Introduction
Le lendemain de la Seconde Guerre Mondiale vit la création des comités dentreprise, institutions marquant le début de lassociation des salariés à la vie de lentreprise. Surtout, le préambule de la Constitution de 1946, parmi les droits économiques et sociaux quil reconnaissait, qualifiait le droit syndical et le droit de grève de droits "particulièrement nécessaires à notre temps. Les années 1970 et 1980, dans un contexte de crise économique, focalisèrent lattention sur des revendications dun autre type : la principale préoccupation devint la garantie de lemploi face à la montée du chômage. La tendance est actuellement à la reconnaissance de droits collectifs, comme le démontrent les efforts réalisés pour introduire davantage de démocratie dans une entreprise dont les salariés doivent devenir les citoyens (rapport et lois Auroux).
Le droit du travail est une branche du droit social régissant les rapports individuels et collectifs que crée le travail entre les hommes, les uns employeurs et propriétaires de linstrument de travail, les autres travailleurs salariés, subordonnés et exécutants. Le droit du travail, auparavant appelé "Législation industrielle", est une branche relativement récente du droit. (source encarta 1998)
Dans un premier temps nous allons traiter les différents problèmes de lemploi et leurs causes. Dans une deuxième partie nous mettrons en avant les réponses du droit du travail face à ses problèmes demploi.
Pouvons-nous aujourdhui envisager une révision du droit du travail pour enrayer ce problème de lemploi ?
(dans cette première partie on montre les problèmes liés à l'emploi)
1 le chômage
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| Mars 1992 |
10,1 |
7,9 |
12,8 |
| Mars 1994 |
12,4 |
10,8 |
14,3 |
| Mars 1996 |
12,1 |
10,4 |
14,2 |
| Mars 1997 |
12,3 |
10,8 |
14,2 |
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| Mars 1992 |
20,8 |
9,0 |
7,6 |
| Mars 1994 |
27,7 |
11,5 |
7,8 |
| Mars 1996 |
26,4 |
11,4 |
8,0 |
| Mars 1997 |
28,1 |
11,5 |
8,5 |
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| Mars 1992 |
16,6 |
6,9 |
6,7 |
| Mars 1994 |
24,2 |
9,8 |
7,5 |
| Mars 1996 |
22,1 |
9,6 |
7,8 |
| Mars 1997 |
24,6 |
9,9 |
8,0 |
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| Mars 1992 |
26,1 |
11,6 |
8,8 |
| Mars 1994 |
31,7 |
13,5 |
8,1 |
| Mars 1996 |
31,9 |
13,6 |
8,4 |
| Mars 1997 |
32,8 |
13,4 |
9,2 |
2 la mondialisation de léconomie. dans un système de libre échange, lobjectif dune nation est dêtre compétitive
Une autre logique implacable est celle de la mondialisation de l'économie. On en parle beaucoup, on se trompe souvent sur ses effets réels. L'idée dominante est qu'elle supprime des emplois en France et qu'elle profite aux pays à bas salaires et à faible protection sociale. C'est une erreur. Claude Vimont, un spécialiste de l'emploi, a montré que grâce à son commerce extérieur la France a créé, entre 1988 et 1995, 160000 emplois de cadres supérieurs, 240000 de cadres intermédiaires et 287 000 d'ouvriers qualifiés. Il n'est pas indifférent de constater que l'Europe est la zone économique la moins mondialisée (les 15 pays de l'Union représentent seulement 8% des échanges mondiaux, le même taux qu'en 1960, alors que la part des Etats-Unis a été multipliée par cinq) et la plus atteinte par le chômage. Les économistes savent déjà que la mondialisation des économies profite surtout aux pays développés. Derrière cette nouvelle donne se profile un espoir : celui que la croissance économique mondiale s'accélère, qu'elle permette aux pays les moins préparés à ces logiques toutes neuves, comme certains Etats européens, de franchir une étape décisive dans leur modernisation.
Produire moins cher ou de meilleure qualité que les autres. Un des éléments de cette compétitivité peut être la flexibilité. (Il est souvent reproché aux entreprises françaises dêtre peu compétitive )
Mais ce mouvement, de délitement patronal ou de recomposition n'est pas particulier à la France. Il s'observe aussi dans d'autres pays et se justifie par les mêmes causes, soulignées par Danielle Kaisergruber dans un livre publié pour le compte de Bernard Brunhes Consultants sur les pratiques sociales nouvelles en Europe (Négocier la flexibilité, Les éditions d'Organisation, février 1997). Partout, en effet, la mondialisation de l'économie implique des modes d'organisation souples, suppose des négociations décentralisées et conduit à rechercher des aménagements adaptés, voire différenciés. Les conventions collectives globalisantes et uniformes deviennent un frein et, pour reprendre une expression fameuse, le modèle anglo-saxon façonne de nouvelles règles de fonctionnement, au détriment du modèle rhénan ou social-démocrate, plus industriel et centralisateur. Pour cette raison, le patronat britannique (CBI) s'est réorienté depuis l'abandon de la politique contractuelle au cours des années 80, sous Margaret Thatcher. N'ayant plus de rôle d'impulsion sociale, il fonctionne comme un lobby et produit des analyses qui l'ont conduit, par exemple, à prendre position en faveur de l'euro mais aussi de Tony Blair. Confronté aux mêmes contraintes, le patronat allemand connaît une situation de grippage inquiétant, les politiques tarifaires intangibles et les ingrédients du vieux pacte de paix sociale, négociés avec les syndicats, étant désormais en contradiction avec le cours des choses. De grands groupes essaient par la négociation directe, outre-Rhin, de s'extraire de ce qu'ils considèrent comme des carcans. Un courant grossissant d'entreprises ne s'affilie plus au BDI ou le quitte source le monde28 octobre 97
Les réponses du droit du travail
Lannualisation (flexibilité du temps de travail) L'annualisation serait-elle devenue le mot épouvantail des relations sociales ? DRH du groupe Sodiaal (produits laitiers), Françoise Poli n'est pas loin de le penser : "L'annualisation fait peur. Il faut donc sans cesse expliquer, faire uvre de pédagogie. " Une démarche que la CFDT fait sienne : "L'annualisation ne peut être imposée. Au contraire, sa mise en uvre suppose un accord, un partage d'intérêts entre les salariés et la direction. " DRH de la Seita, Alain Boulanger préfère ne pas agiter l'expression comme un chiffon rouge : "Le terme fait réagir les représentants syndicaux. C'est pourquoi je préfère l'éviter. Ce qui ne m'empêche pas de travailler sur une réorganisation du travail sur le mois ou le trimestre pour sortir du carcan hebdomadaire. "28/01/98 le monde
La formation (création des stages de formation, contrat dapprentissage) voir thème les politiques de lemploi
Une autre logique implacable est celle de la mondialisation de l'économie. On en parle beaucoup, on se trompe souvent sur ses effets réels. L'idée dominante est qu'elle supprime des emplois en France et qu'elle profite aux pays à bas salaires et à faible protection sociale. C'est une erreur. Claude Vimont, un spécialiste de l'emploi, a montré que grâce à son commerce extérieur la France a créé, entre 1988 et 1995, 160000 emplois de cadres supérieurs, 240000 de cadres intermédiaires et 287 000 d'ouvriers qualifiés. Il n'est pas indifférent de constater que l'Europe est la zone économique la moins mondialisée (les 15 pays de l'Union représentent seulement 8% des échanges mondiaux, le même taux qu'en 1960, alors que la part des Etats-Unis a été multipliée par cinq) et la plus atteinte par le chômage. Les économistes savent déjà que la mondialisation des économies profite surtout aux pays développés. Derrière cette nouvelle donne se profile un espoir : celui que la croissance économique mondiale s'accélère, qu'elle permette aux pays les moins préparés à ces logiques toutes neuves, comme certains Etats européens, de franchir une étape décisive dans leur modernisation. Expansion 97
Le développement du temps partiel
Entre août 1992 et avril 1994, les gouvernements Bérégovoy et Balladur ont mis en place une série de mesures favorisant le développement du temps partiel. Le principal élément est une exonération de 30 % (août 1992) puis de 50 % (janvier 1993), finalement ramenée à 30 %, des cotisations patronales de sécurité sociale pour les entreprises privées. Les conditions : l'embauche à temps partiel (dont la durée est comprise entre 16 et 32 heures) doit correspondre à une création d'emploi ou, s'il s'agit du passage d'un salarié de temps complet à temps partiel, le volume d'heures dans l'entreprise doit être compensé. Enfin, le salarié embauché à temps partiel ne doit pas avoir été au préalable licencié.
Ces mesures posent plusieurs problèmes. D'abord, la vérification de l'embauche effective est toujours difficile. Mais surtout, aucune compensation pour le salarié à temps partiel n'est prévue (formation, salaire par exemple). Au total, elles risquent de provoquer la mutation pure et simple d'emploi à plein temps en temps partiel, les entreprises empochant au passage l'abattement de charges. Selon le ministère du Travail, ces exonérations sont particulièrement efficaces : " La mesure a eu vraisemblablement le rôle d'impulser significativement le développement du temps partiel au sein du secteur privé ". Pas moins de 180 000 personnes auraient bénéficié de ces exonérations en 1993. Mais combien de créations d'emplois en ont résulté ? alter éco juin 95
Les emplois jeunes et la réduction du temps de travail (voir toutes les nouvelles mesures prises par l'actuel gouvernement. On utilisera le site de l'assemblée nationale pour trouver les nouveau textes)
Chaque pays adaptera la législation en fonction de la vision quil se fait du marché du travail. Les libéraux privilégieront toute mesure favorisant la flexibilité. Les keynésiens chercheront une intervention " juste ", pour corriger les imperfections du marché.
Le droit ne serait donc là que pour servir les intérêts économiques des entreprises.
Conclusion
Devant le peu defficacité des politiques économiques pour lutter contre le chômage depuis25 ans, on peut sinterroger sur le rôle du droit du travail. Faut-il comme certains le préconise le supprimer ?
Emploi : encore plus de flexibilité ?
" Le gouvernement n'a aucune intention de modifier le code du Travail afin de faciliter les licenciements, Alain Juppé l'a fermement affirmé. Il semble bien cependant, et ce n'est pas nouveau, que le ministère du Travail ait dans ses tiroirs des projets en ce sens. L'idée, qui n'est pas nouvelle non plus, est simple : les petites et moyennes entreprises (PME) auraient un comportement d'embauche plus dynamique si la législation était plus souple en matière de licenciements.
La réticence des patrons de PME à accroître leurs effectifs s'expliquerait par la crainte de ne pouvoir licencier leurs salariés quand les carnets de commande se vident. Il y a dix ans déjà, Yvon Gattaz, alors président du CNPF (le patronat français), avait annoncé que la suppression de l'autorisation administrative de licenciement se traduirait par la création de 400 000 emplois. Plus récemment, la flexibilité croissante introduite par la loi quinquennale, votée sous Balladur, devait aussi développer l'emploi. Sans plus de résultats.
Les exemples américain et britannique, invoqués pour justifier une évolution de la loi, ne tiennent guère : dans ces deux pays, l'amélioration de l'emploi est d'abord liée à la croissance ou à la multiplication des emplois sous-payés et/ou à temps partiel. Ainsi, l'indice du chômage baisse, mais la misère de masse qui lui est liée ne diminue guère. Enfin, licencier dans une PME est aujourd'hui facile. Seule contrainte : il faut parfois payer un minimum d'indemnités de licenciement. Faciliter les licenciements ne crée pas d'emplois, cela modifie seulement le partage du gâteau entre employeurs et salariés au bénéfice des premiers, comme le remarquait le professeur Richard B. Freeman dans nos colonnes en mars dernier " (Alternatives Economiques n° 135).décembre 96
" il est vrai qu'il y a de quoi être dérouté par le débat économique et son prolongement politique. D'un côté, certains affirment que tous nos malheurs viennent de Maastricht et des rigidités du traité. "Augmentons la dépense publique, clament-ils, et vous verrez comme tout va repartir. " Pour étayer leurs prescriptions, ils se réfèrent aux théories élaborées par l'économiste anglais John Maynard Keynes, dans les années 30. En face, on explique le maintien d'un taux élevé de chômage par les rigidités structurelles de l'économie. "Débarrassons-nous du SMIC, du droit du travail, et tout ira mieux grâce à un maître mot : la flexibilité. " Pour légitimer une thérapie qui consiste, en gros, à s'en remettre au marché, ce camp utilise un schéma théorique élaboré par le Français Léon Walras dans les années 1870 " source le monde 97
" II n'y a pas de quoi être optimiste à ce sujet quand on constate l'acharnement du CNPF à profiter de la position de force que donne actuellement le chômage de masse aux dirigeants d'entreprise pour démanteler le droit du travail et écraser les salariés. " alter éco mars 97