DISSERTATION
Sujet:
Le commerce de détail en France est-il encore un marché de
concurrence ?
Doc 1 : la concentration des hyper et supermarchés
A
la suite de regroupements de centrales d’achat et de fusions, la grande
distribution en France est devenue très concentrée. […] Au total, les cinq
plus grandes centrales d’achat représentent plus de 79% du marché des
produits de grande consommation et de produits frais en libre-service.
Les années quatre-vingt-dix ont été marquées par des fusions et
acquisitions de plus en plus spectaculaires, dont la dernière en date entre
Carrefour et Promodès. .[…] Alors
qu’en 1992, les cinq premières entreprises de grande distribution française
détenaient 55,7% des parts de marché, elles en totalisent 67,2% cinq ans après. La première opération de concentration vraiment importante
date de 1991, lorsque Carrefour a racheté Euromarché. L’année suivante,
Casino a racheté Rallye. En 1996, Auchan a pris le contrôle de Docks de
France. Plus récemment en 1998, Carrefour rachetait Comptoirs Modernes. Enfin,
l’annonce à la fin de l’été 1999 de l’achat par Carrefour de Promodès
a suscité de nombreuses réactions.
(source : extraits du Rapport du Conseil
d’Analyse Economique n° 29 – La Doc° Française - 2000)
Doc
2 :
l’intervention du législateur
l
1973 : loi Royer. La création de tout magasin dont la surface excède 1 500 m 2
(ou 1 000 m 2 dans les villes de moins de 40 000 habitants) doit être soumise
à l'approbation d'une commission départementale d'urbanisme commercial.
l
1996 : loi Raffarin. Elle vient modifier la loi Royer. La création de magasins
de plus de 300 m 2, l' extension de surface et le changement d'activité des
magasins de plus de 2 000 m 2 (de plus de 300 m 2 lorsque la nouvelle activité
est alimentaire) sont désormais soumis à autorisation.
l
1996 : loi Galland. Elle redéfinit plus strictement l'interdiction de la
revente à perte, réprime la pratique de prix abusivement bas et encadre les délais
de paiement [des fournisseurs par les hypermarchés].
l
2001 : loi sur les « nouvelles régulations économiques ». Elle réprime
« l'abus de dépendance économique » [contraintes insupportables de prix ou délai
imposées aux PME par les hypermarchés] et élargit les possibilités de
recours pour réprimer ces abus.
(source : Alternatives Economiques n° 209 – décembre
2002)
Doc 3 : La concurrence entre les hyper et supermarchés,
les grandes surfaces spécialisées (GSS) et
le petit commerce traditionnel dans
quelques secteurs (répartition en %)
|
|
G.S.S.(*) |
Hypers – Supers |
Traditionnels |
Autres (**) |
|
Bricolage |
61,3 |
10,5 |
5,2 |
23,0 |
|
Ameublement |
57,0 |
2,0 |
28,0 |
13,0 |
|
Jardinage |
38,0 |
19,0 |
33,7 |
9,3 |
|
Microinformatique |
33,0 |
33,0 |
30,3 |
3,7 |
|
Jouet |
23,5 |
50,7 |
10,0 |
15,8 |
|
Animalerie |
12,6 |
67,4 |
13,0 |
7,0 |
|
Pièces automobiles |
11,3 |
10,4 |
66,4 |
11,9 |
(*) grandes surfaces
spécialisées (Fnac, Castorama, Decathlon, Jardiland, Feu-Vert, etc..)
(**) vente par correspondance, marchés et foires, etc..
( Rapport de
l’Observatoire National du Commerce 2001/2002 – Ministère de l’Economie
et des Finances – 2002)
Doc
4 : Le
champ d’intervention du Conseil de la Concurrence
Le droit français de la concurrence s’applique à
l’ensemble des activités économiques.[…] Le Conseil a donc vocation à
intervenir sur tous les marchés
(article 53). Il interdit les
comportements abusifs qui entravent le libre exercice de la concurrence sur un
marché. […]
Les
ententes et les positions dominantes ne sont pas illégales ou criticables en
elles-mêmes, mais peuvent être déclarées illégales si elles faussent le jeu
de la concurrence sur un marché. La qualification d’entente suppose
l’existence d’un concours de volonté émanant au moins de deux personnes
physiques ou morales, publiques ou privées. La forme juridique de l’entente
est indifférente. Ont, par exemple, été qualifiées d’ententes
anticoncurrentielles les pratiques suivantes :
- Echanges d’informations sur les prix et les marges.
- Soumissions concertées en cas d’appels d’offres privés ou
publics.
- Répartitions de marchés.
- Entraves à l’accès au marché.
Les pratiques définies à l’article 8 sont liées
à l’exploitation abusive d’une position de force: l’abus de position
dominante et l’abus de dépendance économique. Une entreprise se trouve en
position dominante lorsqu’elle est en mesure de jouer un rôle directeur sur
un marché. L’abus de dépendance économique résulte d’une position de
force et a un effet sur un marché, sans que pour autant l’entreprise détienne
une position dominante.
Les dispositions
introduites par la loi du 1er juillet 1996 ont pour objectif de lutter contre
les pratiques de prix prédatrices, sans qu’il y ait besoin d’établir
l’existence d’une entente ou d’une position dominante.
( extraits de
« Conseil de la Concurrence » -
DGCCRF – Ministère de l’Economie et des Finances – site internet
– avril 2003)
Doc 5 :

Doc
6 :
Hypermarchés et Grandes surfaces spécialisées : séduire et fidéliser
sa clientèle par l’innovation :
Les hypermarchés concentrent leurs processus d'innovation sur le
renforcement des liens commerciaux avec leur clientèle: 40 % de leurs
innovations vont dans ce sens. En particulier, 18 % d'entre eux innovent dans le
but de « fidéliser le client ». Plus précisément, la mise en place par les
hypermarchés de « cartes de fidélité » ou de tickets de caisse réutilisables
en lieu et place de bons de réduction est une pratique très courante: ces deux
innovations contribuent pour plus de 90% aux innovations de fidélisation.
[…]
Deuxième axe de mutation, la segmentation du marché constitue 32 % des innovations dans les secteurs étudiés. Les hypermarchés et plus encore le grand commerce spécialisé ne se voient plus comme de simples distributeurs, mais cherchent aujourd'hui à intégrer de nouveaux services. La diversification de l'offre porte tout d'abord sur « la diversification de la gamme des produits vendus », qui représente 7 % des innovations des hypermarchés, et 8 % dans le grand commerce spécialisé. Mais pour répondre aux attentes différenciées des clients, les distributeurs accompagnent aussi leurs propositions traditionnelles de services complémentaires. Les « nouvelles offres multiservices » représentent 17 % des innovations des hypermarchés, et 11 % de celles du grand commerce spécialisé: il peut s'agir par exemple de la création d'une agence de voyage ou de l'amélioration du confort du client (création d'espaces de détente). Les « services d'accompagnement de la vente » dominent dans le grand commerce spécialisé où ils représentent 17% des innovations (1 % seulement pour les hypermarchés). Les innovations rattachées à la segmentation représentent au total 39 % des innovations du grand commerce spécialisé, contre 29 % pour les hypermarchés.
(source :
INSEE-Première n° 891 – avril 2003)