Le Cheylas - Ecole élémentaire Chartreuse

Edmond Crocet 87 ans, Roger Evrard 89 ans et René Paget 87 ans sont venus dans notre classe pour nous parler de la résistance. Aujourd’hui, ils appartiennent à l’ANACR ( association nationale des anciens combattants et amis de la résistance).
Tous les trois sont entrés en résistance entre 17 et 18 ans, entre 1941 et 1943. Au début, ils distribuaient des tracts, collaient des affichettes. Ils habitaient tous aux alentours de Pontcharra ,et, pour fuir les Allemands qui les obligeaient à travailler pour le STO ( Service de travail obligatoire) et encouragés par leurs familles qui étaient au courant de leurs activités, ils sont partis dans les maquis de Belledonne. Souvent dénoncés par les habitants collabos, ils ne restaient pas longtemps au même endroit, et se déplaçaient souvent, la plupart du temps de nuit pour ne pas se faire remarquer. Ils sont allés à Sainte Catherine, puis à Lachaud, puis à Saint Mury, au Moutaret, à St Hugon, et enfin au-dessus de la Rochette. Ils appartenaient à deux groupes différents : Edmond à l’Armée secrète, quant à Roger et René, les FTP ( Francs tireurs Partisans). Ils avaient des noms de code : Eron, Fredo, Villard.
Ils nous ont aussi parlé des actions importantes qu’ils ont mené comme l’attaque du train blindé qui allait de Tencin à Pontchara. Les résistants ont fait sauté ce train avec 500kg de dynamite et certains morceaux du train ont volé à plus de 1km ! Ils ont aussi saboté des usines qui produisaient du matériel pour l’Allemagne et coupé des poteaux électriques ou téléphoniques qui permettaient aux Allemands de communiquer, saboté des voies ferrées pour empêcher la circulation des convois allemands. Ils n’ont jamais commis d’attentats, ni fusillé des traitres. Par contre, lors d’actions contre des convois allemands, ils ont peut-être tués des Allemands.

Les résistants n’étaient pas tous Français : il y avait des Italiens, des Espagnols, des Polonais et même des Allemands !
Il y avait même des femmes résistantes qui portaient les messages (agents de liaison), les aidaient à préparer les repas, raccommodaient leurs vêtements, cachaient des armes sous le
Pendant la seconde guerre mondiale, aux 7 Laux, les résistants ont construit un hôpital en montagne ( 1800 m d’altitude) où ils soignaient les blessés Français, Italiens ou même Allemands. Ils ont mis en place également un parc-auto, un hangar dans lequel un mécanicien réparait les véhicules des résistants. Au col du Merdaret, il y a eu quelques parachutages.
Pour manger, les paysans les aider en leur donnant ou leur vendant de la nourriture. Mais, il fallait se méfier du faux-maquis qui obligeait les paysans à leur donner de la nourriture pour ensuite la revendre au marché noir !
C’est de la faim dont ils ont le plus souffert ! Ils dormaient dans des granges, en forêt, même dans des fossés.

Pour eux, être résistants c’est s’opposer à l’occupant, au régime de Vichy, aux lois de Pétain, au STO, à la relève, à la privation de libertés, au pillage de la France par les nazis, à l’invasion italienne, à la déportation, au fascisme et c’est aussi proposer autre chose.
Beaucoup de leurs amis sont morts. A chaque mission, ils ont pris le risque de se faire prendre ou pire de se faire tuer. Ils devaient aussi faire attention à leurs voisins qui pouvaient les dénoncer à tout moment. Les dangers étaient réels, mais ils aveint tellement de choses à faire qu’ils ne pensaient pas à la peur, à part René qui a eu peur un jour d’être encerclé par les Allemands. Ils étaient jeunes, solidaires et pas toujours conscients des dangers ! Pour garder le moral, c’était assez facile, vu que c’était une bande d’amis, de jeunes. Pendant les combats, ils n’avaient pas le temps d’avoir peur.

Pour eux, ce n’est pas difficile d’en parler aujourd’hui dans les écoles, car ils ne gardent que les bons souvenirs. Par contre, ils n’en parlent jamais chez eux. Ils restent en contact avec leurs compagnons résistants grâce à l’ANACR. Ils n’ont pas participé à d’autres guerres, n’ont jamais eu envie de quitter la résistance, et ont participé à des actions jusqu’à la Libération, parce qu’ils voulaient se battre jusqu’au bout.
Ils ont reçu des médailles, celle de combattant volontaire et celle d’anciens combattants, seulement il y 2 ou 3 ans : ce n’est pas normal !
Ils nous ont dit d’être vigilant à la montée du fascisme en France, et que nous ne sommes pas à l’abri d’autres guerres...Ce qui les embête aujourd’hui, c’est l’impression qu’on les a oublié et que tout ce qu’ils ont fait soit effacé.
Alice, Maéva, Julia, Alan, Mélanie, Axel

Portfolio

de gauche à droite : Edmond, Roger, René

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