Innovation et exploration : le cas des grandes découvertes du XVème siècle.

Par Christian Huetz de Lemps, Université de Paris VI

Vendredi 5 octobre 01
Musée Pierre Noël, St Dié.

CR de Pascal Boyries.

J'ai intégré quelques liens vers le site de la BNF qui contient des documents présentés par l'auteur.

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Cette conférence d'une heure et demi était centrée sur les innovations qui ont conduit aux découvertes et les innovations induites par les découvertes.

Une idée de base : On ne cherche que ce que l’on trouve, à savoir que des découvertes ont incité à chercher d'autres terres ou a en trouver par hasard. Bine souvent la découverte est annoncée par des innovations conceptuelles (conception du monde par exemple) et des innovations techniques.

La découverte est génératrice d’innovation par les modifications qu’elle implique. Mais cette génération d'innovation ne se produit que s’il y a diffusion de cette découverte, sans quoi, la découverte peut très bien avoir peu de conséquences. Exemple découverte de l’Amérique par les Vikings et peut-être les basques.

Pour qu’il y ait diffusion, il faut qu’il y ait insertion dans le corpus géographique collectif => se fait par les géographes. Or jusqu’aux temps modernes y a dichotomie entre le géographe et le découvreur.

L'histoire de la découverte du monde est une alternance de phases de relative stagnation et de période de grandes avancées.

En fait, les périodes de stagnation préparent les autres périodes : il y a eu des grands voyageurs au XIII et XIVème siècle (Marco Polo). Mais y a eu accélération à la fin du XVème.

Découverte de l’embouchure du Congo (1782) => marque le début de la phase d’accélération qui va durer une vingtaine d’année durant lesquelles la vision du monde par l’occident va complètement changer. Mais si l’on prolonge => 1515 Portugais à Albuquerque. 1519 assaut du Mexique par Cortes. 1519-22 Magellan et Del Cano = Premier tour du monde.

Grande question suivante = existence d’un grand continent austral. Mais la phase des grandes explorations est finie. => voyageurs qui se tentent vers le sud au XVI et XVIIème siècle. Mais en fait la découverte date d’une nouvelle phase d’accélération entre 1767 et 1785 => résolution de tous les grands problèmes géographiques du Pacifique.

Pour quoi les Portugais, les Espagnols et non les autres ?

Quelles innovations cette ouverture du monde ont-elles introduites ?

L'auteur a alors présenté une série de diapositives montrant l'évolution de la carte depuis les cartes dites "T" dans l'"O" de la période médiévale dans lesquelles Jerusalem est au centre. Ces cartes n'ont pas de volonté de précision de localisation. Elles contiennent parfois des variations d'échelles.

Les Arabes réalisent des cartes de ce type aussi. Mais le centre n'en est plus Jérusalem mais La Mecque, et le Nord est en haut.

(XIIIème siècle)

Au XIIème siècle, la carte faite pour le roi Roger de Sicile, qui intègre les cartes islamiques et l’héritage grec : intégration des parallèles que l’on ne trouve pas sur les cartes TO. Fin du XIIème = Carte d’Idrisie (Je ne garantie pas l'orthographe).

Mais en fait est la carte Théo qui demeure et non cette nouvelle version.

 

En parallèle à ces cartes se développe une cartographie locale (carte de l’Angleterre au XIIIème.), plus précise et localisant nettement mieux.

Un changement radical apparaît au XIIIème siècle : avec une cartographie destinée aux marins. Son invention est liée à celle de la boussole.

Cartes en étoile en fonction des vents. => carte avec le nord magnétique.

Les grandes cartes portulans de la Méditerranée contiennent en général deux marteloires.

Cette carte est faite pour les marins : elle contient beaucoup d’indications sur les côtes et les ports. Mais l'intérieur des terres est vide ou rempli par des figures allégoriques; des portraits de souverains, des représentations de monuments.

 

Les plus vieux portulans = carte pisane (avant 1291). Sont généralement dessinées sur des peaux.

La qualité des protulans va s'améliorer régulièrement et couvrir une surface de plus en plus importante débordant largement de la Méditerranée.

Les cartes conservées sont la plupart du temps des cartes d’apparat, les cartes des marins sont généralement perdues.

Elles sont nées dans les cités marchandes de Venise et Gênes et se sont développées au XIV siècle.

Puis elles sont fabriquées dans les ateliers de Majorque qui de vient le grand centre de cartes portulan. En 1354, le roi ordonne qu’aucun navire ne peut sortir de Majorque s’il n’a pas au moins deux cartes embarquées.

 

Au Xvème siècle nouveau grand changement dans la cartographie mais qui n'est pas qu'une avancée : c'est le retour vers l’Antiquité avec la redécouverte de Ptolémée qui a fait la synthèse des connaissances grecques de son époque. Or les Grecs avaient une vision sphérique de la terre. => réflexion sur les méridiens et parallèles. Au début du Xvème siècle un certain nombre de manuscrits grecs de Ptolémée sont traduits et ouvrent aux humanistes et aux marins un champ nouveau de réflexions. Mais réintroduction d’erreurs : le bassin méditerranéen est loins précis, l'Afrique est prolongée jusqu’à l’Asie.

On y trouve aussi la réintroduction des coordonnées géographiques avec le partage en méridiens et parallèles (équateur, tropiques).

Est aussi une période où l'on essaie à ouveau de mesurer la circonférence du globe terrestre. Un premier calcul a avait été fait par Eratosthène donnant 39600 km. Reprise et correction de cette dimension mais une accumulation d'erreurs on conduit à une perte de précision : le globe terrestre est réduits à entre 28 et 32.000 km.

Erreur en dimension en longitude des l'œkoumène asiatique : Ptolémée l’estimait à 230° de longitude (fait en fait 180°)

Ouvrage de Ptolémée apparaît en même temps que l’imprimerie => ouvrage les plus imprimé après la Bible. (1575 = première édition (sans cartes, puis autres éditions avec cartes).

A ces innovations conceptuelles s'ajoutent des innovations techniques.

La caravelles vers 1430. De petite taille 40-70 tonneaux, faible tirant d’eau. Gouvernail d’étambeau, voiles latines. Ce type de voile permet de naviguer avec des vents hostiles.

15ème siècle : association entre voiles carrées et voiles latines. Grossissement (150 tonneaux).

Autres éléments pour se situer : boussole mais en plus calculs astronomiques avec l’astrolabe et d’autres instruments. => détermination de la latitude d’un lieu. Mais on est incapable de calculer la longitude car ce calcul nécessiterait d’avoir des chronomètres fiables => impossible jusqu'à la deuxième moitié du XVIIIème siècle., non que l'n sne sache pas en faire, mais on ne sait pas en faire qui restent fiable sur un navire en mer.

Dernière innovation technique : la prise en compte par les navigateurs des systèmes de vents. => portugais ont compris que pour aller sur la côte sud de l'Afrique il valait mieux se laisser déporter à l’ouest par les Alizés puis de revenir vers l’Afrique = " la Vuelta ". => entraîne la découverte du Brésil !

Système des vueltas est aussi utilisé dans le Pacifique par les Espagnols.

Pourquoi les Portugais ?

= Volonté d’un peuple. Les Portugais ont été poussés au large par des grandes causes :

= Vasco de Gamma qui achève la route des Indes en s’appuyant sur les comptoirs. Vont jusqu’au Japon.

Ces grandes découvertes entraînent une remise en cause de la façon dont on perçoit le monde :

Or la découverte des mondes extérieurs est un choc considérable. Les européens sont en particuliers frappés par le cannibalisme des indigènes.

Petit à petit intérêt pour ces indigènes est né. => on s’achemine vers une approche ethnographique.

Montaigne s’interroge sur la différence entre les hommes, différence qu’il faut reconnaître . Déplore la disparition des grandes civilisations précolombiennes.