Les nouveaux découpages de l’espace français sont-ils innovants ?

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Table ronde organisée par Emmanuel Vigneron avec
Sandrine Haas : Commissariat Général au Plan
Michèle Cascalès : Délégation aux implantations industrielles
Ariane Azema : Conseillère de la DATAR
Nicolas Portier : Conseiller de la DATAR
Claude Jacquot : député des Vosges
Animé par Didier Adès et Dominique Dambert : journalistes à France Inter.
Samedi 6 octobre amphithéâtre du CIRTES/InSIC

 

CR de Pascal Boyries.

L'impression générale qui sort de cette table ronde est assez confuse. Les débats ont plus portés sur l'utilité des nouveaux découpages que sur leur caractère innovant. Globalement, la table ronde a surtout tourné autour de la multiplication des découpages territoriaux et du sens de cette multiplication, un membre du public les a même assimilé à un retour en arrière, les comparant aux découpages multiples qui existaient sous l'Ancien Régime.

Sur les "Pays" et les "Communautés de communes", Nicolas Portier a fait remarquer que leur existence ne faisaient plus débat dans les communes rurales où ils sont le seul moyen de développer certains services. L'originalité des ces territoires est qu'ils sont choisis par les élus et s'appuient sur un projet, lequel est soutenu par les entreprises et en particulier les entreprises nationales (M. Cascadès). Ces découpages n'ont de sens que s'ils servent de terreau à une vie sociale et économique (C. Jacquot). Le problème est que ces territoires s'appuient sur des liens entre les communes qui peuvent être mouvants : ainsi, les limites de ces territoires, et en particulier des "Pays" doivent pouvoir être modifiable. C'est pourquoi ces pays ne correspondent pas à des zones de fiscalité, mais sont financés par les Régions (C. Jacquot).

Toutefois, il est trop tôt pour dire si les pays seront un succès ou non. Mais il y a fort à parier que ce succès sera très variable d'un pays à l'autre en fonction des hommes qui les font vivre et de la façon dont les petites communes arriveront à s'affirmer face à la commune moyenne qui sert de noyau fédérateur dans la plupart des cas. Les "Pays" sont de toute façon, un projet très ambitieux basé sur le pari de la démocratie participative et ça, c'est très innovant ; mais est-ce que ça va marcher dans un état qui a une tradition de démocratie représentative. On remarque aussi, que plus on parle de mondialisation, plus on parle en parallèle de proximité, comme si l'homme avait besoin de s'enraciner pour pouvoir penser à une échelle mondiale.

Se pose ensuite le problème du lien qui existe entre ces nouveaux découpages et les Schémas de Service Collectif (A. Azema). Il existe 8 SSC classiques (autoroutiers, Universités, TGV,…) auxquels s'ajoutent de nouveaux (santé, sport, énergie, espaces naturels et ruraux). Ces projets sont construits en collaboration avec les Régions sur deux ans, et n'ont qu'un caractère indicatif. Ils ont une durée de vie de 20 ans. Leur prise en compte par le local est très variable. Leur objectif est essentiellement de faire passer des informations pour nourrir les réflexions d'aménagement, et non de fournir un cadre étriqué et figé. Il faut (et c'est ce qui est tenté) que l'organisation des services puisse être liée à la forme de polarisation de l'espace qui existe dans une région donnée et non qu'elles soit définie de façon jacobine. Il faut aussi que cette organisation puisse évoluer en fonction de la modification des habitudes sociales (un exemple est donné dans la santé).

Une question est posée sur les régions transfrontalières, mais les intervenants ont botté en touche…

Enfin, selon N. Portier, c'est une fausse idée de penser que dans les autres pays c’est plus simple et mieux même si la spécificité française est l’ancrage au niveau de la commune.