THE
NAVIGATORS
Film
anglais de Kean LOACH -
2001 - Durée: 95
min.
Niveau :
Terminale ES
Proposé par Thomas Blanchet,
Ecole des Pupilles de l’Air, 38332 SAINT ISMIER.
INDICATIONS.
Objectifs.
Illustrer quelques faits économiques
et sociaux découverts en cours au moyen du cinéma.
Kean Loach est un cinéaste
anglais, qui s’inscrit dans une des traditions du cinéma britannique :
le cinéma social. Il offre de très bonnes critiques des évolutions de la société
britannique actuelle. Vous pouvez trouver des renseignements sur Ken Loach dans
toute encyclopédie, dont Encyclopaedia Universalis.
Résumé.
Ce film date de 2001 et porte sur
la privatisation du rail britannique. Ken Loach a donc choisi de s’interesser
au fonctionnement d’une entreprise, l'East Midlands Infrastructure.
Celle-ci, chargée de l’entretien des voies, vient d’être privatisée. La
vie des salariés va en être changée, de même de façon dramatique (fin du
film).
Prérequis.
Il n’y a pas véritablement de prérequis. On peut
utiliser ce film sous plusieurs angles (la culture d’entreprise ; le
monopole naturel ; la flexibilité) et de plusieurs manières : soit
pour introduire un cours, soit pour conclure et réutiliser des connaissances.
Quant à moi, je l’ai utilisé entre les chapitres
« Travail et emploi » et « Changement social et solidarités »
de l’ancien programme de terminale.
Remarques.
Vous trouverez ci joint un dossier documentaire et
quelques questions sur le film.
Durée
d’utilisation : environ une heure.
Des
éléments de correction sont disponibles à la fin du document.
THE
NAVIGATORS
Film
anglais de Kean LOACH -
2001 - Durée: 95
min.
1
– Bilan : Au cours des 5 dernières années, 6
catastrophes ferroviaires et une quinzaine d'autres accidents ont fait une
soixantaine de morts et plusieurs centaines de blessés au Royaume - Uni. La
plus spectaculaire et la plus grave (31 morts) eut lieu le 5 octobre 1999 lors
d'une collision à la sortie de la gare de Londres - Paddington. (Le Monde, le
5/10/2002)
2
- Les chemins
de fer britanniques victimes d'une privatisation à la va vite.
Accidents
mortels, rames bondées, retards, fermeture de pans entiers du réseau, mécontentement
des usagers, plongeon du bénéfice d'exploitation de Railtrack... le rail
britannique traverse une crise grave.
[
. . .] Arrivée au pouvoir en 1979, Margaret Thatcher, qui honnit le rail,
symbole à ses yeux de gabegie, de pouvoir syndical et de collectivisme, impose
à British Rail une sévère réduction des subventions de l'Etat. Certaines
filiales sont privatisées, en attendant les dénationalisations tous azimuts prévues
dans le programme électoral tory de 1992. Malgré les réserves des
parlementaires et l'hostilité du public, des cheminots et des travaillistes,
son successeur, John Major démantèle à partir de 1993 le monopole de British
Rail en vingt- cinq divisions d'exploitation, attribuées au plus offrant selon
un système de franchise. Une nouvelle société, Railtrack, conserve la
responsabilité des voies, des infrastructures, des gares. Dans les faits, le
schéma revient à confier les différentes «féodalités» régionales de BR
à des opérateurs privés.
Mais
le processus de cession est réalisé dans la précipitation, en raison de
l'approche des élections de 1997, dont les travaillistes, favorables alors à
la renationalisation, sont grands favoris. La reprise des lignes ferroviaires
est chaotique : faute de candidats, la ligne ouest Londres- Birmingham-
Manchester- Glasgow est, par exemple, vendue à la va-vite au groupe Virgin, dépourvu
de toute expérience du rail, pour quinze ans, au lieu de la nonne de sept ans.
L'état de délabrement de la West Coast Main Line est tel que le groupe de
Richard Branson doit s'allier à l'opérateur de bus Stage- coach pour
recueillir le milliard de livres nécessaires au rétablissement d'un service
digne de ce nom et à l'acllat auprès d'Alstom d'un nouveau matériel roulant.
Pour
les experts, la première erreur de la privatisation est d'avoir parié sur le déclin
inéluctable du train. Or, depuis la privatisation, le trafic voyageurs a
augmenté d'un tiers, conséquence de l'engorgement du réseau routier, du prix
de l'essence, de celui de l'avion et de l'installation d’un système moderne
de réservations par téléphone et internet. Et la Grande-Bretagne paie aussi
son choix de privatisation du réseau national en une seule unité au lieu
d'avoir morcelé le système. Résultat : un monopole privé, Railtrack, a
remplacé un monopole public, BR. Un nouveau mastodonte, avec ses lourdeurs et
rigidité, à mi- chemin entre l'administration et l'entreprise.
En
dissociant les gestionnaires de l'infrastructure des transporteurs qui en ont
l'usage exclusif, les conservateurs ont également miné la « culture cheminote
», jusque-là très vivace outre-Manche. Cette division pèse sur
l'organisation du travail, les plans de carrière et la commmùcation. Le réseau,
enfin, est victime de l'impréparation des opérateurs. La plupart d'entre eux
sont des filiales de conglomérats, certains étrangers (Sea Containers pour
GNER, Vivendi pour Connex, Virgin pour Virgin Train...), dont le rail n'est pas
le métier d'origine. Aussi le réseau grandes lignes souffre du partage des
liaisons Intercity, l'un des grands succès de BR, entre quatre opérateurs mis
en concurrence, ce qui interdit la rationalisation des coûts de marketing.
[...] Marc Roche, Le Monde, 16 novembre 2000.
3
- Le réseau
ferré britannique a été de fait renationalisé.
Une
société à but non lucratif et dépourvue d'actionnaires a racheté pour 500
millions de livres les voies et les gares de Railtrack. Seule la ligne du tunnel
sous la Manche reste dans le privé.
Les
voies ferrées et les gares de Grande Bretagne ont changé de mains jeudi 3
octobre. Le nouvel opérateur s'appelle Network Rail. Il remplace Railtrack,
placé sous administration judiciaire il y a un an après avoir été contraint
de déposer son bilan. Railtrack était une des 20 compagnies privées nées de
la privatisation de British Rail en 1996 par le gouvernement conservateur de
John Major.
Network
Rail est une société ad hoc, à but non lucratif, privée mais dépourvue
d'actionnaires. Il s'agit d'une renationalisation inavouée puisqu'elle bénéfiœ
d'un prêt de son régulateur, la Strategic Rail Authority, et qu'elle pourra
compter sur 21 milliards de livres de subvention du gouvernement jusqu'en 2010.
[...] Jean Pierre Langellier. Le Monde, 5 octobre 2002.
QUESTIONS.
Sur
les textes.
Q1
-
Quelle est l'organisation des Chemins de fer britannique après la privatisation
?
Q2
-
Quels
problèmes rencontrent les Chemins de fer britannique depuis la privatisation ?
Q3
-
Quelle
évolution depuis début 2002 ?
Sur
le film.
Q4
-
Qu'est
ce que l'East Midlands Infrastructure ?
Q5
-
Décrivez
la culture d'entreprise « cheminote ».
Q6
-
Quelles
sont les conséquences d'un passage à un statu privé pour l'entreprise, pour
les salariés et pour la société britannique
?
QUESTIONS.
Sur
les textes.
- Vingt- cinq
divisions d'exploitation c’est à dire 25 régions dont l’expliotation est
confiée à une seule société privée,
-
Une nouvelle société, Railtrack, conserve la responsabilité des voies, des
infrastructures, des gares.
Q2
-
Quels
problèmes rencontrent les Chemins de fer britannique depuis la privatisation ?
-
Mauvaise qualité du service : retard, rames bondées,
-
Accidents mortels liés à des problèmes de sécurité, de vétusté
du réseau,
-
Faible rentabilité des entreprises (Rail track) et problème
d’organisation de celles – ci,
-
Moindres économies d’échelle : pas de rationalisation des coûts
de marketing.
Q3
-
Quelle
évolution depuis début 2002 ?
-
Création de Network Rail est une
société, à but non lucratif, chargé de la gestion livres les voies et les
gares.
Sur
le film.
Q4
-
Qu'est
ce que l'East Midlands Infrastructure ?
-
Société privée chargée de l’entretien des voies.
Q5
-
Décrivez
la culture d'entreprise « cheminote ».
-
Importance du syndicalisme,
-
Forte conscience collective,
-
Importance de la qualité du travail, du respect des régles de sécurité,
-
« Culture anti chef ».
Q6
-
Quelles
sont les conséquences d'un passage à un statu privé pour l'entreprise, pour
les salariés et pour la société britannique
?
|
Entreprise |
Salariés |
Société britannique |
|
-
Mise en concurrence, -
Necessaire rentabilité, -
Nouvelle gestion des
ressources humaines. |
-
Nouvelle façon de
travailler, -
Licenciement, -
Remise en cause du
pouvoir des syndicats. |
-
Moindre du qualité du service rendu, -
Développement de la
flexibilité et de la précarité, -
Remise en cause du
syndicalisme. |