L’Entreprise et l’intérêt Général

Introduction :

(On situe et délimite le sujet par rapport aux problèmes économiques actuels)

Dans un monde, où l’Europe à elle seule compte 20 millions de chômeurs et où 50 millions d’habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, la France dont l’excédent extérieur est de 170 milliards est compétitive : forte productivité, salaires modérés, monnaie stable, État de droit solide, les investisseurs ne s’y trompent pas : ils plébiscitent la France. Pourtant la concentration des richesses dans les entreprises va-t-elle toujours servir à augmenter les moyens de production plutôt que d’essayer d’améliorer la qualité de vie de ses employés ?

Car l’entreprise est une unité économique combinant un ensemble de facteurs de production selon une organisation préétablie au sein de son groupement humain, dont le rôle est de produire des biens et des services.

 

(Essai de définition de l’intérêt général. Cette notion est facile à comprendre, mais difficile à définir en économie)

De ce fait l’intérêt général, qui se traduit par le bien-être, c’est-à-dire du travail pour tous, dans de bonnes conditions tout en réduisant les inégalités dans un environnement préservé.

(le lien entre entreprise et intérêt général se fait par le concept d’entreprise citoyenne)

Par conséquent un nouveau concept est arrivé : l’entreprise citoyenne, celle-ci n’a pas comme objectif unique le profit, mais s’intéresse à son environnement global. Pour parvenir à ces objectifs elle a mis en œuvre une structure qui est consciente de l’importance de son rôle économique et social dans la société, qui se sent responsable de son environnement, qui participe à l’intérêt général.

(annonce du plan)

Dans ce contexte nous allons voir dans un premier temps quels sont les intérêts et les objectifs de l’entreprise . Puis dans une seconde partie nous verrons les problèmes de la société puis nous analyserons les nouveaux comportements de l’entreprise.

 

1ère partie Le rôle de l’entreprise et la " santé " de l’économie française

 

(Dans la 1ère partie, il est important de voir ce qu’est une entreprise et son rôle. On peut pour commencer détailler les différentes théories de l’entreprise. Dans une deuxième sous partie, il faut montrer la situation de l’économie française et mettre en évidence une économie " saine " qui permet aux entreprises de mettre en place une " autre politique ".)

Approche théorique

Entreprise : l’objectif premier est de produire. La théorie classique de l’entreprise (Taylor, Fayol) analyse l’entreprise comme un système fermé, unité de production rationnelle où les hommes exécutent les ordres donnés par leurs supérieurs hiérarchiques dans le but de réaliser un profit maximum. Le problème est donc de rationaliser et d’organiser le travail suivant le principe de l’OST. de plus dans cette conception l’homme a une répugnance naturelle pour le travail et il faut le contraindre à travailler

Situation des entreprises françaises.

Paris bute provisoirement sur les 4 000 points Le Monde du 5/04/98

NOUVELLE semaine de folie à la Bourse de Paris ou les valeurs françaises n'ont cessé d'aligner records sur records avant de buter vendredi 3 avril sur le niveau des 4000 points. En séance, au cours de cette dernière journée, elles s'en sont approchées à moins de 14 points, cinquante minutes après l'ouverture. La cote a par la suite, au fil des transactions, perdu la totalité des gains. En dépit de cette baisse finale, le marché parisien affiche une performance hebdomadaire, tout à fait honorable, de 3,19 % à 3 932,02 points.... Le marché gagne désormais 31,1 % depuis le début de l'année. Et si l'on en croit les analystes, cette tendance devrait perdurer.

 

L’objectif, dans une économie mondialisée, est d’être compétitif. Qu’en est –il en France ?

Alternative économique n°152 d’octobre 1997, les salariés français seraient parmi les plus productifs au monde. En effet la France est quasiment aussi productive que les salariés américains, qui pourtant travaillent davantage chaque semaine, et ne bénéficient point de congés payés. De plus les coûts salariaux (trop élevés d’après le CNPF) sont par rapport aux autres pays développés assez modérés. Par exemple, les 97 francs de l’heure français sont très éloignés des 159 francs allemands. Certains affirment même que la France pratique le dumping social.

D’autre part, la France a enregistré un excédent record de 170 milliards de francs pour l’exercice 1997. Enfin, parmi tous les pays d’Europe , c’est la France qui a reçu le plus d’investissements étrangers en 1996. Pendant la même époque, c’était elle qui investissait le plus à l’étranger. Ce n’est donc pas un hasard si le troisième constructeur mondial de voitures, Toyota, a décidé d’implanter récemment sa deuxième usine européenne en France.

2ème partie les problèmes de société : environnement et inégalités

 

(il est important de donner quelques éléments sur la situation écologique, les conditions de travail dans les entreprises, sur les inégalités et le chômage. L’objectif est de dire que l’entreprise ne peut plus ignorer tous ces phénomènes)

Quelques données sur l’environnement, les inégalités, sur les conditions de travail

Sur les nuisances sonores

 

Plus d'un salarié sur quatre subit, en France, une nuisance sonore pendant son travail, soit trois millions de salariés au total, estime une étude du ministère du Travail (1). Parmi ces derniers, la moitié est exposée à un bruit susceptible de léser le système auditif (supérieur à 85 décibels), les ouvriers étant les plus touchés (28%). Mais cette moyenne masque de fortes divergences : la proportion s'élève à 26% dans l'industrie, 28 % dans la construction et 35% dans l'agriculture. Elle atteint même 40% dans la métallurgie et 50% dans l'industrie du bois et du papier. (1) Premières informations et premières synthèses, n° 09.1, Dares. Alter éco 97

Sur l’effet de serre

 

Les pays industrialisés occidentaux ont une responsabilité historique indiscutable. Ils sont à l'origine des quatre cinquièmes du stock d'émission de gaz carbonique dans l'atmosphère alors qu'ils ne représentent aujourd'hui que 15 % de la population du globe. De plus, ces pays assurent encore 46 % des rejets de Co2. La responsabilité des pays riches n'est pas seulement le résultat d'une négligence séculaire, elle tient aussi à leur type de civilisation.(alter éco juillet 93)

Sur l'intensification agricole qui menace l'équilibre écologique

...La conséquence écologique de cette intensification agricole est plus inquiétante. Cette production accrue a en effet été obtenue par une utilisation accrue d'engrais et de produits organiques : " La carte française situant les plus fortes teneurs en nitrates des nappes phréatiques se confond largement avec celle des régions agricoles les plus intensives ", écrit Dominique Vermersch alter éco avril 96

on peut également parler de la vache folle, de la destruction de la forêt amazonienne etc.qui ne laisse personne indifférent..

sur les inégalités

 

Plus d'un million et demi de français mal logés

La situation du mal logement s'aggrave en France malgré l'amélioration globale des conditions d'habitat, souligne la Fondation Abbé Pierre dans son dernier rapport annuel. En 1996, le nombre de passages quotidiens dans ses 24 boutiques a en effet doublé : de 60 à 100 contre 30 à 60 les années précédentes. Au total, plus d'un million et demi de personnes se trouvent aujourd'hui mal logées en France, dont 200000 sans logement, selon le dernier recensement de 1990. Alter éco avril 97

...Si l'on considère que ménage est pauvre lorsqu'il doit se contenter d'un revenu avant impôt (par unité de consommation) au moins inférieur à la moitié du revenu médian (1) de l'ensemble des ménages, alors 10,4 % des ménages étaient dans ce cas en 1984 : ils percevaient en effet moins de 3 070 francs par mois (en francs 1995). En 1994, il n'y avait plus que 9,9 % des ménages à être en dessous du seuil de pauvreté (soit 3 490 francs cette année-là, en francs1995).... Le revenu mensuel moyen du décile le plus pauvre des ménages est de 3 100 francs, tandis que, à l'autre bout de l'échelle, les 5 % les plus riches disposent de 50 000 francs : l'écart est de 1 à 16. Encore s'agit-il d'un écart calculé entre moyennes : dans le bas de l'échelle, il y a donc une fraction non négligeable des ménages qui vivent avec moins de 3 000 francs (par unité de consommation), tandis que, vers le haut, une partie des privilégiés disposent de nettement plus de 100 000 francs par mois (toujours par unité de consommation). Ce sont ces écarts extrêmes qui se sont beaucoup creusés en quinze ans. Alter éco janvier 97.

Aujourd’hui les entreprises ont compris que l’environnement était à protéger impérativement, même si la production devient plus difficile ou plus chère, ceci dans l’intérêt de tous. Cette délicate intention de ne plus polluer des industriels, semble être rentrée dans les règles de l’éthique depuis peu de temps. Nous pouvons donc parler de responsabilité écologique.

 

3ème partie le nouveau rôle de l’entreprise : le concept d’entreprise citoyenne

 

(on fait le lien entre entreprise et intérêt global. L'objectif est de mettre en évidence que derrière ce nouveau concept d’entreprise citoyenne, on constate de nouveaux comportements des entreprises)

Entreprise citoyenne (source édition révizor)

Est consciente de l'importance de son rôle économique et social dans la société. Elle intègre en particulier, dans son action, la dimension psychologique et sociale de son activité   Est consciente de sa responsabilité à l'égard de son environnement, ce qui se traduit par un certain civisme à l'égard de celui-ci (conscience d'une responsabilité sociétale)
 

Entreprise citoyenne
 
N'a pas pour seul objectif la satisfaction des actionnaires, clients et salariés, mais également la participation à la satisfaction de l'intérêt général   Se comporte comme le ferait un bon citoyen et fait preuve de solidarité

 

Nouveaux comportements des entreprises

Les labels déontologiques

 

Le respect de valeurs sociales peut-il devenir un label de qualité ? Dans certains secteurs exposés à la critique, il est en passe de devenir un véritable critère d'achat...

LES CONSOMMATEURS commenceraient-ils à se soucier de la manière dont sont fabriqués les produits qu'ils achètent, et non plus simplement du prix ? Selon une enquête du Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) réalisée en mars dernier, 70 % des consommateurs interrogés se disaient prêts à privilégier des produits fabriqués et commercialisés par des entreprises qui " respectent leurs employés " Face à la montée grandissante de ces revendications, certaines entreprises qui font fabriquer leurs produits dans le tiers-monde ont choisi d'utiliser des labels " éthiques " comme signe de qualité. (Source l’Entreprise janvier 98)

Les normes sur l’environnement ISO 14001 (non obligatoire, mais que les entreprises ne peuvent plus ignorer si elle veulent participer à la sauvegarde de l’environnement)

La publication récente de la norme ISO 14001 est un outil précieux pour l'entreprise soucieuse de gérer son environnement et de préserver son image. Mais comme toute norme, ISO 14001 est exigeante.L'objectif 2002 pour la gestion des déchets va, de plus en plus, amener l'entreprise à penser ou repenser la gestion de son environnement. Ne plus mettre en stockage que les déchets ultimes va bouleverser la vie des entreprises. Cette démarche vers la certification est une démarche volontaire, aucune réglementation ne l'impose à l'entreprise. La série de normes ISO 14000 concourt à la mise en œuvre du règlement européen éco-audit entré en application le 10 avril 1995. Maîtriser les impacts de l'activité d'une entreprise sur l'environnement implique de les identifier, et, pour les prévenir ou les corriger, de mettre en place une organisation. Tel a été l'objet du règlement éco-audit. Ce règlement prévoit que les entreprises puissent appliquer des normes de systèmes de management environnemental et d'audit (article 12), à condition que les normes et les procédures soient reconnues par la Commission et que la certification soit effectuée par un organisme dont l'agrément est reconnu dans chaque État membre où se trouve le site. A donc été établie une coopération entre le CEN et l'ISO afin que soit mis en place un jeu de normes unique dans toute la communauté. ISO 14001 est donc une norme nationale, européenne et internationale. Le projet de norme actuel concernant l'audit du système de management environnemental se conforme aux exigences du règlement européen. ISO 14001 spécifie les exigences d'un système de management environnemental permettant à un organisme de formuler une politique et des objectifs prenant en compte les exigences législatives et les informations relatives aux impacts environnementaux significatifs ".source Usine nouvelle 7/11/96

Les chartes de qualité

Charte de sécurité de TOTAL

Sécurité est le mot-clef de cette charte d'engagement interne. En effet, la direction veut faire de la sécurité et du respect de l'environnement une priorité.

C'est le point précis de sa politique environnementale, sur lequel la direction de TOTAL a décidé d'insister, de s'engager entièrement. Elle veut s'assurer que tous les employés, à tout niveau, ont conscience de ce problème particulier.

Conclusion. L’analyse de H. Serieyx est intéressante. Elle permet d’élargir le sujet (obligation pour les entreprises de devenir citoyenne). On peut également s’interroger sur ce nouveau concept d’entreprise citoyenne (une farce selon des représentants syndicaux)

Hervé Sérieyx : Dans cette période terrible de mondialisation, nous nous rendons compte que l'État-nation devient trop petit pour les grandes décisions - d'où l'union européenne et l'ALENA -mais devient aussi trop grand pour les micro-décisions qui ont un impact sur nos vies, et en particulier sur la défense de l'emploi, sur le problème de la sécurité urbaine, sur ces questions qui se traitent à l'échelle locale. C'est pourquoi l'on voit maintenant des régions qui se prennent en charge et qui ont leurs propres stratégies de développement. Une organisation, c'est une entreprise, une MRC, un collège. Les organisations citoyennes sont celles qui prennent conscience à l'échelle de l'endroit où elles vivent que c'est leur intérêt de dépasser leur simple mission - pour une entreprise, gagner du fric et durer, pour un collège, donner des cours, pour un maire, prévoir la collecte des ordures - et d'essayer d'en faire plus en travaillant ensemble pour que leur territoire ait un avenir. Une entreprise ne sera pas durablement compétitive dans un environnement qui le serait de moins en moins. Les organisations citoyennes sont celles qui se disent: "le chacun pour soi, c'est fini, on va crever de cela, donc, on va travailler ensemble."

"La notion d'entreprise citoyenne est une farce qui vise à faire croire, pour des raisons d'image, que la société où vous travaillez joue un rôle social, assène le formateur Jean Sur . Or on ne peut mettre sur le même plan entreprise et citoyenneté. Le lieu d'exercice de la citoyenneté, c'est la cité, la nation et non l'entreprise." Mariage de la carpe et du lapin, l'expression entreprise citoyenne recèle une contradiction insurmontable entre les deux termes qui la composent, fait-on remarquer de concert à la CGT, à FO et à la CFDT. Tout en reconnaissant qu'elle préfère bannir ce vocable de ses discours, Françoise Poli estime toutefois qu' "une entreprise citoyenne, c'est celle qui licencie proprement, c'est-à-dire qui cherche à aider les personnes dont elle se sépare à se repositionner au mieux sur le marché du travail, via des bilans de compétence ou des cellules de reclassement". Affichant la même méfiance face à "cette formule emphatique dont on se gargarise", Alain Boulanger affirme aussi : "Le principe chez nous, lorsqu'un établissement est amené à fermer, c'est de l'annoncer douze ou dix-huit mois à l'avance afin de favoriser le reclassement des personnes concernées." Après les entreprises, les licenciements seraient-ils devenus citoyens ? Le monde du 28/01/98 Annualisation, entreprise citoyenne, management participatif... Qu'en termes galants ces choses-là sont dites !