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SUJET:
Peut-on
estimer que, de nos jours, les mécanismes du marché
(*)
estimé dans une fourchette de 12 à 24 dollars le baril par le directeur du
Centre
Doc 1 : les deux volets de la nouvelle politique pétrolière du
monde occidental à partir des années quatre-vingt
Dans la décennie soixante, du fait même du bas prix du pétrole, tous
les pays consommateurs se lancent dans un gonflement de la consommation de pétrole.
Dès lors, la demande dépasse l'offre et les pays producteurs peuvent en
profiter.(...) C'est la guerre du Kippour qui servit de raison, ou de prétexte,
au premier choc pétrolier de fin 1973. Le pétrole devient une arme politique:
chantage à la hausse du prix du baril par la réduction des quantités
offertes. La hausse est brutale: le baril en janvier 1974 vaut près de 4 fois
plus que 6 mois auparavant.(...)Un deuxième choc pétrolier, plus sévère
encore, va survenir en 1978: huit hausses de prix se succèdent jusque janvier
81 où la tendance s'est calmée. (...)
La réduction de la dépendance à l'égard des pays de l'OPEP implique
deux groupes d'actions: économiser le pétrole; trouver et développer, en
dehors de l'OPEP, d'autres ressources pétrolières.
La politique des économies d'énergie, et spécialement des produits pétroliers,
commence dès 1978 à produire des effets notables. Elle se fonde sur l'effet
dissuasif des hausses de prix. La méthode consista à économiser la
consommation de carburants routiers; des limitations de vitesse furent imposées;
l'État engagea les constructeurs automobiles à diminuer les consommations
d'essence. Un très gros effort est poursuivi un peu partout pour restreindre
l'utilisation du fuel, notamment domestique
par encouragement à l'isolation des locaux. Autres moyens utilisés: la
reprise ou l'accélération des programmes hydroélectriques et la mise en place
de programmes d'équipement électronucléaire pour favoriser l'emploi de
sources d'énergie de remplacement.
Le deuxième volet est la politique d'augmentation de la production pétrolière
dans le monde occidental. Cette augmentation devient possible, même pour des
gisements exigeant des investissements énormes, par suite de la hausse
vertigineuse des prix OPEP, devenus prix mondiaux. Beaucoup de pays cherchent
tout d'abord à valoriser les réserves inexploitées du sous-sol national:
c'est le cas des États-Unis (Alaska). Un certain nombre d'autres pays, naguère
petits ou moyens producteurs, ont accru leur production nationale, par exemple
le Mexique. Enfin, l'intérêt s'est fortement accru pour le pétrole offshore: près de 700 plates-formes de forage font leur apparition
en mer; le succès le plus important est obtenu dans les secteurs britannique et
norvégien de la mer du Nord, mais bien d'autres zones maritimes sont mises en
exploitation dans le mer des Caraïbes, le long de la Californie, dans les mers
de l'Insulinde et même dans l'océan glacial Arctique...
(source: extraits de l'article "les politiques pétrolières" -
Jean Chardonnet - Encyclopedia Universalis)
Doc 2
|
PRODUCTION
DE PETROLE (en millions de tonnes) |
|
RESERVES
DE PETROLE (en millions de tonnes) |
|||||
|
|
1978 |
1996 |
|
|
1978 |
1997 |
* nb années |
|
Afrique dont Nigéria |
300 93 |
349 106 |
|
Afrique dont Libye |
7 821 3 411 |
9 216 4 025 |
27.8 58.2 |
|
Canada |
74 |
91 |
|
Canada |
818 |
668 |
7.3 |
|
Etats-Unis |
480 |
383 |
|
Etats-Unis |
4 025 |
3 049 |
8.0 |
|
Amérique Latine
dont Mexique dont Vénézuela |
253 66 115 |
477 104 163 |
|
Amérique Latine
dont Mexique dont Vénézuela |
5 484 1 910 2 460 |
17 454 6 657 8 851 |
36.8 41.5 54.5 |
|
Proche Orient |
1 062 |
986 |
|
Proche Orient |
49 904 |
92 272 |
91.2 |
|
Extrême Orient |
241 |
362 |
|
Extrême Orient |
5 423 |
5 771 |
16.5 |
|
Europe Occidentale
dont Norvège dont Royaume Uni |
682 17 54 |
680 157 131 |
|
Europe Occidentale
dont Norvège dont Royaume Uni |
3 153 819 2 030 |
2 205 1 533 616 |
6.7 7.3 4.5 |
|
TOTAL MONDE dont O.P.E.P. |
3 094 1 501 |
3 340 1 362 |
|
TOTAL MONDE dont O.P.E.P. |
87 269 59 787 |
138 997 107 582 |
41.2 77.8 |
* Nombre d'années
de production restantes au rythme de production de l'année 97
Source : C.P.D.P. - 1997 Source : Quid 98 - Ed° Laffont
Doc 4 : l'attrait du
marché libre spot depuis 1985
Sous l'effet des substitutions à l'offre de l'OPEP et de la baisse de la
demande pétrolière, le marché OPEP a
peu à peu laissé la place presque complètement aux marchés dits libres. Le
premier de ces marchés est, sans
conteste, le marché spot. A partir de
1983, et surtout depuis 1985 et 86, ce dernier fait pratiquement seul la loi.
Cet essor rapide d'un marché qui s'apparente beaucoup, de par sa nature, à la
Bourse, ne pouvait manquer de produire des effets.
La libre concurrence de l'offre et de la demande et l'arrivée de spéculateurs
a fait que, de proche en proche et sans que cela ne contribue nullement à la
stabilité des prix, le marché est devenu difficilement contrôlable par qui
que ce soit et l'évolution des prix imprévisible.
Le deuxième effet est l'augmentation considérable du nombre des
intervenants dans le "jeu" pétrolier. Réservé il y a une dizaine
d'années encore aux grandes compagnies pétrolières et à quelques compagnies
indépendantes, le marché pétrolier d'aujourd'hui est envahi par un nombre
toujours croissant de nouveaux intervenants. Il y a d'abord les sociétés
nationales des pays de l'OPEP, mais aussi des nouveaux producteurs non-OPEP. Il
y a ensuite toutes les sociétés nationales qui ont vu le jour à la suite des
chocs pétroliers et de l'implication croissante des Etats dans le domaine de l'énergie.
Il y a enfin la légion des sociétés privées, de petites et moyennes
dimensions et de toute provenance, auxquelles viennent s'ajouter les dizaines de
sociétés de négoce (traders) et de courtage ( brokers).
(source: Antoine Ayoub - Revue de l'Energie - décembre 1988)
Doc 5 : pétrole,
les nouveaux enjeux géostratégiques
Comme tout bien, le pétrole évolue au rythme de l'offre et de la
demande. A long terme, l'enjeu est de taille. Selon l'ONU, la population
mondiale, actuellement de 5,7 milliards de personnes, devrait atteindre au moins
10 milliards d'individus en 2050 et le nombre de mégalopoles de plus de 10
millions d'habitants doublera d'ici à 2015. Or un citadin consomme deux fois
plus d'énergie qu'un rural. Simultanément, le parc automobile, de 400 millions
de voitures, passera à 1 milliard. Cette croissance se focalisera sur l'Asie,
l'Amérique latine et l'Afrique, et amènera de ce fait une recomposition géographique
des besoins. (...)Le Conseil Mondial
de l'Énergie estime donc que la consommation mondiale passera de 8,8 milliards
de tep(*) en 1990 à 13,4 milliards de tep(*) en 2020.
(...)
Cependant, si l'accroissement de la demande est certain, l'offre apparaît
plus problématique. Dans la revue Pétrole
et gaz arabes du 16-11-96, Nicolas Sarkis évoque trois grandes
incertitudes: le niveau des réserves, le financement des investissements et la
concentration géographique. Il rappelle "qu'en
1995,et pour la dixième année consécutive, les réserves restantes de pétrole
dans le monde ont diminué pour s'établir désormais à 939 milliards de barils.
Revenant sur les problèmes des besoins financiers, estimés à 30 000 milliards
de dollars d'ici à 2020, il avoue que personne
ne se hasarde à dire si, comment et quand, ces investissements pourraient être
réalisés, d'autant que la plupart sont prévus dans des pays en voie de développement
n'ayant pas les fonds nécessaires. La dernière incertitude est que c'est
la région très instable du Moyen-Orient qui devrait fournir la majeure partie
de la demande additionnelle de pétrole attendue à l'avenir dans le monde.(...)Tous
les efforts visent donc à ne pas retomber trop vite sous la dépendance des
pays de l'OPEP. Si en Europe ou en Amérique du Nord, les durées de vie des
gisements sont de huit à dix-neuf ans, elles atteignent quatre-vingt-treize ans
pour les pays du Golfe.
A moyen terme cependant, en raison de l'équilibre présumé
offre/demande, l'idée d'une stabilité des prix aux alentours de 17 à 20
dollars le baril se dégage. Mais après l'annonce d'un hiver rigoureux, on a
constaté une flambée de 50% des cours durant l'année et le retour du baril
un peu au-dessus de 25 dollars...
(source: Dominique Gallois - Le Monde - 24/12/1996)
(*) tep = tonne-équivalent-pétrole
Doc
6 :
graphique
du prix depuis 70 in Alter Eco n°
34 p 57 (à actualiser)
Sujet proposé par Gérard Laureys