Articles

  • MA FREGATE d’Alfred de Vigny - Mai 2012

    MA FREGATE
    Qu’elle était belle, ma Frégate,
    Lorsqu’elle voguait dans le vent !
    Elle avait, au soleil levant,
    Toutes les couleurs de l’agate ;
    Ses voiles luisaient le matin
    Comme des ballons de satin ;
    Sa quille mince longue et plate,
    Portait deux bandes d’écarlate
    Sur vingt-quatre canons cachés ;
    Ses mâts, en arrière penchés,
    Paraissaient à demi couchés.
    Dix fois plus vive qu’un pirate,
    En cent jours du Havre à Surate
    Elle nous emporta souvent.
    Qu’elle était belle, ma Frégate,
    Lorsqu’elle (...)

  • Mignonne, allons voir si la rose... de Ronsard - Avril 2012

    Mignonne, allons voir si la rose...
    Mignonne, allons voir si la rose
    Qui ce matin avait déclose
    Sa robe de pourpre au soleil,
    A point perdu cette vêprée,
    Les plis de sa robe pourprée,
    Et son teint au vôtre pareil.
    Las ! Voyez comme en peu d’espace,
    Mignonne, elle a dessus la place,
    Las, las ! Ses beautés laissé choir !
    Ô vraiment marâtre Nature,
    Puis qu’une telle fleur ne dure
    Que du matin jusques au soir !
    Donc, si vous me croyez, mignonne,
    Tandis que votre âge fleuronne (...)

  • CHANSON DE LA SEINE de Jacques Prévert - Janvier 2012

    Chanson de la Seine
    La Seine a de la chance
    Elle n’a pas de souci
    Elle se la coule douce
    Le jour comme la nuit
    Et elle sort de sa source
    Tout doucement, sans bruit, sans sortir de son lit
    Et sans se faire de mousse
    Elle s’en va vers la mer
    En passant par Paris.
    La Seine a de la chance
    Elle n’a pas de souci
    Et quand elle se promène
    Tout au long de ses quais
    Avec sa belle robe verte
    et ses lumières dorées
    Notre-Dame jalouse, immobile et sévère
    De haut de toutes ses (...)

  • LE TEMPS DES CONTES de Georges Jean - Décembre 2011

    Le temps des contes
    S’il était encore une fois
    Nous partirions à l’aventure,
    Moi, je serais Robin des Bois,
    Et toi tu mettrais ton armure.
    Nous irions sur nos alezans
    Animaux de belle prestance,
    Nous serions armés jusqu’aux dents
    Parcourant les forêts immenses.
    S’il était encore une fois
    Vers le château des contes bleus
    Je serais le beau-fils du roi,
    Et toi tu cracherais le feu.
    Nous irions trouver Blanche-Neige
    Dormant dans son cercueil de verre,
    Nous pourrions croiser le cortège
    De (...)

  • LIBERTE de Paul Eluard - Novembre 2011

    Liberté
    Sur mes cahiers d’écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable de neige J’écris ton nom Sur les pages lues Sur toutes les pages blanches Pierre sang papier ou cendre J’écris ton nom Sur les images dorées Sur les armes des guerriers Sur la couronne des rois J’écris ton nom Sur la jungle et le désert Sur les nids sur les genêts Sur l’écho de mon enfance J’écris ton nom Sur les merveilles des nuits Sur le pain blanc des journées Sur les saisons fiancées J’écris ton nom (...)

  • LE PETIT POISSON ET LE PÊCHEUR de Jean De La Fontaine - Septembre 2011

    LE PETIT POISSON ET LE PÊCHEUR
    Petit poisson deviendra grand
    Pourvu que Dieu lui prête vie.
    Mais le lâcher en attendant,
    Je tiens pour moi que c’est folie ;
    Car de le rattraper il n’est pas trop certain.
    Un Carpeau qui n’était encore que fretin
    Fut pris par un Pêcheur au bord d’une rivière.
    Tout fait nombre, dit l’homme en voyant son butin ;
    Voilà commencement de chère et de festin :
    Mettons-le en notre gibecière.
    Le pauvre (...)

  • TOUJOURS ET JAMAIS de Paul Vincencini - Septembre 2011

    Toujours et jamais
    de Paul Vincencini
    Toujours et jamais étaient toujours ensemble
    Ne se quittaient jamais
    On les rencontrait
    Dans toutes les foires
    On les voyait le soir traverser le village
    Sur un tandem
    Toujours guidait
    Jamais pédalait
    C’est du moins ce qu’on supposait
    Ils avaient tous les deux une jolie casquette
    L’une était noire à carreaux blancs
    L’autre blanche à carreaux noirs
    A cela on aurait pu les reconnaître
    Mais ils passaient toujours le soir
    Et avec la (...)