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Critique du film
Yazgi réalisé par Zeki Demirkubuz : une adaptation de L'Etranger de Camus

Cette adaptation est une réussite totale si on considère qu'elle transmet, en image, l'idée de l'œuvre source : l'absurdité de la condition humaine.
En effet, le personnage principal, Musa, est aussi peu impliqué dans sa vie, détaché de tout, plutôt guidé par une sensibilité primaire, à l'image de Meursault dans L'Etranger de Camus, avec des répliques similaires tout au long du film, " c'est comme ça " ou " ça m'est égal "…
Les mêmes décors répétitifs _bureau et appartement_ contribuent à l'impression d'inaction. Le lieu de travail est impersonnel et l'éclairage désagréable, semblable à une usine ; et un travail routinier qui n'apporte pas d'épanouissement à l'employé… D'ailleurs, Musa s'en moque…
Ce film aborde également le sujet sensible de la condition de la femme, dépendante et soumise à l'homme : Sinem, comme Marie dans L'Etranger, cherche à se marier sans volonté d'être heureuse ; et la violence, le machisme des hommes à l'égard des femmes est exhibé.
Lorsqu'on regarde ce film, on commence par s'ennuyer puis par rire, tellement l'acteur nous parait vide et décalé.
Il faut ajouter que le film est bien plus pessimiste que l'œuvre de Camus, car Musa, contrairement à Meursault, ne se révolte pas, ne change pas. Camus, lui, croit en l'homme et appelle à la révolte.

Sonia