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ECJS 2e : d’une enquête à l’autre, quels enseignements tirer pour la rentrée 2000

ACADÉMIE DE GRENOBLE
INSPECTION PÉDAGOGIQUE RÉGIONALE  

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 Deux enquêtes ont été conduites dans l’académie lors de l’année 99-00 :

 la 1ere au moment des journées d’information du 1er trimestre a produit 177 réponses. Tous les lycées publics et privés ont été concernés sauf un. La plupart des sondés venait de commencer l’ECJS, un certain nombre attendait les journées d’informations pour se lancer en présence des élèves.

la seconde, au moment des journées pédagogiques consacrées au baccalauréat, en avril 2000. Cette fois nous avons eu 80 réponses. Les participants à ces journées étaient moins nombreux et un certain nombre d’entre eux n'avaient pas de seconde. Merci à ceux qui n’ayant pas participé aux journées m’ont fait parvenir leur travaux ou les photocopies de leurs cahiers de textes.

 Entre ces deux dates voilà les constations majeures qui peuvent  être tirées pour cette première année.

I / Les thèmes traités

1-1 Même en commençant tardivement :

 º a traité deux thèmes

1/3 a réussi à en traiter trois.

15% quatre.

7,5% disent n’avoir pu traiter qu’un seul thème. Mais en y regardant de plus près, les sous-thèmes sont au nombre de trois.

 1-2 Respect des 4 entrées proposées par les textes, mais très grande diversité dans la déclinaison de ces entrées, qui traduisent, par les problématiques explicitées, les préoccupations des élèves ou des situations singulières aux établissements. C’est bien là le but de cet enseignement.

Près de 60% ont travaillé sur la nationalité, l’intégration, le racisme. ( on cite une fois les problèmes d’intégration des homosexuels, le sport comme moyen d’intégration )

50% des fiches citent le thème de la famille et de son évolution. Ont été abordés fréquemment aussi l’autorité parentale, les problèmes de l’adoption et les rapports entre la famille et la justice

40% ont travaillé sur les problèmes de civilité.

Autres thèmes cités :

Les Droits de l’Homme, de l’Enfant,  la parité Homme-Femme 17%

Les médias =16%

La vie au lycée = 16%

Les problèmes liés aux OGM =16%

Les problèmes liés au travail = 14%

Habiter la ville = 11%

Les drogues = 11%

Tous ces thèmes se recoupent bien évidemment .

A noter que 8% d’entre-vous choisissent leur thème au fur et à mesure de l’année, traduisant en cela le fait qu’il leur semble difficile de préparer à l’avance le travail ou bien la difficulté de choisir chaque thème en fonction de la classe.

 

II / Les modalités de cet enseignement

2-1/  96% ont bien travaillé par demi-groupe comme le prévoient les textes. Les exceptions : classes à faible effectif et certains établissements privés

2-2/ Les ½ groupes ont-ils étudié les mêmes thèmes ?

Non, pas forcément

Dans 59% des cas, les ½ groupes ont  travaillé le même thème et le plus souvent la synthèse ou le débat s'est fait en grand groupe

Mais dans plus d’1/4 des cas, les demi-groupes ont étudié systématiquement des thèmes différents

Enfin dans 13% des cas, c’est une forme mixte, «cela dépend des thèmes ». Souvent le thème général est le même, mais chaque sous-groupe travaille un sous-thème différent

2-3   /La restitution du travail

Les 2/3 des réponses font état de débats ( qualificatif utilisé : argumenté ou contradictoire)

pour º des cas le travail s’est soldé par un exposé simple

dans 10% des cas les élèves ont remis un dossier documentaire et se sont arrêtés là ( c’est de toute façon une étape obligatoire avant de passer au débat)

pour le reste : rédaction d’une synthèse ou d’un rapport personnel : mentionné 5 fois, exposition : 3 mentions, enregistrement vidéo : 3 mentions, revue de presse, réalisation d’un grand tableau, jeu de transparents, rédaction de règles collectives : mention une fois chacun.

 

III / Les intervenants

 3-1/ Lors de la première enquête presque toutes les réponses faisant état du souhait d’inviter des intervenants extérieurs à la classe

Cette opération s’est visiblement révélée plus compliquée qu’il n’y paraissait puisque seulement

30% des réponses signalent la venue d’un intervenant extérieur

22% d’un intervenant intérieur à l’établissement

11% ont  utilisé les services des deux

3-2/ A quel rythme ?

80% n’ont tenté cette expérience qu’une seule fois dans l’année

4 enseignants l’ont tentée deux fois

            Un seul, 3 fois

3-3/ Quels intervenants ont été sollicités ?

* intervenants externes :

 Parmi les réponses attendues :

pour les thèmes touchant à la sécurité ou à la civilité : gendarmes :policiers, pompiers,

pour les thèmes touchant à la justice: juges, avocats

pour traiter du racisme ou de l’intégration : Associations telles MRAP, Amnesty, ou LDH

pour le lycée et la politique de la ville : le directeur d’une maison de quartier, un urbaniste et le responsable du service des transports .

pour tous les problèmes liés à la  santé : des infirmières (pas de médecins mentionnés)

pour traiter des problèmes politiques : des élus, un sénateur et un député

 *moins fréquent: le concepteur d’une exposition sur la justice, une bibliothécaire et un conservateur de musée autour d’une exposition, une troupe de théâtre dite « engagée » et des femmes élues appartenant à l’ACMI.

 * intervenants internes , CPE et documentalistes sont les plus présents, 3 emplois-jeunes ont participé au travail, 2 ATOS, une infirmière. Jamais la présence d’un proviseur n’est mentionnée même pour participer au débat ou simplement pour rencontrer un groupe d’élèves

 3-4 / Que demande-t-on à ces intervenants ?

des informations : 62%

une participation aux débats : 38%

de lancer le sujet traité : 30%

de conclure ( 9, 5)

 Aucun intervenant n’a été rétribué ou défrayé, ce qui pose problème à certains d’entre-vous.

 

IV Quels sont les effets repérés de cet enseignement ?

 

L’intérêt des élèves : mentionné dans 77% des réponses. Nombreux sont ceux qui indiquent la motivation des groupes pour la recherche autonome. Une seule fois (sur 80) on note que les élèves n’ont trouvé aucun des thèmes traités intéressants 

Une prise de parole qui semble plus aisée en demi-groupe :  notée dans 70% des cas, mais 5 réponses sont absolument négatives sur cette question.

Un meilleur contact professeur/élèves : 64% des cas, 7 réponses négatives

L’amélioration de l’écoute de l’autre ou de la tolérance aux idées exprimées par les autres :  61% ( 5 réponses négatives)

Une retombée de toutes ces observations au sein du groupe classe en histoire-géographie :

Seulement 28% de oui

mais 21% de non

 Une seule fiche se montre très critique face à cet enseignement : seules  les cases négatives ont été systématiquement cochées .

4-2 / Si la question est posée sous une forme plus libre ( question ouverte ): « Qu’est ce qui vous semble le plus intéressant dans cet enseignement ? »

Arrive en tête et très massivement : le fait d’enseigner autrement. Vos réponses explicitent souvent cette première affirmation

" travailler autrement " =40%

obligation d’un travail de recherche, et diversification des sources : + 1/3

échanges et mises en débat : 25%

travail de groupe : 25%

souplesse de l’horaire et la capitalisation possible des 2 heures : 20%

interdisciplinarité :17%

Mentionné à plusieurs reprises : la présence d’intervenants extérieurs, l’apprentissage du dossier documentaire.

Quelques mentions touchent au comportemental.

 En seconde position : la liberté pédagogique exprimée par : le choix des thèmes par les élèves = thèmes porteurs touchant à l’actualité, au quotidien, aux grands débats de société, absence de notation,

 

 

V/ Quelles contraintes rencontre-t-on pour enseigner l’ECJS ?

 5-1 Dans le domaine matériel :

40% = les insuffisances rencontrées dans les CDI et la difficulté d’accès à internet

10% = les manques de connaissances des enseignants dans le domaine juridique

10% = un horaire jugé insuffisant ou mal placé ans la journée voire la semaine.

5%= la difficulté de trouver des intervenants

 5-2 Les problèmes d’ordre pédagogique :

51% : manque de formation pour organiser le débat

13% : manque de motivation de certains élèves que même cette forme nouvelle d’enseignement n’arrive pas à motiver

10% : problèmes posés par certains des thèmes : la famille et la civilité

6% : difficultés à évaluer  le travail

2% difficulté à maîtriser la trace écrite

 0,5% crainte d’un dispenser un enseignement moralisateur

 

VI/ Envisager l’avenir

 6-1 Les enseignants d’histoire-géographie sont-ils prêts à poursuivre à la rentrée et à assurer l’enseignement en 1ere ?

Oui : 61%, oui mais  =9%  70% sont donc prêts à repartir, même si 9% le font donc sans enthousiasme ou par obligation

Ne savent pas , s’interrogent encore : 20%

Non = 10%

 6-2 Quelles autres disciplines avaient  été sollicitées, en avril 2000 pour enseigner en 1e

60% des enseignants interrogés n’avaient pas sollicité leurs collègues, parce qu’ils s’apprêtaient à poursuivre eux-mêmes

Pour les autres, seulement  2 refus systématiques de la part de collègues d’autres disciplines étaient signalés 

Parmi les professeurs d’autres disciplines :

SES = 80%

Lettres : 15%

SVT : 9%

Une ou deux  mentions pour philosophie, discipline technique, et math (1 fois)

 6-3 Nécessité d’une formation

1/3 des enseignants interrogés a demandé une formation , mais en équipe

Parmi ceux qui n’ont pas demandé de formation : les raisons évoquées sont : l’ignorance de l’existence de ces formations, l’ignorance dans laquelle les TA se trouvaient quant à leur nomination à la rentrée 2000.

 

Conclusion

 Si le démarrage de ce nouvel enseignement fut un peu difficile, pour toute une série de raisons : parution tardive au BO, informations elle aussi tardives, difficulté à entrer dans le contenu du programme, confusion entre programme et notions, manque de bibliographie, l’intérêt semble maintenant confirmé dans la majorité des réponses du questionnaire, tant pour les élèves que pour les enseignants, même si les pratiques pédagogiques restent très diverses.

 Il reste cependant des points difficiles, l’évaluation en est un : les élèves se sont-ils correctement appropriés la notion de citoyenneté ? Comment l’évaluer ? Les problèmes, les inquiétudes concernent l’accès à la documentation, via les CDI, les demandes de formation se centrent  sur la conduite du débat .

 Le problème des séries technologiques et professionnelles reste posé en 1ere. Ce qui interroge aussi tous les enseignants, c’est l’arrivée conjointe en 1e des TPE et de l’ECJS. On mesure bien alors la nécessité de trouver d’autres enseignants que ceux d’histoire-géographie pour assurer l’ECJS. Mais en avril, il semblait que les volontaires autres que nos disciplines n’étaient pas foule.  

Marie-Claire Gachet