Le 17 octobre 1961.
Université d'été sur la Guerre d'Algérie et le Maghreb Contemporain
Compte-rendu de Mme Loschi
Téléchargement
:
Claude Liauzu
Peut on l
enseigner ? Peut on ne pas l enseigner ? Que
sait on ? Dans quelles conditions la vérité a
t elle progressé ?
Jean-luc Einaudi , " La bataille de Paris " 1991 , réédition 2001
Présentation du contexte
En octobre 1961 ont lieu
sur le territoire métropolitain les événements les plus
sanglants de la dernière phase de la guerre d Algérie.
Dans l été
1961 , les négociations entre le gouvernement français et le gouvernement
provisoire d Algérie sont rompues sur la question de l avenir
du Sahara. Le gouvernement
français est divisé. De Gaulle souhaite le maintien du Sahara
pour le pétrole et les expériences nucléaires.En
avril 1961 le coup d état des généraux échoue
mais c est la naissance de l OAS qui a de nombreux appuis dans les
plus hautes sphères de l Etat.On
se demande à l époque si les négociations vont reprendre.Fin
août 1961 Edmond Michellet, garde des sceaux ,favorable aux négociations
est remplacé.Papon
est préfet de police depuis 1958 , il arrive de Constantine ou il était
préfet et ou il avait des pouvoirs spéciaux. Il importe donc des
méthodes qui ont cour en Algérie .
La France compte 300 000 algériens dont 150 000 à Paris, beaucoup vivent dans les bidonvilles de Nanterre. Les conditions de vie sont insupportables , les descentes sont nombreuses.Fin août 58 ,des attentats du FLN ont lieu contre les policiers pour contraindre le gouvernement français à maintenir en métropole des forces.Une soixantaine de policiers sont tués dans l ensemble de la métropole. L action armée contre les policiers reprend fin août 61 , 11 policiers sont tués.On assiste à un désir de vengeance de la part d une communauté .De nombreux cadavres de nord- africains sont retrouvés dans divers lieux.Début octobre le préfet de police demande l accord du premier ministre et du président de la république pour instaurer une sorte un couvre feu pour l ensemble des français musulmans d Algérie. Ils ne peuvent plus circuler à partir de 20 h .Le FLN demande aux français musulmans dAlgérie de manifester pacifiquement sans armes le 17 octobre 1961 contre ce couvre feu. La préfecture de Paris est informée tardivement. Des forces de police sont rassemblées dans la précipitation . Deux compagnies de CRS arrivent du Nord et de Rouen dans l après midiLes manifestants sont arrêtés, le cortège est attaqué. Les véhicules de police ne sont pas suffisants , des bus de la RATP sont réquisitionnés Les algériens sont transportés dans des lieux d internement , au palais des sports porte de Versailles et au stade pierre de Coubertin , dans les commissariats et dans la préfecture de police dans ses cours
Officiellement ,on explique que les policiers sont obligés de tirer car les manifestants ont tiré des coups de feu en premier.A la préfecture de Paris dans la cour d isolement a lieu un massacre de 50 manifestants.Le gouvernement reconnaît 2 puis 3 victimes.Le registre médicaux légal ne mentionne aucun nom le 17 octobre .Les membres de ce service devant l arrivée d un trop grand nombre de corps ont reçu l ordre de les jeter dans la Seine. Mr Einaudi dans un premier travail évaluait à un minimum de 200 morts. Actuellement en ayant eu accès à de nouvelles sources , il évalue à 400 morts.