Des maquisards réfractaires au STO

MUSEE DE LA RESISTANCE ET DE LA DEPORTATION DE LA SAVOIE

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Document 1 : convocation au STO

MINISTERE DE L’INTERIEUR                                                                                                 ETAT FRANÇAIS

 

Chambéry, le 8 MARS 1943

 

ASSIGNATION             Monsieur Bochet Albert, N.D. de Briançon, Savoie

Monsieur,

Vous être requis par le Gouvernement pour  travailler en Allemagne en vue de contribuer à la Relève des Prisonniers.

Le certificat provisoire d’embauchage qui garantit vos conditions de travail et rémunération en Allemagne et indique votre destination, est joint à la présente assignation.

Ce certificat est signé par l'Inspecteur du Travail par délégation du Secrétaire d'Etat au Travail du Ministère d’Etat à  la production industrielle

Vous devrez vous présenter à la visite médicale qui aura lieu à Chambéry à l’Hôtel Dieu, chemin de Montjay, le 10 MARS 1943  à  9       heures muni de cette convocation.

Vous devrez vous présenter au bureau de l’Office du Placement Allemand  21rue de Boigne à Chambéry,  après la visite pour y toucher une enveloppe contenant un bon de caisse de mille francs, des instructions et remplir votre contrat définitif.

Vous serez mis en route par le train partant de la gare de Chambéry, le 12 MARS 1943 à 16 heures 30. À cet effet vous devrez présenter à ladite gare ou lieu qui vous sera indiqué avant le départ du train où un appel sera effectué.

Les défaillants seront passibles de sanctions sévères.

Document 2 : renseignements concernant le groupe de la photo.

-          A gauche :  André Rambach,  israélite originaire de Villers-Cotterêts dans l’Oise, sous lieutenant de réserve d’aviation qui fuit la zone occupée, il arrive à Albertville, le 20 mars 1943  et encadrera le maquis de Queige.

-          Présence au sein du groupe de Grandjan de l’Ain,  de  Jeannot de Besançon,  de  Titi le Parisien, de Tartarat qui a été fusillé, on ne sait où. 

Témoignage de M. et Mme Molliet, chargés du ravitaillement du maquis de Queige

Document 2bis : réfractaires du lac de la Griotte, la compagnie du lac.

Le chantier du barrage va être pour les jeunes requis  pour le S.T.O. un lieu d'accueil largement ouvert et, en conséquence  un des plus actifs foyers de résistance de la région  d’Albertville  Luzy  était agent de la SNCF à Bourg-en-Bresse, il revenait toutes les semaines avec un ou deux gars, les conduisant au café Bonnet à Albertville ; puis ils  venaient chez moi : "je suis réfractaire, je n'ai pas de papier". Je prenais une photo, j’établissais de fausses cartes d’identité avec des papiers des tampons dérobés par un secrétaire de la sous-préfecture, en particulier à Notre Dame de Briançon. L'imprimeur, faisait une fausse attestation de travail au nom d'une entreprise  lointaine déclarant que l'ouvrier X avait quitté son service  libre de tout engagement et avait toujours donné satisfaction. J’emmenais  en suite le gars nanti de ses faux papiers sur la route de Beaufort. Ainsi 150 réfractaires sont montés ont formé la Compagnie du Lac. Les bâches ont bien fait des contrôles mais les gars travaillaient normalement au service des aciéries d'usine grâce à des ingénieurs. Le capitaine Escande est venu prendre le commandement de la Compagnie et l’a bien armée après le parachutage des Saisies le 23 août 1944. C'est la Compagnie du Lac qui est entrée dans Albertville lors de la fuite des allemands le 23 août. Luzy a été déporté.

Témoignage de Raymond Bertrand,, photographe et sous officier de réserve d’aviation, un des organisateurs de la Résistance d’Albertville

La construction du barrage  a commencé en juillet 1942.Ce barrage situé à dix-huit cents mètres d’altitude, inaccessible par route devait permettre aux aciéries d’Ugine d’augmenter leur approvisionnement en électricité. Ce chantier classé "s" par les Allemands comme entreprise utile à leur économie, bénéficiait d’un régime particulier : son personnel  avait des facilités de circulation, était largement pourvu de tickets d’alimentation et  exempt du service du travail obligatoire..  

D’après J. d’Arbaumont, lieutenant colonel de marine 1972

Documents 3 : statistiques sur la relève en Savoie (de sept 42 à avril 43)

Nombre d’ouvriers désignés

2601

Inaptes définitifs

  372

Inaptes temporaires

  296

Radiés

  553

Défaillants

  785

Différés

  188

Ouvriers partis en Allemagne

  406

 

 

Document 3bis : statistiques sur le STO en Savoie (au 05/07/43)

  • 4 808  jeunes recensés

  • 289 départs

  • 1 577 insoumis

  • 1 636 exemptés

  •  325 réfractaires

  • 1 012 travaillent sur place pour les Allemands

D’après le Bulletin savoyard du souvenir français, février 1985

Document 4 : le lac de la griotte