Bizonnes - Ecole primaire

La révolte des canuts

jeudi 12 mai 2016

Mardi 3 mai, sortie scolaire pour la classe de CM2/CM1 dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon avec comme guide Mme Ghamri Claudia, non pas sur la piste des << Six compagnons >>, mais sur celle des canuts. On appelle Canut, à Lyon et dans la région lyonnaise, l’ouvrier spécialisé dans le tissage de la soie sur un métier à bras. Aux environs de 1830, la << fabrique >> lyonnaise se compose, de négociants, de chefs d’atelier et de compagnons. Les négociants, ou marchands fabricants, les soyeux, constituent une aristocratie fermée de commissaires qui reçoivent les commandes et fournissent du travail aux chefs d’ateliers, qu’ils paient. On en compte environ 1 400, groupés en 400 raisons sociales. entre les chefs ou maîtres ouvriers, les canuts proprement dits, sont au nombre de 8 000 ; ils sont tisseurs à domicile et propriétaires de leurs métiers. Le plus grand demeure dans les hautes maisons de la Croix-Rousse. Les compagnons, 30 000 environ, sont payés par les chefs d’atelier, qui les logent chez eux. Les canuts doivent pour s’assurer un salaire convenable (2 à 3 francs/jour pour 6 aunes ou 7 mètres de soie), se tenir à leurs métiers, eux, leur femmes, leurs enfants, leur compagnons, jusqu’à 16 et 18 heures par jour. Entre la modernisation des machines et une baisse des revenus la colère gronde, il n’est plus tolérable de vivre de misère, fin novembre 1831, la grève éclate, les premiers drapeaux noirs apparaissent avec dessus << vivre en travaillant ou mourir en combattant >>. Des barricades se forment, des hommes de la garde nationale tirent des coups de feu. Ainsi après deux jours de combats il y a 200 tués ou blessés chez les ouvriers et 75 tués et 263 blessés du côté des militaires, c’est la révolte des canuts. Puis les canuts lyonnais se soulèvent encore en 1834, après que des meneurs ont été traduits en justice pour avoir dénoncé des baisses de salaires et fait grève. Cette fois, ils trouvent en face d’eux le ministre de l’Intérieur Adolphe Thiers, beaucoup moins accommodant que Casimir Perier. Il laisse les manifestants ériger des barricades puis fait donner la troupe. Celle-ci va méthodiquement reconquérir la ville.
On compte environ 600 morts et 10.000 arrestations au cours de la « Sanglante semaine » du 9 au 15 avril 1834. La répression rassure les possédants sur la détermination du gouvernement à les protéger contre les barbares des faubourgs. C’est un prélude à la « Semaine sanglante » de 1871 par laquelle le même Thiers mettra un terme à la Commune de Paris. ( source Larousse et Herodote.net )

En photos ci-dessous : Le mur peint des canuts à la Croix-Rousse, l’une des plus grande fresque d’Europe en << trompe l’œil >> ; la statue des amoureux du << chant des canuts >> de Georges Salendre, puis en hommage aux vers à soie, les cocons (des bancs), Place des tapis ; statue de Jacquard Joseph Marie, inventeur de la machine semi-automatique accusé de mettre des tisseurs au chômage mais qui profitera à la ville à l’aube de la révolution industrielle ; passage dans une << Traboule >>qui se trouve être une voie de passage étroite pour les piétons, débutant par un couloir et traversant un ou des bâtiments avec de possibles escaliers pour ainsi changer de niveau et relier une rue à une autre. Les traboules permettaient aux canuts et marchands de parcourir la ville en restant à l’abri en cas de précipitation. Les traboules ont été également utilisées par les résistants pour fuir, se cacher, de l’occupant allemande et de la Gestapo pendant la seconde guerre mondiale, les enfants entonnent un chant en hommage aux canuts sur le parvis de l’opéra de Lyon.

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