Les innovations dans les manuels scolaires du secondaire.

Table ronde animée
par Madeleine Brocard : Université du Havre avec :
François Durand-Dastes : Université de paris VII
Pascal Clerc :
Institut Universitaire de Formation des Maîtres d’Aix-Marseille
Gérard Dorel :
Président du Directoire Scientifique du festival
Danièle Soubeyrand :
Présidente de l’Association Française de Géographie
Vendredi 5 octobre IUT salle de cours
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CR de Patrick Lucas.
D’entrée M Brocard pose la question centrale sur la marge d’innovation possible dans les manuels puis elle définit l’innovation comme un changement dans une pensée, une pratique afin de mieux former les élèves, les étudiants.
F Durand-Dastes explique que la production des manuels se retrouve dans un système de contraintes.

De tout cela il est possible de dégager des acteurs :
Donc l’innovation se glisse modestement, sans à coup, avec prudence, l’auteur est pris dans un ensemble d’interactions complexes.
G Dorel :
Le manuel a changé de statut depuis ¼ siècle. Pendant très longtemps il a été un ouvrage de référence aujourd’hui il est devenu un outil pédagogique sous la pression des autorités institutionnelles.
P Clerc : l’innovation est la question centrale pour l’éditeur : que faut-il faire pour vendre alors que les auteurs peuvent de moins en moins peser sur leur élaboration.
Innovation ou apparence d’innovation ? Dans les années 90 beaucoup de manuels avaient des modèles graphiques (notamment sur la ville) avec très peu de décalage avec la production savante. Mais si nous les observons de près nous nous apercevons que ce sont des formes, page de droite, sans explication (or le modèle de Di Méo doit être accompagné d’une vingtaine de pages d’explication), que peut faire l’enseignant sans les explications ? De plus, très peu d’activités sont proposées avec les modèles.
Innovation ou branchement sur le monde ? Des stéréotypes dominants circulent mais ils sont assez loin de l’innovation par exemple dans la Documentation Photographique sur l’Inde (n°7018) des éléments explicatifs sont mis en évidence comme les tension inter/intra étatiques, le rôle de l’Etat mais cela ne se retrouvent pas dans les manuels.
Finalement il est possible de formuler deux hypothèses pour expliquer les logiques de reproduction plutôt que d’innovation dans les manuels :
En fait, seul le modèle de la Document photographique avec un texte à destination des enseignants et des activités pour les élèves permet des pratiques innovantes.
Finalement G Dorel se demande à quoi sert le manuel lorsque l’institution précise que l’enseignant a la liberté pédagogique et didactique et pense que les manuels actuels sont les derniers sous cette forme dans la mesure où le professeur peut aller chercher l’information en fonction de ce qu’il souhaite montrer. On peut espérer trouver des manuels qui ne soient plus des recueils de documents mais des instruments présentant des notions, des conseils…
D Soubeyrand : les manuels ont longtemps été considérés comme le programme, des programmations mais cela tend à diminuer aujourd’hui. Ils façonnent les pratiques, les apprentissages, la géographie scolaire. Le fait qu’ils doivent être vendu implique qu’ils doivent plaire au plus grand nombre, on ne trouve pas sur le marché de manuel conçu selon des choix épistémologiques clairs alors quelles innovations sont possibles ?