REGARDS CROISES FRANCE -TURQUIE

 
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YAZGI

Malgré sa sélection pour le palmarès 2002, le film Yazgi réalisé par Zeki Demirkubuz a tendance à être ennuyeux aux yeux de certains spectateurs.
Ce film est une adaptation de L'Etranger de l'écrivain français Albert Camus. Il reprend bien la philosophie de ce dernier : l'absurdité de la condition humaine.
A la différence du roman qui se passe à Alger, le film a été tourné en Turquie. Le personnage, Musa, est peu différent de celui du roman nommé Meursault. Tous les deux mènent une vie absurde, " métro, boulot, dodo " sans rien vouloir changer. Tous les deux perdent leur mère sans qu'aucune larme ne coule, ils sont même presque heureux, soulagés de sa mort. Avec les femmes, Musa est mariée non pas par choix, mais pour le plaisir de Sinem, pour qui une femme se doit de vivre avec un homme. Meursault, lui, reste avec Marie simplement parce qu'il la désire.
Ce qui manque dans ce film, c'est l'action du dialogue. Le personnage Musa répond toujours de la même façon, ce qui donne au film cette impression de lenteur, de répétition, que tout stagne et que rien ne se passe. Il y a même des scènes où les personnages ne parlent pas…
Le décor, lui, est à l'image de la vie, banal et quotidien. Il y a une tristesse dans ces lieux (bureau, appartement) où vit Musa. Le bureau ressemble à un entrepôt déshumanisé, et l'appartement se caractérise par des portes qui grincent… Un quotidien désagréable et lourd.
Ce film est très représentatif de l'absurdité de la condition humaine par l'absence d'action, de dialogue, d'échange véritable.

Marie

Le film Yazgi réalisé par Zeki Demirkubuz, inspiré de L'Etranger d'Albert Camus met en avant l'absurdité de la condition humaine, à travers le personnage principal, Musa. Ce personnage est aussi apathique que Meursault, le personnage du roman de Camus. Ce film nous transmet la non implication du protagoniste en image, qui apporte la révolte en nous. Cette révolte est propre à Albert Camus, que ce soit dans L'Etranger ou dans La Peste.
Le montage du film, comme la lumière et certains bruits répétitifs donnent un aspect artificiel à l'environnement de Musa, ainsi que le décor de son appartement sans attachement particulier ni pour lui, ni pour le spectateur.
Ce film montre également les rapports homme/femme en Turquie. On peut le voir à travers la relation entre Musa et Sinem, sa collègue de travail qui deviendra sa femme. Il ne prête pas grand intérêt au mariage, ni à la vie conjugale. Mais, contre toute attente, Sinem le trompe avec leur patron, et Musa ne semble pas atteint par cette découverte.
La fin est très différente, puisque dans le film, l'aveu in extremis du patron amène à la libération de Musa, qu'il reçoit sans aucune joie particulière, alors que dans le roman Meursault est condamné à mort.
Un film qui laisse le spectateur mal à l'aise, face à face avec lui-même.


Laura