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 EPREUVE DE SYNTHESE                                      Thème : Le financement de l'économie

 

n  TRAVAIL PREPARATOIRE  (/10)

 1)  Quelles sont les différences entre une action et une obligation ? (doc 1 et connaissances personnelles) 1 pt

2)  Calculez la part des valeurs mobilières dans le total du patrimoine des ménages en 1980 et en 1997. Concluez. (indiquez la méthode de calcul)  (doc 1)   1 pt

3)  Quelles sont les différences entre une plus-value et un dividende ?  (doc 2, doc 3 et connaissances personnelles)  2 pts

4)  Expliquez le mécanisme conduisant à ce que "la Bourse croule sous les ordres de vente d'actions" le 19 octobre 1987. (doc 2)  2 pts

5)  Pourquoi un petit épargnant qui voudrait spéculer personnellement en Bourse grâce à la "finance directe" prend-il plus de risques qu'en achetant "des parts de SICAV" ?  (doc 2)  1 pt

6)  Qu'est-ce que le CAC 40 ? En quoi est-ce une information utile à l'épargnant ?  (doc 4 et connaissances perso)  1 pt

7)  Calculez par combien a été multiplié le CAC 40 entre début 1996 (A) et novembre 2000 (B) ; déduisez-en le gain réalisé par un épargnant qui aurait placé 1 000 F en actions en A et revendu en B.  (doc 4)  1 pt                              (indiquez le détail des calculs)

8)  Calculez (en %) l'évolution du CAC 40 entre juillet 1998 (C) et fin septembre 1998 (D).  (doc 4)  1 pt                (indiquez le détail des calculs)

                                

      n SUJET: (/10)

        Après avoir montré comment et pourquoi les ménages français se sont intéressés de plus en plus à la Bourse durant ces deux dernières décennies, vous présenterez les risques que ce type de placement peut comporter pour l'épargnant.

 

 

doc  1: REPARTITION DU PATRIMOINE DES MENAGES FRANCAIS

(en 1980 et 1997  en milliards de F)

 

 

fin 1980

fin 1997

AVOIRS NON FINANCIERS

6 318,1

14 486,5

dont: maisons et logements

4 103,3

12 049,4

AVOIRS FINANCIERS

2 905,5

15 897,7

dont valeurs mobilières (actions, obligations, etc)

 

452,5

 

6 343,4

TOTAL

9 223,6

30 384,2

source: INSEE - TEF 2000-2001

 

Doc 2: Les désordres financiers

 

     Le 19 octobre 1987,lorsque commença la grande dégringolade qui, en moins de huit jours, fit baisser de 30 % le cours des actions à New York, Londres ou Paris, l'ombre de 1929 et du " jeudi noir" plana sur le monde capitaliste industrialisé. Le " krach" tant redouté était là et l'ampleur de la chute risquait d'être à la mesure de la hausse qui, au cours des quatre années précédentes, avait entraîné une multiplication des cours en Bourse par 3 ou 4, selon les pays. L'explication technique du krach ne posait guère de problème : à force de grimper, les cours des actions en Bourse s'étaient envolés plus vite que les dividendes, si bien que le taux de rendement de ce type de pla­cement avait tendance à se réduire. A l'inverse, les taux d'intérêt des obligations - autre forme de placement, mais à revenu fixe - étaient orientés à la hausse, donc offraient des rende­ments croissants. Dans ces conditions, " l'arbitrage" entre ces deux formes de placement était inévitable. S'il ne s'était pas encore produit, c'est parce que, jusqu'en juillet 1987, la hausse des cours en Bourse offrait une plus-value compensant large­ment le moindre rendement sur les revenus perçus. A partir de l'été 1987, les cours en Bourse cessent de progresser: les ges­tionnaires de fonds deviennent alors" nerveux ". Traduisons . ils se demandent si le palier atteint par le cours des actions en Bourse est définitif ou provisoire. Les plus méfiants arbitrent : ils vendent une partie de leurs actions pour acheter des obli­gations.[…] Et le 19 au matin, la Bourse croule sous les ordres de vente d'actions.

     Gros titres et affolement. Même si l'histoire ne repasse pas deux fois les mêmes plats, comment ne pas penser à 1929 ? [... ] Jusqu'en 1987, de nombreux petits épar­gnants n'avaient pas bien compris qu'il existait ainsi un envers du décor: ils avaient seulement constaté que les parts de SICAV rapportaient davantage que le livret de Caisse d'épargne. Le krach de 1987 est venu révéler la fragilité de certaines constructions financières. Par chance. il n'a pas duré.. .

     Ainsi, l'innovation financière, qui vise à faciliter la finance directe pour réduire le coût du financement, revient au fond à retirer le filet de sécurité de la mutualisation.[…] L'économie mondiale, de ce fait, tend à devenir une" économie-casino ", où les gains - ou les pertes - sont liés à la capacité de spéculer davantage qu'à la capacité de produire de façon efficace.

 

(Denis CLERC- Déchiffrer l'Economie -Ed° Syros - 199O)

 

doc 3 : Le rôle de la Bourse

 

     La fonction première de la Bourse consiste d'abord et avant tout à assurer la «liquidité des placements financiers». Grâce à la Bourse, l'acquéreur d'actions ou d'obligations sait qu'il peut, à tout moment, les revendre: ses fonds ne sont donc pas immobilisés à vie. L'épargne peut ainsi s'orienter plus facilement vers des placements «longs» ceux dont les entreprises -ou l'État- ont besoin pour financer des investisse­ments à durée de vie longue. Cette fonction de liqui­dité concerne aussi bien les actions que les obliga­tions : en moyenne, ces dernières changent cinq fois de mains pendant leur durée de vie. Sans ce marché de l'occasion, un peu analogue à un marché auto­mobile, il est vraisemblable que les émissions neuves auraient eu beaucoup de difficultés à être placées.

     La Bourse joue aussi un autre rôle: car, contraire­ment à ce qui se passe pour l'automobile, le marché boursier de l'occasion permet de dégager, éventuel­lement des plus values. [...]Ce sont ces plus-values potentielles, bien plus que les espoirs de dividendes -qui dépassent rarement 5% du cours de l'action ­qui ont attiré vers la Bourse un nombre croissant d'épargnants.

 

     source:D. Clerc, Les Désordres financiers, Syros, 1988

 

 

Sujet proposé par Gérard Laureys