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Nouveaux programmes, nouveau Brevet, nouvelles pratiques

Les programmes en histoire – géographie – éducation civique au collège ont changé, vraiment changé, depuis 4 ans. Niveau par niveau, année après année, nous avons essayé d’intégrer ces changements : changements dans les contenus, changements dans les approches, changements de nos pratiques pédagogiques ; nouveaux manuels, nouveaux objectifs, nouveaux cours.

1999 – 2000 : point d’orgue : le nouveau programme de 3ème, et le nouveau Brevet des Collèges arrivent , enfin . Comme chaque été depuis 4 ans, nous passons une partie des vacances à lire les instructions officielles, les spécimens, les créations pédagogiques des éditeurs, à élaborer une première progression et à préparer des cours pour la rentrée, à tâtons. Quelques séances de travail avec les collègues, en juin et septembre, échanges d’idées et harmonisation de pratiques, réflexion sur le nouveau Brevet, avec ses exercices inédits, son épreuve d’éducation civique, ses repères.

Octobre 1999 : j’accepte la proposition de faire partie de la Commission d’élaboration des sujets du Brevet 2000, expérience nouvelle pour moi, une aubaine en somme puisque chaque journée de travail avec nos trois IPR à Grenoble a été mieux qu’un stage de formation . Expérience nouvelle aussi, puisque je me suis trouvé un peu de l’autre côté du décor, dans les coulisses de l’Education Nationale, chargé avec des collègues de faire en secret des sujets qui seront traités par des milliers d’élèves quelques mois plus tard. Récit d’une année riche en enseignements.

I Le travail de la commission des sujets du Brevet

Une douzaine de professeurs, venus de tous les coins de l’Académie , rassemblés autour de nos trois inspecteurs , composent la commission. 5 journées de travail au Rectorat de Grenoble, entre octobre et juin.

1) Lors de la première journée, les inspecteurs dirigent une lecture commentée du B.O. organisant le nouveau Brevet. Pas de grosses surprises par rapport aux journées d’information organisées en Mars 1999 où l’on nous avait annoncé 3 épreuves : contrôle de connaissances sur les repères d’histoire-géographie acquis de la 6ème à la 3ème ; 2 commentaires de documents, l’un en histoire-géographie , l’autre en éducation civique ; dans les deux cas, les élèves après avoir répondu à des questions leur demandant de prélever des informations, devront construire un paragraphe argumenté réutilisant les divers éléments d’informations fournis par les documents, complétés par leurs propres connaissances.

Les points à éclaircir ou préciser sont abordés, nous posons des questions nombreuses, un peu inquiets de la tâche qui nous est confiée : créer, ex nihilo, des sujets sans se référer aux années précédentes, sans " annales ". Il s’agit là de comprendre la loi, son esprit et de l’appliquer au mieux. A la fin de cette première journée, nous constituons des groupes, chargés pour le mois suivant d’élaborer 2 ou 3 sujets, documents et questions.

2) Les séances suivantes, sans doute les plus ardues, sont consacrées au décorticage minutieux des différentes propositions, avec un souci permanent : les milliers de candidats comprendront-ils tel document, telle question, telle formulation, sans équivoque possible d’interprétation ?

Ainsi, pour le sujet intitulé " le principe de solidarité ", nous avons été amenés à simplifier le document 2, graphique des dépenses sociales de l’Etat : le graphique initial montrait l’évolution de ces dépenses entre 1987 et 1996 ; nous n’avons conservé que les chiffres de 1996 pour ne pas introduire dans le sujet de dimension chronologique qui n’avait pas lieu d’être là. De même, le légendage de la carte du sujet sur l’industrie française a été longuement débattu, et nous avons dû construire une carte sur mesure pour répondre aux nécessités du sujet.

- Il faut aussi une cohérence entre les 2 ou 3 documents autour du thème choisi. Nous avons parfois dû éliminer et remplacer un document qui nuisait à la logique du thème général.

- Enfin , nous avons passé énormément de temps au choix et à la formulation des questions, en pesant le poids de chaque mot. Nous avons peu à peu compris que pour trouver la bonne question sur un document, il faut commencer par savoir ce que l’on veut faire répondre aux candidats. Et cette réponse doit obligatoirement le guider vers un des thèmes à développer dans le paragraphe argumenté .

Ainsi, la question initiale sur le graphique des dépenses sociales de l’Etat était : " Qui bénéficie des dépenses sociales de l’Etat en France ? ". Le candidat pouvait facilement répondre, mais sans que cela guide réellement sa réflexion . La question modifiée : " Quels sont les 2 premiers postes qui bénéficient des dépenses sociales de l’Etat ? Quel extrait du document 3 le justifie ? " amène le candidat à dégager le thème de l’action de l’Etat pour mettre en application le principe de solidarité, valeur de la république.

Une fois ces documents et ces questions longuement choisis et réfléchis, la formulation de la question finale pour le paragraphe argumenté coulait de source. Dans le cas contraire, le sujet était à revoir !

Plus tard , les sujets ainsi rédigés ont été testés, commentés par écrit par des professeurs de l’Académie. Nous avons alors travaillé une journée sur leurs commentaires, constaté à la lumière de leurs critiques les imperfections de nos sujets, et repris encore une fois documents et questions pour élaborer leur version définitive .

3) Séparation du groupe courant février, le travail accompli au mieux. Chacun va pouvoir à nouveau se consacrer entièrement au travail habituel. Mais le travail accompli lors de ces 5 journées constitue pour nous une aide considérable pour le " travail habituel " : en nous efforçant de comprendre au mieux la nature des épreuves, en cherchant à préparer des sujets en accord avec les instructions officielles, c’est tout l’esprit du nouveau programme de 3ème et plus généralement des nouveaux programmes en histoire-géographie-éducation civique, que nous avons mieux approché. Que je sois plus clair : c’est en confectionnant ces sujets que nous avons pris conscience des nouvelles pratiques pédagogiques que nous allions devoir mettre en place en amont (dès la 6ème ?) pour amener les élèves jusqu’aux nouvelles épreuves. Le travail à la Commission nous a donc amenés à changer en partie nos pratiques en classe au cours de l’année dernière.

II Nouveau Brevet, nouvelles compétences

    1. Prélever des informations dans des documents

On s’en doutait depuis 4 ans : le document serait au cœur du nouveau Brevet, comme il est au cœur du nouveau Baccalauréat. Dès la 6ème, les manuels regorgent de documents bien plus que de textes de leçon, et nous nous sommes habitués en 6ème, 5ème et 4ème à partir de ces documents pour faire trouver aux élèves les notions et connaissances à acquérir, définies par les programmes. Rien d’étonnant, donc , à voir figurer deux commentaires de documents à l’épreuve.

Tous les professeurs ont donc formé depuis quelques années leurs élèves à identifier des documents, à y prélever des informations. L’ancien Brevet le demandait d’ailleurs. Mais en rédigeant nos sujets lors des travaux de la commission, nous avons dû renoncer à l’émiettement des questionnements ( a) quelle est la date du document ? b) quelle est sa nature c) son auteur…) , qui guidait pas à pas l’élève et n’offrait pas de grande difficulté. Nous avons dû nous limiter à une question par document, appelant l’élève à une compréhension globale du document et à prélever correctement l’information principale qu’il contient. Il semble donc nécessaire, au moins à partir de la 4ème, d’habituer l’élève à cette gymnastique en supprimant peu à peu les guides nécessaires que constituent les petites questions multiples que nous leur posons en 6ème et 5ème, auxquelles on préférera une question plus globale.

2) Mettre en relation 2 ou 3 documents

La question à poser pour demander à l’élève de mettre en relation les documents était facile à trouver…quand les documents le permettaient ! La trouver facilement nous prouvait la bonne cohérence d’un sujet. Elle nous montrait clairement si le thème général des documents était bien ciblé.

" Quelle relation peux-tu établir entre ces deux documents ? " devrait donc être un questionnement pédagogique courant en classe dès la 6ème . (" En regardant cette carte de l’Egypte, peux-tu expliquer l’expression l’Egypte est un don du Nil ? " ) . Et pourquoi ne pas demander aux élèves de 3ème (peut-être même de 4ème) , en guise d’entraînement au cours de l’année, " quelle question peux-tu imaginer pour mettre en relation ces deux documents ? ". Si cela nous a aidés à être logiques, cela devrait marcher aussi pour eux !

3. Le paragraphe argumenté

    a. un exercice difficile

    C’est le clou de l’épreuve, la grande nouveauté, type d’exercice sans équivalent dans l’ancien Brevet et dans les anciens programmes. L’ancien commentaire de documents ne demandait que des réponses courtes à des questions précises : l’élève trouvait l’information dans le document ou dans ses connaissances. La question de cours demandait bien d’organiser ses connaissances en parties, mais le canevas était donné (" dans une première partie, vous montrerez… "), et la compétence principale exigée était d’avoir bien appris son cours.

    Dorénavant, ce sont les informations du document, rendues plus intelligibles par les connaissances de l’élève, et par les questions auxquelles il a répondu avant, qui fournissent la matière principale du paragraphe argumenté. Il doit certes enrichir le développement des thèmes par ses connaissances (vocabulaire spécifique, exemples complémentaires…), mais l’essentiel à fournir pour lui est son savoir-faire.

    L’épreuve est difficile, donc, l’année 1999-2000 nous l’a appris : les élèves ont eu du mal à comprendre et réaliser cet exercice, peut-être parce que pour nous il était nouveau à enseigner, et que nous ne l’avons cerné que peu à peu, au cours de l’année. A la commission même, nous étions parfois dubitatifs sur la capacité future des élèves à traiter nos sujets si rigoureusement élaborés !

    b. Définir des critères de réalisation de l’exercice

Nécessité pour répondre à cette difficulté, et pour évaluer nos élèves : une grille de notation pour cet exercice à été élaborée début janvier , permettant une répartition ( relativement souple ) des 10 points pour le paragraphe argumenté d’histoire ou géographie, des 8 points en éducation civique.

Exemple de barème de notation du paragraphe argumenté en histoire - géographie

plan structuré

1 point

présence des idées principales des documents

3 points

exemples pris dans les documents illustrant ces idées

3 points

exemples extérieurs illustrant ces idées

2 points

liens logiques, articulation des idées

1 point

Dans notre travail à la commission, l’utilisation de cette grille nous a beaucoup aidés pour améliorer nos sujets, mais elle a aussi amélioré nos pratiques pédagogiques avec nos élèves de 3ème . En précisant le barème, elle a clairement défini les compétences attendues des élèves : logique, capacité à ordonner ses idées, à distinguer les idées principales d’un document des exemples illustrant une idée, à utiliser à bon escient ses connaissances dans une démarche intellectuelle.

Dès lors , nous avons commencé à utiliser cette grille comme un outil formateur pour nos élèves, une grille de critères à réaliser pour l’élaboration d’un bon paragraphe argumenté . A chaque contrôle noté de cet exercice, l’élève rend cette fiche. Les compétences peuvent être évaluées de + + (compétence acquise) à - - (compétence non acquise). L’élève et le professeur suivent les progrès accomplis, diagnostiquent les difficultés et leur remédiation possible.

Critères réalisés

20/09

12/10

               

Plan logique; parties bien séparées

-

++

                 

liens logiques entre les idées et les §

--

-

                 

idées, thèmes bien dégagés

+

++

                 

exemples pris dans les documents

++

+

                 

vocabulaire,exemples des connaissances

-

+

                 

c. Peut-on tenter un paragraphe argumenté dès la classe de 4ème ?

Cela semble difficile, tant cet exercice demande une maîtrise de savoir-faire nombreux. Le B.O. prévoit d’ailleurs que l’élève de 4ème doit pouvoir rédiger par lui-même un paragraphe de quelques phrases, l’élève de 3ème seulement étant censé en articuler plusieurs.

En revanche, il paraît indispensable de développer un par un ces savoir-faire bien avant la 3ème , par des exercices ponctuels appropriés. Par exemple, on peut faire chercher des liens logiques dans un texte , ou même demander aux élèves d’ajouter les bons mots de liaisons entre deux idées ou deux paragraphes d’un texte. On peut aussi leur demander de classer dans un tableau les informations d’un document ou mieux d’un groupe de documents, après avoir dégagé avec eux les thèmes principaux.

Exercice difficile, le paragraphe argumenté impose donc des pratiques pédagogiques très en amont.

    d. Le statut du commentaire de documents en examen ou en classe

La préparation du Brevet nous impose en 3ème d’évaluer au cours de l’année, en particulier lors de " brevets blancs " , les compétences de nos élèves dans cet exercice spécifique. Nous élaborons alors des sujets " type brevet ", répondant aux critères de l’épreuve.
Cependant, le commentaire de documents peut être utilisé en classe non pas après le cours pour évaluer les connaissances de l’élève et sa capacité à les utiliser pour analyser un document, mais avant comme instrument de découverte d’une nouvelle leçon. Dans ce cas, nous sommes amener à poser des questions différentes qui guident davantage l’élève dans sa découverte d’un pays, d’une époque d’un système.

Prenons un extrait du programme du NSDAP en 1919 : si les élèves sont en situation de découverte de l’Allemagne nazie, nous leur demanderons : a) présente le document b) cherche ce qu’est le NSDAP dans ton livre c) quelle est la situation en Allemagne à cette époque ? ( d’après le livre ou éventuellement d’après un tableau de chiffres ou un témoignage donné en 2ème document) d) Quelles sont les causes de la faiblesse de l’Allemagne d’après ce document ? e) Quelles sont les principales propositions du parti nazi ? etc… Ces multiples questions ont un objectif double : entraîner l’élève au prélèvement d’informations, mais aussi de faire émerger et mémoriser les connaissances utiles pour le chapitre de l’Allemagne nazie face à la crise.

En situation d’examen, une seule question aurait pu être, par exemple : " Dégage trois propositions du parti nazi qui montrent que c’est un parti d’extrême-droite. " Ou une question de mise en relation : " En quoi le programme du NSDAP est-il une réponse aux difficultés constatées dans le tableau ? ".

Le Brevet doit donc guider nos pratiques pédagogiques et les exercices que nous construisons pour nos élèves . Mais nous sommes amenés à moduler nos exercices en fonction d’autres objectifs.

    4. Les repères historiques et géographiques

On le disait aux élèves depuis la 6ème, les repères importants qu’on vous fait apprendre pourront vous être demandés en fin de 3ème , au Brevet. C’est seulement depuis l’année dernière que nous claironnons le message avec plus d’insistance, certains que 6 points se jouent vraiment sur cette épreuve.

Derrière l’apparente similitude avec l’ancien Brevet (dates ou carte sur 4 points), deux différences importantes. La première, c’est qu’on veut juger ainsi de la culture générale d’un élève en fin de collège, pas seulement de sa capacité à apprendre les repères de 3ème . La seconde , c’est qu’on s’efforce de donner un sens à ces repères, loin du par cœur et de Marignan 1515. A la commission, nous avons cherché des exercices attrayants et qui aient un sens rattaché au réel : récit de voyage, itinéraire sur une carte mêlant lieux et dates, tableaux à thèmes… Ces exercices sont censés montrer à l’élève que le terme " repères " a un sens, que dates et cartes bien sues l’aideront effectivement à se repérer, se situer, se déplacer dans le monde d’aujourd’hui.

A nous donc dans nos pratiques pédagogiques de faire vivre ces repères par des fresques, des exposés, des expositions, des rappels permanents dans nos cours, des liens avec le monde actuel.

Préparer le Brevet de la 6ème à la 3ème

Ce nouveau Brevet mérite donc bien ce nom de " Brevet des Collèges ". Après une année de travail pour élaborer les premiers sujets de cet examen nouvelle formule , et de travail avec les classes de 3ème, le Brevet nous apparaît bien comme l’aboutissement de 4 années de formation des élèves en histoire, géographie et éducation civique. Bien plus que l’ancien.

On peut trouver que c’est accorder une trop grande importance à un examen qui n’ouvre aucune porte d’orientation. Mais un regard sur les nouvelles épreuves du Baccalauréat élargit l’horizon : le Brevet et le Baccalauréat nouvelle formule sont deux étapes, à un niveau différent, d’un cheminement intellectuel continu de la 6ème à la Terminale. Ils nous montrent assez clairement les apprentissages et les critères d’évaluation à mettre en place sur des années.

Les premiers jours de juillet, j’ai recueilli autour de moi, au téléphone, auprès de collègues ou d’élèves, sur Internet, des réactions nombreuses. Les élèves, dans leur grande majorité, étaient satisfaits des sujets, exception faite du paragraphe argumenté en éducation civique

( manifestation du collectif portugais et notion de citoyenneté ), pour lequel " il n’y avait pas assez à dire ". Satisfaction également, en tout cas pas de mauvaise surprise chez les collègues des collèges environnants. Quelques critiques, souvent intéressantes, sur des points de détail, ne remettent pas en cause l’ensemble du travail de la commission des sujets, ce qui est en soi, pour nous, une raison de satisfaction, et la preuve que le corps enseignant, dans son ensemble, avait interprété comme nous les directives des nouveaux programmes.

C’est sur Internet que j’ai trouvé les réactions les plus virulentes : un collègue se dit " scandalisé par les sujets proposés aux élèves (qui) révèlent l'intention délibérée de mettre les élèves en difficulté et de culpabiliser les professeurs. Peut-être aussi de reposer la question de l'intérêt d'une épreuve d'histoire-géographie au brevet. ". Il y a assez de critiques constructives à faire pour améliorer l’épreuve, les futurs sujets et nos pratiques pour ne pas tomber dans ce genre de propos sans fondements. J’ai dit ici tout le travail accompli par la Commission, sur sa teneur et son état d’esprit, nos interrogations et nos doutes, qui sont d’ailleurs ceux de tous les collègues qui m’entourent et doivent s’adapter au mieux aux nouveaux programmes depuis 4 ans. .

Une autre réaction portait sur le fond, affirmant que "ce brevet 2000 et les nouveaux programmes d'HG et EC sont un déni à la rigueur et à l'intelligence des élèves.(…) Aucun savoir-faire n'est plus demandé : pas de construction, pas d'argumentation malgré le nom pompeux donné aux résumés, pas de réflexion et bien sûr pas de connaissances. " . Cette opinion m’a fait davantage m’interroger, la question méritant ample réflexion. C’est en rédigeant ces quelques pages que j’ai vraiment répondu au collègue : vraiment, il me semble que ces nouveaux programmes et ce nouveau brevet nécessitent davantage de réflexion, de savoir-faire, et moins d’érudition qu’auparavant de la part de nos élèves. Et, par conséquent, une extrême rigueur dans nos pratiques pédagogiques de la 6ème à la 3ème .

Henri Gaucherand
Collège Marcel Bouvier. Les Abrets

gauchran@ac-grenoble.fr