres enseignements.
Enfin, les examens (épreuve orale anticipée en fin de première STI, SMS et STL ; épreuve orale pour la terminale STI' ; épreuve écrite fondée sur des sujets communs pour les terminales L, ES et S) orientent la mise en oeuvre des programmes.



1 - LES FINALITÉS DE L'HISlOIRE ET DE LA GÉOGRAPHIE AU LYCÉE

L'enseignement de l'histoire et de la géographie, délibérément ouvert sur le temps présent ne dissocie pas transmission d'un héritage et d'une culture, formation intellectuelle et éducation à la citoyenneté.

1.1 Transmettre et assurer la maîtrise de savoirs historiques et géographiques
Le projet éducatif de l'enseignement de,l'histoire et de la géographie repose sur une étude précise des contenus scientifiques de ces disciplines :vocabulaire et notions essentielles, nouveaux problèmes et nouvelles approches, langages spécifiques. Il se nourrit des problématiques et des avancées de la recherche universitaire.


1.2 Comprendre le monde contemporain
Pour être en mesure d'agir en citoyen les lycéens doivent identifier les acteurs, les enjeux, les lignes de force.
Pour cela, l'acquisition des connaissances portant sur les processus d'évolution historique et les modalités d'action sur l'espace, qui ont construit le monde tel qu'il est, apparaît indispensable. Analyser la diversité des civilisations et des territoires, comprendre la complexité des structures, repérer la pluralité des cultures, prépare à l'action dans une époque marquée par l'ouverture à d'autres
espaces et à d'autres civilisations. Les élèves doivent acquérir une vision dynamique et critique du monde afin de dégager l'essentiel dans la masse des faits nouveaux que l'actualité livre quotidiennement.


1.3 Permettre l'insertion des élèves dans la cité
L'État de droit est au service de la personne. Sa perfection est un objectif de la démocratie. Il doit être reconnu comme un patrimoine à connaître, à respecter et à enrichir. L'espace aménagé est placé sous la responsabilité du citoyen : il est à la fois héritage à préserver et territoire à transformer pour répondre aux besoins sociaux actuels. L'histoire et la géographie, par leur objet et par leurs méthodes, inscrivent l'action du citoyen dans un héritage et une culture.La dimension civique de l'enseignement de l'histoire et de la géographie paraît d'autant plus importante qu'il n'existe pas d'heure d'éducation civique au lycée.
L'histoire et la géographie permettent également la découverte progressive des fondements d'une communauté humaine ; elles apportent à la fois l'absolu des valeurs et le sens du relatif conduisant à la tolérance par la découverte des cultures et des coutumes d'autres civilisations ; elles apprennent ainsi à reconnaître et à assimiler les éléments irréductibles de convergence au sein d'une société.


1.4 Acquérir des méthodes d'analyse pour une formation intellectuelle
Les méthodes mises en oeuvre dans l'enseignement de l'histoire et de la géographie placent la dimension critique au centre des pratiques pédagogiques. Elles sont en elles-mêmes éducatives. Le travail sur documents ne peut avoir pour objet de redécouvrir ou de reproduire en classe la démarche de l'historien ou du géographe. Il permet aux élèves de prendre conscience du processus par lequel s'élabore la connaissance historique ou géographique et de confronter des opinions divergentes, afin d'aboutir à un jugement personnel. Il leur procure le sens de l'évolution et du relatif, les habitue à hiérarchiser les faits et à critiquer les relations trop rapides de causalité. En faisant de l'histoire et de la géographie les élèves apprennent le temps de la réflexion. Par l'exercice d'un raisonnement toujours secondé par l'analyse critique, ils sont portés à relativiser une information rapide, conjoncturelle, non hiérarchisée.

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2 - APPROCHES ET METHODES

Lors de la mise en oeuvre des programmes, il est recommandé que, dans toute la mesure du possible, une coordination soit établie entre l'histoire et la géographie d'une part, ces deux disciplines et les disciplines voisines d'autre part.

2.1 La pratique des langages
Sciences sociales constituées, l'histoire et la géographie utilisent différents langages. Le passage constant d'un langage à l'autre fait partie de la pratique de l'histoire et de la géographie au lycée. Il ne s'agit donc pas seulement de faire apprendre mais de favoriser l'expression des élèves : l'expression écrite et la lecture de l'image doivent être privilégiées. Par la pratique croisée de ces langages, l'histoire et la géographie contribuent à leur formation intellectuelle, notamment par la production de textes - analyses, synthèses, récits, travaux à partir de documents - de cartes, d'images. L'histoire et la géographie permettent aussi d'inscrire dans le temps et dans l'espace les connaissances acquises dans les autres disciplines.


2.2 Le libre choix des approches pédagogiques
Une ancienne tradition laisse aux enseignants une grande liberté d'approche pédagogique. Ils peuvent, pourvu que les objectifs et la cohérence d'ensemble soient respectés, choisir leur itinéraire annuel et insister plus ou moins sur tel ou tel thème. Cette liberté permet à chaque professeur d'adopter le style d'enseignement qu'il pense le plus efficace et d'adapter ses méthodes aux élèves et à leurs besoins.
La classique opposition entre les styles pédagogiques n'est-elle pas artificielle ? Certaines séquences  magistrales entraînent et éveillent, d'autres ne sont guère qu'une juxtaposition analytique de données ; certaines séquences dialoguées favorisent l'expression et l'autonomie des élèves, d'autres ne leur laissent que la possibilité d'interventions ponctuelles et purement formelles. Plus qu'un style pédagogique, c'est l'acquisition organisée des connaissances qui est essentielle.


2.3 Une démarche problématique fondée sur des repères chronologiques et spatiaux mémorisés
Les programmes, tant en histoire qu'en géographie, sont construits pour induire une démarche plus synthétique qu'analytique. Au lycée l'enseignement doit être problématique : la recherche du sens est primordiale, elle oriente les différentes opérations nécessaires à la construction d'un discours d'histoire ou de géographie (recherche de données, classement, mise en relation). Elle s'accompagne nécessairement d'un apprentissage de l'esprit critique.
Naturellement, cette recherche du sens doit s'appuyer sur des repères chronologiques ou spatiaux en petit nombre, sur quelques faits signifiants, mais rigoureusement analysés et que les élèves doivent mémoriser.


2.4 Le document au service du raisonnement
Le document dans ses divers états est constitutif de l'enseignement de l'histoire et de la géographie. Il serait cependant illusoire de prétendre reproduire au lycée les démarches scientifiques dans leur totalité. De même, il n'est pas souhaitable d'aligner les pratiques sur certains exercices parfaitement codifiés de l'enseignement supérieur (explication de texte, commentaire de carte). L'explication de document ne peut constituer une fin en elle-même :au lycée, le document est d'abord le moyen du travail personnel des élèves et de l'exercice de l'esprit critique (étude de la source et de la nature du document, croisement des types d'expression et des informations).
Il n'a de justification que s'il conduit l'élève à formuler des conclusions porteuses de sens, c'est à dire s'il constitue une étape de la construction du discours historique ou géographique. Cependant on ne doit pas multiplier les documents : la dispersion pourrait conduire à l'oubli du sens.
On ne perdra pas de vue que certains documents ont une valeur patrimoniale et que leur connaissance est un passage obligé de la constitution d'une culture. L'histoire comme la géographie doivent également permettre une initiation à la pratique documentaire, en relation avec les ressources du CDI et en collaboration avec les documentalistes.


2.5 Le nécessité des technologies actuelles
Les outils actuels de la communication et du traitement de données sont utilisés au lycée dans l'enseignement de nombreuses disciplines. L'histoire et la géographie en ont un besoin particulier : les images-satellite bouleversent notre vision de la planète ; les outils de traitement de l'information sous toutes leurs formes modifient l'exploitation pédagogique des textes et des images.

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3 - LES PROGRAMMES

Les programmes délimitent un contenu scientifique défini par des libellés précis. Tout élément d'un programme ne trouve son sens que par rapport à l'ensemble. En conséquence, les programmes sont conçus pour être achevés, faute de quoi leur logique disparaitrait. Afin de préserver cette logique et d'éviter que l'enseignement d'une question prenne une excessive extension, ils comportent une évaluation horaire indicative. Pour la classe de seconde cette évaluation est calculée sans tenir compte des modules. Pour les classes de première et terminale des séries d'enseignement général elle est calculée sur la quarantaine d'heures disponibles en série S.
L'horaire supplémentaire en séries ES et L doit permettre des approfondissements spécifiques.
Les modules s'inscrivent dans les objectifs généraux des programmes ; ils n'ont pas de finalité propre. Ils sont fondamentalement le moment de l'enseignement différencié et de l'expression autonome des élèves par la pratique croisée des langages. En module les élèves s'exercent à faire de l'histoire et à faire de la géographie ; c'est dire que les activités de classement, d'analyse et de mise en relation d'une part, l'argumentation et la démonstration d'autre part, doivent être privilégiées. En classe de première d'enseignement
général, les modules permettent en outre, selon les séries, d'approfondir certaines questions.
On ne perdra donc jamais de vue les objectifs généraux, et on ne confondra pas constitution d'une culture et accumulation de savoirs. Les programmes sont l'outil de la transmission de connaissances maîtrisées et facilement mobilisables.


3.1 La classe de seconde
Les programmes de la classe de seconde ont été construits en fonction de la place de celle-ci dans le cursus scolaire, entre le collège et les différentes voies du lycée. Ils doivent constituer le socle de la connaissance et de la compréhension du monde contemporain.
En histoire, le programme est construit autour de six moments historiques, de l'Antiquité au milieu du XIXe siècle. Il privilégie les dimensions politique et culturelle. Il ne s'agit pas d'un retour accéléré sur la continuité chronologique présentée au collège, encore moins d'une révision. Il ne s'agit pas non plus d'une approche thématique. Si le programme devait être ainsi compris il perdrait toute sa signification, faute de pouvoir être traité au cours de l'année scolaire ; la condition intrinsèque de sa pertinence disparaîtrait. La réflexion sur quelques moments essentiels de l'histoire, et la reconnaissance de l'ampleur du patrimoine européen fondent l'étude de l'histoire de notre temps.
En géographie, le champ de l'étude est la planète mais le programme repose sur un choix d'exemples à différentes échelles. L'observation de la répartition des populations, l'analyse des aménagements et l'étude de l'organisation de l'espace terrestre, s'appuient sur la connaissance des grands mécanismes naturels. Mais, dans le cadre de ce programme de géographie, l'étude de ces mécanismes ne trouve pas sa justification en elle-même : elle doit accompagner l'examen des aménagements de l'espace
réalisés par des civilisations et des peuples différents. L'étude des problèmes d'environnement doit être envisagée à propos de chacun des thèmes du programme.
Cet apprentissage de la lecture géographique du monde, sur les bases d'une culture acquise au collège, prépare la présentation des régions, États ou d'ensemble d'États, en première et en terminale.

3.2 Le classe de première
Les programmes des classes de première sont adaptés aux différentes séries générale ou technologique. Quel que soit l'horaire, tous s'articulent logiquement aux contenus et apprentissages de la classe de seconde.


3.2.1 Séries L, ES, S
En histoire, l'étude porte sur le monde du milieu du XIX à 1939 et privilégie la France et l'Europe sans oublier leurs relations avec le monde.
A la différence de l'approche de la classe de seconde, il fait une grande place aux dimensions économiques et sociales. Il s'agit de l'étude approfondie d'une période dont les lycéens doivent, sans excès factuel, percevoir le sens à travers un choix de problématiques.
Deux entrées principales caractérisent ce programme : le phénomène industriel avec ses composantes et ses conséquences ; le phénomène de la nation, avec les constructions et les conflits qu'il induit, dont les élèves mesurent les résonances dans notre temps.
Une attention particulière est portée à la France marquée par la lente construction d'une démocratie parlementaire fondée sur les principes de 1789 et le choix de la République.
Les élèves réfléchiront à l'inscription sociale de la démocratie, à ses fragilités permanentes.
Une lecture adaptée du programme permet par ailleurs de renforcer le caractère propre de chaque série. En série L, une attention particulière pourra être portée aux phénomènes culturels : religions, mentalités, création (expression artistique et littéraire). Une liaison avec l'enseignement des lettres, et éventuellement des langues vivantes, s'impose naturellement. En série ES les aspects politiques et sociaux (doctrines, institutions, mouvements sociaux) sont plus particulièrement examinés. On mettra en évidence l'inscription dans le temps des mécanismes étudiés en sciences économiques et sociales.
En géographie, le programme s'ouvre sur une définition de l'Europe : l'approche de la France est donc renouvelée en fonction des réalités et des problématiques d'aujourd'hui. Les dimensions historique et culturelle prennent, à côté de l'économie, une place déterminante dans la réflexion : les élèves doivent saisir que le territoire national est une construction inscrite dans la durée et qu'il appartient à des ensembles divers. Il s'agit de comprendre comment la France est européenne par ses milieux, son histoire, ses
cultures, et quelle est sa place dans un monde complexe et mouvant. 
L'étude régionale, à différentes échelles, repose sur un choix libre d'exemples nationaux et transnationaux.
L'étude de deux États de l'Europe doit permettre d'analyser, dans la proximité des cultures et des économies, des organisations différentes et d'observer la convergence des choix actuels au sein de l'Union européenne.
Ce programme permet également de marquer la spécificité des séries. En série L, l'étude régionale, ainsi que l'étude des États européens, font naturellement une place particulière aux aspects culturels. En série ES, l'analyse géographique donne une
dimension spatiale à des mécanismes économiques étudiés par ailleurs.

3.2.2 Série STT
Pour les élèves des séries tertiaires, l'histoire et la géographie sont une dimension nécessaire de la formation, le programme a donc l'ambition de donner les références nécessaires à la compréhension du monde contemporain.
En histoire, les élèves étudient le monde du milieu du XIX' à 1939 : les questions obligatoires (l'évolution politique de la France de 1848 à 1939, les transformations économiques et sociales en Europe et en Amérique du Nord du milieu du XIX' siècle à 1939, les régimes totalitaires en Europe de 1919 à 1939), concernent la France et l'Europe. En évitant les approches trop factuelles et émiettées la signification des évolutions est privilégiée.
La question optionnelle doit permettre l'élargissement à un autre thème. Ainsi, comme pour les séries d'enseignement général, le programme d'histoire offre une véritable initiation à l'étude du monde contemporain.
En géographie, le programme est consacré à la France et à l'Europe. L'étude de la France se limite à sa situation en Europe et dans le monde et à sa population. Le refus d'une approche exhaustive est explicite.
Les questions optionnelles proposent, à l'échelle nationale ou européenne, l'étude d'une activité et son inscription dans l'espace.

3.2.3 Séries SMS, STI, STL
En histoire comme en géographie, la réflexion sur les objectifs est essentielle et les contenus doivent être limités à l'acquisition d'une culture.
En histoire, le programme propose l'étude de la démocratie française de 1848 à nos jours et, de 1945 à nos jours, l'affrontement Est-Ouest et la dissolution des blocs. On ne sera pas en mesure de conduire un examen chronologique approfondi de ces deux
questions obligatoires, leur finalité civique est dès lors essentielle.
La question au choix se conçoit comme une initiation à la compréhension des grands problèmes du monde contemporain et comme un enracinement de l'actualité.
En géographie, l'étude des questions obligatoires (le territoire français et son aménagement, le monde aujourd'hui : diversité et disparités) requiert l'utilisation systématique de la carte comme outil de la réflexion et comme langage afin d'éviter une démarche excessivement analytique. Les approches à différentes échelles sont nécessaires.
La question au choix permet d'étudier la première puissance économique mondiale ou de poser un des grands problèmes de notre temps et d'en proposer une lecture géographique.


3.3 La classe terminale
La classe terminale marque la fin des études d'histoire et de géographie pour la plupart des élèves ; les programmes d'histoire et de géographie parachèvent l'étude du monde d'aujourd'hui.
Ces programmes induisent des épreuves d'examen reposant sur des thèmes larges et excluant tout traitement érudit ou de détail.


3.3.1 Séries L, ES, S

En histoire, le programme commence par l'étude de la Seconde Guerre mondiale afin que la mémoire de la tragédie se nourrisse d'une véritable réflexion historique. La partie Il (le monde de 1945 à nos jours) comme la partie III (la France depuis 1945), intègrent
le temps présent. Il est nécessaire de concevoir l'ensemble des questions du programme de manière synthétique en privilégiant les grandes phases des évolutions.
Dans le cadre de ce programme mondial, l'étude de la France se conçoit à la fois comme une étude cas et comme une initiation à la vie civique :c'est dans ce sens qu'il faut notamment aborder l'examen des institutions et la vie politique.
Dans les séries L et ES il est souhaitable, en cohérence avec les approfondissements choisis pour la classe de première, de développer les aspects culturels ou politiques et sociaux.
En géographie, la démarche choisie s'appuie sur les acquis de la classe de seconde. Ce programme tente une approche globale du monde, de son fonctionnement et de ses problèmes. La première partie en propose une lecture politique, culturelle et économique. La deuxième partie propose l'étude de trois puissances économiques essentielles pour son organisation. La troisième partie pose, à l'échelle continentale, quelques problèmes géographiques majeurs pour comprendre le monde d'aujourd'hui.


3.3.2 Série STT
L'enseignement de l'histoire et de la géographie de deux heures hebdomadaires conserve naturellement les objectifs principaux assignés aux autres séries de la classe terminale.
En histoire, une première partie obligatoire (institutions et vie politique en France de 1939 à nos jours, croissance et crise économique depuis 1945, de 1945 à nos jours : l'affrontement Est-Ouest et la dissolution des blocs) procure aux élèves les cadres d'une culture historique du présent, ainsi que les éléments nécessaires à l'exercice des responsabilités civiques.
La question au choix permet, soit de poser un des grands thèmes de l'évolution du monde au cours de la période, soit de prolonger l'étude de la France par l'examen de questions économiques, sociales et culturelles.
En géographie, les élèves doivent maîtriser les grands éléments de la structure de l'espace mondial et comprendre le rôle de la première puissance économique. Ils doivent aborder également les problèmes du développement.
La question au choix permet, soit d'étudier d'autres territoires, soit de poser un problème devenu essentiel, l'eau dans le monde.



L'enseignement de l'histoire et de la géographie est ambitieux : fondé sur une recherche universitaire vivante, il est riche de la volonté d'initier à un savoir sans cesse renouvelé ; il assume également la transmission d'un héritage culturel et civique.

A la sortie du lycée, les élèves doivent conserver de l'enseignement de l'histoire et de la géographie une vision positive avec le sentiment que ces disciplines, constamment ouvertes sur les idées et les techniques d'aujourd'hui, ont forgé aussi bien leur sens critique que leur sens civique fondés sur l'appropriation d'un patrimoine et d'une culture.

Pour le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur, de la recherche, et de l'insertion professionnelle  et par délégation, le directeur des lycées et collèges

Alain BOISSINOT

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