Sujet proposé par Gérard Laureys
QUESTIONS
PREPARATOIRES : (/10)
1) Par quels
moyens les entreprises peuvent-elles satisfaire leur besoin de financement ?
2) En quoi
consiste une O.P.A. ? (doc 2 et connaissances personnelles) 1 pt
3) En vous
servant éventuellement d'un exemple récent connu, montrez l' intérêt d'une
OP A comme moyen de renforcer la “ logique industrielle")
d'une entreprise . (doc 2 et connaissances personnelles) 1 pt
4) Expliquez
comment la “ logique financière") peut s'avérer un risque pour les
entreprises achetées grâce à une OPA. (doc 2) 1 pt
5) Calculez l'évolution (en %) des émissions d'actions
entre 1987 et 1996. (indiquer détail des calculs) (doc 3) 1 pt
6) Quel est le risque, pour une entreprise, d'émettre
des actions nouvelles et comment les actionnaires majoritaires peuvent-ils s'en
protéger ? (doc 3 et connaissances
personnelles) 1 pt
7) Calculez la part des émissions de valeurs mobilières
dans le financement de la FBCF des entreprises en 1987 et en 1996 (indiquer détail
des
8) Expliquez pourquoi l'entreprise Kodak peut à la fois
faire des bénéfices et être obligée de licencier 10 000 personnes. (doc 4) 2
pts
SUJET:
(/10)
Après avoir montré pourquoi et comment la Bourse peut
être utile aux entreprises, vous présenterez les risques que ce type de
financement peut entraîner pour elles.

Doc 2 : OPA: restructurations ou destructions
industrielles
L
e marché financier permet les restructurations industrielles grâce à des
fusions, absorptions ou prises de participations. Les OPA [...] sont un moyen
efficace pour mener à bien ces restructurations, Si ces opérations (appelées
“ raids ” ) sont souvent la résultante d'une logique industrielle (par
exemple volonté de contrôle d'une entreprise concurrente ou complémentaire),
la logique financière est parfois devenue prépondérante dans les années 80,
Les prédateurs ( ou “ raiders ” ) peuvent ne disposer que de 10 % de la
somme nécessaire pour mener à bien leur OPA, le reste étant financé par des
banques et junk bonds (obligations de pacotille) qui sont des obligations à
haut risque car dépendant de la réussite ou de l' échec du raid. Ces raids
financiers sont rentabilisés :
-
soit par le démantèlement et la vente de l'entreprise par morceaux lorsque
celle-ci devient la propriété du raider
-
soit par la revente à un cours plus élevé des actions achetées si l'OPA
n'est pas menée à terme. la société menacée s'étant défendue ou
source : M, Montoussé et D, Chamblay - 100 fiches pour comprendre les Sciences Economiques - Bréal- 1993

Doc 4 : Des bénéfices mais des licenciements
contraints
Electrolux,
ABB et maintenant Kodak. Le géant américain de la photo, qui a annoncé mardi
la suppression de 10 000 emplois ( 11 % de son effectif), rejoint le club des
compagnies "globales" qui, bien que bénéficiaires en milliards de
francs, se lancent dans des restructurations à la hache. Dans ces trois cas (en
attendant les prochains), il s'agit d'endiguer un début de baisse des profits.
Très exactement, il s'agit d'éviter que le rapport
entre les bénéfices et les capitaux investis dans l'entreprise (un ratio appelé
" rendement sur fonds propres") passe sous un seuil d'environ 15%.
Pourquoi 15% ? Parce que c'est le retour sur investissement que l'on peut
escompter sur les marchés financiers Si l'industrie rapporte moins que ces
marchés, pourquoi diable investir?
C'est
cette logique qui, en juin dernier. a amené Electrolux groupe suédois d'électroménager,
à fermer 25 usines et à supprimer 12000 emplois sur 105 000. [ . . . ]
Rebelote donc chez Kodak. Mais la purge ne satisfait pas les analystes de Wall
Street, qui réclamaient plus de têtes. [. . .]
"Je ne sais pas combien de ces personnes ont jamais dirigé un
groupe industriel. Ils regardent les chiffres et pas la gestion" , se
plaignait en septembre le patron de Kodak, George Fisher. Il répondait ainsi
aux milieux boursiers qui estimaient que l'entreprise avait besoin de réduire
ses coûts annuels de un milliard de dollars. Eh bien, les chiffres ont gagné.
Le plan annoncé mardi va réduire les coûts d'exploitation de. . . un milliard
sur deux ans.
(source : Libération - 13/11/1997)