La notion de race n'existe pas pour l'...
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A propos du concept de “races humaines”


Souvent lorsque l’on pose la question : que signifie pour vous l’idée de race ?

Nous avons la réponse immédiate qui consiste à parler du blanc, du noir, du jaune, …..

Savez-vous que cette distinction ne date que de la seconde guerre mondiale !!
La première différenciation connue de groupes humains fondée sur leurs caractères physiques apparents, est sans doute celle des anciens Égyptiens : les Rot ou Égyptiens, peints en rouge, les Namou, jaunes avec un nez aquilin, les Nashu, noirs avec des cheveux crépus, les Tamahou, blonds aux yeux bleus. Mais cette classification ne s’appliquait qu’aux populations voisines de l’Égypte.

Aussi bien la biologie que les approches des « sciences humaines » anthropologiques, études comparatives des civilisations, ethnologiques, que les analyses politiques et sociologiques, ont eu à abandonner la notion de race.

Si cette notion fait problème, c’est qu’elle a été utilisée, au nom de supposés fondements scientifiques, par certains auteurs qui, confondant les registres du biologique et de la culture, développent à la fin du XIXe siècle, une idéologie nouvelle, le racisme. C’est la supposée « théorie » d’une hiérarchie des races.

L’ Europe, et l’occident en général, a connu deux utilisations politiques du concept, qui sont maintenant particulièrement décriées :

* la catégorisation puis la hiérarchisation des groupes humains a servi de justification aux colonisateurs européens pour annexer de nouvelles terres (notion de « races inférieures »). L’expérience de leur rencontre avec des cultures autochtones fut rapportée en métropole de manière particulièrement partiale : les terres colonisées étaient vues comme remplies de sauvages incultes, inférieurs à tout point de vue au colonisateur qui, bon et généreux, se dévouait pour leur apporter les lumières et les bienfaits de la civilisation. Ces histoires nourrirent les théories racistes et justifièrent les discriminations dont étaient victimes les peuples colonisés . Il s’agit là du racisme colonial.
* le même usage en Allemagne nazie puis ensuite en Europe, sous sa domination, visant cette fois les juifs, tziganes, slaves, qu’il s’agissait d’exterminer pour faire de la place à la « race aryenne dite supérieure. Il s’agit de l’eugénisme ».

Après le nazisme, l’UNESCO a publié une étude rassemblant un grand nombre de savants et penseurs, qui récuse la notion de race humaine parce qu’elle a perdu tout intérêt scientifique et toute validité anthropologique.

Vallois : la dernière taxinomie descriptive
La dernière taxinomie (et non théorie) racialiste date de 1944. Il s’agit de la classification de Henri Vallois dans son ouvrage Les Races humaines qui divisait les humains en quatre groupes (d’égale valeur) nommés « races » :
* race noire africaine ;
* race jaune asiatique ;
* race noire australienne ;
* race blanche européenne.
Cette classification convenait parfaitement pour le dégrossissage de concepts demandé par l’enseignement primaire, seul qui soit généralisé à l’époque.
La pertinence de ces divisions n’a plus été admise par la suite, faute de montrer un intérêt quelconque pour la connaissance, ni en matière de biologie, ni en matière d’anthropologie.

Comme le dit André Langaney (dans un ouvrage paru en 1992) :
« Au début des recherches en génétique, les scientifiques, qui avaient en tête des classifications raciales héritées du siècle dernier, pensaient qu’ils allaient retrouver des gènes des Jaunes, des Noirs, des Blancs… Et bien, pas du tout, on ne les a pas trouvés. Dans tous les systèmes génétiques humains connus, les répertoires de gènes sont les mêmes. »

Levi-Strauss affirme que si les groupes humains se distinguent, et pour autant qu’ils sont à distinguer, c’est uniquement en termes de culture. En effet, c’est uniquement par la culture que les groupes humains ou sociétés se départagent et se différencient ; pas selon la nature que serait la nature biologique. C’est à dire que s’il y a bien lieu de maintenir les distinctions, le phénomène n’est en aucun cas naturel. Il ne relève pas de l’étude de la biologie, mais de l’anthropologie au sens large. Le racisme consiste précisément dans le contraire, soit à faire d’un phénomène culturel, un phénomène prétendument physique, naturel et biologique.

Anthropologie
Un premier outil de mesure : la biométrie
Les partisans du classement de l’espèce humaine en races cherchèrent un instrument de mesure susceptible de donner des critères de différenciation. Ils recensèrent ainsi des caractères phénotypiques visibles, soit le premier moyen de catégoriser l’espèce humaine en différentes races. La méthode consiste à cette époque à étudier ces caractères physiques de manière systématique : c’est la naissance de la biométrie comme moyen de quantifier les différences au sein de l’espèce humaine.
Grâce à cet outil, furent définies des races humaines en fonction de leurs caractéristiques physiques : pigmentation, forme du visage, etc. Cette définition implique d’une certaine façon l’existence d’une pureté raciale, illustrée par des individus « type ». La discipline passionna ceux qui s’intéressaient à la classification des races et qui étaient persuadés de leur existence.
Les critères utilisés pour identifier des races humaines comprennent principalement la pigmentation de la peau, la morphologie (notamment la stature et la forme du crâne). Certains auteurs distinguent plusieurs dizaines voire des centaines de « races » mais tous accordent dans leurs descriptions une place particulière à de grands ensembles en nombre limité, le plus souvent basés sur la pigmentation de la peau.
Le caractère de scientificité de la biométrie, pratique purement descriptive des caractères apparents, n’a guère été reconnu que par ceux qui en étaient d’avance convaincus. En revanche cette discipline a largement nourri les discours (et politiques) racistes. La période du nazisme vit ainsi se multiplier des expositions détaillants des caractères physiques, pour « apprendre » à reconnaître les races humaines.
Selon Valois, en 1968, « une race est une population naturelle définie par des caractères physiques, héréditaires, communs ».
Un problème quantitatif:
Cependant, la grande variabilité des traits physiques pose problème : il est impossible de définir des races cloisonnées, où les traits seraient strictement propres à un groupe donné. En effet, la grande majorité des caractères physiques sont quantitatifs. Ainsi, définir une race en se fondant sur la pigmentation de la peau est délicat, car toutes les nuances existent au sein de l’espèce humaine. Il devient dès lors impossible de classer rigoureusement des individus issus d’un métissage.
L’usage criminel de la notion de « race » au cours de la Seconde Guerre mondiale par le régime nazi, et l’absence de catégorisations fiables liées à cette notion, font que les anthropologues n’utilisent plus ce type de classification. Cependant l’anthropologie allemande officielle utilise encore la conception des 36 races humaines de von Eickstedt (Rainer Knußmann, Lehrbuch der vergleichenden Anthropologie und Humangenetik, 2. ed.).

Le berceau de l’humanité sapiens semble pour le moment avoir été l’Afrique. À partir de ce point central, de petits groupements humains auraient migré vers tous les continents, y compris l’Europe déjà peuplée des sapiens neantertalensis, à raison de quelques dizaines de kilomètres par génération.

Les races résultent sans doute de processus évolutifs similaires de ceux ayant conduit à l’existence de nombreuses espèces différentes, animales et végétales (cf. section race et génétique de l’article race). La race n’est ainsi qu’un niveau de faible différenciation qui pourrait néanmoins, si elle était poursuivie pendant des millions d’années évoluer vers une nouvelle espèce.
Les différences morphologiques sont souvent expliquées par des adaptations à l’environnement. De même, les Européens des pays nordiques auraient un nez plus long car il permettrait de mieux réchauffer l’air avant son arrivée dans les poumons. Le nez court et épaté des Africains permettrait au contraire de le rafraîchir et de l’humidifier.
Autrement dit, les groupes humains primitifs n’ont pas échappé à la sélection naturelle favorisant, pour un groupe social déterminé, un certain nombre de caractères spécifiques adaptés aux conditions d’environnement propres à une région donnée.
Néanmoins, compte-tenu de la durée nécessaire pour acquérir divers caractères physiques sous la pression de la sélection naturelle, leur étude contribue au retracement des grandes migrations humaines de l’Histoire et de la Préhistoire ; ces déplacements de population ont entraîné un brassage génétique important, affectant les peuples de quasiment toutes les régions du globe.

Selon Albert Jacquard, pour parler de race, il faudrait qu’un groupe reste isolé un nombre de générations égal au nombre d’individus qu’il comporte ; ainsi, un groupe de 200 personnes devrait rester isolé 4 000 ans (si l’on compte 20 ans par génération) pour devenir une race. Ce chiffre est à comparer aux 20 000 ans qui ont été nécessaire pour séparer Canis lupus, le loup des différentes races de Canis familiaris (chiens). Peu de races de chiens sont interfécondes avec les loups.

Génotype et phénotype:
L’anthropomorphie classificatrice a pu s’appuyer sur la biométrie, tandis que la génétique s’appuie sur la notion de « gènes communs et exclusif à un groupe d’individus » pour tenter de définir précisement des caractéristiques communes, qui donneraient un contenu à la notion de race. Si les gènes ont des répercussions sur l’aspect visible de l’être, le fait que deux êtres soient différents ne signifie cependant pas que leurs gènes soient si différents. Ainsi, le degré de couleur de la peau est déterminé par trois gènes permettant la production de mélanine ; tous les humains produisent de la mélanine (sauf ceux atteints d’albinisme), donc tous les humains ont des variantes (allèles) de ces trois gènes, allèles à expression plus ou moins marquée.
Les analyses ADN montrent ainsi que l’espèce humaine possède déjà un peu plus de 98,6 % de son génome en commun avec les chimpanzés et qu’elle partage le même patrimoine génétique à 99,8 %. Les différences entre hommes et singes sont dues à seulement quelques dizaines de gènes. Les apparentes différences anatomiques et physiologiques à l’intérieur de l’espèce humaine sont dues à un nombre encore plus restreint de gènes. Difficile, dès lors, d’arriver à isoler des gènes « types » différant entre diverses populations.
La compatibilité des tissus pour les dons d’organe (cœur, rein…) ou de sang ne dépend pas du groupe ethnique du donneur et du receveur ; ou alors à l’extrême, le donneur doit être un membre proche de la famille du receveur (comme pour les dons de moelle), le nombre de donneurs compatibles se compte sur les doigts d’une main parmi les milliards d’individus, ce qui ne correspond pas non plus à la notion de « race » communément admise. On peut donc en déduire que les différences externes, qui ont servi à définir initialement les races, ne sont d’aucune utilité dans ce domaine, et sont très éloignées des considérations biochimiques.

Avec l’étude de la variabilité génétique de l’humanité apparaît notamment un outil qui semble plus puissant que tout ceux utilisés jusqu’alors dans l’étude des races.
Variabilité génétique : un outil de classification
Avec l’étude de la variabilité génétique apparaît une nouvelle définition, plus axée sur la notion de variabilité génétique. Theodosius Dobzhansky proposera ainsi sa définition du concept de race (au sens large) :
« Une population d’espèces qui diffèrent selon la fréquence de variants génétiques, d’allèles ou de structures chromosomiques. »
Cependant, comme l’indique Marcus Feldman (du département de biologie de l’université de Stanford) et ses collègues : « comme deux populations différentes présentent toujours de tels variants, cette définition est en réalité synonyme de population ».
Au sein de cette approche apparait une nouvelle donnée : la variabilité au sein d’une population est plus grande que celle existant entre les populations. Cette constatation amène à l’époque un grand nombre de biologistes à considérer que la notion de race n’est pas biologiquement pertinente.
Ainsi, Albert Jacquard affirme que pour la génétique moderne la notion de race des anciennes classifications ne convient pas à l’espèce humaine. Il explique en détail pourquoi dans son livre Éloge de la différencepublié en 1981. André Langaney va plus loin en indiquant que « la notion de race est dépourvue de fondements et de réalité scientifique », puisqu’on ne peut, d’après lui, distinguer les populations des différentes parties du globe en se fondant sur des différences génétiques.

Aujourd’hui : génétique et pertinence

« Toute tentative de classification en races humaines est soit impossible, soit totalement arbitraire. »

« En réalité, dans l’espèce humaine, l’idée de « race » ne sert à rien. »

Le problème de la pertinence:
Ainsi, les scientifiques ont-ils pu démontrer qu’il était possible de définir de façon « scientifique » des groupes au sein de l’espèce humaine. Ces groupes (correspondant à des populations différentes) diffèrent, non pas sur la base de génotypes différents, mais sur un ensemble de petites différences entre fréquences alléliques d’un grand nombre de marqueurs génétiques. Il est également possible de connaître (avec une certaine probabilité, cependant) le continent d’origine d’un individu, mais le fait de connaitre cette origine n’améliore quasiment pas la capacité à prédire son génotype (il n’existe aucun gène pour lequel un allèle donné ne se retrouve qu’au sein d’un grand groupe géographique) et ne revient pas à une catégorisation en races pour autant.
Cet état de fait permet d’une certaine manière de définir des « races » au sein de l’espèce humaine, en se fondant sur la notion de population et les découvertes récentes en génétique. Les scientifiques préfèrent cependant user du terme de « groupe géographique », étendant la notion de population, le terme de race restant fortement connoté et pouvant prêter à confusion selon la définition utilisée. Il reste également à définir à partir de quel niveau de telles « races » sont définies, puisqu’il est possible, avec la même méthode mais une précision décroissante, de catégoriser à l’échelle de la Terre, de grande régions ou des populations locales.
Cependant, le fait de pouvoir définir plus ou moins arbitrairement des races au sein de l’espèce humaine ne renseigne pas sur la réalité biologique que de tels concepts recouvrent. Il se pose ainsi le problème de la pertinence d’une telle classification raciale. Certains ont ainsi pu soulever l’idée selon laquelle un classement racial pourrait être avantageusement intégré aux pratiques médicales. Cependant, cette idée est contrecarrée par deux constatations :
1. la race est une notion trop différente de l’ascendance pour être biologiquement utile,
2. elle ne peut être utile que dans la mesure où elle est liée au contexte social.
Feldman, Lewontin et King, résument ainsi la situation dans un article daté de 2004 :
« Contrairement à l’idée défendue depuis le milieu du XXe siècle, on peut définir scientifiquement des races dans l’espèce humaine. La connaissance du génome humain permet en effet de regrouper les personnes selon les zones géographiques d’où elles sont issues. En revanche, les usages que l’on prétend faire en médecine d’une classification raciale sont sujets à caution. »
Il est ainsi beaucoup plus pertinent, du point de vue biologique, de connaître l’ascendance d’un individu, via une étude de son génotype, que de le classer dans une race. Feldman et ses collègues font ainsi remarquer qu’une classification raciale dans un but médical est « au mieux sans grande valeur, au pire dangereuse », et qu’elle « masque l’information biologique nécessaire à des décisions diagnostiques et thérapeutiques intelligentes », il ne faut donc pas « confondre race et ascendance ». Dit autrement : « Si l’on veut utiliser efficacement le génotype pour des décisions diagnostiques et thérapeutiques, ce n’est pas la race qui importe, mais les informations sur l’ascendant du patient ».
En résumé : il est possible de classer les êtres humains en races définies scientifiquement à une échelle arbitraire, mais cette classification raciale n’est pas pertinente biologiquement. Il faut cependant noter que la notion de « race » utilisée ici diffère sensiblement de celle utilisant les simples traits physiques. La tentative d’amalgamer les deux définitions en omettant le manque de pertinence du concept étant généralement le fait des partisans de théories racistes.

Pour conclure :

Ni la génétique, ni l’anthropologie, ni l’ethnologie, ni l’anthropomorphie (biométrie), ni les découvertes récentes ne semblent avaliser l’idée de l’existence de races humaines. Il semblerait que parler de groupe de populations a meilleur sens dans la mesure où l’on retrouves des gènes proches qui eux ont une signification et une pertinence médicale.
La diversité aurait pour origine la migration et l’adaptation des populations en leurs lieux de vie. Le cloisonnement des humains n’a jamais réellement eu lieu et a été quasi-impossible. La reconnaissance des lieux de vie d’un individu apparaît pertinent seulement parce que nous disposons de cas d’espèce de comparaison (espèce de cartes répertoriant certaines caractéristiques génétiques en fonction du lieu géographique mais surtout avec une certaine probabilité ! ) mais l’on ne peut prétendre de son apparence puisque ne sachant quels sont les gènes qui s’expriment (notion d’allèles/phénotype/génotype) d’autant plus que les environnements se sont modifiés durant les milliers d’années passées.
Du point de vue de la médecine il paraît plus judicieux de parler de descendance que de races (caucasiennes ou autres ….car il y a longtemps que les populations de proximité ont pris le dessus en termes de gènes par rapport à une “race caucasienne imaginaire”.

En conclusion, il paraît évident que la notion de race humaine sous toutes ses formes, a servi de prétexte à un racisme latent et qu’elle est à l’origine des plus gros crimes qu’ait connu l’humanité !!!!
Le concept de race est une idéologie dont les fondement sont arbitraires, discriminants et dont l’objet est de justifier une différence culturelle par une différence physique ..