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Critiques du film Yazgi de Zeki Demirkubuz par Bérengère et Mélissa


Yazgi, de Zeki Demirkubuz, retranscrit très bien l'absurdité de la condition humaine propre à la philosophie de Camus illustrée par L'Etranger, auquel il fait une petite référence dans le dialogue final. Musa, le personnage principal du film, est encore plus apathique que Meursault (L'Etranger), ce qui est formulé par le réalisateur par des scènes simples de la vie courante où il ne se passe pas grand chose mais qui nourrissent le film de tout ce qu'elles ne disent pas.
L'auteur met en scène, encore plus fortement que Camus, un homme complètement en marge de sa société et qui ne le réalise même pas. Meursault, lui, ressent plus de choses que Musa, tout au long du roman : il exprime la toute puissance qu'exerce le soleil sur lui, en particulier lorsqu'il est sur la plage et qu'il tue ; ou même lorsqu'il est sur le point d'être exécuté, il dit réaliser la mort de sa mère et le manque qu'elle engendre. Tandis que Musa, lui, évoque uniquement son attirance sexuelle pour sa femme, et rien d'autre.
Le film est intéressant en comparaison de l'œuvre de Camus, mais ne remplace pas le livre qui à presque une vision plus humaniste de l'absurdité de la condition humaine, et finalement moins négative…

Bérengère

 

Yazgi réalisé par Zeki Demirkubuz illustre l'œuvre d'Albert Camus, L'Etranger, par une adaptation orientale de l'histoire, située en Turquie.
Le personnage de Musa, au centre du scénario, incarne ici l'absurdité de la condition humaine, idée principale du roman de Camus. Cet homme terne, dénué d'expression, de sentiments, nous apparaît révoltant, tout comme le stoïcisme qui le caractérise ; d'autant plus que le film pousse jusqu'à l'extrême les éléments du livre, déshumanisant totalement l'étrange personnage de Meursault (dans L'Etranger). En effet, le scénario modifie certains éléments de l'œuvre, comme le dénouement, moins tragique, apportant une note différente. Le thème de la condition de la femme est également introduit par le personnage de Marie (chez Camus), incarné par une jeune turque, afin de placer le film dans un contexte très réalisme, image de la société turque d'aujourd'hui, où le malaise des relations homme/femme se fait sentir.
Il s'agit pour Zeki Demirkubuz de restituer la philosophie de l'Absurde de Camus. Certains éléments cinématographiques introduisent cette sensation de gêne qui occupe le spectateur : éclairage dérangeant (néons agressifs), bande son inexistante… tout est fait pour générer un malaise grandissant.
Cette œuvre cinématographique est finalement difficile à regarder, confrontant le spectateur à l'absurdité de sa propre vie.

Melissa