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Enseigner la justice
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:
Anne-Marie TOURILLON,
professeur chargée des relations entre
les tribunaux et l'Education Nationale dans l'Académie de Grenoble
propose des études de cas sur les principes
de la justice, applicables en classe de 4ème
Le dossier comprend :
Il serait intéressant :
Pour me contacter :
Anne-Marie TOURILLON
Collège Fantin Latour
rue Nicolas Chorier
38 000 Grenoble
Rappel :
Je peux intervenir dans vos classes pour animer des séances de débat sur la justice
Les principes de la Justice niveau 4ème
Etude de cas n°1 qu'est-ce que la Justice ?
Pour entrer dans l'étude :
On peut faire appel aux représentations des élèves
Document 1 La justice et la loi
deux supports : Le Code pénal; Le Code civil
Ces codes sont dans tous les manuels d'Education civique de 4ème; si le cabinet d'histoire-géographie les a achetés, il faut les montrer aux élèves : ils seront le document amorce de l'étude de cas. On pourra, par leur intermédiaire, solliciter les représentations des élèves.
deux définitions :
Le Code pénal : il définit les infractions (transgressions de ce qui est interdit par la loi), et les peines qui les sanctionnent.
Le Code civil : il définit les règles de vie en société, c'est-à-dire les relations entre particuliers
Document 2 La justice et la société
a. Guillaume, 16 ans a porté
plainte au commissariat car on lui a volé son walkman dans le bus.
b. Aline, mère au foyer, a demandé
le divorce. Comme elle n'a pas de revenus, elle a obtenu l'aide juridictionnelle
qui va lui permettre de payer son avocat.
c. Romain G... , chef d'entreprise, a été
condamné à un mois de prison par le tribunal correctionnel, pour
conduite en état d'ivresse
d. Un locataire, à la demande du propriétaire
de son appartement, a comparu devant le tribunal d'instance, car il ne payait
plus son loyer depuis six mois.
e. Le juge a prononcé le verdict : deux
mois d'emprisonnement pour le voleur récidiviste, et un mois d'emprisonnement
pour son complice dont c'était la première condamnation.
f. Le procureur a demandé une amende
de 7 000 francs pour Claire P... qui avait tenu des propos racistes contre Mohamed
B...
g. Sur les conseils de son avocat, Bernard
L... a décidé de faire appel du jugement qui lui retire la garde
de ses enfants.
Document 3 Ce que disent les textes fondamentaux
Déclaration des droits
de l'homme et du citoyen 1789
Art 6 : "La loi est l'expression
de la volonté générale ... Elle doit être la même
pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse."
Déclaration Universelle
des droits de l'Homme 1948
Art 8 : "Toute personne a droit
à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes
contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la
Constitution ou par la loi."
Etude de cas (2) Qu'est-ce que la justice ?
Questions possibles
Pour entrer dans le sujet : Pour vous, qu'est-ce que la justice ?
Consigne : chaque élève
écrit dans son cahier quelques phrases ou expressions ou mots qui qualifient
la justice (5 minutes)
Cette première approche peut aussi s'effectuer
à l'oral (les paroles des élèves sont écrites au
tableau; un secrétaire note les propositions pour en garder la trace
).
Document 1
Document 2
- Qui a le droit de recourir
à la justice ?
- Qui sont les professionnels de la justice ?
- Dans quels lieux la justice est-elle rendue ?
Documents 1, 2, 3
Paragraphe ordonné et argumenté
A partir des documents, rédigez un paragraphe d'une dizaine de lignes présentant la justice en France.
Intégrez dans ce paragraphe les notions clé de la séquence.
Fiche professeur (1) Qu'est-ce que la justice ? Etude de cas
Objectif
Cette étude de cas illustre deux principes essentiels de la justice :
- L'application de la loi et l'égalité devant la loi
- Pour tout individu, le droit d'aller en justice ou l'obligation de comparaître en justice ("nous sommes tous des justiciables")
Au cours de l'étude de cas, ces principes sont mis en relation avec les professionnels de la justice, les lieux de justice, les décisions de justice, d'autres principes de la justice
Documents proposés
- Les Codes présentés (on peut en énumérer d'autres : Code de la route; Code du travail; Code administratif; Code de la famille ...) mettent en évidence l'importance de la loi dans la vie en société et par conséquent dans la vie de tous les jours : le droit est partout; il règle la vie de chacun, parce que justement, nous vivons en société.
- Des situations de la vie quotidienne : cas fictifs, mais construits à partir de situations réelles portées devant la justice. Elles permettent aux élèves de s'identifier à ces différents cas, et de s'approprier, au travers de situations concrètes faciles à comprendre, les notions essentielles du fonctionnement de la justice. cela permet d'aller du concept "spontané" au concept "scientifique" et de faciliter l'apprentissage de l'abstraction.
- Des extraits de texte de référence
: ils ne sont pas à analyser en tant que tels, mais ils ont été
choisis car ils confirment les objectifs des documents 1 et 2 ; ils doivent
être mis en relation avec ces documents dont ils valident l'étude.
Ils confirment ces deux principes : l'égalité devant la loi
; "nous sommes tous des justiciables"; ils érigent l'approche
de la justice en moyen de s'approprier des valeurs universelles au travers
de textes juridiques. Ces deux outils (outils des valeurs et outil juridique)
permettent l'apprentissage de la citoyenneté, car ils donnent à
l'élève les moyens de réfléchir sur ses droits et
obligations à la fois en tant qu'individu et en tant que membre du groupe
social .
Les textes de référence sont des textes
qui énoncent et garantissent les droits de l'homme (droits et
obligations). Ils sont le fondement de la démocratie.
Notions
Codes de lois
Justiciables
Magistrats (juge, procureur)
Avocat (auxiliaire de justice)
Police judiciaire
Commissariat
Tribunal (tribunal correctionnel; tribunal
d'instance)
infraction
litige
Condamnation
Peine
Appel
Fiche professeur (2) Qu'est-ce que la justice ?
Pistes pour les réponses aux questions
Ce qui est en italique constitue des connaissances pouvant éventuellement être citées par le professeur, en fonction des questions des élèves (elles n'ont pas de caractère obligatoire)
Document 1
1 et 2. Il s'agit du Code Pénal
et du Code Civil
Le Code Pénal sanctionne les infractions
à la loi (contraventions qui relèvent du tribunal de police;
délits qui relèvent du tribunal correctionnel; crimes qui relèvent
de la Cour d'assises).
Le Code civil définit les relations
entre particuliers et règle tous les aspects de la vie en société
(état civil; famille; litiges d'ordre privé entre particuliers:
limites de propriété; bail de location ...)
La justice se prononce sur des situations
de conflits, conformément à la loi. Les juges appliquent la loi,
plus précisément ils interprètent la loi (les
sanctions du Code pénal sont des sanctions "plafond"
: le juge ne peut punir plus sévèrement que ce qu'indique la loi).
Ces Codes permettent à la justice d'être
appliquée de manière similaire sur l'ensemble du territoire français.
Document 2
L'exercice proposé est un exercice de sensibilisation
Cf tableau ci-après
- On recourt à la justice
car on est victime d'une infraction (a. Guillaume; f. Mohammed B...)
- On comparaît en justice car on est soupçonné
d'être l'auteur d'une infraction (e. les deux voleurs;
Cette question illustre le principe : La justice sanctionne; la justice protège
Il peut faire appel du jugement; si la décision prise en appel ne le satisfait pas, il peut former un pourvoi en cassation; si le jugement lui est toujours défavorable, il peut (si ses droits fondamentaux ont été bafoués) adresser une requête à la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg.
Il s'agit là encore d'une question ouverte, pouvant susciter un court débat. La justice est une institution qui veille au respect des règles de vie en société. On pourra évoquer le fondement de la justice en France : elle est un monopole de l'Etat, qui d'abord protège, mais aussi sanctionne. On pourra également poser la question : La justice répond-elle aux attentes des citoyens ? Cela permet de mettre en évidence quelques limites de la justice qui ne doivent en aucun cas être évacuées (lenteur, langage hermétique, erreurs judiciaires ...)
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identité des justiciables |
nature du conflit |
professionnels de la justice |
lieux en relation avec la justice |
décisions prises Code
|
principe |
un mineur |
vol d'un walkman infraction (justice pénale) |
police judiciaire |
commissariat |
dépôt de plainte par la victime
Code pénal |
le droit de porter plainte et d'être entendu : la justice protège
|
une femme, sans revenu |
divorce conflit entre particuliers (justice civile) |
avocat juge aux affaires familiales |
Tribunal de grande Instance
|
Code civil |
le droit à l'aide juridictionnelle (notion de 5ème) principe d'équité |
chef d'entreprise "un notable" nu certain niveau de revenu |
conduite en état d'ivresse infraction (justice pénale) |
le procureur (il a requis la peine au procès)
les trois juges de l'audience (ils ont prononcé la peine) |
Tribunal correctionnel
(chambre pénale du tribunal de grande Instance) |
peine : un mois d' emprisonnement
Code pénal |
la justice sanctionne |
|
d. un locataire et un propriétaire |
loyer impayé depuis six mois (litige entre particuliers : justice civile) |
le juge d'instance |
le tribunal d'Instance |
Code civil |
le droit d'être entendu en justice la justice protège et la justice sanctionne
|
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e. deux voleurs |
infraction : délit (justice pénale) |
juge (il prononce la peine) |
tribunal correctionnel |
- deux mois d'emprisonnement (pour le récidiviste) - un mois d'emprisonnement Code pénal
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principe de la proportionnalité des peines |
Mohammed G (peut-être un étranger)
|
propos racistes (infraction :délit; justice pénale) |
procureur il a requis une peine d'amende |
tribunal correctionnel |
Code pénal |
la justice protège;la justice sanctionne |
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g. Bernard L... |
garde d'enfants (litige entre particuliers, avec l'ex-épouse justice civile)
|
juge aux affaires familiales |
Tribunal de grande instance |
retrait de la garde des enfants
Code de procédure civile
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droit au recours : droit de faire appel du jugement |
Fiche professeur (4) Qu'est-ce que la justice ?
Documents 1, 2, 3
Ce texte a valeur de loi
car il fait partie de la Constitution de la Vème République.
Ce texte n'a pas valeur de loi (il est une
simple déclaration), mais la France l'a voté et a le devoir "moral"
de l'appliquer. On pourra évoquer la Convention Européenne des
droits de l'homme de Strasbourg, texte
à valeur de loi, ratifié par la France, et qui affirme le
droit pour tous d'aller et d'être
entendu en justice.
2 et .3.
Principes :
- La loi est la même pour tous : que l'on soit un homme, une femme, un mineur, un majeur, un français, un étranger, les Codes de lois sur lesquels s'appuient les professionnels du droit sont les mêmes.
- Le droit de recourir aux juridictions nationales quand les droits fondamentaux n'ont pas été respectés : c'est le cas de Guillaume, du propriétaire, de Mohammed, éventuellement de Bernard M...
Le paragraphe argumenté
Il ne peut être exhaustif. Cependant, il est nécessaire que les élèves énoncent quelques principes de la justice en les illustrant par des exemples pris dans les documents de l'étude de cas. Justifier ses affirmations est indispensable de même que l'emploi de la terminologie se rapportant au concept de justice (cf ci-dessus : notions)
Cette étude de cas peut être abordée de deux manières :
- lors d'une séance : les activités vont donc alterner entre autonomie, mises en commun orales, mise en évidence des mots-clé, mini-débats, apport de quelques connaissances par le professeur, trace écrite récapitulative.
- en évaluation sommative : l'étude de cas proposée permet de vérifier les acquis des élèves. Les questions posées sur les documents peuvent être plus synthétiques (par exemple, seul le tableau peut être exigé pour le document 2), et les questions ouvertes peuvent être abandonnées (elles sont intéressantes à aborder en classe, car elles confrontent les points de vue)
Les principes de la justice niveau 4ème
Etude de cas n°2 Le droit à un procès juste et équitable
Pour entrer dans l'étude
On peut faire appel aux représentations des élèves sur le déroulement d'un procès
Document 1 Au tribunal correctionnel
Proposer aux élèves une image de la salle d'audience d'un tribunal correctionnel : tous les manuels d'Education civique de 4ème en proposent.
Cette image doit permettre aux élèves d'identifier les acteurs du procès. Il faut donc que l'image proposée comporte les noms suivants :
- juges : président
et assesseurs
- procureur
- greffier
- prévenu (s)
- victime (s)
- avocat de la défense
- avocat de la partie civile
- public
Document 2 Une audience au tribunal correctionnel (extraits)
"Le procès des frères Jean et Pierre B... jugés par le tribunal correctionnel de Strasbourg s'est achevé après deux jours d'audience. Anciens dirigeants d'une boucherie en gros strasbourgeoise, ils étaient jugés pour "tromperies sur les qualités et l'origine de la marchandise, la rendant dangereuse pour la santé humaine.", sur dénonciation d'un ancien employé de l'entreprise. Deux employés étaient poursuivis pour "tromperie et complicité de tromperie."
La boucherie usait de pratiques interdites : elle falsifiait des étiquettes concernant l'origine de la viande; les salariés pratiquaient, à l'aide d'un jet d'eau tiède, la décongélation accélérée de viande revendue ensuite sans la mention décongélation. Cette fraude était minime, selon les avocats de la défense. Elle représentait une part importante de la viande commercialisée selon l'expertise financière. "La pression de la grande distribution et la demande pressante des clients" expliquaient cette infraction, selon les frères B...
Le procureur avait requis pour chacun des frères B... quatre ans de prison, dont deux ferme et 3 000 euros (environ 200 000 francs) d'amende. Les frères B... ont été condamnés à deux ans de prison , dont une année avec sursis et 3 800 euros (environ 250 000 francs) d'amende. Les deux employés ont été condamnés à un an d'emprisonnement avec sursis , et 5 400 euros (environ 35 000 francs)."
D'après Le Monde des 15 Mars et 13 Mai 2001
Document 3 Ce que disent les textes fondamentaux
Déclaration des Droits
de l'homme et du citoyen 1789
Art 8 : "La loi ne doit établir
que des peines strictement et évidemment nécessaires [...]"
Art 9 : "Tout homme [est] présumé
innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré
coupable [...]"
Déclaration universelle
des Droits de l'homme 1948
Art 8 : "Toute personne a droit
à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes
contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la
Constitution ou par la loi."
Art 11 : 1. "Toute personne accusée
d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à
ce que sa culpabilité ait été légalement établie
au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires
à sa défense lui auront été assurées.
Etude de cas Le droit à un procès juste et équitable
Questions
Pour entrer dans le sujet : Pour vous, quelles conditions doivent être réunies pour qu'un procès soit juste ?
Consigne : Chaque élève écrit une ou deux phrases qui qualifient le déroulement juste d'un procès. (5 minutes)
Document 1
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justiciables |
magistrats |
auxiliaires de justice |
|
|
Document 2
Etude de cas Le droit à un procès juste et équitable
Autre questionnement possible sur le document 2 :
Documents 1, 2, 3
Paragraphe ordonné et argumenté
A partir des documents, rédigez un paragraphe d'une dizaine de lignes montrant qu'un procès se déroule de manière juste et équitable. Intégrez dans ce paragraphe les notions-clé de la séquence.
Fiche professeur (1) Le droit à un procès juste et équitable
Objectif
Cette étude de cas illustre un principe fondamental du fonctionnement de la justice : pour tous, le droit à un procès juste et équitable.
Ce principe englobe des principes particuliers qui sont respectés au cours du déroulement du procès :
- la présomption
d'innocence
- la proportionnalité des peines
- le débat contradictoire
- le droit à un avocat
- les droits de la défense
- les droits des victimes
- la publicité du procès
- l'impartialité des juges
Ces principes constituent les notions
de l'étude de cas.
Il est nécessaire de faire saisir la
nuance entre les termes juste et équitable
:
- juste et justice sont des termes d'ordre général
- équitable et équité sont des termes relevant du particulier
Si on prend l'exemple de la loi, on peut dire qu'elle est juste car elle respecte le principe d'égalité (DDHC 1789 art 6 : "La loi doit être la même pour tous [...]" ), mais elle est équitable car elle s'applique à des individus dans ces situations particulières (DDHC 1789 art 6 : "[...] soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse [...]" . Le juge doit appliquer une loi générale à des cas particuliers, ce qui explique les différences de jugements (le Code pénal établit des peines maximales au-delà desquelles le juge ne peut aller; mais au-dessous de ce plafond, il a la liberté d'appréciation). De même, au cours du procès, des principes généraux sont respectés (étapes obligées de la procédure), mais chacun a le droit d'être entendu, et il s'agit bien là de situations particulières, individuelles qu'il faut différencier . L'équité, c'est le respect des différences justes.
Les documents 1 et 2 illustrent ces deux principes indissociables : l'image du procès est une image "interchangeable" , générale, car tous les procès en correctionnelle réunissent les mêmes acteurs; l'extrait de presse est un cas particulier, un exemple dont chaque élément doit être pris en compte dans sa spécificité par l'institution justice.
Pistes pour les réponses aux questions
Ce qui est en italique constitue des connaissances pouvant éventuellement être citées par le professeur, en fonction des questions des élèves (elles n'ont pas de caractère obligatoire)
Les représentations des élèves
Il doit y avoir une mise en commun
de ces représentations :
- soit oralement, après que les élèves
aient écrit leurs propres phrases
- soit en distribuant à la classe la synthèse
de ces phrases relevées, puis regroupées par écrit par
le professeur.
Dans les deux cas, l'exercice permet d'échanger des points de vue et de les critiquer de manière raisonnée, ce qui crée une situation de débat. Il faut veiller à ce que cet échange soit limité dans le temps, car l'essentiel du travail est dans l'analyse de l'étude de cas qui va permettre de confirmer ou d'infirmer (il faudra éliminer tout ce qui est du domaine des préjugés) les représentations des élèves.
Document 1
Le tribunal correctionnel est une chambre pénale du Tribunal de Grande Instance
Fiche professeur (2) Le droit à un procès juste et équitable
2.
|
justiciables |
magistrats |
auxiliaires de justice |
|
- la (les) victime(s) Lorsqu'elle se porte partie civile, cela signifie qu'elle demande des dommages et intérêts pour le préjudice subi
- le (s) prévenu (s) les suspects |
- les juges : le président du tribunal et ses deux assesseurs
- le procureur |
- le greffier
- les avocats : * l'avocat de la défense (qui défend le prévenu)
* l'avocat de la partie civile (qui défend la victime )
|
- Le droit à un
avocat pour chacune des parties en conflit. On peut mentionner l'aide
juridictionnelle à laquelle a droit tout justiciable dont les revenus
sont insuffisants pour assumer les frais du procès.
- La collégialité des juges :
il y a toujours 3 juges au T. correctionnel ( depuis le nouveau Code pénal
de 1994, un seul juge pour les délits les moins graves) car il faut que
le jugement rendu soit impartial.
Travail d'approfondissement ( relatif au document 2)
On peut assortir l'analyse du dessin d'une approche du rôle respectif des acteurs d'un procès :
Au procès, qui fait quoi ?
Complétez le tableau ci - dessous en nommant dans la case qui convient (colonne de droite) les personnes présentes sur l'image du document 1 et dont le rôle correspond à l'une des situations citées (colonne de gauche) .
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situations |
personnes concernées |
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Il requiert une peine
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Il rappelle les faits et interroge les parties
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|
Il demande la réparation du préjudice subi
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|
Il défend son client et avance des circonstances atténuantes.
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|
|
Ils délibèrent et prononcent la peine
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Il note le déroulement du procès
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|
|
Il défend son client en évoquant le traumatisme qu'il a subi.
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|
situations |
personnes concernées |
|
Il requiert une peine
|
procureur |
|
Il rappelle les faits et interroge les parties
|
président du tribunal (juge) |
|
Il demande la réparation du préjudice subi
|
victime |
|
Il défend son client et avance des circonstances atténuantes.
|
avocat de la défense |
|
Ils délibèrent et prononcent la peine
|
le président et les assesseurs (juges) |
|
Il note le déroulement du procès
|
le greffier |
|
Il défend son client en évoquant le traumatisme qu'il a subi.
|
l'avocat de la partie civile |
Document 2
Pour revenir sur l'ensemble des étapes du procès, voir Réponse 3 : document 1
- Les deux employés sont condamnés à un an d'emprisonnement avec sursis et 5 400 euros d'amende.
le jugement est équitable, car dans cette affaire, la responsabilité de l'infraction commise incombe essentiellement aux frères B... Les employés ont, dans l'affaire, été de simples exécutants ( on pourra débattre de leur attitude : ignorance des conséquences des actes commis ? peur de perdre leur emploi ? ...). Les juges ont donc appliqué le principe de la proportionnalité des peines.
Autre questionnement sur le document 2
- Deux employés de l'entreprise sont poursuivis pour "tromperie et complicité de tromperie" les actes commis relèvent de l'escroquerie.
Fiche professeur (3) Le droit à un procès juste et équitable
Fiche professeur (4) Le droit à un procès juste et équitable
Documents 1, 2, 3
Intégré dans la Constitution de la Vème République, ce texte a valeur de loi
- La Déclaration universelle des Droits de l'homme 1948
Ce texte n'a pas valeur de loi, mais la France l'ayant signé et ratifié, elle a pour devoir de l'appliquer
- document 1 : voir réponse 3, document 1 (les élèves rédigent des phrases associant principes et exemples (arguments) prélevés dans le document)
Le procès est public : art 11 de la DUDH 1948
Le droit d'aller en justice : art 8 de la DUDH 1948 (toute personne dont les droits fondamentaux ont été violés, par conséquent victime d'une infraction, a le droit d'aller en justice. Elle a donc le droit de porter plainte
- document 2 :
* droits de la défense : les frères B... sont défendus par des avocats; ils justifient leurs actes
* présomption d'innocence : les frères B... et leurs employés ne sont reconnus coupables qu'une fois le jugement prononcé (art 9 : DDHC 1789)
* proportionnalité des peines : art 8 DDHC 1789
Paragraphe ordonné et argumenté
Il ne peut être exhaustif. Ce qui compte, c'est la qualité de l'argumentation (association d'idées générales justifiées par des exemples pris dans les documents)
Les principes de la justice niveau 4ème
Etude de cas n°3 Les voies de recours
Document 1 Demander réparation
"De 1989 à 1994, Jean CH ..., qui exploitait plusieurs cliniques à Marseille, s'est retrouvé au centre de la "guerre des cliniques". Un juge d'instruction avait ordonné sa mise en détention provisoire, convaincu qu'il avait commandité l'assassinat du propriétaire d'une clinique dont il convoitait le rachat. Après deux ans passés en prison, il a été acquitté par la Cour d'assises. Il a reçu 9 150 euros (600 000 francs) de la Commission d'indemnisation de la Cour de cassation qu'il avait saisie. "
D'après L'Express 20 Janvier 1997
Document 2 Contester un jugement
" Alain T... , un hémophile contaminé par le virus du sida lors d'une perfusion sanguine en 1986, a porté plainte en 1992 pour "empoisonnement" contre le centre de la Croix Rouge où il était traité, et contre le centre de transfusion sanguine de Chambéry. Le tribunal a rejeté sa plainte. Puis, dans un arrêt rendu le 5 janvier 2000, la Chambre civile de la Cour d'appel de Chambéry a reconnu la responsabilité de la Croix Rouge et du Centre de transfusion sanguine de Chambéry, et les a condamnés à verser 457 347 euros (environ trois millions de francs) de dommages et intérêts à Alain. T.. "
D'après Le Monde 7 Mars 2000
b. Les recours ne sont pas toujours couronnés de succès
"Christian P..., un promoteur immobilier qui avait fait construire une villa à Cannes dans une zone protégée et au mépris des règles du Code de l'urbanisme , avait été condamné par le tribunal correctionnel de Grasse (06) à un an de prison avec sursis et 15 millions de francs d'amende . Contestant le jugement, il avait fait appel, mais la Cour d'appel d'Aix-en-Provence avait rappelé que l'infraction commise était "d'une gravité extrême, dans le mépris complet et affiché des lois" et avait alourdi la peine prononcée lors du premier jugement (un an de prison ferme). Le promoteur avait alors formé un pourvoi en cassation. Celui-ci vient d'être rejeté par la Cour de cassation qui rend ainsi définitif le jugement de la Cour d'appel.
D'après Le Monde 13 Avril 2001
Document 3 Ce que disent les textes fondamentaux
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen 1789
Art 9 : "Tout homme [est] présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable ..."
Déclaration Universelle des droits de l'homme 1948
Pacte international relatif aux droits civils et politiques 1966
Art 14-5 : "Toute personne déclarée coupable d'une infraction a le droit de faire examiner par une juridiction supérieure la déclaration de culpabilité et la condamnation, conformément à la loi."
Convention Européenne des droits de l'homme 1950
Protocole n°7
Art 2-1 : " Toute personne déclarée coupable d'une infraction pénale par un tribunal a le droit de faire examiner par une juridiction supérieure la déclaration de culpabilité ou la condamnation. L'exercice de ce droit, y compris les motifs pour lesquels il peut être exercé, sont régis par la loi."
Etude de cas (2) les voies de recours
Questions
Document 1
Document 2
Documents 1, 2, 3
Jean Ch ...
Alain T...
Christian P...
Rédaction d'un paragraphe ordonné et argumenté
A l'aide des documents, présentez dans un paragraphe d'une dizaine de lignes, les différentes voies de recours en montrant ce que les justiciables en attendent.
Fiche professeur (1) Les voies de recours Etude de cas
Objectif
Cette étude de cas est le prétexte pour aborder les différents degrés de juridiction nationaux : le second degré de juridiction, symbolisé notamment par la cour d'appel, et la cour de cassation, juridiction suprême et unique. Elle montre que le droit à la sûreté garantit contre l'arbitraire, puisque toute personne qui est l'objet d'une décision de justice qu'il conteste , ou qui est victime d'un acte arbitraire portant atteinte à sa propre sûreté, a le droit à un recours devant les juridictions nationales et internationales. Ce dernier aspect n'est pas traité dans l'étude de cas, mais on peut expliquer aux élèves que toute personne peut effectuer un recours auprès de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg, une fois tous les recours nationaux épuisés.
Documents proposés
- Trois extraits de presse relatant des recours effectués par des justiciables français peuvent être confrontés. Ils présentent des situations différentes : le recours de victimes, le recours d'une personne condamnée pour infraction et qui conteste la culpabilité prononcée par le tribunal. Ils montrent que dans certains cas les recours peuvent aboutir, et que dans d'autres, le justiciable voit son jugement confirmé, voire aggravé.
- Les textes fondamentaux sont mis en relation avec les affaires judiciaires pour justifier les décisions prises. Il faut remarquer que le droit aux recours est uniquement affirmé par des textes internationaux que la France a ratifiés, et qu'elle doit appliquer (les conventions et les pactes ont valeur de loi).
Notions
voies de recours
cour d'appel
cour de cassation
faire appel
le pourvoir
en cassation
arrêt
Pistes pour les réponses aux questions
Ce qui est en italique constitue des connaissances pouvant éventuellement être citées par le professeur, en fonction des questions des élèves (elles n'ont pas de caractère obligatoire)
Document 1
On pourra faire remarquer que Jean CH... a été mis en détention de façon arbitraire, mais en même temps, on peut penser que face à cette "guerre des cliniques", cette détention pouvait aussi être une protection.
On peut aussi évoquer l'idée d'une erreur judiciaire.
3. Jean CH ... a saisi la commission d'indemnisation de la Cour de cassation et a obtenu réparation : (9 150 euros)
Un débat peut être organisé sur le résultat financier du recours : l'indemnisation est-elle suffisante ? la réparation financière répare-t-elle vraiment le préjudice subi ? ...
Document 2
Christian P...., un promoteur immobilier, conteste la décision du tribunal correctionnel de Grasse, le condamnant pour avoir fait construire une villa dans une zone protégée, au mépris des règles du Code de l'urbanisme.
2. Alain T... a fait appel de cette décision auprès de Cour d'appel (Chambre civile) de Chambéry.
Alain T... a porté son litige devant la justice civile (le Tribunal de Grande Instance); c'est pourquoi c'est la chambre civile de la Cour d'appel qui juge son litige.
Christian P... a fait appel auprès de la Cour d'appel (chambre pénale) d'Aix en Provence
Christian P... n'a pas obtenu satisfaction, puisque sa condamnation a été confirmée et alourdie en appel (un an de prison ferme au lieu d'un an de sursis). Il a donc formé un pourvoi auprès de la Cour de cassation qui l' a rejeté (car il n'y avait pas de vice de forme dans le déroulement du procès). La condamnation de la Cour d'appel est donc devenue définitive.
On peut proposer aux élèves d'inscrire leur analyse des documents 1 et 2 dans un tableau :
|
justiciable objet du litige |
1er degré de juridiction décision |
2ème degré de juridiction 1ère voie de recours décision |
2ème degré de juridiction 2ème voie de recours décision |
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Documents 1, 2, 3
Les articles de la Déclaration universelle des Droits de l'homme et de la Convention européenne des droits de l'homme s'appliquent à Christian P... puisqu'il a été déclaré coupable d'une infraction.
En revanche, aucun de ces textes ne s'applique à Alain T..., car il est une victime. Mais le droit aux recours s'applique autant aux victimes qu'aux coupables (ce droit est inclus dans le code de procédure pénale et le code de procédure civile)
Paragraphe argumenté et ordonné
Il doit présenter les différentes voies de recours en les illustrant par les exemples présentés dans les extraits de presse. Il est aussi nécessaire de mettre en valeur le droit au recours, conformément à la loi, en associant les exemples de l'étude de cas et les textes fondamentaux cités. Enfin, on peut exiger des élèves d'exprimer des points de vue sur le résultats des recours entrepris.