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Compte rendu du regroupement régional ECJS lycée,
CRDP de Marseille,


le 27 octobre 1999.
Par Pascal Boyries



Intervention du recteur sans le recteur.

L'ECJS est là pour remettre au goût du jour les valeurs de la république, retrouver une conscience collective. Et pour cela il ne faut pas de cours magistral, mais débattre. L'ECJS doit permettre aussi de gérer et intégrer la diversité en développant la raison. Elle ne doit pas être un endoctrinement => doit être conduite par une équipe sous forme de dialogue.
Mais besoin de méthode et de contenu

Fond : argumentation sur la raison et des données scientifiquement établies.
Forme : respect de la dignité de chacun. Donner la parole à l'élève, débat argumenté.

On ne doit pas faire de l'ECJS uniquement dans les heures qui lui sont destinées.


Jacques GUIN (Pdt du GTD)

ECJS = point fort de la rénovation des lycées pour la prochaine rentrée.
La rentrée 99 est une vitrine…
Est fait cette année l'ECJS est à titre expérimental ce qui veut dire que les textes actuels sont susceptibles d'aménagements en fonction des retours du terrain qui seront faits.

Composition du GTD créé spécifiquement : à partir de compétences complémentaires : 1 Historien, 1 Géographe, 1 Juriste, 1sociologue, 1 formateur IUFM, 1 prof de philosophie. Le GTD se définit comme travaillant en " codisciplinarité ".

Calendrier :

Architecture du projet arrêtée le 30 Mars pour un projet commencé en janvier.
Projet arrêté en début juillet.
Paru au BO du 5 août.
Production de 4 fiches cet été
Production des docs d'accompagnement validés le 8 sept 99
Prévu une université d'été 4-5 nov 1999

Conséquences de ce calendrier :

Un décalage : les emplois du temps des établissements ont été faits alors le programme n'était pas encore prêt.
L'université d'été qui a lieu en automne :
C'est ridicule dans la mesure ou les formateurs vont redistribuer ce qu'ils y le contenu après le début des cours…

 

D'où :
montage des réunions interacadémique pour octobre.

Elles ont concerné 1200 participants en 5 regroupements.
Elles ont été montées en 8 jours…
Elle sont des rencontres de formation et d'informations interactives sur les documents d'accompagnement.

Les membres du GTD veulent des retours

Pour pouvoir refaire une rédaction définitive.
Doivent permettre de faire une documentation définitive pour l'Université d'été de novembre.

Sur le contenu des documents :

Le GTD a travaillé en fonction de ce qui devait être enseigné et non en fonction de qui devait l'enseigner.
Comme l'éducation est aussi sociale et juridique, elle n'a pas être faite que par les profs d'HG.
De plus la perte de la demi-heure en HG et l'arrivée de la demi heure en ECJS => pris comme une compensation, alors qu'il n'y a aucun lien de causalité.
Les circulaires n'ont pas toujours été très claires et semblent parfois contradictoires.

On doit avoir à l'esprit le fait que l'ECJS s'intègre à la rénovation des lycées. => on doit penser aussi en terme de décloisonnement de l'enseignement : TPE, aide individualisée.



René Revol :
Prof d'histoire classe prépa à Montpellier.


On va mettre en place une innovation qui n'est pas obligatoirement bonne, même s'il pense qu'elle l'est.
Elle consiste à rétablir une éducation civique au lycée car le lycée a changé.

Le cadre : Une demande sociale très forte d'éducation à la citoyenneté. Or cette demande est ambiguë.
3 sources à cette demande sociale :

  1. devant la crise du lien social : la société se tourne vers l'école pour retisser le lien social.
  2. Commande scolaire : pour légitimer l'institution scolaire.
  3. Demande familiale : pour faciliter l'intégration, pour retisser le lien civique.

Doit y avoir une réflexion face à la notion de citoyenneté car crise de la citoyenneté.

A partir de cette demande, plusieurs solutions étaient possibles :

  1. Faire une enseignement d'éducation civique. (Cas choisi en Tunisie) : Non retenu.
  2. Chaque enseignement contribue à la citoyenneté donc on fait un complément dans chaque discipline. Non choisie.
  3. Voie intermédiaire choisie.

Cette introduction de l'ECJS au lycée modifie la vision de l'éducation civique au collège. Les élèves de seconde ont fait l'ancien programme au collège et non le nouveau.

Grèves lycéennes ont demandé l'organisation de débats de sociétés d'où l'idée d'une plage horaire sous forme de débats argumentés pour faire passer l'éducation civique .

A l'origine = ECJP (P= politique) le P a été changé en " S " sous pression des parents d'élèves.

Education civique au collège doit servir de base de réflexion. Mais le public n'est plus le même car les lycéens sont des jeunes adultes.

On doit former les citoyens à la mobilisation des savoirs dans le cadre des débats. Architecture générale :

En seconde : partir d'objets pris dans la vie sociale pour redéfinir la citoyenneté.
En première : exercice de cette citoyenneté en insistant sur les termes de " participation politique ".

Confusion entre les notions et les thèmes d'entrée du programme => les dernières fiches des documents d'accompagnement, concernent les notions du programme.
Les thèmes d'entrée :
Un ou deux permettant d'aborder les notions. => les notions doivent être faites, mais il semble difficile (et n'est pas prévu) de traiter tous les thèmes dans le temps imparti.

La notion de citoyenneté s'est dépolitisée : => il faut tenir compte de cette représentation des jeunes de la notion de citoyenneté par les jeunes pour leur faire prendre compte de la dimension politique.

Qu'est-ce qu'un débat argumenté ?
choix du thème, forme de la préparation => nécessité d'organiser la préparation du débat dans les séquences précédentes.



Dominique Rousseau. Prof de droit public à université de Montpellier.

Il ne sait pas ce qu'est le droit…
Le doyen non plus…
Mais il sait ce que serait une société sans droit.

Pourquoi enseigner le droit ? Car le droit est partout. : il nous encercle ! Et il nous dit des choses => les procès actuels donnent à réfléchir (cas de la mère du Petit Johny où pas de circonstances atténuantes) sur l'imaginaire des sociétés. Là où il y a de la société il y a des conflits donc nécessité de règles.
ð on ne peut pas laisser les élèves sans sens du droit alors qu'ils vont y revenir dans la vie hors lycée.
ð Car l'enseignement du droit est directement lié à l'exercice de la citoyenneté. La citoyenneté doit être un usage dans l'école même. Mais tension très forte entre l'école et les droits : l'école est le lieu ou doit s'apprendre la citoyenneté et non un lieu d'exercice de la citoyenneté. Car le citoyen est un être abstrait, possesseur de droits. Du reste on invite nos élèves à mettre de côté tout ce qui pourrait permettre de les distinguer. Exemple, le délégué de classe : les études montrent que l'élève est d'abord identifié en tant que bon ou mauvais élève et non en tant que délégué.
Revenir à l'école républicaine voudrait dire : " Reprendre l'Alsace et la Lorraine ", apprendre uniquement le français (/ langues régionales).
Repose sur le fait que l'élève est un être incomplet qu'il faut formater. Aujourd'hui l'élève est-il considéré comme un être incomplet ?

1. Quel droit enseigner ?
Le droit n'est pas un ensemble de recettes à décrire, le droit est davantage un exercice d'interprétation, car le droit est d'abord un ensemble de marques sur du papier. Ces marques ne peuvent dire que si elles sont interprétées : d'où la nécessité d'argumenter. Ex : le droit à la vie autorise-t-il l'avortement ou l'interdit-il ?

Premier droit enseignable : le droit social
L'exemple du lancer de nain montre que le droit peut-être " posé " par l'état, la société = droit positif. 60% des gens sont pour l'avortement donc il est normal que l'état légifère pour l'avortement.

Autre droit enseignable : le droit naturel

classique (dieu et les livres sacrés)
moderne (athé : les hommes sont doués de raison : donc le fondement du droit = la raison.)

Il n'y a droit que dans une structure de relation : le droit permet de mettre de la distance entre les gens. Cette mise en écart est indispensable au fonctionnement d'une société démocratique . ( inverse = Heideger = politique de la fusion). Si on ne met pas d'écart = fusion : Louis XV = " il y a fusion entre le corps du roi et le corps du peuple ". Dans une société démocratique , il y a écart. Ce qui maintien la distance = le droit. Car maintien un jeu
Est constructeur de représentations.


2. Comment l'enseigner ?
Enseigner le droit comme sens et non comme technique.
Il ne s'agit pas de faire une description de l'architecture juridique ( cours de cassation, d'appel etc…), cela ne servirait strictement à rien car ça évolue en permanence et donc devient vite obsolète.
A partir de cas concrets, d'affaires, remonter avec les élèves ce que peut vouloir dire le droit dans ce cas précis.
Ex : le droit à un procès équitable. Si on part d'un violeur qui a violé et tué une fillette. => on peut discuter sur le fait : le mec a-t-il droit à un procès équitable ? => c'est pour cela que l'on va mettre du temps entre le début de l'affaire et le procès : pour avoir du recul, de l'écart.

L'aspect technique du procès, et l'organisation de la justice, viennet en regardant l'affaire.



Dominique Bornes
Doyen de l'IG

Quelques réflexions : ECJS n'est pas réservée à l'HG. La codisciplinarité doit être effective même si au collège cet un état de fait.

Faire travailler les disciplines ensemble. Est un enjeu considérable et n'a jamais marché pour l'instant.

" Débat argumenté " : collège = plutôt écrit, lycée plutôt oral. A l'oral : en quel langage pour les élèves : avec les mots des cités ? Il ne faut plus débattre de la peine de mort ou de l'avortement.
Il y a des domaines qui ne sont pas objet de débat : la démocratie, l'ostracisme.

Est choqué par la mise à l'écart des lycées professionnels.

Réfléchir aux différentes échelles de la citoyenneté. Travailler une étude de cas à partir de textes fondamentaux et d'études de cas (ex : l'égalité homme-femme) .

 

Débats de l'Après-midi :

GTD : flou sur l'existence de l'ECJS pour les premières STT l'an prochain.

Une expérience faite sur Bordeaux :
Prof principal responsable de l'ECJS. Il est chargé de coordonner l'équipe pédagogique. Cela permet du codisciplinaire. Les autres profs sont payés en HSE : donc les élèves font plus que leur 16 heures. Dans certain cas : est un prof d'EPS qui est prof principal et cela se passe très bien.

Evaluation : Evaluation en classe : est le fait de l'équipe pédagogique ou du prof : mais il n'est pas précisé ce qui doit être évalué : le travail d'un délégué élève pourrait faire l'objet d'une évaluation.
1. Evaluation au bac :
N'y aura pas d'épreuve spécifique de créée. Mais peut y avoir l'intégration d'une question d'ECJS dans la discipline principale de la série (problème des maths ?). En fait reste à définir.
2. Evaluation du système mis en place : Est le fait de l'IG.

Dans tous les cas : ne doit pas conduire à une évaluation des opinions. L'évaluation peut porter sur l'oral.

Fiches produites par le GTD.
Il ne faut pas prendre les trois premières fiches comme des documents pour préparer les cours.
La dernière fiche est la " cerise sur le gâteau ".