St-Marcellin - Ecole primaire La Plaine

Caroline et Islande

lundi 3 mai 2010

Le fossé
C’était il y a un an en hiver. Caroline, 12 ans et moi, Islande, 12 ans et demi, étions à Villard-de-Lans. Nous étions sorties pour faire une balade en raquettes. Il faisait très beau, un grand soleil et les sapins étaient blancs de neige. Par terre il y avait beaucoup de poudreuse et nos raquettes nous empêchaient de trop nous enfoncer. On voyait bien les traces de lièvres et de chevreuils. C’était magnifique.
Nous avançâmes dans la forêt, on entendait les oiseaux qui chantaient. Après une heure de marche, nous commençâmes à avoir un peu froid car le soleil avait disparu. Nous décidâmes de poursuivre quand-même notre randonnée mais au bout d’une demi-heure nous nous retrouvâmes dans le brouillard. On ne voyait plus rien. Tout-à-coup, je m’aperçus que Caroline avait disparu. Je me mis à la chercher partout, je criai son prénom sans arrêt. Alors que j’inspectais un fossé depuis le haut, je glissai et tombai dedans. La chute me sembla durer une éternité. Soudain je m’arrêtai de glisser : quelque chose avait amorti ma chute. Je regardai et je vis que c’était sur Caroline que j’étais tombée. Nous regardâmes autour de nous : tout était sombre, et il faisait froid. Nous essayâmes par tous les moyens de remonter pour sortir du fossé. En vain. Nous commencions à être très fatiguées et aussi découragées. Caroline avait les cheveux givrés, et elle me dit que moi aussi. La nuit finit par tomber. Nous commençâmes à paniquer. Nous entendions les loups hurler. Nous avions peur, nous avions froid. Nous n’avions pas le choix ; nous allions devoir passer la nuit dehors. Personne ne viendrait nous secourir ce soir. Alors nous nous organisâmes pour ne pas mourir de froid pendant la nuit. Comme nous avions des sacs à dos, je dis à Caroline de les mettre sur nous pour nous couvrir et ainsi avoir moins froid. A minuit, je me réveillai en sursautant ; j’avais fait un horrible cauchemar. Je regardai autour de moi et réalisai que j’étais toujours au fond du fossé. Je me demandai comment Caroline pouvait dormir si bien. La nuit me parut durer un siècle. Le soleil se leva enfin et Caroline se réveilla. Soudain nous entendîmes un bruit, un bruit de quelque chose qui glissait sur la neige. Caroline eut l’idée géniale de lancer une de nos raquettes pour attirer l’attention de ce qu’on pensait être un skieur. Malheureusement elle ne la lança pas assez fort. Le bruit se rapprochait encore. Caroline monta sur mon dos pour être plus haute. Elle lança une fois de plus sa raquette et cette fois, celle-ci monta si haut dans le ciel qu’elle toucha même une branche et s’y accrocha. Ce fut efficace car nous entendîmes des pas s’approcher du ravin. Caroline cria : « Ohé ! Venez par ici !!! » Une tête se pencha vers nous. C’était un skieur. Nous lui expliquâmes ce qui nous était arrivé. Il se rendit vite compte qu’il ne pouvait rien faire pour nous aider sans corde. Heureusement il avait un téléphone portable et il appela les secours. Ceux-ci ne tardèrent pas à arriver. Ils étaient quatre. L’un d’eux prit une corde dans son sac, l’attacha à un arbre et lança une extrémité dans le fossé. La corde était longue et arriva jusqu’à nos pieds. Nous réussîmes à remonter avec la corde et nous arrivâmes enfin en haut. Les secouristes nous amenèrent à l’hôpital en motoneige. Heureusement, nous n’avions presque rien excepté quelques petites gelures.
Nous sortîmes de l’hôpital deux jours après. On ne fera plus jamais de balade en raquettes. En tout cas, pas moi, c’est sûr !!!

Islande et Caroline


| Plan du site | Connexion | Espace privé | Aide | Contacts et mentions légales | &
300 articles | 88 672 visites depuis le début | popularité 2885